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Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

Accueil > Actualités > Opinions • Une tribune de Christophe Dabiré • dimanche 19 mai 2019 à 21h00min
   Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

Personne ne méconnaît et nie l’importance de l’économie et des finances pour les Etats du monde. Personne ne doute de leur utilité pour des pays comme le Burkina Faso. Autant dire qu’une critique qui paraîtrait sous-estimer le poids de ces domaines pour la politique serait vaine et non pertinente ; y compris la dénonciation classique de l’argent et de son pouvoir au nom de valeurs auxquelles personne du reste ne croit, pas plus que les hommes ne renoncent à ce même argent dont la critique est aussi vieille que leur monde (des intégristes religieux marchandent même des vies humaines).

Pour autant, faut-il n’asseoir le gouvernement d’un pays que sur l’économie et les finances, au point que, en ce qui concerne notre pays, pour être président du Faso désormais, il faille être un professionnel et un spécialiste de l’économie, des finances, du commerce, voire des Affaires ? L’importance de l’économie et des finances aurait bon dos : sous prétexte qu’un pays comme le Burkina ne pourrait pas sortir du sous-développement et de la pauvreté si son peuple n’en remet pas la gestion et le gouvernement à des spécialistes de l’économie et des finances, les Burkinabè risquent, dans les urnes de la démocratie, de reconduire l’uni-jambisme (donc le déséquilibre) et l’uniformisme politiques.

L’uniforme. L’air du temps est aux uniformes, c’est-à-dire aux sectarismes (politiques, intellectuels, religieux, ethniques) : si hier (un hier qui a duré des décennies) il fallait porter un uniforme militaire pour prétendre diriger le Burkina, ou l’espérer, nous craignons qu’aux heures de la démocratie aujourd’hui revenue, l’économie et les finances (si l’on veut, toutes sphères qui touchent à l’argent) ne deviennent le nouvel uniforme à revêtir pour accéder au pouvoir et/ou le conserver.

Hier, n’importe quel soldat ou fils de soldat pouvait rêver, par coup d’Etat, de se retrouver à la tête du pays ou d’un ministère ; aujourd’hui, n’importe quel professionnel du monde de l’économie et des finances, si par-dessus le…marché il a servi dans des institutions internationales, peut se sentir investi d’un destin et d’une mission de gouvernant politique. Sans que l’on daigne expliquer et justifier aux citoyens la normalité de ce passage de l’économie et des finances à la politique qui semble aller de soi, vu qu’un Etat à diriger et gouverner n’est pas une banque ni une entreprise.

Certains lecteurs, depuis le titre de ce texte, ne manqueront pas de penser qu’il s’agit encore d’un tacle à retardement contre les fonctionnaires burkinabè de l’économie et des finances après la crise dite des « fonds communs ». Il n’en est rien. Ceux qui s’attendent à n’en parler qu’en termes de pour et contre (de contre plus que de pour) seront déçus. Avant le pour et le contre il y a toujours des interrogations préalables à soulever, de la même manière qu’on ne peut pas commencer par proférer de non ou de oui sans question ni demande.

Au contraire, cette crise des « fonds communs » a le mérite de faire ressortir un fait que les observateurs de la politique du Burkina n’ont pas lu, un méga-paradoxe aveuglant (voire une contradiction) dont cette politique est transie depuis quatre ans. Que cette crise soit aujourd’hui résolue ou en cours de résolution nous délivre et soulage même de la simple logique du pour et du contre dans laquelle les citoyens étaient enfermés malgré eux, et nous invite à une analyse plus microscopique de la situation d’ensemble et de sa logique depuis donc quatre ans.

Ce paradoxe (la contradiction), le voici : d’une part, les fonctionnaires de l’économie et des finances réclamaient la pérennisation d’avantages que le gouvernement et l’opinion ont jugés exorbitants, injustes et comparables, disent certains, aux privilèges de l’ex RSP ; mais d’autre part, depuis son élection, le président du Faso n’a cessé d’envoyer des signaux qui indiquent clairement que l’économie et les finances bénéficient, plus qu’aucun autre domaine, pas même la sécurité, d’un privilège pour diriger et gouverner le pays : par deux fois, les premiers ministres qui ont été nommés viennent de l’économie et des finances.

