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Alternance 2005 : "Nous irons bientôt en campagne dans la sous-région"

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • mardi 16 août 2005 à 09h39min

Constitué de quatorze partis politiques, "l’Alternance 2005" a rencontré la presse le vendredi 12 août au siège du PAI (Parti africain de l’indépendance). Objectif : réagir à la candidature officialisée du président Blaise Compaoré et parler de leurs prochaines tournées sous-régionales.

Les partis de "l’Alternance 2005" (CDS, FDS, FPC, GDP, LCB, MDR, PAI, PDS, PFID, PSP, UDPI, UFR, UNDD, UNIR/MS) ont réaffirmé leur détermination à barrer la route à la candidature "illégitime, illégale, et indécente de Blaise Compaoré, vendredi dernier. L’article 37 de la constitution n’autorise pas Blaise Compaoré a briguer encore la magistrature suprême.

Les membres de l’Alternance 2005" ont toujours contesté cette candidature et les événements du 10 août à Ziniaré sont remis en cause par ce regroupement de formations politiques. C’est ainsi qu’ils ont décidé d’adresser une lettre à Blaise Compaoré pour lui rappeler cet article. "Havre de paix, il y a quelques années, le Burkina Faso, pays où la vie était agréable est devenu un "nid de problèmes".

Ces maux dont souffre le pays à savoir l’insécurité, la faim, la cherté de la vie démontrent une mauvaise gestion du pays. Vos 18 ans de pouvoir se résumaient en effet en un bilan social et économique désastreux, en un bilan moral et éthique honteux, et en une politique extérieure aventurisme mettant en danger la sécurité des citoyens burkinabè" ont-ils (Issa Tiendrébéogo, Philippe Ouédraogo, Hermann Yaméogo, Bénéwendé Sankara) dit dans la lettre adressée au président du Faso.

Et eux, partis politiques signataires du mémorandum du 23 février 2004, "s’engagent solennellement devant le peuple burkinabè à combattre par les moyens constitutionnels et légaux" la candidature de Blaise Compaoré, "pour des raisons morales, éthiques, politiques, historiques et juridiques".

Ils comptent faire appel au Conseil constitutionnel pour le respect de la constitution. Le deuxième point de la conférence a traité de leurs sorties à l’extérieur du pays pour "un travail de sensibilisation". "L’Alternance 2005" veut se faire connaître, dans la sous-région, en Afrique et hors du continent. Cette identification se fera à plusieurs niveaux. Elle veut faire connaître ses trois candidats à la présidence Me Bénéwendé Sankara de l’UNIR/MS, Me Hermann Yaméogo de l’UNDD et M. Philippe Ouédraogo du PAI et leurs objectifs. Leur programme de société, de même que les réalités que vivent les Burkinabè seront à l’ordre du jour de ces tournées.

Les tournées se feront dans les jours à venir et des lettres ont été adressées aux différents présidents de la sous-région excepté celui du Togo. Ils vont rencontrer les autorités de ces pays, les communautés burkinabè y vivant, dans le souci de préparer les élections. "La bataille ne se limite pas au Burkina Faso.

Notre objectif est plus que jamais d’assurer avec le peuple et pour le peuple la victoire au soir du 13 novembre, et de lui donner ainsi la possibilité d’un changement qualitatif dans tous les domaines de la vie". Cependant pour des problèmes financiers, la délégation de la tournée sera constituée essentiellement des trois candidats. "Alternance 2005 apportera partout un message du pays des hommes véritablement intègres attachés à la construction d’une Afrique solidaire et pacifique". Avant de clore l’entretien, un tour d’horizon de l’actualité nationale et internationale a été fait.

L’opposition en rangs dispersés

Pourquoi malgré l’union, "l’Alternance 2005" a toujours trois candidats ? Les conférenciers justifient cela par une stratégie de combat. Partant du fait qu’au Burkina Faso le second tour existe pour les élections présidentielles, ils pensent qu’une victoire au second tour est plus probable. Une stratégie, semble-t-il, appliquée en 1978 avec feu président Lamizana, mais qui n’a pas abouti pour diverses raisons. L’option pour trois candidats est aussi due à un manque de moyens. "Sinon l’idéal aurait été un candidat". Et, la présence des autres candidats de l’opposition ne faisant pas partie de "l’Alternance 2005" ne prouve pas pour autant qu’ils sont opposés. "Notre seul adversaire est Blaise Compaoré ce n’est ni le professeur Laurent Bado, ni le docteur Emile Pargui Paré" a souligné Issa Tiendrébéogo, coordonnateur de la présente conférence de presse.

La révocation du maire de Koudougou et le coup d’Etat en Mauritanie

Toujours dans l’actualité nationale, il a été question de la révocation du maire de Koudougou, M. Marcelin Yaméogo, militant de l’UNDD, parti de Me Hermann Yaméogo. A ce sujet pour Me Yaméogo "il n’y a jamais eu de manifestations ou de plaignants à Koudougou contrairement à d’autres villes où des populations ont marché".

Issa Tiendrébéogo promet que cette affaire ne restera pas sans suite". L’Alternance 2005" va réagir.

Pour ce qui est de la Mauritanie, le coup d’Etat en tant que tel a été condamné mais ils ont tous reconnu que cette pratique est quelquefois nécessaire. M. Philippe Ouédraogo dit ceci : "Celui qui est bon, c ’est ce qui est conforme aux intérêts du peuple. Celui qui gère mal, ce qui lui arrivera est aussi bon pour lui".

"Je suis contre tout coup d’Etat, mais je ne suis pas contre le changement qui va améliorer les conditions de vie du peuple", a martelé Me Hermann Yaméogo. "Les conditions de prise de pouvoir dépendent du gouvernement", renchéri Djézouma Sanou, président du CDS.

