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Save the children : 100 ans de combat pour la préservation des droits des enfants

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • mardi 16 juillet 2019 à 20h00min
Save the children : 100 ans de combat pour la préservation des droits des enfants

Cette année, Save the children célèbre ses 100 ans d’existence à travers le monde. A cette occasion, une cérémonie a été organisée, le mardi 16 juillet 2019, à Ouagadougou, sous la présidence du Chef de l’Etat, Roch Kaboré. La première dame, Sika Kaboré, le ministre en charge de la Femme, Marie Laurence Ilboudo/Marshal et d’autres invités, étaient également présents.

« L’humanité doit aux enfants ce qu’elle a de mieux à donner ». C’est l’une des citations clés de la fondatrice Eglantyne Jebb que Save the children s’efforce de mettre en œuvre par ses actions dans 120 pays du monde depuis 100 ans. Cette organisation s’est donnée pour leitmotiv à l’horizon 2030 « que plus aucun enfant ne meurt de maladie évitable avant ses 5 ans, que tous les enfants aient accès à une éducation de qualité et plus aucune violence ne soit tolérée sur les enfants ». Dans le cadre de la commémoration de ses 100 ans d’impact dans la vie des enfants, les responsables ont jugé nécessaire de faire une halte pour apprécier le chemin parcouru.

La directrice pays, Mme Fernandes exprime ses remerciements au chef de l’Etat, Roch Kaboré

« Pour nous, c’est important de rappeler les conditions des enfants aux Burkina Faso, de rappeler tous les engagements du gouvernement pour la promotion des droits des enfants. Donc, on a essayé de brosser plusieurs volets dont le mariage des enfants pour rappeler qu’une femme sur deux a été mariée avant 18 ans », a signifié la directrice pays de Save the children, Emilie Fernandes, liant cette situation, « à la pauvreté des populations, la survivance de certaines normes socio-culturelles, la dévalorisation de la jeune fille, la faiblesse du niveau d’éducation … ».

Ce n’est un secret pour personne. Le mariage a des conséquences désastreuses sur la vie de la jeune fille. Mariées trop tôt, elles ont un risque élevé d’avoir des complications lors de la grossesse et de l’accouchement. Aussi, avec le fort taux d’abandon scolaire du fait de leur mariage, elles ont un accès faible à l’éducation et aux opportunités économiques.

Les enfants, l’avenir de la nation

Fort de ce constat, la relecture du Code pénal adopté en mai 2018 est un grand pas en avant, car permettant d’avoir une définition large du mariage et de prendre en compte la question de la répression de la pratique. Et à Mme Fernandes de souligner que ce texte de souligner que ce texte est en porte- à –faux avec le Code des personnes et ne semble pas encore suffisamment diffusé et appliqué. Catherine Sawadogo et Alizéta Ouédraogo ont donc saisi l’occasion pour exposer leurs préoccupations au président du Faso, Roch Kaboré.

Les enfants veulent contribuer à faire changer leurs conditions

La première intervenante a plaidé pour son implication en vue du relèvement de l’âge minimal légal au mariage à 18 ans, pour la fille, en se focalisant tout d’abord sur cette unique révision du Code des personnes et de la famille. De son côté, Alizéta Ouédraogo demande au chef de l’Etat d’accorder plus d’attention à l’éducation en situation d’urgence, à travers les actions suivantes : augmenter le budget alloué à l’éducation d’urgence en vue d’assurer la continuité de l’éducation dans les zones à fort défi sécuritaire ; sécuriser les écoles et espaces d’enseignement en mettant en place des mesures de prévention des attaques contre l’éducation (…).

Les jeunes interpellent le chef de l’Etat

En réaction, le président Roch Kaboré a rassuré ses interlocuteurs qu’il est attentif à leurs préoccupations. Il a promis que le Code pénal et le Code de la famille seront mis en phase très rapidement pour que l’âge de mariage soit ramené à 18 ans. Aussi, s’est-il engagé à prendre des dispositions pour que la sécurité revienne dans les zones touchées par les attaques terroristes (Sahel, Centre-nord, Est, Boucle du Mouhoun) et que les enfants puissent repartir à l’école.

Seulement 1,1% du budget national 2016-2018 était consacré à la nutrition

Save the children appuie les efforts du gouvernement dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de scolarisation des enfants dans les zones à forts défis sécuritaires. Ces actions ne se limitent pas à là. Le volet santé-nutrition est cher aux yeux de l’organisation.

Tous engagés pour

« On a interpellé le gouvernement, parce que malgré des résultats en progrès, des diminutions du taux de mortalité infantile, de malnutrition, les chiffres sont encore préoccupants notamment au niveau de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant qui ne sont pas encore optimal », a confié Mme Fernandes, avant de féliciter le Burkina Faso pour son engagement politique très fort concernant les défis liés à la santé des enfants.

Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Des défis demeurent pour rendre la politique de gratuité des soins pour les enfants de moins de 0 à 5 ans et pour les femmes enceintes et allaitantes plus efficace. Il s’agit de la disponibilité d’un budget conséquent sur la gratuité et son contrôle, l’approvisionnement régulier des médicaments essentiels pour atteindre la demande, et la mise en place de la couverture sanitaire universelle.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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