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Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

Accueil > Actualités > Opinions • LEFASO.NET • jeudi 3 octobre 2019 à 23h30min
Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

C’est presque une coutume maintenant, à chaque fois que cela plaît à la NAFA ou au CFOP, ils ne manquent pas l’occasion d’attirer notre attention sur l’état de santé de monsieur Dijbrill Bassolé, en particulier sur la nécessité de lui procurer des soins hors du Burkina Faso.

Tous les Burkinabè naissent libres et égaux

Dans une tribune précédente (1), j’avais fustigé ce tourisme sanitaire, bien trop fréquent dans nos États. Depuis, certains ont mieux fait que d’autres. Au Ghana, c’est le plus grand complexe hospitalier d’Afrique de l’Ouest qu’ils ont inauguré. Au Niger, ils se sont doté d’un hôpital de référence et ont du coup, décrété l’interdiction totale des évacuations sanitaires (2). Au Burkina, ils ont abandonné l’arrêt des évacuations que nous avions obtenus sous la transition.

Au Zimbabwe, le Père de la nation vient de rendre l’âme à Singapour. Pour être optimiste, les choses évoluent donc pour le mieux autour du Burkina ! Notre cher Faso par contre, reste à la traîne. Honte donc aux politiciens burkinabé, de la mouvance présidentielle comme de l’opposition. Oui, honte à eux, qui laissent les Burkinabè mourir dans de médiocres hôpitaux pendant qu’eux, ils bénéficient des évacuations sanitaires.

Honte à ces politiciens, qui sont au pouvoir ou aspirent à être au pouvoir, et qui bafouent notre constitution à chaque fois qu’ils en ont l’occasion ! Je voudrais leur rappeler l’article 1 de la constitution du 2 juin 1991 qui dit ceci : « Tous les Burkinabè naissent libres et égaux en droits. Tous ont une égale vocation à jouir de tous les droits et de toutes les libertés garantis par la présente Constitution. Les discriminations de toutes sortes, notamment celles fondées sur la race, l’ethnie, la région, la couleur, le sexe, la langue, la religion, la caste, les opinions politiques, la fortune et la naissance, sont prohibées. »

À mon avis, l’article sus énoncé, nous dit que nous sommes tous égaux en droits vis-à-vis de la santé. Alors messieurs de la NAFA, pourquoi moi, ma mort à Yalgado vous serait-elle plus acceptable que celle de D. Bassolé ? Insinuez-vous qu’il aurait plus de droits que le citoyen lambda, qui se meurt dans les mouroirs que sont nos hôpitaux ? D. Bassolé, comme tous les autres politiciens avant lui et après lui, doivent assumer leur héritage, parce que lui au moins a eu l’opportunité pendant de longues années, d’influencer la politique dans ce pays.

Il aurait pu faire construire un hôpital aux normes dont nous aurions tous profité. Hélas ! Le pouvoir, c’est pour servir et non se servir. Ce qui serait humaniste, chers messieurs de la NAFA, c’est d’arrêter de pousser si loin l’opprobre contre le peuple du Burkina en réclamant l’évacuation d’un criminel, reconnu coupable et condamné devant les cours.

L’État burkinabé a un devoir de soin vis-à-vis de ses prisonniers, mais il ne saurait mieux traiter les criminels que les honnêtes citoyens, au risque que nous devenions tous criminels. Il est incompréhensible que D. Bassolé soit si prompt à quitter ce même trou qu’il était prêt à mettre à feu et à sang pour le gouverner il y a si peu !

Les évacuations sont discriminatoires, donc anticonstitutionnelles

La constitution est sans équivoque quant à l’égalité en droits des Burkinabé. Permettre donc à certains Burkinabé de bénéficier des évacuations sanitaires pendant que d’autres sont abandonnés dans de médiocres hôpitaux locaux, c’est simplement violer notre constitution, surtout quand on sait que ce n’est pas par un tirage au sort que l’on bénéficie ou non de l’évacuation sanitaire. Ce n’est même pas sur la base de la nécessité médicale, mais plutôt sur la base de critères entièrement arbitraires.

Quelle sorte de peuple sommes-nous donc, nous qui jugeons la vie d’une présidente de parti politique plus importante que celle d’un maître d’école ? J’en appelle donc au président du Faso, pour qu’il mette fin aux évacuations sanitaires. Elles représentent une injustice criarde que subit la majorité des Burkinabé qui pourtant les finance.