Les partisans de "l’Alternance 2005" promettent une autre conférence pour faire le point de la lettre adressée au président.

Aoua COULIBALY
(Stagiaire)


ALERNANCE 2005 : CDS, FDS, FPC, GDP, LCB, MDR, PAl, PDS, PFID, PSP, UDPI, UFR, UNDD, UNIR/MS

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR BLAISE COMPAORE PRESIDENT DU FASO SORTANT

A propos de sa 3e candidature à la Présidence du Faso

Monsieur le Président,

A Ziniaré votre village, dans votre palais entouré d’un parc animalier, et devant le parterre de vos amis et courtisans, vous avez déclaré ce 10 août 2005 que vous "acceptiez de vous porter candidat à l’élection présidentielle de 2005 pour répondre à la demande de nombreuses personnes qui veulent être artisans de I’œuvre d’édification sereine de la nation"... Ce faisant, et c’est dommage, vous avez pris la pire des décisions que les hommes intègres du Burkina Faso étaient en droit d’attendre de vous, Président du Faso et garant du respect et de la défense de la Constitution. Où allons-nous donc avec vous, M. le Président ?

Le 15 juin dernier, le groupe des partis ALTERNANCE 2005 vous a adressé une lettre ouverte pour attirer votre attention qui pouvait être obscurcie par le bruit et la poussière des "marcheurs" organisés en ABC, Tanties, Tontons, AJBC ACC, etc., sur le fait irréfutable que notre Constitution, en son article 37, très clairement, et conformément à la volonté populaire qui ne s’est jamais démentie, limitait à deux au maximum le nombre de mandats consécutifs d’un Président du Faso

ALTERNANCE 2005 vous conjurait donc de ne pas violer la Constitution et la volonté populaire constante sur cette question, malgré les manœuvres opérées en votre nom en 1997 par des parlementaires irresponsables, manœuvres qui avaient abouti à la modification temporaire de cet article. Nous avons fait appel à votre sens de la dignité, à votre honneur d’homme et d’officier, au sens des responsabilités qui doit être celui d’un chef d’Etat ! Nous nous sommes malheureusement trompés encore une fois sur la confiance qui pouvait vous être faite.

Imitant les autres chefs d’Etat indignes qui veulent s’éterniser au pouvoir malgré la volonté réelle de leurs peuples, et partant sans doute du principe qu’en Afrique, avec toutes les ressources de la fraude électorale, un président sortant qui organise une élection ne peut pas la perdre, vous avez décidé d’ignorer royalement les conseils contenus dans notre lettre du 15 juin 2005. Où allons-nous donc avec vous, M. le Président ?

Non content d’ignorer nos conseils, vous avez éprouvé le besoin de justifier votre candidature en présentant de manière fausse le bilan de vos dix-huit (18) années de pouvoir arguant qu’il est positif et qu’il vous vaut même les encouragements de certaines personnalités de l’extérieur.

Pourtant, tout le monde au Burkina Faso sait que le bilan que nous avons présenté de votre action dans notre lettre du 15 juin dernier, correspond à la réalité que vivent les Burkinabè dont vous séparent le mur de vos courtisans et les barrières de vos palais. Vos 18 ans de pouvoir se résumaient en effet en un bilan social et économique désastreux, en un bilan moral et éthique honteux et en une politique extérieure aventuriste mettant en danger la sécurité des citoyens burkinabè. Ces dernières années en outre, sans que vous ayez jamais pu la réduire, l’insécurité s’est développée à un point tel qu’elle constitue un motif généralisé de préoccupation. Où allons-nous donc avec vous, M. le Président ?

Vous avez décidé de ne respecter ni la lettre, ni l’esprit de la Constitution ! Vous avez vous aussi, à l’image d’autres chefs d’Etat africains, opté de vous éterniser au pouvoir ! Vous semblez vous apercevoir brusquement, après le "large rassemblement" et la "société solidaire" que personne n’a vus, que vous avez "à proposer à notre pays une vision prospective et un projet de société", ce qu’apparemment vous n’avez pas su faire en dix-huit (18) années de pouvoir ! Où allons-nous donc avec vous, M. le Président ?

Quant a nous, membres du groupe ALTERNANCE 2005, comme nous l’avons maintes fois proclamé et prouvé, nous ferons notre devoir à I’égard de notre peuple ! Nous dénoncerons haut et fort cette violation délibérée de la Constitution et de votre serment d’investiture, à laquelle vous vous livrez ! Nous vérifierons la probité de chaque responsable politique ou institutionnel, à travers sa position sur cette violation de la Constitution.

Nous interpellerons les institutions chargées de se prononcer sur la régularité de votre attitude ! Nous ferons connaître à notre peuple ce que peut valoir votre serment, le serment d’un homme qui sollicite son suffrage, mais refuse de respecter sa souveraineté. M. le Président, puisque vous persistez, comme d’autres Présidents avant vous, sachez que vous aurez à rendre compte au Tribunal de l’Histoire.

Veuillez agréer, M. le Président, l’assurance de notre haute considération, de nos sentiments patriotiques et de notre grande vigilance.

Ouagadougou, le 11 août 2005

Pour le groupe ALTERNANCE 2005

Le Comité de suivi

Issa TIENDREBEOGO, Secrétaire général du GDP

Philippe OUEDRAOGO, Secrétaire général du PAI

Me Hermann YAMEOGO, Président de l’UNDD

Me Bénéwendé SANKARA, Président de l’UNIR/MS

Sidwaya

P.-S.

Lire aussi : Présidentielle 2005

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