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Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • dimanche 30 juin 2019 à 23h24min
Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

Très généreux en sourire, Yahaya Zoungrana a l’humour facile. Tapi dans l’ombre des arcanes du CDP jusqu’à l’insurrection de 2014, il a résisté à la tentation de se muer en caméléon politique. Homme de parole, il a battu campagne pour le compte du CDP aux échéances électorales de 2015, ce qui lui a ouvert les portes de l’Assemblée nationale pour la première fois. Cet électronicien chevronné a foi au retour triomphal du CDP au pouvoir.

« Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État en tenant compte de l’histoire récente de notre pays ». Cette assertion est de Yahaya Zoungrana. À l’entendre parler, c’est comme si l’agitation, les frictions internes au sein du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ne lui causaient point d’amertume. Pourtant, le pincement de ses sourcils dénote d’un homme meurtri par les intrigues politiques. Même s’il ne pleure pas à chaudes larmes, il est sans conteste attristé par la tempête qui secoue son parti.

Aujourd’hui aux commandes du secrétariat chargé des élus nationaux du CDP, son optimisme est toujours celui de 1998, quand il faisait son entrée en tant que néophyte dans le parti. D’ailleurs, il affirme sans ambages : « Si je suis militant du CDP par conviction, je dois défendre le CDP ». Celui qui n’était qu’un homme de l’ombre avant l’insurrection de 2014 dit aujourd’hui qu’il s’accrochera, quoi qu’il arrive, au parti fondé par Blaise Compaoré.

Il a l’apparence d’un agneau fragile. D’ailleurs, lorsqu’on l’appelle, il s’arrête immédiatement et tend l’oreille pour écouter. Comportement naturel ou stratégie de séduction politique ? Alors que les divisions se constatent lors de l’adoption des lois à l’hémicycle, Yahaya Zongrana se considère comme « l’ami de tous les députés ». Et en bon Samaritain, il est celui-là qui distribue les rires. Un talent renforcé par sa façon humoristique de détendre l’atmosphère. Un tempérament qui remonte à son enfance, selon ses propos : « Depuis mon enfance, je ne me suis jamais bagarré avec quelqu’un ».

Retracer le parcours politique de cet entrepreneur électronicien devenu député, revient à analyser son admiration pour la révolution de Thomas Sankara. Une période qui a semé en lui l’envie de s’engager en politique pour défendre des causes nobles, alors qu’il séjournait au pays d’Houphouët-Boigny. Mais bien avant cette période révolutionnaire, son enfance avait forgé son leadership, puisqu’il avait toujours été parmi les meilleurs de sa classe. Né le 20 août 1957 à Sogpelcè, dans la province du Boulkiemdé, Yahaya Zoungrana entame son parcours scolaire à l’école Mission catholique de Koudougou en 1963. En 1969, après le CEP et l’entrée en 6e, il est inscrit au Lycée Philippe-Zinda-Kaboré, à Ouagadougou. En 1976, il décroche un baccalauréat série C, option mathématiques et sciences physiques.

Brillant élève, selon ses propos, il fut major de toute la Haute-Volta à l’époque. Vu ses compétences en mathématiques et en physiques, il est orienté à l’Institut de mathématiques et sciences physiques (IMSP) de l’université de Ouagadougou. C’est là que débute son leadership politique, auprès de ses camarades de l’époque. Il s’en souvient comme si c’était hier : « On discutait de la politique et des sciences ». Il reçoit une formation d’ingénieur des travaux publics jusqu’en 1978. Puis, il s’envole pour des études d’électronique à Caen, en France. Là, il obtient, après deux ans, sa maîtrise. Ambitieux, il s’inscrit à nouveau pour se former comme ingénieur électronique en juillet 1982. Puis, il rentre au Burkina Faso, mais il va passer plus de huit mois à chômer.

