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Mise en œuvre des budgets-programmes : Les résultats de quatre ministères évalués

Accueil > Actualités > Economie • LEFASO.NET | Par Etienne Lankoandé • samedi 17 août 2019 à 11h00min
Mise en œuvre des budgets-programmes : Les résultats de quatre ministères évalués

Le Programme d’appui à la gestion publique et aux statistiques (PAGPS) a tenu, le vendredi 16 août 2019, un atelier de restitution de l’évaluation, dans quatre ministères, de la mise en œuvre de la loi organique relative aux lois des finances. La cérémonie de lancement des travaux de l’atelier a été présidée par Moumouni Gnankambari, conseiller technique du ministère de l’Economie, et représentant la ministre chargée du Budget.

C’est un atelier qui vise à faire la restitution de l’étude sur la mise en œuvre des budgets-programmes dans les différents ministères du Burkina, diligentée par le Programme d’appui à la gestion publique et aux statistiques (PAGPS) et l’Union européenne. L’étude réalisée en juillet et août 2019 a concerné quatre ministères stratégiques, selon Moumouni Gnankambari, conseiller technique du ministère de l’Economie, et représentant la ministre chargée du Budget, Edith Clémence Yaka.

Selon lui, les participants à l’atelier vont auditionner le rapport d’observation des deux cabinets recrutés à cet effet et y apporter leurs amendements. Il ajoute que les critères de sélection des quatre ministères ont été la disponibilité des acteurs et la masse de budget de ces départements, c’est-à-dire ceux qui ont une grande masse de budget et sont représentés sur toute l’étendue du territoire.

Ainsi, les départements qui ont été ciblés sont les ministères de l’Education nationale, de la Santé, de l’Agriculture, de la Fonction publique mais aussi le Premier ministère pour sa particularité. Le Burkina compte 44 ministères et institutions ; il était donc difficile de mener une étude exhaustive et objective dans un délai d’un mois.

Nouhoun Diallo, expert senior en finances publiques et représentant les cabinets recrutés, a expliqué que le rapport contient trois grandes parties, qui sont le bilan de la Loi organique relative aux lois des finances (LOLF), la mise en œuvre du budget-programme dans les ministères et les recommandations.

Pour ce qui est du bilan de la LOLF, il déclare qu’il y a eu un plan de basculement en 2017, avec pour échéance janvier 2019, pour intégrer tout ce que la LOLF prévoit. L’étude a consisté à vérifier si les activités contenues dans ce plan ont été mises en œuvre jusqu’en 2019, souligne-t-il. Pour la mise en œuvre du budget-programme dans les ministères, il note que quatre départements ont été retenus pour faire l’objet de cette évaluation en partant de la programmation du budget jusqu’à la comptabilisation. Le constat est que le budget est présenté en mode programme, et il reste beaucoup à faire sur le plan exécution, contrôle et surtout la comptabilité en mode programme.

Il y a aussi des améliorations à faire sur les documents internes, ceux appelés projets annuels de performance et rapports annuels de performance, et des renforcements de capacités pour les acteurs techniques. Les acteurs financiers sont bien formés, mais les acteurs techniques, dont les responsables de budget opérationnel et les responsables des unités opérationnelles qui sont la cheville ouvrière de cette réforme, ne sont pas encore mis en place, déplore l’expert en finances publiques.

Les responsables de programme qui viennent d’être nommés (109 responsables sur 113) suivent des formations. Cependant, au niveau déconcentré, la formation n’est pas aussi efficace qu’au niveau central et le niveau décentralisé pas encore abordé. Il ajoute que dans l’analyse, le budget-programme est en mode présentation, ce qui est une réussite pour une première phase. Il va falloir donc avancer et prendre en compte les résultats dans l’allocation des budgets.

Pour la dernière partie du rapport qui concerne les recommandations, il a soulevé des faiblesses à partir desquelles une nouvelle feuille de route a été élaborée pour permettre, jusqu’en 2022, de prendre en compte toutes ces faiblesses décelées afin que l’Etat soit réellement en mode budget-programme avec utilisation des résultats dans l’élaboration du budget et la prise en compte des performances au niveau des acteurs.

Le conseiller technique du ministre en charge de l’Economie, Lassané Ouédraogo, a défini la loi des finances comme le texte qui donne l’ensemble des lois qui régissent l’élaboration des directives sur les finances, leur exécution et leur compte-rendu. Pour lui, lorsqu’une réforme est adoptée, il y a des mécanismes internes mis en place pour l’évaluation de l’exécution de la réforme.

Mais parfois, il faut un œil extérieur (celui d’un expert surtout) pour juger de la qualité de la mise en œuvre de la réforme. Il ressort, selon lui, que dans le rapport des experts, il y a des concordances avec le constat en interne. Plusieurs choses n’ont pas pu être faites, c’est pourquoi des efforts sont consentis pour permettre que le pays puisse être en phase avec la LOLF au plus tard en janvier 2020, a-t-il conclu.

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 18 août à 12:50, par TINDOURE En réponse à : Mise en œuvre des budgets-programmes : Les résultats de quatre ministères évalués

    Félicitation pour ce premier pas. je pense qu il faut penser globalement et agir localement pour les réformes notamment les acteurs techniques . Ceux ci sont partie prenante qu’il faut vraiment intégrer bien en amont dans la phase études et prises de textes de changement. Ensuite la culture du changement n est pas encore ancré il me semble ce qui complique le processus de budget programme. Ce concept de GAR avec une planification bien réfléchie sur le moyen et long terme n est toujours pas bienvenue pour certains qui refuse la transparence peut être. Sinon, dire ce que l’ on fait sur une période et faire ce qu’on dit , constater et corriger les écarts, est bien mécanique mais complexe quand on refuse consciemment de changer la vieille pratique, celle de consommer des crédits pour avoir des taux financier élevé au lieu d optimiser la dépense publique.

    La GAP* poche au lieu de Résultat a la peau dur apparemment.

    Bon courage aux responsables de ce processus bien noble de la nouvelle gouvernance économique

    Répondre à ce message

  • Le 31 août à 10:51, par Sacksida En réponse à : Mise en œuvre des budgets-programmes : Les résultats de quatre ministères évalués

    Bonne initiative, mais le probleme du Burkina Faso ne se situe pas aux niveaux des responsables de la gestion operationnelle, seulement, et elle situe plus au niveau de la gestion strategique des affaires de l’Etat. Et tant que cela va perdure, notre pays ne quittera pas le sous developpement dans cent ans. Courage et Salut.

    Répondre à ce message

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