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Burkina : « Seuls les centres de formation permettront de faire progresser notre football », dixit Amado Traoré, promoteur de Académie Foot Plus

Accueil > Actualités > Sport • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 5 août 2019 à 23h55min
Burkina : « Seuls les centres de formation permettront de faire progresser notre football », dixit Amado Traoré, promoteur de Académie Foot Plus

En 1998, alors que l’Afrique du football se retrouvait au Burkina Faso pour vivre la 22e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), les spécialistes du ballon rond découvraient la concrétisation d’un projet : un centre de formation en sport et études dénommé « Planète Champion » pour jeunes de 13 à 17 ans. Sa particularité, il est dédié au football. Après cette expérience qui s’est terminée en queue de poisson, il y a eu le Centre Naba-Kango du célèbre Noufou Ouédraogo. Aujourd’hui, le public sportif assiste au retour, au-devant de la scène, de centres de formation dont les plus connus sont Salitas du colonel Yacouba Ouédraogo, Rahimo de l’ancien international Rahim Ouédraogo. Dans cette dynamique, Amado Traoré a lancé, en 2014, son centre de formation dénommé « Académie Football Plus ». Dans cette interview, le promoteur nous donne son avis sur l’émergence des centres de formation et les raisons qui l’ont poussé à créer cette académie de football.

Lefaso.net : Pourquoi avoir créé le centre de formation Académie Football Plus ?

Le centre « Académie Football Plus », nous l’avons créé parce que nous sommes convaincu que pour le football puisse avancer au Burkina, il faut de la formation. Notre expérience dans la gestion d’autres clubs nous permet de dire qu’il est temps d’apporter notre accompagnement. Académie Foot Plus a été créé en 2014. Aujourd’hui, nous avons un effectif de 28 joueurs, avec des joueurs de 11-12 ans, et d’autres qui arrivent en fin de cycle avec 15-16 ans.

Qu’est-ce qu’on gagne en créant un centre de formation ?

Dans un premier temps, pour nous, c’est la recherche de l’excellence. Dans notre centre, la différence est que l’accès est gratuit. Mais c’est sur les critères de compétences, de talents que nous recrutons les enfants ; pas sur la base des moyens de leurs parents. Les joueurs sont tous à l’internat, scolarisés.

Quels sont alors les critères pour intégrer le centre ?

Au niveau de l’AFP (Académie Football Plus), c’est la sélection faite par l’encadrement technique composé du directeur technique, des entraîneurs. Nous sommes avec la première promotion. Gérer une trentaine de jeunes pendant 4 à 5 ans à l’internat, scolarisés dans les plus grandes écoles de la place, c’est très cher. Nous attendons la fin du cycle dans un an pour recommencer avec un nouveau groupe. Les recrutements se font sur toute l’étendue du territoire national, c’est très coûteux. Mais on est obligé de le faire pour dénicher les talents.

Quel est le background de votre encadrement technique ?

Sur le plan football, nous avons un directeur technique, Ousmane Compaoré dit Lato, qui a de bonnes références ; son adjoint Ousmane Ouédraogo, connu dans le monde sportif, qui a entraîné en première division et est passé par Kada School.
Au niveau de l’enseignement, nous avons recruté un vieux de la vielle du nom de Ousmane Sawadogo, qui a été directeur des sports à l’Institut des sports, qui s’y connaît en matière d’éducation. Il est accompagné de surveillants et d’un personnel de santé.

Quel bilan vous tirez à un an de la fin du cycle de la première promotion ? Et combien de joueurs le centre a pu placer à l’extérieur ?

Je peux tirer un bilan positif, car presque tous les grands clubs nous ont visités. Nous avons reçu Bordeaux, Lyon, Laval, un club espagnol. Nous sommes en train d’attendre des représentants de clubs qui viendront observer. Nous tirons un bilan positif, car les spécialistes reconnaissent que nous avant des talents. Ils sont jeunes, ils n’ont pas l’âge d’être transférés et contrairement au taux de 3% qu’on donne au centre, nous pensons que nous allons atteindre 40%, car il y a des talents purs. Pour le moment, le centre n’a pas pu placer de joueur, à l’exception de Daouda Diallo qui est aspirant professionnel au niveau de Bordeaux.

Nous sommes avec la première promotion et c’est le seul qui a 18 ans, car la FIFA interdit les transferts des joueurs avant leur majorité. Nous avons espoir de placer entre trois et quatre jeunes en 2020. Nous avons des contacts avec l’Olympique lyonnais, Lorient et Guingamp, qui sont prêts à recevoir nos pensionnaires en août pour ce qui est de la France. Pour l’Espagne, nous avons reçu une délégation et très prochainement, il y a trois qui effectueront le déplacement. Ce sont des contacts noués pour positionner les jeunes qui sont en train d’arriver en fin de cycle.
Au plan national, certains joueurs iront renforcer notre club Majestic, car ils peuvent jouer en seniors. Il y aura d’autres qui seront prêtés à d’autres clubs et le reste des pensionnaires continueront à travailler au centre.

Quels sont vos rapports avec les autres promoteurs des centres de formation ?

Nous avons de très bons rapports ; on discute entre nous pour voir quelles sont les possibilités d’échanges. Nous avons l’idée d’une compétition inter-centres de formation, parce qu’on n’a pas assez de compétitions de jeunes pour permettre aux jeunes joueurs d’avoir un certain nombre de matches par an. L’an passé, nous avons participé à des tournois, cette année nous allons chercher les opportunités de les acquérir. En plus de ce que le doyen Noufou Ouédraogo fait avec le tournoi des centres de formation, on peut multiplier les exemples pour permettre aux enfants d’avoir des matches dans les jambes.

Selon vous, la création des centres de formation peut-elle contribuer à booster le football burkinabè ?

Je suis d’avis que sans formation, ça va être difficile d’avoir des résultats sportifs et il faut féliciter Planète Champion qui a décelé de très bons joueurs qui ont monnayé leurs talents ailleurs et permis de faire progresser le football burkinabè. De nos jours, toutes les grandes équipes, pour avoir des résultats, créent des centres en leur sein. Il n’y a plus de génération spontanée et pour moi, seuls les centres de formation permettront de faire progresser notre football.

Quelles sont vos relations avec la Fédération burkinabè de football ?

Nous avons de très bonnes relations au regard de notre affiliation à la FBF. Nous sommes une équipe qui relève de la Ligue du centre et il n’y a pas de problème particulier. Nous participons au championnat U-20, alors que notre équipe est U-17. Mon regret que la compétition soit organisée au début de la nouvelle saison qui va commencer, parce qu’on a des joueurs qui doivent intégrer l’équipe première.

Propos recueillis par Juste Ephrem ZIO
Lefaso.net

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