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Dépenses publiques : La défense et la sécurité sous la loupe du CIFOEB

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • mardi 17 septembre 2019 à 19h41min
Dépenses publiques : La défense et la sécurité sous la loupe  du CIFOEB

Le Centre d’information, de formation et d’études sur le budget (CIFOEB) s’est intéressé aux ressources allouées aux ministères de la Défense et la Sécurité dans ce contexte d’insécurité. Elles sont en hausse permanente depuis trois ans. Au cours d’un atelier tenu ce 17 septembre 2019 à Ouagadougou, l’institution, qui œuvre pour bonne gouvernance économique et financière, a restitué une étude d’analyse budgétaire globale sur les secteurs de la sécurité et de la défense.

S’il y a des ministères qui sont au-devant de la scène dans la lutte contre le terrorisme, ce sont bien ceux de la Défense et de la Sécurité. Un contexte particulier qui mobilise d’énormes ressources publiques pour barrer ou endiguer la progression des tentacules du terrorisme. Par souci de bonne gouvernance et de transparence, le citoyen contribuable devrait bien savoir à quoi servent ses efforts complémentaires.

C’est pourquoi le CIFOEB (Centre d’information, de formation et d’études sur le budget), en tant que structure « de veille citoyenne et d’influence sur les questions de finances publiques », a commandité une étude. Il s’est agi, selon Dramane Semdé, vice-président du Conseil d’administration du CIFOEB, « de jeter de la lumière sur les caractéristiques de ces dépenses et d’interroger aussi leur efficacité et efficience dans ce contexte particulièrement critique sur le plan de la sécurité ».

En clair, montrer à l’ensemble des citoyens burkinabè, ce que l’Etat a alloué de façon additionnelle à la sécurité et à la défense et si c’est efficace. Eventuellement, faire des recommandations à l’Etat pour plus d’efficacité dans les dépenses de ces deux ministères souvent considérés comme des « grand muets ».

Foi de l’un des deux consultants qui ont mené l’étude, Fidèle Bama, ce sont les dépenses de depuis 2011 qui ont été épluchées. Le constat est sans surprise. Les hausses sont très importantes depuis ces trois dernières années.

48,98% de hausse à la défense

Situation oblige, comme il fallait s’y attendre, le rapport révèle que les allocations budgétaires de la défense sont en nette augmentation de 2016 à 2019. Les allocations du ministère de la Défense ont progressé en moyenne de 25,84% contre 2,08% pour la période 2013-2015 et 12,86 sur la période 2010-2012. L’année 2018 a connu la hausse la plus importante avec 48,98%. En volume, les dépenses budgétaires sont passées de 95,43 milliards de F CFA en 2016 à 169,94% milliards de F CFA en 2018.

« Une hausse qui s’explique par la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense pour faire face au terrorisme qui menace l’intégrité du territoire. En 2019, les efforts d’allocation en faveur de la défense nationale se poursuivent avec une prévision de 209,73 milliards de F CFA, comparativement aux allocations de 2018 ; c’est une pression de 23, 41% », lit-on dans le rapport d’analyse. L’étude relève que cette augmentation a permis à l’Etat de respecter ses engagements dans l’exécution de la loi de programmation militaire quinquennale (2018-2022) avec un taux d’exécution de 52, 35% en seulement deux années de mise en œuvre.

La même hausse est constatée au ministère en charge de la Sécurité. Les allocations sont passées de 57,54% milliards de F CFA en 2016 à 72,01% en 2018, soit un taux de croissance annuel de 12,28%. Des chiffres qui sont sans cesse croissants, puisque pour 2019, les prévisions s’élèvent à 95,70 milliards de F CFA.

Mais le rapport note que la part du budget de la sécurité dans le budget national apparaît relativement faible, bien qu’elle soit en augmentation. Elle est passée de 2,96% à 3,07% en 2017 puis à 3,25% en 2018. Et en 2019, sur la base des prévisions, elle sera à 4,32%.

Mais contrairement à la défense, la part des dépenses de personnel du ministère de la Sécurité a augmenté pendant que celles allouée aux investissements connaissent une baisse.