On peut arguer que ces évacuations sont simplement anticonstitutionnelles : d’une part, elles établissent parmi les Burkinabé, une discrimination basée sur des critères spécifiquement interdits par la constitution, en particulier, l’opinion politique, la fortune et d’autre part, on ne peut pas maintenir les évacuations sanitaires pour certains président(e)s de parti politique, et en refuser expressément à D. Bassolé. Cela serait une injustice monstre !

Autant il est anticonstitutionnel de réserver les évacuations sanitaires pour certains, autant cela reste anticonstitutionnel de les refuser à d’autres. Il n’y aura jamais suffisamment pour évacuer tous les Burkinabé qui en ont besoin. C’est pourquoi, tous méritent d’être pris en charge localement, dans les meilleures conditions possibles, car nous sommes tous des contribuables. Ceux-là qui bénéficient aujourd’hui des évacuations ne payent pas plus de taxes que ceux que l’on laisse mourir au pays.

Nos politiciens sont la source de l’incivisme qu’ils décrient

En fait, il ne faut pas chercher loin les racines de l’incivisme. Les citoyens ne peuvent pas continuer à se saigner pour soutenir le train de vie des hommes politiques et de leurs alliés. On ne peut pas demander aux syndicats de faire des sacrifices pour le développement du pays, pendant qu’au même moment, les hommes politiques ne font que s’empiffrer ! Par exemple, en 2018, le revenu national brut (RNB) du Burkina Faso était de 392 406,64 F CFA par habitant.

La même année, pendant que chacun de nous se contentait de nos maigres 400 000 F CFA, nos braves députés, après réduction de leur salaire, recevaient chacun 11 534 116,99 F CFA comme salaire annuel (3). Comparé au RNB par habitant, cela fait un rapport de 29,39. À titre comparatif, chez nos voisins, nous obtenons les rapports suivants :

Sources : (4)

On serait tenté de penser qu’après tout, les Burkinabè s’en tirent à bon compte, comparé à des pays comme le Niger. Cependant, on ne peut que ressentir une certaine honte devant des pays comme le Mali. Tout de même, un député burkinabé gagne presque 30 fois le RNB par habitant, en plus des évacuations sanitaires et autres avantages ! Je ne m’amuserai point à un tel exercice pour ce qui est du salaire du ministre des Finances par exemple ! Disons, autour de 300 fois le RNB tandis qu’un haut fonctionnaire burkinabé gagne environ 10 fois le RNB !

Il n’y a pas de doute qu’avec plus de 3 fois le salaire du haut fonctionnaire, le député burkinabè est entièrement coupé de la réalité du pays. Chose curieuse, ils sont ceux, qui sont responsables de faire accroître le RNB de sorte que le rapport se réduise ! Étant donné que le rapport reste très grand, la seule conclusion judicieuse est qu’ils font mal leur travail. C’est dire que si l’on doit mériter son salaire, nos braves hommes politiques ne méritent pas les salaires que nous leur payons.

En fait, l’impression générale qui se dégage de telles figures, c’est celle d’un groupuscule qui s’accapare le gâteau tout entier, pendant que la grande majorité doit se contenter des miettes. Comment peuvent-ils oser alors nous demander de faire preuve de civisme, de faire des efforts, des sacrifices lorsqu’eux, organisent le pillage du pays de la sorte ?

Un pillage rendu bien trop facile par l’absence de lois qu’ils ont le devoir de mettre en place, mais qu’ils ne votent pas, permettant ainsi à des officiers de l’armée de devenir des milliardaires sans pouvoir justifier de la source de leurs milliards et d’aller se la couler douce au Canada, pardon en Turquie pour des soins ! Comment peuvent-ils lâcher le fisc sur nos pauvres ateliers pendant que les gros voleurs de la République circulent sans être inquiétés par le même fisc ? Une fortune se justifie. Le fisc doit pouvoir retracer chaque franc de la fortune, surtout dans un pays en proie au terrorisme comme le nôtre.

Conclusion

En somme, les évacuations sanitaires ne sont pas seulement une violation de la constitution. Elles ne sont pas seulement le signe manifeste d’une classe politique incapable, qui ne peut même pas doter le pays d’un hôpital digne et qui refuse d’assumer son héritage. Elles représentent surtout, la cupidité d’une classe politique entièrement coupée de la réalité des Burkinabè.

Chaque 24 heures, 5 Burkinabé, dont 2 enfants âgés de moins de 5 ans, meurent du paludisme. Le vrai manque d’humanisme, c’est d’accepter que cela arrive pendant que l’on continue tranquillement à évacuer des politiciens incompétents à coup de millions qui auraient certainement donné la vie à un enfant.

