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Coopération : « Il y a un autre piège, ce piège est de provoquer une réponse hors les valeurs de tolérance propres au peuple burkinabè », Andrew Young

Accueil > Actualités > Diplomatie - Coopération • LEFASO.NET | Par Edouard K. Samboé • dimanche 8 septembre 2019 à 23h55min
Coopération : « Il y a un autre piège, ce piège est de provoquer une réponse hors les valeurs de tolérance propres au peuple burkinabè », Andrew Young

Arrivé au Burkina Faso, comme ambassadeur des USA, en 2016, Andrew Young, a accepté exceptionnellement, lors d’une interview accordée à Lefaso.net, le 5 septembre 2019, de revenir sur le bilan de la coopération entre son pays et le Burkina Faso ; l’alternative sécuritaire au Sahel ; les droits humains et les perspectives de développement des USA au Burkina Faso.

Lefaso.net : Si vous aviez un mot à dire au Burkina Faso, que diriez-vous ?

Andrew Young : Je dois vous dire, j’arrive à un moment de réflexion sur le temps que je suis ici, au Burkina Faso, en ce pays des hommes Intègres. Je réfléchis quant au chemin accompli ensemble, et ce qui reste devant nous, à parcourir.

Je dois exprimer cet énorme honneur d’être ici, en ce moment dans l’histoire du Burkina. Le Burkina a montré au monde un chemin de la démocratie, un chemin pour rester débout devant les menaces terroristes et un chemin de faire avancer l’intérêt de toute la population ; et c’est pour cette raison, que je suis ici.

Vous savez que l’engagement de l’ambassade des USA ici est focalisé sur trois grandes actions : la première est inspirée par le modèle que vous avez montré, à travers l’insurrection populaire ; le chemin vers l’élection du votre nouveau gouvernement. Nous sommes engagés pour vous aider à enraciner votre démocratie pour laquelle, vous, vous êtes sacrifiés.

Le deuxième est axe sur lequel, nous sommes engagés est de faire face à cette menace sécuritaire ; à ces défis sécuritaires, nous voulons-nous investir pour le pays, dans les forces de défenses et de sécurités, et aussi pour la population burkinabè.

Ensemble avec la population du Burkina Faso, c’est vraiment, pour faire face, à cette menace sécuritaire ; à ces défis sécuritaires qui vous ont touché de manière tellement difficile. Je saisi l’opportunité pour vous exprimer la solidarité du peuple américain et moi-même pour ceux qui sont tombés dans cette lutte pour votre démocratie. Je dois vous dire que nous restons engagés à vos côtés pour faire face à ce défi.


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Le troisième axe est le développement équitable à long terme, avec l’engagement de toutes les composantes de cette société, afin de créer un meilleur avenir. C’est l’esprit de beaucoup de notre engagement, par exemple : du Millenium Challenge Coopération (MCC), un investissement du peuple américain pour aider le peuple burkinabè, à créer un meilleur avenir avec l’éducation ; à travers la productivité agricole ; à travers la construction des routes, pour avoir les meilleures capacités de créer leur propre future.

Maintenant, nous sommes en train de faire la préparation d’un deuxième compact de MCC et on fait de grand progrès, et j’apprécie ce partenariat. Moi, je suis honoré d’être ici, honoré de pouvoir marcher main dans la main avec le Burkina. Pour faire face à ces défis, je crois que nous sommes engagés ensembles avec vous ; nous étions ici, dès le début de votre indépendance et nous comptons rester de bons amis pour les années à venir.

Entre 2013 et 2016, vous passez de 1er conseiller à l’Ambassade des Etats-Unis au Mali au statut d’ambassadeur des Etats-Unis au Burkina Faso. N’est-ce pas votre maitrise des attentes de la région qui vous a valu cette transition ?

Je crois que je suis vraiment content de pouvoir rester dans cette Afrique que j’adore ; j’ai passé un peu de temps au Mali , et je suis ici, au Burkina Faso maintenant. Je crois que, c’est une région formidable, il y a une population accueillante ; une population ouverte et qui a beaucoup de force dans la diversité.