Découragé par le manque d’emploi, il rejoint la Côte d’Ivoire pour un emploi à la société des chemins de fer de l’époque (la Ran). Coup de chance, il sera embauché le 21 avril 1983 à la société Micros informatiques, puis à la Compagnie africaine d’informatique. Après ces deux structures, il travaille à Ivoire import Afrique et à CFAO. Lorsque la filiale de CFAO pour laquelle il travaillait s’est installée définitivement pour couvrir toute l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, il est propulsé à la direction. Il voyage à travers toute l’Afrique et découvre les potentialités du continent.

Le temps passe, et les révolutionnaires arrivent au pouvoir en 1983. Il vit la Révolution depuis l’extérieur, en sympathisant. Soupçonné de développer des idées révolutionnaires par les services de renseignement d’Houphouët-Boigny, il est traqué et interrogé sur ses liens avec Thomas Sankara. Très vite relâché, Yahaya Zoungrana pense toujours à rentrer au Faso.

En mars 1998, il revient au Burkina et fonde son entreprise « DATA 6 ». Il contribue à former des jeunes Burkinabè en informatique et en électronique. Cette même année, il s’engage en politique dans le CDP, en tant qu’opérateur économique. En 2012, il est élu conseiller municipal du Boulkiemdé. Mais son mandat sera écourté par la Transition. Lorsque Jérôme Zoma, l’ancien maire de Koudougou, est empêché par la « loi Chérif » de participer aux élections de 2015, Yahaya Zoungrana le remplace. Aux élections législatives de novembre 2015, le CDP obtient un siège dans le Boulkiemdé. Mais la tête de liste refuse de siéger et démissionne du parti. Yahaya Zoungrana est alors appelé à siéger au parlement.

Aujourd’hui, le député Zoungrana ne doute pas que le CDP a de nombreux militants à la base. Pour lui, le pouvoir de la Transition avait chassé les ténors pour mieux disperser le CDP à Ouagadougou, mais les provinces restent remplies de militants du CDP. En vrai militant, il soutient que le CDP est à même de bien diriger le pays, parce qu’il a tiré des leçons de son échec. Concernant les divisions actuelles au CDP, Yahaya a son explication : « Les difficultés peuvent servir de leçon (…) Le CDP est un grand parti, c’est normal de vivre ces divisions. Mais c’est une question de temps. L’unité va sonner ».

Pour ses pourfendeurs, Yahaya Zoungrana s’appuie sur le fait qu’il ne traîne pas de casseroles pour s’imposer dans le parti, depuis 2014. On le taxe « d’homme pressé et ambitieux ». Il est vu comme un suiviste et quelqu’un qui profite des situations de crise pour se frayer un chemin. Le fils du Boulkiemdé réplique en souriant : « Si j’avais la chance d’être à la tête du CDP, j’allais relever plusieurs défis ».

Il avoue donc son ambition de diriger le parti et de se présenter à la présidentielle. Lui, l’homme de consensus, pourrait ratisser large et faire revenir les barrons dispersés. Un aveu qui fait réfléchir ses proches au sein du CDP. « En a-t-il véritablement les moyens ? », se demande un mentor du parti. En sourdine, on le voyait venir, puisque le propre de Yahaya, dit-on, « c’est de jouer l’invisible et de faire surface en temps de crise (…) pour prendre place dans la cour des grands », avoue un membre du CDP. Lire la suite sur ledeputemetre.net

Vos commentaires

  • Le 30 juin à 10:56, par Nabiiga En réponse à : Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

    ...les rêves sont gratuits. On peut rêver autant et aussi souvent qu’on le veut, c’est toujours gratuit. Tout en encourageant, voire même en l’applaudissant haut et fort de continuer à rêver, je m’inscris en faux lorsqu’il soutient que le pouvoir de la Transition avait chassé les ténors pour mieux disperser le. La Transition a fait le travail du peuple en priant à tout/e sbire de Blaise qui l’a accompagné dans sa folie de s’éterniser au pouvoir ou tout simplement, son désir de convertir notre pays pourtant démocratique, en une monarchie, de rentrer chez lui/elle pour se reposer un peu et dans son repos il pourrait observer comment fonctionne la démocratie. Je suis d’avis que tous ceux qui ont été écarté ont appris de bonnes leçons de démocratie. Au lieu de dénigrer la Transition, donnons à César ce qui est à César. Remercions ensemble la Transition pour le travail titanesque accompli avec succès.

