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Droits des aide-ménagères : « Nous ne sommes pas des machines ! »

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 7 octobre 2019 à 12h11min
Droits des aide-ménagères : « Nous ne sommes pas des machines ! »

L’Association de défense des droits des aide-ménagères et domestiques (ADDAD) était, ce 4 octobre 2019, au quartier Songnaba de Ouagadougou. Objectif, échanger avec la population sur les droits des aide-ménagères tout en plaidant pour la valorisation de leur métier.

Beaucoup d’entre elles ont quitté leur village pour venir travailler en ville. Pour certaines, l’objectif est de mobiliser assez d’argent pour poursuivre leur cursus scolaire ou subvenir à leurs besoins. Mais l’aventure est souvent périlleuse, confessent certains membres de l’Association de défense des droits des aide-ménagères et domestiques (ADDAD).

Dans ce contexte, l’ADDAD plaide pour la considération du travail de ses membres. Ainsi, face aux populations de Songnaba ce 4 octobre 2019, Sakinatou Ouédraogo et ses camarades ont plaidé leur cause. « Nous ne sommes pas des machines ; nous sommes plutôt vos sœurs », a adressé la présidente de l’ADDAD aux femmes mobilisées pour cette rencontre.

La tenue de la campagne de plaidoyer sur un site de Ouaga 2000 n’est pas fortuite. Pour la présidente de l’ADDAD, « c’est dans ces cités-là [ndlr : en indiquant la cité Azimmo de Ouaga 2000] que nous sommes violentées, que nous vivons le cauchemar de nos vies ». Et si face à la souffrance, « ces travailleuses domestiques » ne lâchent pas prise, c’est pour subvenir aux besoins de la famille restée au village, poursuit Sakinatou Ouédraogo.

Des avancées dans la lutte

Pendant longtemps ignorées, les aide-ménagères commencent à ressentir de l’amélioration dans leurs conditions de vie. « Grâce à l’ADDAD, nos salaires sont en train de tendre vers 17 500, 20 000 F CFA », se réjouie une aide-ménagère. Pour ces filles, leur activité est un travail comme les autres. « A partir du moment où nous sommes chez nos employeurs, nous sommes comme leurs filles, comme des sœurs ; ne nous prenez pas comme des objets », insiste la présidente Sakinatou Ouédraogo, qui plaide par ailleurs pour l’obtention d’heures de repos et de chambres à coucher pour les aide-ménagères.

Et si l’association se réjouit de l’existence de lois au niveau national protégeant la femme et les travailleurs de manière générale, elle regrette la non-application de ces textes juridiques. L’ADDAD en veut pour preuves les préjudices que les « bonnes » subissent dans certaines maisons où leurs employeurs sont censés connaître la loi. Pis, certaines filles ne reçoivent pas leurs salaires. Dans certains cas, la rémunération est donnée avec cette phrase : « Tu ne mérites pas mais prends ! ».

En attendant des lendemains meilleurs, l’ADDAD demande au gouvernement la ratification de la convention 189 de l’Organisation internationale du travail (OIT). En effet, ce texte porte sur le droit des travailleurs domestiques à l’éducation et leurs droits humains en tant qu’employés.

Mariam Ouédraogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 7 octobre à 12:49, par A qui la faute ? En réponse à : Droits des aide-ménagères : « Nous ne sommes pas des machines ! »

    La prochaine révolution dans nos pays est la suppression de toutes les formes d’esclavage. Souvent ce qu’on appelle boy/bonne ce sont des mineurs qui doivent être disponibles à tout moment et payés au lance pierre sans aucun droit. Inspirons-nous d’autres pays où tout travail est valorisé. ça fera moins de frustrés dans la société=moins de problèmes.
    Félicitations à cette association qui fait oeuvre utile !

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  • Le 7 octobre à 15:02, par Bigbalè En réponse à : Droits des aide-ménagères : « Nous ne sommes pas des machines ! »

    C’est une lutte noble et qui mérite d’être soutenue car il y a souvent beaucoup d’abus vis-à-vis des employés de maison. Cependant, certains comportements développés par ces mêmes personnels sont si cruels qu’ils ne méritent même pas que l’on apitoie sur leur sort (certains sont des voleuses/voleurs, des tortionnaires pour les bébés, des complices de voleurs externes, etc.). Comme le dit le Pr Laurent Bado, "dans tous les groupes, il y a une constante d’imbéciles" et cela fait qu’il est difficile pour certains employeurs de les considérer comme leurs propres filles, sœurs, frères ! On a vu des cas où c’est la famille d’accueil qui a organisé le mariage de leur ancienne aide-familial (bonne) et cela veut dire que la fille s’est tellement bien comporter qu’elle est devenue la fille ainée de la cour et respectée par les enfants de la famille. Pourquoi depuis 3 décennies, la société burkinabè a perdu ses repères dans ce domaine aussi ? Répondons ensemble à cette question et on trouvera une solution pour plusieurs maux de notre société. Aux membres de l’ADDAD de fournir des efforts pour éduquer leurs membres et elle verra les changements escomptés !

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