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Artisans du Centre Wendpanga : « Malgré notre handicap physique, on ne baisse pas les bras »

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • lundi 30 septembre 2019 à 15h30min
Artisans du Centre Wendpanga : « Malgré notre handicap physique, on ne baisse pas les bras »

Ce sont des personnes vivant avec un handicap physique. Toutefois, loin de se laisser décourager, Albert Simporé, Samson Kaboré et Alassane Ouédraogo ont des doigts de fées. Ils travaillent dans la création d’objets d’art. Zoom sur des artisans qui, à travers l’art, ont décidé de faire passer un message d’espoir.

Vivre avec un handicap physique est considéré par plus d’un comme un obstacle pour être dans la vie active. Pourtant, elles sont nombreuses, ces personnes vivant en situation de handicap, mais exerçant des métiers. C’est le cas des travailleurs du Centre Wendpanga (la force de Dieu) des personnes handicapées. Au nombre de sept, ils se sont spécialisés dans la création d’objets d’art. Qu’il s’agisse de confection de sacs, de tableaux, de porte-clés, de tabourets, de calebasses, de ceintures ou de bijoux, ils s’appliquent à la tâche. Depuis plusieurs années, ces artisans ne cessent de s’investir dans leur passion.

Albert Simporé,Artisan de profession

Albert Simporé fait partie de ces artistes. Il s’est spécialisé dans la transformation du bois. Victime d’une poliomyélite dès le bas-âge, il a décidé de ne pas s’apitoyer sur son sort. En 1987, il jette son dévolu sur l’art et y reste définitivement. « Je ne voulais pas rester chez moi à ne rien faire. J’ai réfléchi sur un métier dans lequel j’allais me plaire ; finalement j’ai opté pour l’art », confie-t-il.

Samson Kaboré,Artisan

Un autre, une autre histoire. Samson Kaboré rêvait de terminer ses études. Cependant, à son arrivée au lycée, il est confronté au problème de l’escalier. « Pour aller en cours, il fallait monter l’escalier, et avec ma situation, je ne pouvais pas le faire. Dans la construction de l’établissement, ils n’avaient pas pensé à nous qui sommes handicapés », regrette l’artisan. Voyant qu’il ne pouvait pas continuer ses études, il s’intéresse à l’art dès l’âge de 15 ans.

Alassane Ouedraogo,Artisan

Rien ne se jette, tout se transforme

L’une des particularités de ces artisans est le recyclage. Ils proposent des sacs faits à base de peaux d’animaux. L’un des doyens du centre, Alassane Ouédraogo, est le spécialiste-maison des sacs à main. Il crée des sacs à partir de peaux de chèvre. Aussi, il retravaille des sacs usés afin « qu’ils retrouvent la vie », dit-il. Alassane Ouédraogo a été, comme ses collègues, victime de la poliomyélite à l’âge de 4 ans. C’est en 1996 qu’il a commencé à travailler sur les objets d’art avant de se lancer dans le recyclage.

Sacs confectionnés à base de peau de chèvre

« La mendicité ne doit pas être une option »

Ces trois battants disent n’avoir rien à envier aux personnes non-handicapées. Leurs doigts leur permettent d’être utiles dans la société, comme tout citoyen lambda. S’ils sont financièrement limités, ils reconnaissent que l’artisanat leur a permis d’éviter la mendicité. Samson Kaboré est en couple et prend en charge ses deux fillettes.

« J’ai deux filles de 6 et 3 ans, je m’occupe d’elles avec l’argent que je gagne dans l’art », dit-il fièrement. Toutefois, ils avouent qu’ils sont confrontés, ces dernières années, à une baisse du marché. Ils pointent du doigt la situation sécuritaire du Burkina Faso. Selon les dires d’Albert Simporé, les objets peinent à sortir. « Les Blancs constituaient la majorité de nos clients. Ils ne viennent plus à cause des attaques terroristes, donc le marché est devenu très calme », déplore-t-il.

Ces trois artisans espèrent que leur expérience sera suivie par d’autres personnes vivant avec un handicap car, disent-ils, « malgré notre handicap physique, on ne baisse pas les bras ». Ils appellent leurs semblables au travail car, pour eux, la mendicité ne doit pas être une option. Leur plus grand rêve est d’avoir les moyens financiers pour ouvrir une grande boutique où ils exposeront leurs œuvres.

Téléphone:79 09 44 14

Samirah Bationo (stagiaire)
Lefaso.net

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