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UFC-Dori : Bâtir des ponts entre les jeunes à Ouaga

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo • samedi 14 septembre 2019 à 22h40min
  UFC-Dori :  Bâtir des ponts entre les jeunes à Ouaga

Au lendemain de la fin de la caravane pour la paix qu’elle a organisée, l’Union fraternelle des croyants de Dori (UFC-Dori) a animé une conférence publique de mobilisation des jeunes pour la paix, ce 13 septembre 2019 à Ouagadougou. « Le rôle des jeunes dans la construction du vivre-ensemble, la prévention de la radicalisation et la lutte contre l’extrémisme violent », c’est le thème des échanges qui ont réuni des jeunes de différentes confessions religieuses venus des 13 régions du pays.

Des jeunes des 13 régions du Burkina Faso sont venus se joindre aux caravaniers pour participer à cette conférence publique organisée par l’Union fraternelle des croyants de Dori (UFC-Dori). C’est une initiative voulue par l’association cinquantenaire pour parler des questions de paix, de cohésion, de fraternité, et de vivre ensemble, par ces moments d’incertitude que vit le pays.

« Notre pays traverse en ce moment une grande période d’insécurité du fait du terrorisme avec son cortège de malheurs. Ce phénomène qui sème le trouble et la terreur a profondément bouleversé nos habitudes pour un pays reconnu jadis terre d’hospitalité et de coexistence pacifique entre les communautés ethniques, religieuses », a dit le directeur de cabinet du ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale, Vincent Sawadogo.

Au nom de son ministre, il a félicité UFC-Dori pour le travail de mobilisation des communautés dans la construction et la consolidation du notre vivre ensemble. Pour lui, dans cette construction et préservation de la cohésion sociale, les jeunes doivent occuper et jouer un rôle de premier plan. « Vous êtes le fer de lance, le levain qui fait lever la pâte, l’eau qui désaltère et la soif qui donne le désir de boire (…) N’ayez pas peur de faire quelque chose pour la paix, les moyens ne sont pas en dehors de chacun de vous. Il suffit d’être animé de bonne volonté, de courage, d’amour et de croire en l’unicité du genre humain », a exhorté Vincent Sawadogo.

Selon Mgr Laurent Birfuoré Dabiré, évêque de Dori et répondant juridique de l’UFC, les jeunes sont le public cible de tout ce qui s’entreprend en bon ou en mauvais. Il faut donc les aider à faire de bons choix notamment le choix de la paix, de l’amitié, de la fraternité, du vivre ensemble et de la collaboration pour l’édification d’une société heureuse où chacun se sent chez soi, reconnu et associé aux grande initiatives de la société.

Reprenant les propos du Pape Jean-Paul II, Mgr Laurent Dabiré souligne que la paix est plus possible que la guerre, il suffit de se donner autant de moyens. Cette conférence publique est une initiative de construction de la paix par les jeunes et l’homme d’église a souhaité que les jeunes qui recevront les messages et participeront au débat soient des ambassadeurs de la bonne nouvelle, une fois qu’ils seront rentrés dans leurs localités respectives.

« Sur cette terre que Dieu nous a donnée, il y a de la place pour tout le monde. Personne n’a besoin d’éliminer l’autre pour être à l’aise (…) La conviction du bon vivre ensemble se trouve dans notre unité, la tolérance, l’acceptation mutuelle, pour faire route ensemble »,a poursuivi Mgr Laurent Dabiré.

Trois panélistes, un même message

Le panel a été introduit par Hadjaratou Zongo, directrice générale de la promotion civique. Elle a soutenu que ce qui nourrit la radicalisation et l’extrémisme violent, c’est l’ignorance. Et cette ignorance nourrit les stigmatisations, les préjugés, les injustices sociales et les sentiments qui en découlent. Elle a suggéré aux jeunes d’apprendre à se connaitre d’abord et ensuite à faire l’effort de connaitre leur prochain. Alors ils se rendront compte que ce qui les unit dépasse ce qui les éloigne.

L’Imam Halidou Ilboudo, créateur du Centre culturel islamique pour le dialogue et le vivre ensemble, a précisé que le Burkina Faso a toujours fait preuve d’une religiosité tranquille, où ce que d’aucuns ont appelé, une mobilité religieuse, c’est-à-dire une pratique religieuse qui ne heurte pas celle des autres. Mais cela est de plus en plus remis en cause par des individus sans foi ni loi. « Notre rôle en tant que jeunes religieux, c’est d’avoir une compréhension holistique de la religion qui commande le bien et non le mal », a-t-il dit. Lui également a instruit aux jeunes d’aller à la connaissance de l’autre, le seul moyen pour faire tomber les méfiances, les barrières.

Le religieux, le Père Jean-Paul Sagadou, troisième panéliste a introduit sa communication, en notant que le Burkina Faso ne connait pas un problème de religion. Il pointe plutôt des frustrations, des ignorances mutuelles, des problèmes politiques, économiques…

Pour lui, l’enrichissement de soi vient de la différence avec l’autre. « Nous ne sommes pas ce que nous sommes, si nous n’avons pas la part de celui qui n’est pas ce que nous sommes », lance-t-il. Il souhaite donc que les jeunes ne se contentent plus de connaitre vaguement et superficiellement leur prochain. C’est la base des préjugés et la source de tous les maux.

Le Père estime d’ailleurs que l’on demande trop aux jeunes, sans prendre le soin de faire quelque chose pour eux. Leur permettre de se rencontrer, de fraterniser, de se former, de travailler.
Cette conférence entrait dans le cadre du « Projet d’accompagnement des Cellules locales de dialogue pour la paix et opérationnalisation de la seconde édition d’une caravane des jeunes pour la paix » financé par MISSIO Munich et MISSIO Aachen et mis en œuvre par l’Union fraternelle des croyants de Dori.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 17 septembre à 05:38, par Salomon Justin Yameogo En réponse à : UFC-Dori : Bâtir des ponts entre les jeunes à Ouaga

    Chapeau aux initiateurs et aux jeunes de Dori : c’est courageux et c’est TRÈS opportun. Une belle initiative ) encourager, à multiplier. Je suis content de l’appui et de la participation du Ministère en charge, même si "c’est bon mais, c’est pas arrivé" ; prochainement, encore un peu plus...

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