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    • Le 30 juin à 21:54, par Maria de Ziniaré En réponse à : Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

      Pour la restitution exacte des faits la société que l’honorable Yaya ZOUNGRANA a créée est DATASYS sur l’avenue KWAME NKRUMAH et non « DATA 6 ». Sur l’hypothèse que Le CDP puisse à nouveau diriger le pouvoir d’État, l’analyse de la cartographie des forces politiques du Burkina commande de ne pas l’exclure parce que la composition de l’Assemblée Nationale n’est pas le reflet exacte des forces en présence. Si la plupart des partis politiques étaient partis en compétition avec la plénitude de leur moyens ( humain financier et juridique) tel n’était pas le cas du CDP qui avait reçu des coups en dessous de la ceinture ( les comptes du parti étaient gelés si ma mémoire est bonne) avant la compétition qui aurait dû être équitable pour tous les compétiteurs. C’est dire que le poids réel de ce parti est au dessus de sa représentation actuelle à l’assemblée. Comme le Niger, le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire comme l’a si bien compris DIABRE le pouvoir sortira de 3 Baobabs qui ne peuvent individuellement obtenir la majorité au parlement ce qui exige une alliance entre 2 des 3 Baobabs pour constituer l’ossature d’une majorité parlementaire. Le CDP compte tenu de son poids est dans la posture d’un faiseur de roi mais s’il veut être le roi il faut qu’il taise ses divisions internes et opte pour une stratégie gagnante. Cette stratégie à mon humble avis repose sur une division efficiente du travail à l’intérieur qui consoliderait la posture de Eddy KOMBOÏGO comme président du parti mais l’excluérait de la candidature à la présidentielle de 2020 ( juridiquement les textes l’autorise à être candidat mais il peut décider de ne pas être candidat en 2020). Celà permettra à cet ouvrier de la vingt-cinquième heure du CDP avec son style BCBG bien costumé cravaté avec ses milliards en Banque (dixit Basile GUISSOU ) de prendre le temps de mouiler le maillot pour consolider le parti et devenir un vrai politique et redorer son blason de capitaine qui a fuit son bateau en période de tempête. Cette stratégie et ce timing est profitable à KOMBOÏGO s’il veut un jour être président du Faso. La candidature de KDO qui d’ailleurs était demandée ( dans des conditions impossibles pour l’intéressé) lors des dernières élections s’imposerait au CDP pour 2020 et donnerait au CDP toute les chances d’être au second tour et peut être roi. KOMBOÏGO au four à la Présidence du parti se préparerait pour être le candidat du CDP avec toute la légitimité à la suite de KDO. KOMBOÏGO doit bien réfléchir et adopter une stratégie gagnante pour le CDP et pour lui en tant qu’homme politique sur la durée, il doit méditer sur les exemples de Soumaila CISSÉ au Mali, Idrissa SECK et Khalifa SALL au Sénégal qui ont joué au looser parce que trop pressés et s’inspirer notamment du cas de Mohamed Bazoum au Niger qui a eut la sagesse de jouer le bon timming ( attendre son heure ) pour être plébiscité candidat du PNDS dans la cohésion pour les prochaines élections. Eddy KOMBOÏGO s’il est intelligent peut œuvrer avec humilité à donner le pouvoir au CDP en proposant et soutenant la candidature de KDO et en se préparant pour la relève après KDO il en sortira grandi.
      .