Koudraogo Ouédraogo
Blog : http://burkinafache2015.wordpress.com
Membre, Faso 2020 : http://faso2020.org

Références :

(1) Je suis né dans ce trou et je mourrai dans ce trou, 2 Septembre 2017, <https://lefaso.net/spip.php?article79118>

(2) Le Niger interdit les évacuations sanitaires fantaisistes des ministres et députés à l’étranger, 21 mars 2018,< http://nigerexpress.info/2018/03/21/le-niger-interdit-les-evacuations-sanitaires-fantaisistes-des-ministres-et-deputes-a-l-etranger/>
(3) Burkina-Faso : Les députés diminuent leur salaire, 20 janvier 2016 < https://www.jeuneafrique.com/295469/politique/burkina-faso-deputes-diminuent-salaire/
>
(4) https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GNP.PCAP.CD?locations=BF-CI-GH-TG-BJ-NE-ML

Vos commentaires

  • Le 4 octobre à 08:02, par A qui la faute ? En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

    Excellent article. Il serait bien que cet écrit soit publié dans les quotidiens pour le plus grand public. J’ai l’habitude de dire :
    - dans aucun pays développé vous ne trouverez autant d’écart entre la classe politique et le bas peuple
    - Dans aucun pays développé je n’ai jamais trouvé un fonctionnaire multi-milliardaire. Jamais ! Pour moins que ça des politiciens occidentaux ont des vrais ennuis judiciaires. Ici le peuple t’applaudit même
    - Nos politiciens sont plus riches que leurs homologues européens. Pourtant dans ces pays le salaire minimum est déjà élevé, l’école est gratuite, les bourses sont données aux plus pauvres quelque soit leur résultat scolaire, la santé est gratuite même pour les sans papiers (pour le cas de la France que je connais), les allocations aux logement même pour les étrangers, l’électricitié et l’eau dans 100% du territoire, les trains, les routes même dans des villages très peu peuplés même quand ce n’est pas rentable car c’est un droit. Et labà ils sont encore et encore poussés à réduire le train de vie de l’état, bien entendu tout n’est pas parfait dans aucun pays. Mais quand même !
    Dans vos calculs vous n’avez même pas ajouté l’argent de la corruption (10%, cailloux, détournement, ristourne, deals divers...).
    Je suis convaincu d’une chose : le salut du Burkina ne sera pas connu sous la direction du parti créé par le cercle des fonctionnaires milliardaires.

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  • Le 4 octobre à 08:15, par VISION En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

    Koudraogo Ouédraogo, vous êtes méchant et de très mauvaise fois. M. BASSOLE n’a jamais demandé une évacuation sanitaire du gouvernement Burkinabè. JAMAIS.
    Il veut aller de lui même se faire soigner, et revenir tranquillement. C’est tout. Mais ça vous le saviez déjà.

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  • Le 4 octobre à 08:20, par Marie En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

    Voici un sujet intéressant et pertinent qui a été gâché par une rancoeur partisane, autant qu’une belle sauce peut être gâtée par trop de sel ou de piment. Ma critique qui va suivre en infra ne porte pas sur le sujet qui est très pertinent mais sur votre narratif qui a gâché l’intérêt du sujet. J’avoue n’avoir pas lu 1/5 de ce texte fleuve. Et pour preuve, les premières lignes n’encouragent pas le lecteur à continuer, tant l’auteur dans sa harangue contre la NAFA et Mr. Bassolet, affiche un manque d’objectivite et de courage. Voyons un peu ça : il va critiquer Mr. Mugabe qui est mort à Singapour. Mais il évite de parler du cas burkinabé de Mr. Salif Diallo qui se soignait à l’étranger et qui est mort à l’étranger suite à des soins à l’étranger. Lui qui avec ses potes ont géré le Burkina Faso pendant 22 ans. Entre lui et Mr. Bassolet qui était plus a même de faire construire des hôpitaux ? Mr. Bassolet a-t-il jamais été ministre ? Combien de fois Mr. Salif Diallo l’a été ? Il y a aussi Madame Sereme qui a été évacuée plusieurs fois pour raison sanitaire. Et Mr. Zida qui voulait un billet officiel attestant d’une évacuation sanitaire. Pourquoi ne pas évoquer aussi ces cas entre d’autres nombreux, pour équilibrer la balance de l’objectivité et donner de la pertinence à votre contribution ? La quasi totalité de nos ministres et députés se font soigner à l’etranger et aux frais de la Princesse. Un député de ma région a fait un accident. Il a été évacué en France où il y a séjourné pendant plus de trois mois, toujours aux frais de la Princesse. C’est révoltant pour le ci-devant. C’est révoltant que ceux qui nous gouvernent, le législatif et l’executif, sensés mettre en places ces infrastructures, pensent que nos structures sanitaires ne sont pas assez adaptees pour eux et leurs familles. Mais centrer la critique sur le cas de Mr. Bassolet, sans se donner la peine de mentionner celui très flagrant de Mr. Salif Diallo, demi dieu avec ses potes du Burkina Faso pendant plus de deux décennies, trahit un esprit partisan qui tue l’interet et la pertinence de ce billet. Le Faso post insurrectionnelle est trop fissuré, clivé et partisan ; d’aucuns tentent de cacher leur haine sous le manteau du savoir et de la science. Hélas ! Si vous avez des choses contre Mr. Bassolet ce serait gaillard de les régler avec lui. Autrement il y a une certaine lâcheté à vouloir camoufler cette haine dans la recherche de l’approbation et validation publiques sous le couvert d’un sujet aussi important et pertinent.