Cela m’a inspiré et est quelques-unes des raisons pour lesquelles, je suis content d’être ici. Mais, en ce moment précis de histoire, ces deux pays font face à des menaces sécuritaires ; et le fait que ces deux pays se mettent ensembles à travers l’organisation G5 Sahel, pour faire face à ces menaces, cela me donne de l’espoir. Cela prouve qu’on cherche à mettre en œuvre des solutions aux problèmes qui jaillissent de la région, pour région, et par la région. C’est pour cette raison, que je suis content de rester dans cette région.

Comment c’est passée votre intégration au Burkina Faso ?

Je dois vous dire que dès mon arrivée au Burkina Faso, je suis allé à Pama ; Gayeri ; à Léo ; à Dori ; à Bobo-Dioulasso et dans les villages, partout dans le pays. Et, chacune des régions, j’ai été accueilli par des burkinabè et j’ai apprécié la vie des burkinabè lambda.

Ils ont ouvert mon esprit et mon cœur ; et à partir de ce moment ; j’ai compris leur vie et on a focalisé l’engagement de l’ambassade des USA, au Burkina. Pendant que je faisais ces déplacements, nous avons essayé de partager les jeux des Etalons ; on jouait du foot dans toutes les localités, avec les jeunes burkinabè ; cela m’a donné l’inspiration d’un meilleur avenir.

La part du Burkina Faso dans l’AGOA et du Millenium challenge Coopération (MCC) suscite des débats ; pouvez-vous nous faire le point ?

Le premier compact MCC a fait de grands pas en avant, avec les burkinabè. Nous sommes en train d’établir un deuxième compact avec les deux équipes : les burkinabè et les américains, ensembles créent les initiatives pour faire les investissements. Cela montre beaucoup cet esprit de partenariat.

Je crois qu’on faire bientôt les annonces, ce qu’on va faire dans le domaine de l’énergie pour un meilleur avenir pour les burkinabè. A travers vous, il y’a une formidable représentation, je veux dire qu’il y a une représentante, qui est une des exemples, Aminata Koné qui est une entrepreneure burkinabè qui a montré à toute l’Afrique de l’Ouest comment, pouvait-on profiter cette opportunité ; de faire l’investissement et avoir accès au marché américain. Aminata et les 267 personnes qui travaillent dans son entreprise démontrent l’image des burkinabè travailleurs qui peuvent créer leur avenir à travers le monde des affaires.

Quatre ans après la mise en œuvre du PNDES, quelle est la contribution des USA et quels sont les secteurs concernés ?

Le PNDES est une énorme concentration du gouvernement burkinabè, en plus des autres, comme le programme d’urgence pour le Sahel ou le PADEL ; en plus des autres projets qui ont besoin d’un coup de pousse. Les américains, à travers l’engagement de don bilatéral qui monte, jusqu’à 250.millions de dollars US. C’est à travers beaucoup de projets qu’il soutient les projets et les objectifs qui sont semblables au PNDES.

Il y’a des engagements, comme, la lutte contre le paludisme par exemple, les engagements pour encourager la jeunesse dans l’entreprenariat ; les engagements dans les objectifs du MCC. Beaucoup d’engagement du peuple américain à travers les dons, sont complémentaires à travers les objectifs définis par le gouvernement burkinabè à travers le PNDES.

Quel est le bilan chiffré de la coopération bilatérale sous votre mandat et quels sont les domaines d’interventions ?

Je crois qu’on peut toujours dire quelque chose en termes de chiffre ; mais est-ce que c’est la bonne mesure ? Moi, je crois que la bonne mesure de cet engagement, c’est le pont qui existe entre le peuple burkinabè et le peuple américain, à travers beaucoup d’engagement. Nous avons un tas de programmes qui existe au sein de l’ambassade.

Par exemple, il y a 20.000 personnes qui passent à travers notre engagement à la bibliothèque américain de Ouagadougou ; on a un centre américain à Koudougou ; on est en train de développer d’autres projets pour agrandir notre engagement, dans d’autres villes au Burkina Faso. Le programme des stages des étudiants et de la jeunesse au sein de l’ambassade jusqu’au moment où, ils vont terminer le doctorat ; tout en faisant des échanges avec le peuple américain et les burkinabè qui partent en Amérique. Cela montre d’autres gammes d’engagements à travers d’autres niveaux.

