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Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • vendredi 13 septembre 2019 à 21h40min
Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

Le Conseil national du Patronat burkinabè, conduit par son premier responsable, Apollinaire Compaoré, a rendu visite, dans la matinée de jeudi, 12 septembre 2019 à la Bourse du Travail de Ouagadougou, au président du mois des centrales syndicales. Au cours de cette « visite de courtoisie » qui s’est déroulée dans une belle ambiance, il a été question des préoccupations des travailleurs burkinabè et, partant, de la situation nationale.

Bassolma Bazié, président du mois des centrales syndicales, et ses proches collaborateurs se souviennent que, ce n’est pas la première fois que l’organisation, le Patronat, effectue une visite dans ces locaux. D’où leur gratitude à Apollinaire Compaoré et sa délégation, pour cette ouverture d’esprit du Patronat. Passés les salamalecs et autres formalités d’usage, le président du mois des centrales syndicales va entrer dans le vif du sujet, en exposant les préoccupations qui « assaillent » les travailleurs burkinabè et le sens du combat du mouvement syndical. Des préoccupations qu’il regroupe essentiellement au sujet du Code du travail, en l’UITS (Impôt unique sur les traitements et salaires), la commission mixte paritaire de négociation salariale et au dialogue social.

Appolinaire Compaoré (vêtu en blanc) avec à sa gauche, son vice-président, Seydou Diakité

« Vous savez bien que certains écueils entre nous sont, dans la majeure partie, produits par les hommes politiques qui gèrent la gouvernance. Dans la mesure où, par moments, il y a des consensus entre le patronat et le mouvement syndical, et c’est désagréablement que nous apprenions, quand ça entre dans les couloirs politiques, ça ressort avec d’autres versions », relève Bassolma Bazié.

Pour lui, quelle que soit la pierre qu’on peut lui lancer, le Mouvement syndical burkinabè a toujours été responsable. Il rappelle au passage que l’IUTS est une des incarnations de l’esprit patriotique des travailleurs à un moment difficile du pays. Il explique également que le mouvement syndical a même interpellé le gouvernement sur la nécessité de faire en sorte que cessent les monopoles qui tuent les entreprises nationales.

De l’avis de Bassolma Bazié, lorsque les travailleurs se portent bien, ce sont les entreprises qui tirent bénéfices (les travailleurs étant également consommateurs). C’est en cela qu’il regrette le dialogue social, tel que conduit au Burkina par certains acteurs.

« Ce qui manque dans notre pays, ce n’est pas le dialogue social ; ce qui manque, c’est le dialogue social franc. Or, ce qui fait l’homme, c’est sa parole donnée. Vous savez très bien que notre pays a mal à sa cohésion sociale, à sa gouvernance politique, économique… Mais tout cela est lié au fait que la question du dialogue social, qui est prononcé sur les bouts de lèvres, manque de sa quintessence, qui est le respect de la parole donnée, le sérieux des acteurs et la mise en œuvre des engagements pris. Nous estimons que si aujourd’hui, on arrive à se rencontrer et qu’il y a des lueurs de rencontres, c’est qu’il y a des lueurs d’espoir », scrute le leader syndical.

Du reste, le président du mois des centrales syndicales se veut, on ne peut plus clair : « On doit tous retenir que la paix que nous souhaitons tous, et de tous nos vœux, est une conséquence ; elle découle purement de la justice sociale. Donc, aux niveaux syndical, politique, économique. A tous les niveaux, si chacun est un acteur de justice sociale, fait en sorte à rétablir rapidement l’autre dans ses droits, il n’y a pas de rasions qu’il y ait des mécontentements. Mais si on ferme l’œil là-dessus, nous créons tous, de façon volontaire ou involontaire, le terreau fertile à ce que des désœuvrés pullulent pour permettre à des terroristes de faire des recrutements et attaquer notre pays dans tous ses secteurs ».

Une perception partagée par les hôtes, à se fier aux propos du président du Patronat burkinabè, Apollinaire Compaoré, qui affirme d’entrée de jeu que son organisation et les syndicats sont des partenaires, le Patronat étant aussi un syndicat des patrons. Pour M. Compaoré, autant on se connaît les uns les autres, autant on peut éviter des incompréhensions

« Nous sommes une organisation qui vient d’être mise en place et qui a pris fonction…, les organisations des travailleurs sont des partenaires des organisations patronales. Il était donc tout à fait indiqué qu’on vienne voir les syndicats, à travers leur représentant, pour présenter notre nouveau bureau et souhaiter que dans le cadre de la recherche du dialogue et du climat (social) apaisé, on puisse s’asseoir à l’avenir pour poser les problèmes et nous instruire de nos différences », a poursuivi le vice-président du Patronat, Seydou Diakité. Aujourd’hui, les acteurs ont besoin de se parler plutôt que de se regarder en chiens de faïence, encourage l’ancien président de la Fédération burkinabè de football, Seydou Diakité.

« On a les mêmes intérêts, les mêmes contraintes aujourd’hui ; nous faisons partie du même pays et l’objectif c’est de créer les conditions pour que le monde que nous allons laisser à notre jeunesse soit un monde prospère », prône M. Diakité, qui note que le Patronat et le mouvement syndical ne sont pas forcément dans le cadre de l’antagonisme. « On n’est pas des ennemis, on est des frères, nous sommes tous des Burkinabè », appelle le vice-président, Seydou Diakité.