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    • Le 4 octobre à 08:51, par L. K En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

      Mes exceptionnels respects à vous auteur de ce commentaire. Je n’ose rien ajouter au risque de ne faire mieux que vous donc j’achète le votre.

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    • Le 4 octobre à 08:55, par Togs zanga En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

      Mr, vous auriez mieux fait de lire son écrit en entier ! Vous avez pêché par impatience et par suffisance ! Sinon, vous auriez économisé vos énergies si vous aviez tout lu ! Svo, relisez le texte et cette fois en entier ! Et perdez cette habitude de condamner ou de sanctifier quelqu’un sans l’avoir patiemment écouté ou lu !

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    • Le 4 octobre à 10:47, par DARAMOUNI En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

      Marie, il aurait fallu lire tout l’article pour mieux apprécier. L’auteur du poste est parti d’un cas récurent, à savoir le cas D. BASSOLET pour interpeler l’ensemble de la classe politique sur leur responsabilité en matière de santé. Ceux passés et ceux actuellement aux affaires. Je ne vois aucune haine ni partie pris dans ce article. Lorsque vous dite que D.B voulait aller se soigner à ses frais, justement, ce aspect de fortune qui lui permet de pouvoir le faire est abordé également. Tout le monde sait que le salaire ne rendre une personne fortunée si cela était possible, rare seront ceux qui attendront les 50, 55, 60 ou 65 ans pour dire je prend ma retraite. Le salarier fortuné (non héritier d’une fortune des parents) doit pouvoir nous dire d’où lui vient cette fortune sans cela a chacun de se faire son idée sur le salarier capable de se soigner à l’étranger sur la base de leur salaire uniquement.

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      • Le 4 octobre à 12:24, par Etalon 1er En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

        Cher DARAMOUNI
        Merci pour ce très très bon résumé du texte de Koudraogo OUEDRAOGO. J’invite Marie, à défaut de lire le texte, à se contenter de votre résumé qui l’édifiera.

        Pour ma part j’invite tous les lecteurs à réfléchir sur le faite que ce sont les impôts des contribuables burkinabè (instituteurs, petits libraires, coiffeurs, etc.) qui "contribuent" à ces évacuations. Ces mêmes contribuables qui, face à la maladie doivent emprunter pour se soigner ou, obliger de regarder leurs enfants mourrir parce qu’étant ce "lamda" dont l’auteur parle.

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  • Le 4 octobre à 08:23, par Woto bala En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

    Rien à ajouter.tout a été dit. Le Burkina est patient mais sa colère est extrême. Si ca continue , les citoyens vont à un moment donné refuser de payer leur impôt. Des gouvernants dont l’incompétence n’a d’egal. Le Burkinabe après l’insurrection n’est pas celui des années 90. Et les politiciens ont intérêt à mettre ca dans leur crâne vide. Tond Nina pouka mè. Il faut équiper nos hôpitaux et nos FDS conséquemment sinon ’à quoi servent nos impôts si nous manquons de soins et de sécurité. A quoi sert l’État ?