Quels sont les intérêts des USA au Burkina Faso ?

Le plus grand intérêt des USA au Burkina Faso est de vous soutenir dans les trois grands domaines : à savoir l’enracinement de la démocratie burkinabè ; faire face aux terroristes, et aider les burkinabè dans le développement durable et économique et, finalement aider la jeunesse à avoir un meilleur avenir. C’est ça notre intérêt. Nous sommes là, pour aider nos amis du pays des hommes Intègres à avancer, à se développer ; c’est cela notre intérêt.

Comment expliquez-vous l‘absence d’industries américaines dans l’exploitation minière ?

Je dois vous dire que l’engagement des entreprises américaines est plus dans l’énergie. Il plusieurs compagnies américaines qui viennent vers moi, et vers votre gouvernement pour voir comment on peut envisager ensemble dans le développement de l’énergie. Les entreprises américaines sont focalisées pour avoir le bénéfice les unes, des autres ; pour la plupart, les entreprises américaines se voient dans le domaine de l’énergie que dans celui minier.

Le 2 mars 2018, les terroristes s’attaquaient à l’ambassade de France. Comment expliquez-vous cela ?

Je crois qu’il faut dire qu’en 2018, l’attaque avait ciblé l’ambassade de la France et l’Etat-major de l’armée burkinabè. Je crois qu’il faut mettre cette attaque, comme une attaque qui a eu lieu dans la capitale. Ce que cible les malfaiteurs, ceux qui cherchent le néant ; c’est de détruire l’économie ; votre politique diversifiée et tolérante ; ils veulent rompre le chemin sur lequel le Burkina est avancé. Les malfaiteurs veulent cibler vos amis, qui sont venus vous aider en ce moment difficile.

Je parle des USA qui est là pour vous soutenir, mais aussi vos voisins de la sous-région, tous les membres du G5 Sahel. Il y a la France et l’Union européenne. Il y a beaucoup d’amis qui arrivent en ce moment historique que traverse le Burkina Faso, pour vous appuyer à trouver des solutions. Je crois que, ça, c’est quelque chose qui doit nous guider dans la riposte contre les malfaiteurs qui veulent nuire à ce qui est très important au Burkina Faso ; ce pays de tolérance ; ce pays de gouvernance ; ce pays de l’Etat de droit, c’est ce qu’ils cherchent, il ne faut pas tomber dans leur piège.

Sur quels aspects le Burkina Faso doit-il mettre l’accent pour gagner la lutte contre le terrorisme ?

Le Burkina est en train de se mettre débout contre cette menace. Chaque burkinabè, doit se poser la question suivante : la guerre est ici, vis-à-vis de cette guerre, où suis-je ? Suis-je engagé ? Est-ce que je me comporte de manière civique pour soutenir l’action nationale contre la menace ? Est-ce que je suis engagé avec les amis contre la menace ?

Je crois qu’on peut dire que le toit qui protège le Burkinabè a pris feu ; on voit les flammes ; et ce toit, on n’a pas pu mettre de l’eau pour le protéger ; sans être engagé ensemble. On doit pouvoir dire Haya- Haya- Sougri-Sougri ; et voir ce qu’on peut faire pour apporter sa pierre à l’édifice de notre case ; pour lever le toit et protéger ce formidable pays. Je crois que, c’est comme ça, que chaque burkinabè doit se demander en ce moment de l’Histoire.

Pour le G5 Sahel, Les Etats-Unis avaient fait des promesses ; combien a été décaissé, qu’est-ce qui a été fourni ?

Depuis mon arrivée, ces dernières années au Burkina Faso, on a mobilisé trois fois plus, dans le domaine sécuritaire, que les douze années précédentes. On a beaucoup augmenté notre contribution dans le domaine sécuritaire et ça va continuer ; en travaillant en partenariat ; en réponse aux demandes du gouvernement burkinabè ; en rapport avec les Forces de défense et de sécurité. On est engagé dans cet appui sécuritaire, mais on essaie d’éviter le piège.

