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Burkina Faso : L’APP/ Burkindi dénonce une gouvernance qui encourage la corruption, l’impunité et l’incivisme

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • mardi 4 juin 2019 à 19h30min
Burkina Faso : L’APP/ Burkindi dénonce une gouvernance qui encourage la corruption, l’impunité et l’incivisme

2 juin 2018-2 juin 2019. Une année que l’Alternative patriotique panafricaine/Burkindi (APP/Burkindi) a vu le jour, portée, entre autres, par d’anciennes figures de proue d’organisations de la vie estudiantine au Burkina. Pour marquer cette date caractéristique, les dirigeants du parti ont animé, dans la soirée de lundi, 3 juin 2019 à son siège sis à Ouagadougou, une conférence de presse qui a consisté en un véritable diagnostic de la situation nationale.

« Nous pensons qu’un autre avenir est possible, pas que les devanciers n’ont rien fait, mais le constat est que la situation actuelle ne satisfait pas les Burkinabè », campaient les géniteurs de l’APP/Burkindi à sa création. A en croire ces derniers, ce sont les espoirs déçus qui ont suscité la création de l‘APP/Burkindi pour contribuer à redonner au pays, des motifs d’espérer et, partant, rassembler les patriotes engagés pour restaurer le « sens réel du Burkina Faso », par la conquête du pouvoir d’Etat au profit du peuple. D’où leur appel « aux compatriotes qui ont jusque-là boudé la politique », à joindre l’APP/Burkindi.

Une année après, les responsables du parti se disent encore confortés dans cette assertion. Un jugement qui trouve son fondement dans le résultat de l’autopsie faite de la situation actuelle du pays. Pour mieux l’aborder, les conférenciers ont articulé leur intervention sur ce point en trois grands axes qui, de leur avis, doivent interpeller tous les acteurs soucieux de la construction du Burkina.

Il s’agit de la « crise sécuritaire » qui, selon les responsables du parti, plombe la paix, le vivre-ensemble, l’activité économique et scolaire sur une vaste partie du territoire national. Au niveau de la « gouvernance du pays » qu’ils jugent approximative, dubitative et sans éthique, les conférenciers relèvent que la gestion actuelle du pays encourage la corruption, l’impunité et l’incivisme. Cette mauvaise gouvernance est, disent-ils, marquée par le manque d’audace, de fermeté et l’absence d’initiatives heureuses du gouvernement.

Elle se traduirait également, et entre autres, par le statu quo sur l’impunité des crimes, l’absence de poursuites et de sanctions contre les malversations, la poursuite du pillage des ressources foncières et financières, le louvoiement sur la réconciliation nationale, la paupérisation croissante des populations, la crise scolaire et estudiantine (grèves, années académiques bouleversées…), la décision hasardeuse de procéder au déclassement d’une partie de la forêt de Kua au forceps pour construire l’hôpital financé par la Chine.

Quant au troisième axe, il est formulé autour de ce qu’ils ont qualifié de « situation socio-économique chaotique », conséquence des deux précédents points soulevés.
« Nous faisons l’amer constat qu’à un an de la fin de son mandat, la majorité présidentielle actuelle reste enchaînée dans son inertie et son incapacité à transformer la gouvernance en faveur de nos vaillantes populations. Notre cher pays est plongé dans une situation chaotique et de grande confusion, aux antipodes des légitimes aspirations populaires exprimées à travers l’insurrection populaire d’octobre 2014 et la résistance héroïque au coup d’Etat de septembre 2015 », décrit le président de l’APP/Burkindi, Adama Coulibaly.

« Dans le combat contre le terrorisme, il n’y a d’autre choix que de réussir »

Bien plus, le parti dit constater qu’en l’espace d’une année depuis sa création, la situation générale du pays s’est « dégradée de manière exponentielle » sur tous les plans « face à un pouvoir MPP et assimilés déconnectés et dépassés », tandis que leurs alliés d’hier regroupés au sein du Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) tirent à boulets rouges sur l’ambulance et manœuvrent pour un retour aux affaires. « Tous demeurent à préparer les élections de 2020 tandis que le pays brûle sur les plans sécuritaire, économique et social », observent les responsables de l’APP/Burkindi, se demandant si les ténors du MPP et du CDP (ex-parti au pouvoir) sont réellement des « frères ennemis » ou des « alliés complices ».

Face à la situation, l’APP/Burkindi dit fermement condamner les attaques terroristes dont fait l’objet le pays et s’opposer à l’occupation du pays par les forces étrangères, réaffirmant que la sécurité et l’intégrité territoriale d’un pays souverain ne sauraient être confiées prioritairement à des forces étrangères.

« Notre parti estime que la crise profonde que vit notre pays ne peut se résoudre qu’avec un nouveau leadership fait d’hommes politiques neufs, intègres, exemplaires et audacieux ; qui incarnent les bonnes valeurs de notre société et qui rassemblent et mettent le peuple au travail d’une vision de développement endogène, ouverte, panafricaine et concertée. C’est pourquoi notre parti a pour but de refonder l’espoir d’une alternative de gauche, débarrassée du culte de l’inertie, du dogmatisme, des compromissions et de prendre ensuite sa place aux premiers rangs du front patriotique pour l’émancipation totale et le bien-être de notre peuple. D’où notre ligne Laawol-Burkindi (langues fulfuldé et mooré, ndlr) ou le chemin de la dignité à travers le Horon-ya (en dioula, ndlr) ou le comportement de l’honneur », présentent les conférenciers.

Mais, « pour l’instant », et en guise de pistes de solutions à la situation nationale, l’APP/Burkindi propose une « réforme profonde » de la sécurité et de l’armée par le renforcement substantiel de toutes les capacités des forces de défense et de sécurité et la création de « forces populaires adaptées » au défi sécuritaire actuel ; la mise en place d’une stratégie de communication, de formations et d’actions en direction des communautés afin d’éviter les divisions ethno-religieuses orchestrées par des réseaux terroristes (dans le seul but d’entretenir la contrebande, les trafics humains, d’armes et de drogues). Pour le parti, dans le combat contre le terrorisme, il n’y a d’autre choix que de réussir. D’où la nécessité de se mobiliser derrière les Forces de défense et de sécurité.

Assise du parti : « Nous avons fait un travail de fourmi »

En une année d’existence, les responsables saluent l’engouement des populations autour de l’APP/Burkindi qui se veut une force essentielle avec laquelle il faut compter. A ce jour, confient-ils, le parti a pu installer des représentations dans des localités du pays, dont la province du Kadiogo (capitale), et hors des frontières, notamment en France et bien d’autres en cours (Belgique, Côte d’Ivoire…). Selon M. Coulibaly, beaucoup de travail a donc été abattu en une année. « Nous avons fait un travail de fourmi (travail minutieux qui demande un grande patience, ndlr) », soutient-il.

Selon ses dirigeants, l’Alternative patriotique panafricaine/Burkindi se veut une opposition de « type nouveau », qui reconnaît objectivement ce qui est bon, fustige ce qui est mauvais ; quelle que soit la provenance de l’acte. De ce fait, le parti refuse de se cloisonner derrière le pouvoir ou le CFOP-BF. Il appelle donc toutes les forces progressistes à le rejoindre pour la conquête du pouvoir et œuvrer à un retour des valeurs qui ont caractérisé le « pays des Hommes intègres ».

OHL
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