Autrement dit, en même temps que l’économie et les finances sont reconnues et posées comme le pôle / fétiche autour duquel la politique du pays doit tourner depuis quatre ans, ce qui est un privilège politique et symbolique accordé aux spécialistes de ces domaines ; en même temps donc, on dénonce et retire des privilèges financiers à des fonctionnaires de l’économie et des finances dont certains pourraient aussi, selon la seule et même logique de la prééminence économiste pour gouverner, être nommés premiers ministres…

Ou bien encore : d’un côté, l’on dit au peuple que les avantages financiers des fonctionnaires de l’économie et des finances sont injustes et inacceptables mais, de l’autre côté on reconnaît aux économistes et financiers un avantage et un privilège certains pour diriger le pays. Or, en quoi cet avantage, ce privilège politique et symbolique est-il plus justifiable et légitime que les avantages financiers ? En rien ; avoir le privilège et l’avantage de gouverner un pays est même bien plus important que des primes financières, quand l’on sait par ailleurs que gouverner n’est pas sans avantages financiers dans ce même pays.

Qu’est-ce qui justifie qu’un président du Faso soit du monde des finances et de l’économie, ainsi que ses premiers ministres, en plus d’un ministre de l’économie et des finances, et d’un ministre des Affaires étrangères qui n’est pas éloigné des Affaires tout court ?

Au fond, ce qui a transparu dans cette crise des « fonds communs », c’est une même logique que partagent ensemble le président burkinabè et ses fonctionnaires de l’économie et des finances : les uns et l’autre sont convaincus que l’économie et les finances prévalent, et que pour la vie du pays ils sont plus centraux et… capitaux que d’autres ! Les réclamations et prétentions financières des fonctionnaires n’ont certes pas leur origine ou cause dans la décision politique et présidentielle de n’avoir pour premiers ministres que des spécialistes de l’économie et des finances, mais elles participent de la même logique d’une exceptionnalité et d’un privilège reconnus et non contestés.

Ce que l’on a appelé crise des « fonds communs » n’est, ni plus ni moins, que l’économisme (ou l’économie avant tout) pris dans son propre piège : le gouvernement burkinabè bloqué dans son propre starting-block, c’est-à-dire bloqué à l’endroit précis que le président du Faso désigne par ses signaux comme étant LE point d’appui de l’élan pour lui-même et pour le pays : l’économie et les finances.

Un pays paralysé en son épine dorsale désignée. L’infarctus du cœur du pays en arrêt. Cela énerve, révolte évidemment et fait jaser, excite plus de contre que de pour. Mais, même si les fonds communs étaient supprimés, et l’indignation des citoyens apaisée, le fond du problème ne serait pas comblé :
Pourquoi cette focalisation sur l’économie et les finances dont on doit reconnaître qu’elle ne vient pas d’abord des fonctionnaires de ce ministère mais du sommet même de l’Etat qui, à la fois, les propulse sous les feux de la rampe et les livre à l’indignation publique ? Et pendant qu’on nous gave de discours réconciliateurs et rassembleurs, que fait-on alors de la diversité des compétences et horizons intellectuels ? Que nul ne puisse diriger et gouverner s’il n’est économiste et financier, commerçant, homme d’affaires et entrepreneur ?

Les leçons à en tirer se présentent alors d’elles-mêmes, après (grâce à) l’analyse, non seulement pour la prochaine présidentielle de 2020 mais pour toutes les autres à venir, tant que la démocratie burkinabè survivra à la fois à l’insécurité et aux intérêts personnels : chacun, dans son domaine de compétence et d’expertise est le centre du monde s’il veut, mais, pour diriger un pays, il n’est rien s’il n’a rien ou n’est rien d’autre que ce qu’il a étudié sur les bancs.

A isoler et privilégier un domaine particulier pour gouverner, le dirigeant d’un pays l’expose à la catastrophe certaine dès que ce domaine isolé est handicapé par des conditions extérieures liées aux autres domaines sous-estimés et délaissés.