Par exemple, on fait un énorme investissement qui touche trop les forces de défenses et de sécurité, voire des civils. Ce sont des engins improvisés ou explosifs improvisés. En ce jour, 5 septembre, je suis engagé avec les militaires américains qui travaillent avec les FDS, afin de les aider à faire face à cette menace. On a investi plus de deux millions de dollars, dans ce petit secteur de la lutte contre le terrorisme, pour éviter les pièges des engins explosifs improvisés.


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Mais, il y a un autre piège, c’est le piège qui est très important. Les gens qui nous attaquent cherchent à créer un autre piège pour les FDS. Ce piège est de provoquer une réponse qui est hors la loi, qui est hors l’Etat de droit ; qui est hors les valeurs de tolérance propres au peuple burkinabè. On ne peut pas tomber dans ces pièges ; si on tombe dans les pièges, des actions qui maltraitent des personnes, qui même aller jusqu’à tuer une personne ; hors les structures légales ; savez-vous, ce que ça donne ?

Cela crée des mécontentements dans les cœurs des personnes ; cela crée la possibilité d’avoir des problèmes à longue durée. Dans notre expérience de partout le monde, nous savons que s’il y a des actions hors l’Etat de droit, cela crée une autre génération des jeunes qui sont sensibles de tomber dans les pièges des extrémistes.

C’est l’Etat de droit, une norme de qualité du peuple burkinabè ; de l’Etat burkinabè ; vous êtes l’Etat de droit même dans cette situation qui vient d’arriver. Pour le putsch 2015, vous avez poursuivi à travers les structures de l’Etat ; un procès de transparence, avec les garanties de l’Etat de droit. Vous avez démontré ici et en dehors du continent africain, comment on peut aborder un tel défi. C’est cela l’Etat de droit, c’est un horizon envers lequel, je me sens honoré de pouvoir travaillé avec vous, parce que cela représente le pays des hommes Intègres.

Malgré la présence des forces spéciales américaines et les 4 000 militaires français dans la région contre les terroristes, n’est-il pas surprenant de savoir que la menace terroriste perdure ?

Nous sommes dans une bataille, nous sommes ensembles dans un combat asymétrique ; et si, on veut gagner, à travers le nombre des forces qui sont engagées dans cette lutte, ce n’est pas un grand nombre de personnes dans tous les lieux qui peuvent être menacés dans une bataille asymétrique. Le nombre de personne dans le management sécuritaire ; la stratégie et le succès dans ce genre de travail doivent être centrés sur la population.


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Chacun de nous doit s’impliquer dans la recherche de solution. L’autre jour, je m’étais dit que vue le poignet des malfaiteurs, qui sont mélangés aux gens, dans les régions, ici au Burkina Faso (une population de vingt millions). Imaginez les vingt millions de personnes contre un poignet de malfaiteurs ; si, nous sommes tous unis, malgré les défis, nous allons y arriver.

Dans une interview accordée à Rfi, on vous entendait dire : « L’accent sera mis sur la collaboration entre quartiers généraux de différentes nationalités », parlant de la lutte contre les terroristes. Avez-vous l’impression que cette collaboration soit effective ?

Je crois qu’il y a plus de collaboration entre les trois membres prioritaires du Liptako-gourman, (Mali ; Niger et Burkina). Je crois qu’il y a plus de mobilisation des trois pays, que les autres membres. En plus de cela, il y a un besoin de collaboration avec les voisins, surtout plus de collaboration avec le Benin ; le Ghana ; et j’imagine avec la Cote d’Ivoire. Ce genre d’engagement montre que dans la sous-région, que nous qui pensons de la liberté ; de la démocratie ; de l’Etat de droit, sommes engagés ensembles dans cette lutte. Je crois à une collaboration future de tous, contre la menace.

D’où viennent les armes des terroristes et comment agir à la source ?

Je ne peux pas dire exactement, concrètement ; mais c’est sûr qu’il y a beaucoup d’armes légères qui traversent la région sans un contrôle ; ce qui est néfaste pour nos intérêts. Nous travaillons avec d’autres institutions en essayant de faire face à cela ; et puis, nous travaillons pour sécuriser les armes avec les FDS, c’est un défi. Je crois également, qu’une grande partie des armes sont issues de la chute de Kadhafi ; et cela continue à avoir des répercussions sur toute la région.