« Il est important d’allouer des ressources de façon supplémentaire au niveau des investissements de la sécurité. L’Etat avait pris des engagements pour équiper et mettre en place des postes de sécurité dans 156 communes », remarque Dramane Semdé, vice-président du Conseil d’administration du CIFOEB. Engagements non tenus jusqu’à présent. Seulement 36 communes ont vu l’érection de ces postes.

L’étude d’analyse budgétaire globale sur les secteurs de la sécurité et de la défense recommande entre autres à l’Etat de rationaliser les dépenses de personnel afin de les ramener dans les limites de la norme communautaire qui est de 35%, de rationaliser les dépenses de fonctionnement pour se conformer à l’objectif de réduction du train de vie d l’Etat, et d’accroître la part de la richesse nationale allouée aux investissement publics.

Pour la prise en compte de ces recommandations, le Centre d’information, de formation et d’études sur le budget compte mener des plaidoyers à l’endroit du gouvernement.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 17 septembre à 21:51, par Le Vigilent En réponse à : Dépenses publiques : La défense et la sécurité sous la loupe du CIFOEB

    Quelle était la programmation en ce qui concerne la mise en place des postes de sécurité ? Le 156 postes de sécurité devaient-ils être mis en place au cours de la même année ou bien, devaient se faire sur plusieurs années ? Quelle part du budget total alloué aux 256 postes a-t-elle été absorbée par les 36 déjà réalisés ? Ces informations complémentaires sont nécessaires pour permettre de porter un jugement objectif, et en connaissance de cause sur l’utilisation des ressources allouées à la sécurité.
    L’on constate que les dépenses de personnel absorbent une part trop importante du budget alloué à la sécurité alors que le secteur connaît un important déficit en ressources humaines. L’état sera-t-il en mesure d’augmenter le budget de la sécurité de façon à pouvoir faire face aux charges de personnel et à disposer de ressources suffisantes pour les investissements ?

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  • Le 18 septembre à 08:07, par HUG En réponse à : Dépenses publiques : La défense et la sécurité sous la loupe du CIFOEB

    J’ai toujours dit sur le fasonet que les syndicats des policiers qui passent leur temps a décrier leur armement sont les seuls responsables de leur situation. J’ai toujours dit qu’un statut particulier implique des meilleures conditions de vie et de travail mais les policiers ont opté pour l’amélioration de leurs conditions de vie uniquement. Cette étude me donne raison car il est dit qu’au niveau de la sécurité on constate une augmentation des dépenses du personnel au détriment des équipements. Donc chers policiers arrêter de nous dire à chaque fois que votre équipement est ceci est cela car vous êtes responsables plus des autorités qui vous ont octroyé ces avantages.

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  • Le 18 septembre à 10:28, par Au secours En réponse à : Dépenses publiques : La défense et la sécurité sous la loupe du CIFOEB

    Il va falloir qu’on nous rassure sur la destination de tous ces fonds publics alloués à l’armée pour son équipement. Est-ce que ces augmentations fulgurantes du budget de l’armée ne sont pas tout simplement allées dans les poches de certaines pontes de l’armée et du pouvoir à travers les marchés de gré à gré surfacturés, les fausses facturations et la corruption en plein air, toutes choses qui pourraient expliquer l’insuffisance des armes en quantité et en qualité, performance et puissance au cas où elles auraient été réellement acquises. L’inspection générale des forces armées est interpellée pour inspecter et/ou investiguer rapidement sur tous ces marchés et situer les burkinabé sur la bonne exécution de ces marchés. Malheureusement, la loi ne permet pas à des structures sérieuses de contrôle telles que l’ASCE, la Cour des comptes et l’Inspection générale des finances d’inspecter les marchés d’acquisition de certains biens relevant d’un soi disant "secret défense" que l’armée brandit toujours pour empêcher de voir clair dans sa gestion. Vivement que cette loi soit revue pour clarifier cette notion de "secret défense" qui ne permet qu’à des hauts gradés de l’armée et à des en haut des en haut du pouvoir de s’engraisser d’avantage et de livrer notre armée à un péril programmé par manque d’armement de qualité et en quantité.

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