Nous avons donc besoin de chacun avec ses compétences, mais pas besoin d’hommes politiques spécifiques pour enfermer tout un pays dans leur seul domaine de compétence, aussi capital soit-il. Nous avons besoin d’hommes politiques universels ouverts à tous les aspects de la vie d’un pays, des dirigeants qui ont des idées ; car en toutes choses et dans tous domaines, y compris le monde de l’économie et des finances, ce sont les idées qui mènent le monde et le font avancer.

Thomas SANKARA, que tout le monde aime citer aujourd’hui pour faire plus beau panafricain que révolutionnaire (comme si l’on pouvait séparer en lui le panafricain du révolutionnaire), mais dont peu de monde serait prêt à appliquer les idées, n’était pas le président d’une spécialité intellectuelle ni d’une institution internationale particulière, mais un homme du peuple qui avait des idées : docteur en rien de particulier, mais certainement, si le titre existait, docteur en idées…

Mais le peuple, il est vrai, a son imaginaire et ses illusions dont il peut être victime :
1) ainsi (paradoxe africain extra-burkinabè) les peuples africains s’élèvent-ils aujourd’hui contre le franc CFA tout en confiant de plus en plus le pouvoir politique à des économistes et financiers qui, par ce pouvoir même, sont formatés pour s’accrocher davantage au CFA que pour en sortir. Si nul ne peut gouverner s’il n’est économiste et financier, et si donc le pouvoir politique et le pouvoir de décider d’abandonner le CFA sont dans les mêmes mains, ou concentrés dans les mains des mêmes qui sont à la fois économistes financiers et politiciens, alors il est illusoire et utopique de penser que les seules véhémence et virulence contre le CFA suffiront à en sortir !

Pour sortir de cette monnaie il faudrait peut-être commencer par sortir du cercle (ou l’empêcher de se former) qui consiste en ceci, que ces peuples qui ne veulent plus du CFA donnent démocratiquement le pouvoir politique de décider à ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas, même s’ils le voulaient, sortir de cette monnaie et y tiennent encore (ou sont tenus par elle).

Ceux donc que l’on présente comme plus compétents à gouverner sont aussi ceux qui se présentent comme plus compétents en matière d’économie et de monnaie pour ne pas abandonner le franc CFA. La prise de conscience d’une monnaie qui asservirait les Africains ne suffira jamais sans cette autre prise de conscience que les experts de l’économie et des finances auxquels ces mêmes Africains confient le pouvoir politique sont souvent les meilleurs gardiens de cette monnaie (les économistes contestataires de cette monnaie CFA sont dans les marges du pouvoir politique, s’ils ne sont pas même dans sa ligne de mire) …

2) Ainsi le peuple, d’autre part, pour revenir au Burkina, croit-il en toute innocence que les intellectuels et politiciens qui travaillent dans le monde de l’économie et des finances, monde donc de l’argent, apporteront ce même argent en abondance au pays entier et aux citoyens s’il les élit et les place à la tête de l’Etat (ce phantasme et cette illusion populaires, à mon avis, n’étaient pas complètement absents lors des élections présidentielles de 2015).

Mais de là à abuser de cet imaginaire et de cette innocence populaires, en continuant de présenter des diplômes et des curricula vitae au peuple pour le gouverner, sans rien lui apporter comme solutions à ses problèmes quotidiens qu’il connaît d’ailleurs mieux que des politiciens spécifiques et experts, c’est ce que la démocratie doit interdire, sous peine de populismes, de démagogie et de sectarismes dont chacun aperçoit déjà le sombre cortège ici et là…

Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE

Vos commentaires

  • Le 19 mai à 20:20, par Alexio En réponse à : Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

    Le Franc CFA est une monnaie d asservissement des peuples sous colinisation francaice.

    Les Accords de cette escroquerie ingenieuse taillee pour les interets francais sont en fait un monopol la vie politique des etats membres. Mayer

    Amschel Rothschild avec sa famille controlle toutes les banques de ce monde.

    Avant sa mort se vantait que donner moi la monnaie, du pays, je m en foutrais pour ceux qui font la loi. Nos banques centrales appartiennent a cettefamille.juive d origine allemande qui a eperpillerr ses fils pour l empire financier.

    Nos politiciens sont des laquais qui sont manipules sous leur influence. L Israel aujourdhui est leur projet.