Que répondez-vous à ceux qui croient que la chute de Kadhafi est à l’origine de l’insécurité dans le Sahel et que la paix en Lybie conduira de facto à la paix dans la sous-région ?

Je crois c’est vrai qu’il y a certains de ces problèmes qui sont liés ; et pour trouver une solution fondamentale, je crois qu’il faut aborder les problèmes qui nous touchent, à tous. Cette idée de G5 Sahel qui est une organisation des pays concernés, l’engagement du sommet de la CEDEAO qui aura lieu au Burkina Faso, en ce mois de septembre, montre un engagement de tous les pays concernés. A travers ces engagements, je pense qu’on peut trouver la solution.

Pensez-vous que d’autres mobiles soient exclus de ces différentes attaques ? (Notamment des injustices nées du fait que les compagnies minières occidentales pillent les sous-sols des Etats et paupérisent les populations locales) ?

Moi, je ne vois aucune raison, ni aucune source de cela. Dans les études des motivations des terroristes, ils sont vraiment clairs dans ce qu’ils cherchent ; ce sont les terroristes qui sont nos ennemis. Ce sont des gens qui veulent nuire aux intérêts de la population ; qui ont commis des abus qui sont hors des valeurs des populations. Je crois qu’il faut voir les menaces qui sont juste devant notre visage et la solution à proposer. Pour l’instant, c’est clair, ils cherchent à nuire à notre humanité ensemble ; et il faut les combattre.

Alors que le G5 Sahel tente en vain d’éradiquer les menaces sécuritaires du Sahel, les Etats membres plaident pour son élargissement ? N’est-ce pas une façon d’enterrer le G5 Sahel ?

Quand on regarde le G5 Sahel, on doit voir une institution qui représente les intérêts les Etats membres ; et s’ils cherchent à impliquer d’autres voisins dans une recherche de solution, je crois que, c’est en soi une bonne chose. Même, au sein du G5 Sahel, il y a certains qui sont plus engagés dans la lutte contre les terroristes que d’autres. Je crois qu’on peut trouver des solutions, qui représentent les intérêts de chacun de tous les membres ; et rassemblés les ressources pour en faire une solution adaptée pour tous.

L’utilité des forces américaines en Afrique est souvent décriée ; qu’est-ce qui justifie cela ?

C’est quelque chose que je ne vois pas ; ce que je vois au contraire ; c’est une fraternité entre les FDS et les forces américaines qui voient ensembles les menaces ; qui partagent leurs expériences pour faire face au menace et protéger la population. Je dois vous dire que beaucoup les forces spéciales américaines qui viennent ici pour faire la formation, parlent avec beaucoup de fierté de l’engagement de leurs frères d’armes burkinabè. Ils travaillent ensembles, pour éradiquer la menace sécuritaire.

2000 militaires de 31 pays dont 16 pays Africains prenaient part à l’exercice militaire multinational Flintlock le 18 février 2019. D’aucuns pensent à une stratégie américaine contre la percée sino-russe en Afrique ?

Je ne vois pas les choses de la même manière. Les USA et le Burkina Faso sont les amis ; ont des intérêts ensembles et poursuivent des objectifs communs pour relever les défis communs. Cet engagement est focalisé sur un partenariat dans la lutte contre les terroristes ; d’où l’engagement de nos forces avec des gouvernements homologues pour les formations des forces spéciales, dans le domaine sécuritaire.

Sur la gestion des déplacés internes, avez-vous des solutions ?

Quand je pense à l’augmentation éclatante de nombre de déplacés internes, mon cœur est brisé ; et je pense que nous allons mobiliser plus d’argent pour les aider. Nous travaillons de manière bilatérale, avec plus de huit millions de dollars US pour les aider ; mais aussi, nous sommes avec des bailleurs internationaux qui sont intéressés, dans l’appui du Burkina Faso pour l’accueil des déplacés internes.


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Encore plus, je vois le cœur des burkinabè ; des familles d’accueil qui ouvrent leurs maisons, malgré le moins de ressource qu’ils ont, pour aider les concitoyens. Cela montre quelque chose de spécial dans ce pays. Nous devons continuer à travailler ensembles, à mobiliser les ressources pour trouver les solutions. Je pense à cela, chaque jour.