C’est avec en perspectives, d’autres cadres d’échanges, que les deux parties ont épuisé les ‘’points inscrits à l’ordre de jour’’.

OL
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Vos commentaires

  • Le 13 septembre à 16:55, par ô pays mon beau peuple En réponse à : Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

    Moi je souhaite que certains syndicalistes travaillent à devenir patron un jour, cela sera plus bénéfique au pays. Monsieur Bassolma qui est enseignant de profession devient un grand promoteur d’établissement d’enseignement sera très profitable non seulement pour lui et sa famille et pour le pays tout entier. Un pays de Grands patrons est bien meilleur que celui des hyper syndicalistes même s’il est vrai que la fonction syndicale contribue à la surveillance de la mise en œuvre des textes qui réglementent les rapports sociaux dans les entreprises.

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  • Le 13 septembre à 17:15, par sidbala En réponse à : Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

    Des syndicats créés tout azimut pour amuser la galerie, c’est encore des manœuvres du pouvoir MPP, ce sont des pratiques d’un autre temps.

    On attend que la maison prenne feu et venir en pompier, Mr Bazié a tout dit, s’il y’a des burkinabé plus burkinabé que d’autres ça marchera jamais, les syndicats fantoches de vendeurs de boutiques qui ont certainement eut des perdiemes avec le pouvoir veulent déstabiliser la lutte des honnêtes citoyens.
    En tout état de cause les voleurs de la république doivent un jour répondre de leur forfait.

    SOUTIEN TOTAL AUX STRUCTURES HONNÊTES ET MALHEUR AUX VOLEURS ET AUX MANIPULATEURS.

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  • Le 13 septembre à 22:06, par Sacksida En réponse à : Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

    Vous savez, des syndicats fantoches sont diriges par l’aristocratie ouvriere qui vendent leurs collegues ou les travailleurs avec le patronat ou le gouvernement afin d’obtenir des petits avantages en nature ou en argent. Ils sont connus depuis la nuit des temps dans ce pays de savane. Alors, pour resoudre le maximum de problemes, il faut que ce pouvoir ait le courage et la volonte politique de convoquer des assises generales nationales afin de mettre plat tout le systeme de gouvernance et sur des ressources du pays et leur utilisation. C’est la meilleur solution, sinon tout autre attitude ne serait que de la poudre aux yeux et le pays risque de s’enfoncer dans la crise sociaux economique structurelle. Oui a la rupture et non au laxisme. Salut.

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    • Le 14 septembre à 11:57, par Le Vigilent En réponse à : Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

      @Saksida, quand on dit que vois syndicats sont des excroissances de partis politiques, vous dites que l’on vous fait des procès d’intention. La preuve ; ce que vous demandez : « convoquer des assises nationales pour mettre à plat le système de gouvernance et les ressources du pays et leur utilisation », ne saurait relever des attributions d’un syndicat. Ce sont les partis politiques, dont ceux dans lesquels vous militez ou que vous soutenez, sciemment ou inconsciemment, qui sont compétents pour faire de telles revendications. Nous on vous juge sur vos actes et non pas sur ce que vous nous dites que vous êtes. Nous savons qu’il y a des hyènes qui portent des masques de chèvres et de moutons !!!

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  • Le 14 septembre à 10:28, par Bila 5 En réponse à : Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

    Franchement j’ai aimé cette démarche si humble du patronat. Vivement que les deux acteurs incontournable du monde du travail arrivent à faire des concessions pour mettre fin à cette crise sociale. Que dès les jours à venir, c’est mon souhait qu’ils revoient rapidement les articles du code du travail qui créé une divergence afin que le nouveau code soit validé. La question de IUTS soit tranchée aussi. Je termine par ceci : dans le monde du travail autant que le patronat est important autant que le syndicats est important. Tous concourent à une bonne production. Plus le travailleur est motivé plus la production augmente. Plus la production plus l’employeur en tire profit. Une fois de plus bravo au patronat pour cette belle initiative. Que la paix règne.
    .

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  • Le 14 septembre à 11:23, par RAZOUGOU En réponse à : Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

    Que Dieu t’accorde une longue vie Monsieur Bassolma. Tu es le meilleur. On te crois, on te suit de manière éclairée

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  • Le 14 septembre à 16:11, par Sacksida En réponse à : Bassolma Bazié au Patronat burkinabè : « Ce qui manque dans notre pays, c’est le dialogue social franc »

    Du reste, il faut savoir et comprendre une fois pour toute que la question de "l’apolitisme syndicale" ne veut rien dire ; sinon c’est meme une grosse erreur. Parce que la ou il y’a une lutte d’interets, il existe forcement politique, mais a la difference ici que le syndicat n’a pas pour but d’aquerir le pouvoir d’Etat. De meme, un syndicat responsable en dehors des revendications alimentaires, doit lutter pour de meilleurs conditions de travail, de vie et surtout pour la bonne gestion de l’Etat et de la citee. C’est en cela, que les syndicats, des patriotes conscients et des hommes et femmes des integres ce sont oppose au coup d’Etat de septembre 2015. Donc, elevons ici notre niveau de conscience citoyenne et patriotique et pas soutenir des theses classiques et bien depassees en croyants que tant vos idees ne sont celles des autres elles releveraient forcement de partis politiques. Salut.

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