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Kamou Malo, nouveau coach des Etalons : « Je demande le soutien de tous pour relever ce défi »

Accueil > Actualités > Sport • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • mercredi 24 juillet 2019 à 23h50min
Kamou Malo, nouveau coach des Etalons : « Je demande le soutien de tous pour relever ce défi »

La fumée blanche a été vue au niveau de la Fédération burkinabè de football (FBF). Ce qui était une rumeur est désormais une réalité : depuis le mardi 23 juillet 2019, kamou Malo est l’entraineur des Etalons A pour les 15 prochains mois. L’actuel coach de l’USFA remplace le portugais Paulo Duarte dont le contrat n’a pas été renouvelé. Pour vous permettre de mieux connaitre le nouveau coach des Etalons dont la présentation officielle sera faite le vendredi 26 juillet 2019, lefaso.net est allé à sa rencontre.

Lefaso.net : Vous venez d’être nommé coach des Etalons A ; quels sont vos sentiments ?

Bien sûr c’est un sentiment de joie. Vu la noblesse de la tâche, on ne peut qu’être heureux. Un entraineur burkinabè à la tête des Etalons ce n’était pas un acquis. Ensuite, je mesure l’étendue, la difficulté de la tâche. Mais, on essayera dans la mesure du possible de relever ce défi.

Kamou Malo : Peut-on mieux connaitre le nouvel entraineur des Etalons A ?

Je suis Burkinabè, j’ai 57ans. Pour le parcours de joueur, j’ai fait mes débuts pour la première fois avec l’USO en 1983 avec laquelle j’ai disputé une campagne africaine où j’ai affronté un certain Abedi Pelé qui évoluait dans les Dragons de l’Ouémé.

Après ma formation miliaire de policier, j’ai signé à l’EFO, puis au BPS et terminer à l’ASFAP (ndlr : actuel USFA, le club qu’il entrainait avant sa nomination). Pour ma carrière d’entraineur, j’ai commencé avant d’arrêter définitivement ma carrière de joueur dans le quartier et j’y ai pris goût avec les premières victoires à la Coupe Moro Naba, à la coupe du maire central de Ouaga. Ces succès m’ont encouragé à prendre cette voie. Ainsi, affecté à l’école de la police comme encadreur, j’ai eu la chance de croiser un grand frère en la personne de Laurent Ouédraogo qui avait la charge de l’équipe de la police.

Il m’a confié la responsabilité de l’équipe quand il a été désigné entraineur des gardiens avec les Etalons sous Yvan Voudov. Après son départ, la charge me revenait d’encadrer cette équipe et c’est véritablement là que je me suis fait la main. C’est à Koudougou que ma carrière d’entraineur a pris son envol ; car j’ai eu l’opportunité d’entrainer l’ASEC-K et le BPS que j’ai fait remonter en 1ère division 17ans après. J’ai continué mon parcours avec le RCK et la suite vous la connaissez.

Pour ce qui est de mon diplôme, c’est sur mon vécu d’ancien footballeur que j’ai commencé à entrainer et à partir de l’expérience de Koudougou, que j’ai suivi les cours sous la direction de Jean Macagno, DTN à l’époque. J’ai la Licence CAF A. Je peux dire que je suis un pur produit de la DTN burkinabè. Je suis fier du résultat et je peux dire que ce qui s’apprend au pays est valable ailleurs. J’ai fait également des stages de perfectionnement sous le sceau de la coopération allemande, ce qui m’a permis d’obtenir une licence A.

Quelles sont les clauses de votre contrat ?

Au sortir des échanges, nous avons décidé d’établir un contrat de 15 mois, car nous sommes dans une période transitoire, c’est-à-dire de reconstruction au niveau des Etalons. Vous savez aussi que la fédération sera bientôt en fin de mandat, ce qui nous oblige à établir un tel délai. Mais si d’aventure, le travail nécessite une prolongation, on en reparlera. A mon niveau, mon souci premier, c’est commencer la tâche de la reconstruction.

Donc vous avez pour mission de reconstruire le groupe des Etalons en 15 mois ?

C’est poser les bases de l’équipe, sinon vous savez qu’on ne construit pas une équipe en 15 mois. Ce n’est pas évident de nommer un entraineur local. Vous connaissez le milieu footballistique, il y a des appréhensions et je pense que les gens sont partis dans la prudence et c’est à nous de montrer dans ce délai notre capacité à construire et diriger cette équipe.

Je pense que si nous relevons ce défi, la confiance viendra. Donc je ne m’offusque pas de la durée du contrat, car le temps du contrat ne fait pas forcément le bon boulot. Je vais m’atteler à poser les bases d’une équipe, de la reconstruire, quid à ce qu’on me reconduise ou pas, je travaillerai sans en tenir compte. Un entraineur, ce n’est pas celui qui vient pour s’éterniser. Je viens pour remplir une tâche en tant que Burkinabè. Le fait de miser sur l’expertise locale ce n’est pas le football burkinabè au rabais.