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  • Le 30 juin à 13:58, par Dedegueba SANON En réponse à : Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

    Disons le tout net, le CDP et le MPP sont des cousins germains, car venant du même géniteur. Le passif du CDP est aussi celui des ténors du MPP. Seule un divergence sur la succession de leur chef les a opposé. Comme la transition n’a pas pu et ne pouvait pas " faire un nettoyage " en profondeur, puisque le MPP issu du CDP, faisait parti des insurgés. Au fond ces deux partis ( CDP et MPP) nous présentent une opposition superficielle, car ils tiennent le pays avec leurs deals souterrains. Donc lorsque les intérêts sont en jeu ils se remettent à parler le même langage.
    Notre insurrection a un goût d’inachevée. Honnêtement la transition ne pouvait pas non plus tout faire, vu que Zida fit parti de ceux qui ont " négocié ", le départ de Blaise.

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  • Le 30 juin à 14:38, par Dibi En réponse à : Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

    « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État » ? Et alors ?
    Avec quel projet politique néocolonial dans la panse et la tête vide ?
    Avec quel atavisme criminel dans le cœur ?
    Avec quelles irresponsabilités, incompétences, et trahisons de l’avenir de notre peuple et de celui de sa jeunesse ?
    Avec quels autres mensonges ?
    Avec quels autres associés néocoloniiaux réactionnaires et appuyé sur quelle autre base sociale pourrie de féodaux et de compradores moisis de chez nous.?
    Il faut peut-être que le CDP réponde d’abord de ses crimes, de ses échecs et de ses trahisons de notre peuple !
    Heureusement que la honte ne tue pas ! Sinon le CDP et tous ceux et celles qui l’ont servi devaient se cacher pour crimes et trahison !
    Na an lara, an sara !
    La Patrie ou la mort !

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  • Le 30 juin à 20:18, par RV En réponse à : Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

    Nous vivons la pire catastrophe de notre pays infligée par des burkinabé à des burkinabé avec le MPP. Mais de là à souhaiter un retour rapide du CDP au pouvoir c’est vouloir encore le pire pour le Burkina. Le peuple s’est trompé avec Roch, il peut encore se tromper en ramenant le CDP au pouvoir. Pourquoi pas avec Blaise ! Lui est mieux que celui est là.

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  • Le 1er juillet à 00:22, par Mkouka En réponse à : Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

    CDP revenir au pouvoir ???Je crois que d’abord il faut qu’il ne s’appelle plus CDP et qu’ensuite il se debarasse de chef supreme Blaise Compaore dont le nom en lui seul semble lui porter malheur. Un peu comme Le Front National, Marie Lepen et le pere fondateur Jean-Marie Lepen.

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  • Le 1er juillet à 06:47, par LE VILAIN En réponse à : Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

    Franchement je serais d’accord avec son Honorable Député ZOUNGRANA si toute fois Monsieur Eddie KONBEOGO et son groupe réfléchissaient un peu alors ils allaient se réunir au tour de la candidature de Kadré Désiré OUEDRAOGO. Oui, il est l(unique candidat a mettre KO le candidat du MPP.

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  • Le 1er juillet à 09:08, par El politicos En réponse à : Député Yahaya Zoungrana : « Le CDP peut à nouveau diriger le pouvoir d’État »

    Effectivement le CDP peut revenir au pouvoir mais jamais avec un rôle majeur confié à des espèces politiques de la trempe des Yahaya Zoungrana. Après l’échec de la tentative de bloquer la réunion des SG, SGA des sections et SG des sous sections du CDP, en instrumentalisant une horde de délinquants habillés aux couleurs du CDP, le loup Yahaya se revêt d’un manteau d’agneau pour se repositionner comme un rassembleur. Malheureusement pour lui la savane herbacé de notre cher Faso est très transparente. Oui à l’unité mais il lui faut un mea culpa et un engagement à ne plus jamais mettre en mal l’unité et la cohésion au sein du parti. Du reste une question reste sur mes lèvres. L’unité et la cohésion se feront avant où après la démission de Eddie comme il l’avait entre temps demandé ?

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