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Mode : « Quand on parle de création, il faut repousser les limites », Joël Vignon

Accueil > Actualités > Portraits • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • mardi 27 août 2019 à 16h00min
Mode : « Quand on parle de création, il faut repousser les limites », Joël Vignon

Il est à la fois acteur, styliste, chanteur et autrefois mannequin et danseur ! Son nom, Joël Vignon. Il ne manque pas d’inspiration. Projecteur sur un féru d’art.

Avoir une seule profession est monnaie courante dans nos sociétés. Il y a ceux qui sont journalistes, photographes, acteurs, médecins, etc. Mais d’autres par contre préfèrent avoir plusieurs flèches à leur arc ou, disons… plusieurs vestes de rechange.

Joël Vignon fait partie de ce lot. Agé de 27 ans, ce natif du Togo vit depuis bientôt six ans au pays des Hommes intègres. Et pourtant, il ne se voyait pas quitter son pays natal de sitôt. En effet, autrefois danseur dans une troupe de danse contemporaine, son chemin le mène au Burkina Faso. Dès lors, il tombe sous le charme du pays et décide de s’y installer. « A mon arrivée ici, j’ai tout de suite remarqué que le Burkina Faso est un pays qui valorise l’art. L’auditoire est accueillant ».

Il décide donc d’exceller dans ce qu’il sait faire le mieux, c’est-à-dire l’art. Joël Vignon commence par le stylisme, réalisant ainsi un rêve d’enfant : « J’ai toujours adoré la mode. Depuis la classe de sixième, je partais dans les ateliers de couture pour apprendre. Mais ma famille voulait d’abord que j’obtienne le BAC avant de me lancer dans cette activité ». Le Baccalauréat en poche, s’en suit une formation dans une école de couture. Il y passe quatre ans et entreprend de faire de la couture. De fil en aiguille, il finit par se faire une renommée. Ses créations sont atypiques, colorées.

« Depuis la classe de sixième, je partais dans les ateliers de couture pour apprendre. »

Une collection « balai citoyen »

Sa particularité est l’extravagance dans la confession de ses tenues. « Quand on parle de création, il faut repousser les limites. Montrer le niveau de son génie créatif. Un styliste doit faire appel à son imagination et faire une tenue extraordinaire ». Mais la recherche du beau n’est pas son seul centre d’intérêt. Pour lui, la mode est un instrument de sensibilisation. A travers ses collections, il fait passer des messages qui lui tiennent à cœur. « L’une de mes dernières collection s’appelle balai citoyen. C’est juste pour inciter la population à être propre ; à adopter la propreté ». Quant au choix des tissus, Joël utilise toutes sortes d’étoffes.

Tout est fonction du style de tenue qu’il souhaite élaborer. Et apparemment, cette philosophie de la mode intéresse les organisateurs d’évènement de mode. Que ce soit au Togo dans son pays natal ou au Niger, en passant par le Ghana, ainsi qu’au Burkina, le styliste est souvent sollicité pour des prestations.

Une famille d’artistes

Au-delà de sa carrière de styliste, Joël Vignon est aussi dans le septième art. Il a joué dans plusieurs longs métrages comme acteur. Mais c’est le rôle de ‘’bibiche’’ qu’il incarnait dans le célèbre film « La villa rouge » qui l’a révélé au public. Et cette passion n’est pas le fruit du hasard. En effet, sa mère Boccovi Akoko Marie Rebecca a été également une actrice. Elle fut aussi mannequin comme lui. « C’est avec la maman que j’ai commencé à aimer les photos. Elle m’a appris à poser sur les photos depuis que je suis tout petit. Il fut un temps où j’étais dans une agence de mannequinat ».

Joel Vignon incarnant le rôle de Bibiche dans le film "La villa rouge"

Côté musique, l’inspiration vient des membres de sa famille. Depuis l’enfance, il est bercé par la musique. Son oncle Félix Boccovi, un chanteur togolais, lui a donné le goût du chant. A 15 ans, Joël Vignon décide d’entrer dans une chorale. Par la suite, il se perfectionne et compose même des titres pour son oncle et sa cousine Bella Lawson, elle aussi chanteuse. A son arrivée à Ouagadougou, il décide d’entamer une carrière solo. Il compte aujourd’hui à son actif, un album de neuf titres intitulé « Mon envie », qui évoque son « amour pour l’art ».

Anticonformiste ?

Même si en apparence rien ne semble le freiner dans sa passion pour l’art, Joël Vignon est souvent confronté à des incompréhensions. En effet, ses créations sont dépréciées par certains internautes sur les réseaux sociaux. Certaines de ses œuvres sont sujettes à des polémiques. Il se dit incompris et mal jugé : « Quand je fais certaines tenues, c’est juste pour montrer mon génie artistique. Mais je sais faire la part des choses. Lorsqu’une cliente vient avec son tissu, je lui confectionne des tenues qu’elle peut porter partout. Mais il y a ceux qui ne comprennent pas mon art et me lancent des flèches ». Toutefois, il ne se laisse pas démoraliser : « Je tiens compte des critiques constructives et j’ignore celles qui peuvent m’affaiblir ».

Il assume son extravagance d’artiste en ces termes : « Pour moi, un artiste doit se démarquer des autres. Surtout au niveau de la tenue qu’il porte ». Toutefois signifie- t- il, « Il faut faire la part des choses ».

Dans sa vie sociale, il se dit « timide » et n’aime pas se faire remarquer même dans son quartier.

Le plus grand rêve de Joël Vignon est de créer plus tard un centre de formation, pour y former gratuitement des jeunes mères. « J’ai remarqué que les jeunes mères sont défavorisées dans le marché de l’emploi. Donc, je souhaite les former gratuitement et ouvrir une crèche où elles pourront envoyer leurs enfants ».

En attendant, il invite tous les inconditionnels de l’art, à l’excellence, par la formation, pour le rayonnement de l’art africain.

Contact : 74 90 11 93

Samirah BATIONO (Stagiaire)
LeFaso.net

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