Il faut que les amoureux du foot se départissent justement de cette idée. Notre football ne peut se construire qu’avec nous les acteurs. On ne va pas passer des années et des années à faire appel à d’autres personnes pendant que nous avons la compétence locale. C’est à nous, entraineurs locaux de faire la preuve qu’on peut nous faire confiance.

Comment sera constitué votre staff technique ?

Sans rentrer dans les détails dans la discussion que j’ai eue avec le président de la fédération, j’aurai comme adjoint Firmin Sanou, qui connait déjà les vestiaires des Etalons ce qui est un avantage qu’il ne faut pas occulter. Il connait en sus très bien le football international. De nos jours, dans un staff, il y a des spécialités quand on a affaire à des joueurs expatriés. Pour cela, on aura un préparateur physique et un kiné européens. Le staff à mon avis sera équilibré, même si pour l’instant tout n’est pas encore mis en place. Nous allons déjà nous mettre au travail et rassurez-vous, vous aurez un staff technique très professionnel.

Coach, vous dites que votre mission c’est reconstruire, mais il y a des obligations également de résultats ; alors comment voyez-vous les éliminatoires de la CAN Cameroun 2021 où les Etalons sont logés dans le groupe B ?

Reconstruire ne veut pas forcément dire balayer toutes les bases qui ont été posées pour nos devanciers que je tiens également à féliciter pour le travail déjà accompli. Le Burkina Faso a atteint un niveau qu’il faut maintenir, voire élever. Nous n’avons certes pas participé à la dernière CAN, mais au tirage, nous étions dans un bon chapeau. Quand on parle de reconstruire, c’est un passage de témoin entre deux générations, sans oublier également de faire des résultats.

Et en tant que coach, c’est un objectif secret qui trotte dans ma tête de qualifier les Etalons à la prochaine CAN, car nous avons l’ambition de retrouver notre place dans le gotha du football africain et même mondial. Se qualifier est un souhait et un défi que même dans la reconstruction nous pouvons envisager. Nous qualifier en tant que patriote, cela va redonner du baume au cœur des Burkinabè.

Vous êtes présentement l’entraineur de l’USFA ; cumulerez-vous également ce poste ?

En pareille situation, la séparation est toujours difficile. J’avais commencé un projet à l’USFA, j’ai fait venir des joueurs qui comptaient sur moi et ce n’est pas simple dans ce genre de situation. Mais vu la noblesse de la tâche qui m’a été confiée, il serait prudent et sage de ne pas cumuler les deux postes. Travailler comme sélectionneur, c’est parler tous les jours de foot contrairement à ce que les uns et les autres pensent. Il faut se déplacer, s’informer, suivre les matches des joueurs sélectionnables et cela n’est pas facile.

Le travail d’entraineur n’est pas un travail également de tout repos. C’est travailler au quotidien et ce ne serait pas raisonnable de cumuler les deux postes. J’ai demandé à mon président son accompagnement et ses bénédictions pour être à la hauteur de la tâche. Je dois respecter le poste d’entraineur de l’équipe nationale A, ce n’est pas donné tous les jours, ça mérite que je porte toute mon attention à cette tâche.

Avez-vous reçus toutes les garanties pour accomplir votre mission ?

Je n’ai pas de raison de douter dans la mesure où on s’est parlé comme des grandes personnes. Le ministère et la fédération régulent tout ce qui concerne le football au Burkina et s’ils ont décidé de partir avec un entraineur local, je pense qu’ils ont mesuré la tâche et qu’ils savent également que pour y réussir, il faut mettre le minimum de moyens.

Une équipe nationale ne se gère pas comme un club. J’ai confiance au président de la fédération et il m’a donné cette garantie que je serai accompagné et c’est ce qui m’a poussé à accepter le poste, contrairement à l’argument financier auquel d’aucuns pensent. Pour moi, le meilleur contrat, c’est le contrat moral qui me lie au président de la fédération pour bénéficier de tout son soutien et de celui du ministère pour réussir.

Quel message avez-vous pour le public sportif burkinabè ?

C’est à l’endroit des Burkinabè, car il y a longtemps que le coach des Etalons A a été un local. Nous avions l’habitude de voir sur le banc des expatriés et pour cela, les gens ont peur de l’inconnue. Il y a beaucoup qui sont sceptiques et d’autres ne sont pas contents du choix, mais je voudrais leur dire que c’est maintenant ou jamais qu’on doit taire toutes ces divisions et se soutenir ; je lance un appel au peuple burkinabè de nous soutenir dans cette tâche pour que cette situation perdure et que d’autres entraineurs locaux nous succèdent.

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Interview réalisée par Juste Ephrem ZIO
Lefaso.net

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