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L’Afrique doit basculer à la mécanisation pour atteindre les objectifs de développement durable

Accueil > Actualités > Opinions • LEFASO.NET • dimanche 13 octobre 2019 à 22h00min
L’Afrique doit basculer à la mécanisation pour atteindre les objectifs de développement durable

L’Afrique n’est pas en voie de réaliser non seulement la Déclaration de Malabo appelant à l’élimination de la faim et de la malnutrition d’ici à 2025 mais aussi les objectifs de développement durable visant à éliminer la faim, à assurer la sécurité alimentaire et à améliorer la nutrition d’ici à 2030.

Bien qu’il soit crucial pour le développement de l’Afrique, les performances du secteur agricole de l’Afrique sont bien en deçà de son potentiel. Même avec la plus grande superficie de terres arables non cultivées au monde, soit environ 50% du total mondial, la productivité de l’Afrique est loin derrière celle des autres régions en développement.

Actuellement, les efforts humains contribuent à plus de 60% de l’énergie utilisée dans les champs, et ce sont principalement les femmes, les personnes âgées et les enfants qui sont les pourvoyeurs de ces efforts. La pénibilité des pratiques traditionnelles agricoles contribue à creuser le fossé entre les sexes dans l’agriculture africaine.

Ceci a pour conséquence de priver les femmes de ressources et des opportunités dont elles ont besoin pour utiliser au mieux leur temps ; ce qui nuit à leur productivité et réduit leur contribution au secteur agricole et à l’atteinte d’objectifs de développement économique et social, en général.

Pour inverser la situation, la mécanisation de l’agriculture reste la meilleure voie pour accroître la productivité, comme l’ont souligné des études récentes et des panels de haut niveau. Les partenaires au développement, notamment la Commission de l’Union africaine (AUC) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’emploient à faire en sorte que l’ordre du jour soit approprié par les décideurs au plus haut niveau.

La FAO et AUC ont élaboré conjointement une feuille de route visant à accroître l’efficacité de l’agriculture et à réduire les corvées aux champs en aidant les pays africains à élaborer des stratégies pour la mécanisation durable de l’agriculture. La « mécanisation agricole durable : un cadre pour l’Afrique » est le produit de discussions approfondies et continues entre les décideurs politiques de haut niveau et les experts des États membres de l’UA, de AUC, de la FAO et d’autres partenaires dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture.

Inspirées par la campagne initiée par Dr Nkosazana Dlamini Zuma, ancienne présidente de l’UA, « confiner la houe manuelle au musée », AUC et la FAO, en collaboration avec le Gouvernement du Burkina Faso, organisent conjointement un événement symbolique sur le confinement de la houe manuelle dans le musée avec l’érection d’un monument à Bobo Dioulasso, au Burkina Faso, le 15 octobre 2019. L’événement vise à sensibiliser les décideurs politiques pour des politiques qui encouragent la mécanisation de l’agriculture en Afrique afin de réduire les corvées, en particulier celles des femmes.

Les perspectives

À l’avenir, les agriculteurs africains devraient être en mesure d’utiliser les technologies agricoles modernes, tant numériques que mécaniques, pour stimuler le secteur agricole de manière durable. Accorder l’importance qu’il faut à la mécanisation de l’agriculture permettra de doubler la productivité agricole et éliminer la faim et la malnutrition en Afrique d’ici à 2025. Les rendements des cultures doivent augmenter considérablement au cours des prochaines décennies pour répondre aux besoins alimentaires face à une croissance démographique et une urbanisation galopantes de l’Afrique.

À cet égard, la nouvelle feuille de route devrait être traduite en actions. Les pays membres devraient travailler à la conception et à la formulation de politiques et de stratégies de mécanisation d’une agriculture durable en Afrique couvrant trois aspects des interventions de mécanisation agricole : commercial, environnemental et socio-économique. Les pays africains doivent donner la priorité à l’environnement politique qui soutient la création et le fonctionnement d’entreprises viables et durables.

Les gouvernements africains devraient donner la priorité aux chaînes de valeur rentables pour la mécanisation et cibler quelques produits prioritaires faciles à mécaniser, tels que les céréales (maïs, blé et riz, par exemple) pouvant entraîner une augmentation substantielle de la productivité totale. La mécanisation agricole doit être liée aux entreprises de marché capables de générer les flux de trésorerie nécessaires pour couvrir les coûts en capital et faciliter le remboursement des prêts.

En outre, compte tenu de la faiblesse de nombreux marchés intérieurs de machines et d’outils agricoles, une coopération régionale sera nécessaire pour la mise en œuvre de nombreuses activités permettant de réaliser des économies d’échelle et de gamme, ainsi que de créer des organisations et des institutions durables.

Le renforcement de l’infrastructure institutionnelle qui soutient le développement de la mécanisation agricole aux niveaux national, sous-régional et régional est une étape importante. Cela nécessiterait le renforcement des mécanismes de coordination à tous les niveaux.

En conclusion, l’Afrique doit passer de la corvée de l’agriculture traditionnelle à la mécanisation pour réduire l’écart entre les sexes, absorber la masse croissante de sa population jeune, pour qui l’agriculture est la meilleure perspective d’emploi ; ceci permettra, enfin de répondre simultanément à la déclaration de Malabo et aux objectifs de développement durable.

Point de vue du Dr. Chimimba David Phiri
Coordonnateur sous-régional pour l’Afrique de l’Est et Représentant de la FAO auprès de la Commission de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique.

Vos commentaires

  • Le 14 octobre à 12:02, par FIEVRE Roger En réponse à : L’Afrique doit basculer à la mécanisation pour atteindre les objectifs de développement durable

    Depuis 47 ans,j’appuie des organisations villageoises burkinabées,et ,mon constat est le même, il faut mettre les dabas dans les musées et moderniser progressivement l’agriculture en sensibilisant les populations concernées à une mécanisation contrôlée et raisonnable,qu’elles sont en mesure de maîtriser en fonction des possibilités locales prioritairement. Pour cela,il faut développer la formation de jeunes agriculteurs selon des techniques plus évoluées et les accompagner dans leur démarche ,techniquement et financièrement. Les banques ont un rôle primordial dans ce contexte, mais il faut aussi que les interessés soient formés à une gestion "saine" qui les obligent aux remboursements lors des emprunts. Kien à raodo.

    Répondre à ce message

  • Le 14 octobre à 13:00, par Kouda En réponse à : L’Afrique doit basculer à la mécanisation pour atteindre les objectifs de développement durable

    Dr. Chimimba David Phiri,
    je vous comprends car vous défendez le point de vue de votre employeur et donc votre beefsteak.
    Néanmoins, quand on vous envoie il faut savoir vous envoyer. Dite moi : "Quels Africains a défini les ODD comme objectifs à atteindre par son pays ?".
    Alors arrêtez avec votre escroquerire.
    Moi, je demanderai, à la fin de leurs mandats, à Rock Kaboré, à son gouvernement et à la majorité présidentielle à l’assemblée nationale des comptes sur le PNDES car c’est le programme de développement qu’ils nous ont vendu pendant la campagne.

    Répondre à ce message

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