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  • Le 20 mai à 06:17, par Samuel En réponse à : Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

    Enfin une analyse intelligente des fonds communs et du CFA ! merci DABIRE

    Répondre à ce message

  • Le 20 mai à 08:00, par Le Pacifiste En réponse à : Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

    Très bien dit. L’ Etat a satisfait les financiers. Les GRH, les administrateurs civils, les agents de santé, les enseignants se sont levés. Que va-t-il faire maintenant. Comme quoi le tout économie et finances est suicidaire

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  • Le 20 mai à 09:05, par kwiliga En réponse à : Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

    Si l’on entend bien ce qui est dénoncé par l’article : prégnance de l’économie et des économistes, dont la pensée est structurée par la pensé économique dominante, on voit mal la solution proposée.
    Peut-être un coup d’état...? Mais notre armée produit-elle encore des "docteurs en idées" ? J’en doute au vu des Diendere, Bassole, Zida,... Tous attirés par "l’économie" ou au moins, l’appât du gain facile.
    Cet article, trop général à mon sens, fait abstraction des nombreux problèmes particuliers au Faso et notamment : combien d’électeurs de Kaboré, ont-ils réellement eu conscience de voter pour l’économie néo-libérale, alors que ce dernier se présente sous étiquette social-démocrate.
    Autre problème : ou est vraiment le pouvoir ?
    Demandez donc à l’économiste la plus compétente qui siégeait dans le premier gouvernement de Kaboré. .

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  • Le 20 mai à 11:02, par Raogo En réponse à : Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

    Vraiment ! Monsieur Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE vos propos sont "avérées" et fort "honnêtes"
    Merci ! Maintenant comprennent qui "peut" et qui "veut" et bénis soit ceux qui pour l’amour de notre Burkina le mettront en pratique.

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  • Le 20 mai à 11:10, par candidat 2020 En réponse à : Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

    Merci pour votre belle analyse. j’ai essayé de faire un récapitulatif des soi disant économistes et financiers et voici le résultat partiel : Mali premier ministre économiste, Burkina président et premier ministre économiste et financier, Côte d’Ivoire Président économiste, Togo président économiste, Sénégal. Deux points essentiels communs à tous ces pays. premièrement ils sont tous PAUVRES et deuxièmement, ils ont tous connu dans leur parcours académiques un passage dans une université française.
    Globalement, ils sont collés aux chiffres. ils répètent comme des perroquets : les indicateurs macro économiques sont bons, le taux de croissance est ceci et cela, l’inflation est maitrisée du bla bla bla
    La réalité est la toute crue : Les pays de l’UEMOA sont les plus pauvres de la planète. pauvreté endémique, niveau de scolarisation bas, taux de mortalité élevé, insécurité galopante, niveau de corruption très élevé, laxisme, favoritisme, mauvaise gouvernance.etc etc etc

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  • Le 20 mai à 11:37, par Raogo En réponse à : Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

    "L’ignorance et la cupidité sont donc les pires des maux, d’autant qu’elles peuvent amener son malheureux(se) détenteur ou détentrice à jeter des tessons de bouteilles par l’arrière, en se disant que « j’ai fini de parcourir cette partie et tant pis pour ceux qui arrivent par derrière » ; ignorant que il, ou elle, peut brutalement être contraint (e) de détaler en sens inverse, sur le même chemin en abandonnant, de plus, ses chaussures.
    Retenons que du fond de nos tombes, il ne serait pas honorable que les cris de nos enfants ou de nos arrières petits-enfants nous y parviennent parce qu’ils courent sur « nos tessons de bouteilles ». Cela sera le signe que nous n’avons point dignement vécu ; et en ce moment, l’enchaînement de nos tombes s’imposera comme devoir aux générations qui s’assument !"
    Bassolma BAZIE

    Répondre à ce message

  • Le 22 mai à 14:31, par Ozon En réponse à : Présidentielles au Faso : attention au pouvoir de l’économie et des finances !

    RAOGO fait bien le lien avec le témoignage de Bassolma BAZIE. C’est parce que nos dirigeants sont aveuglés par l’économie et les finances qu’ils sont en train de brader notre nature, sous couvert d’un projet utile de CHU. La prochaine campagne présidentielle sera aussi financée par les chintoc

    Répondre à ce message

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