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  • Le 4 octobre à 09:32, par Zeus En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

    Cet article est utile mais trompeur parce que l’analyse n’est pas profonde mais très superficielle !
    Je n’ai malheureusement pas le temps d’écrire en long dessus parce que voyageant et de toute façon peu de gens le long lisent maintenant ! Donc juste quelques points :
    1) Avant la santé, à côté de la santé, l’education ( qui a permis à l’auteur de balader sa plume ici ), mais aussi l’eau , l’électricité et j’en passe : eh oui, on n’est pas tous égaux devant quoi que ce soit ! Une méchante loi de la nature qu’il faut combattre mais l’honnêteté commande donc de ratisser large !
    2) Le rapport des salaires des députés au RNB en Afrique ne traduit pas nécessairement l’anormalité des salaires des députés , mais hélas celle du RNB en Afrique : qui fait que bien que je vous suive pour décrier un tel écart , je suis choqué que des pays européens s’y retrouvent en bons élèves alors que la grille de comparaison ne sied pas a leur situation ici !
    Sinon sur le fond, le problème posé est pertinent : malheureusement la vie n’est pas simple ! Le Nigeria et l’Algérie doivent leur stabilité essentiellement au fait que les généraux se partagent une part de l’argent du pétrole dans un système hautement huilé qui fonctionne à la perfection ! Qui n’est pas normal mais en attendant de régler cela, l’absence de coup d’états répétés dans ces deux pays permettent aux plus pauvres de profiter un peu plus du peu qu’ils ont peut être !

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    • Le 4 octobre à 12:31, par Kouda En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

      Zeus,
      Conséquences de cet arrangement lache, malhonnête et inique que vous semblez tenir en grande estime :
      - l’électricité est rare, irrégulière au Nigéria, forçant des millions d’habitants à produire eux-mêmes leur électricité ;
      - l’exploitation illégale du pétrole fait des ravages irréversibles sur la nature, les animaux, les êtres humains ;
      - un système de santé en faillite avec un président obligé de passer de longues semaines de soins hors du pays ;
      - un système éducatif dépassé et quasi-désuet ;
      - une corruption généralisée dans l’armée au point que celle-ci soit incapable d’affronter les militants de boko haram ;
      - un pays dans lequel cette semaine une fabrique de bébé a été découverte et démantélée par la police
      - et j’en passe.
      Voici ce qu’apporte le genre de pactes que vous préconisez. Notre problème principal au Burkina Faso, c’est notre incapacité à nous projeter dans le long terme. On se contente de gérer l’urgent du quotidien et on est donc condamné à rester dans la précarité et la misère.
      Blaise Compaoré avait offert le gite aux membres du MNLA et affiliés qui, en retour, nous épargnaient de leurs attaques. Le Mali destabilisé, nous payons cher le prix de cette lacheté du régime Compaoré que vous vantez comme une vertu.

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  • Le 4 octobre à 12:59, par Le petit tranquilos En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

    Marie vous dites la même chose et la même pensée que l’auteur de l’écrit. Merci pour cette pertinence. Il fallait aussi ajouter les évacuations de complaisance. Il y a des agents qui profitent de fausses formations pour aller se faire soigner. Et cela en complicité avec les 1er responsables des ministères. Certains profitent même de ça évacuer sa femme, son enfant et même sa bien aimée. J’ai l’impression qu’au Burkina, quand on te nomme en conseil de ministre, c’est comme si la personne a un feu vert pour le vol, la raquette et tout ce qui est flou.
    Il faudrait que nos compatriotes commencent à se mobiliser en Europe pour refuser des soins de nos hommes politiques a l’étranger comme l’a fait tout récemment les nigérians en Allemagne.
    Encore merci Mr Koudraogo.

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  • Le 4 octobre à 17:57, par s En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

    Je demande à l’état d’aider les communautés religieuses à ouvrir des centres de santé et d’éducation un peu partout dans le pays pour soulager la population car on en a marre de ces politiciens déguisés en syndicats.

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  • Le 4 octobre à 23:47, par Jupiter En réponse à : Evacuations sanitaires : « Ces braves Burkinabé qui ne sont pas égaux aux autres ! »

    En réalité, politique ou pas, chacun est libre d’aller se soigner où il veut, et quand il le veut, tant que cela se fait à ses propres frais. L’ennui ici, c’est quand des politiciens se font évacuer aux frais de l’Etat. Mais l’amalgame étant facile lorsqu’on occupe un poste politique, on ne saurait en vouloir au citoyen lambda le risque de confusion.
    Quant au cas de Mr BASSOLE, c’est le fait qu’il soit prisonnier qui empêche les autorités d’accepter son évacuation, pour éviter toute prise de risques.

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