Sur les avancées de la démocratie et des droits humains au Burkina Faso, quelle est votre analyse ?

Le Burkina a toujours montré depuis longtemps, que l’Etat de droit est garanti. C’est dans ce processus que le procès de putsch de 2015 s’est déroulé. Çà montre une fois de plus, que l’Etat de droit est primordial est Burkina Faso. Quand je discute avec les burkinabè, je vois que c’est un peuple ouvert et accueillant, et tout ceci est une force. Il y a une force de tolérance. Dans ma carrière, je crois que, c’est au Burkina Faso, qu’il y a plus de tolérance religieuse et culturelle. C’est cette force qui est ciblée par les terroristes.

Quelle impression sur le verdict du putsch ?

Il y a des gens qui ont critiqué ; ils disent que c’était long ; est-ce que ce n’est pas cela la démocratie ? N’est-ce pas la participation à l’Etat de droit ? N’est-ce pas le processus d’une démocratie forte ? Il a été montré à travers ce processus que l’Etat de droit est une valeur burkinabè. Je suis fier du Burkina Faso.

Pour la réconciliation nationale, une frange évoque la possibilité de grâce à l’issue du verdict du putsch. Comment appréciez-vous cela ?

Je crois si, c’est une solution qui vient du Burkina Faso pour le Burkina Faso, et par le Burkina Faso, est une solution durable. Si c’est quelque chose que le peuple burkinabè veut, cherche à mettre en œuvre pour leur avenir ; leur futur et pour leur démocratie, nous sommes ici, pour les appuyer.

Quelle est la politique de gestion de l’immigration aux Etats-Unis ?

Au début de mon arrivée, il y avait plus de visas délivrés. On donnait des visas pour des visites de courtes durées aux USA, en attendant qu’ils reviennent à la fin de leurs visites. Mais, le constat a révélé que dans le monde entier, le Burkina Faso a gagné la médaille d’or de ceux qui ne respectaient pas le gage de faire une petite visite aux USA et de retourner. Suite, à cela, la politique de visas des USA est devenue plus favorable à ceux qui effectuent des voyages légitimes.

Après ces passées au Burkina Faso, vous avez certainement côtoyé les médias burkinabè et quelques journalistes. Qu’est-ce que ces contacts suscitent en vous comme commentaires et appréciations ?

Les médias ont un rôle très important à jouer ; une priorité numéro un qui consiste à aider le Burkina Faso à enraciner la démocratie, pour laquelle le peuple a lutté. Le média qui joue ce rôle important doit expliquer à la population, ce qui se passe ; qu’est-ce qui est important, quels sont les défis, etc. j’ai beaucoup de respect pour l’engagement des médias burkinabè, en ce sens.

Que suscitent en vous les débats sur le franc CFA ?

Je ne suis pas vraiment impliqué dans ce débat ; je suis plus concerné dans l’investissement qui aide le Burkina Faso à avoir un meilleur avenir. La seule chose que je peux dire : dans l’investissement économique, l’une des choses qui était assez stable était le CFA. Mais, je crois que ce sont des décisions pour les burkinabè.

Que souhaiteriez-vous que l’on garde de vous comme souvenir ?

J’aime l’engagement personnel et la possibilité d’apprendre de nouveaux. Si on garde un souvenir de moi, que ce soit quelqu’un d’ouvert ; qui a utilisé le fait qu’il avait deux oreilles et une bouche et qui écoutait deux fois plus qu’il ne parlait. Je me souviendrai de tous les engagements que j’ai pris à travers les villages, ici au Burkina Faso, aux côtés des gens qui portent de lourds fardeaux. Je vois un peuple travailleur ; un peuple engagé pour sa démocratie et je m’en souviendrai.

Votre dernier message

Mon dernier message est Thank You ; Ani tsé ; Barka ; Fofo , etc. Vraiment, c’est un remerciement pour l’accueil que j’ai eu ici ; j’ai eu le privilège d’être accueilli par des gens ouverts d’esprits , qui m’ont donné leurs appréciations sur tout ce que je faisais.

Interview réalisée par
Edouard K. SAMBOE
Mariam Sagnon (Stagiaire)
Lefaso.net

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