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Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

Accueil > Actualités > Opinions • • vendredi 17 mai 2019 à 15h33min
Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

Si l’implantation de l’hôpital à Kua, par la destruction de 16 hectares de forêt, est justifiée par le manque de moyens pour déguerpir et dédommager des populations, il faut écouter la voix de la nature et surseoir au projet. Sans être environnementaliste ou forestier, mais simplement un humble habitant de cette terre prêtée aux générations futures, il importe de ne pas rester indifférent.

En tant qu’humble habitant de cette terre prêtée aux générations futures et observateur de l’évolution climatique du Burkina Faso depuis près d’une quarantaine d’années, j’ai la conviction qu’une telle forêt devrait jouir d’une forte sacralité pour le trésor qu’il regorge.

Aucune raison fût-elle sanitaire ou politique ne peut justifier une telle entreprise porteuse de risques de tous ordres. Je voudrais simplement joindre ma voix à toutes celles et à tous ceux qui pensent que le projet d’implantation de l’hôpital chinois à Kua constitue une menace contre les droits de la nature et donc les droits de l’homme pour inviter ceux qui ont la force aujourd’hui de se mettre à la place de nos enfants et de nos petits-enfants qui auront la charge de ce patrimoine dans 20, 30, 50 ou 70 ans.

Ce n’est pas parce que nous avons la soixantaine révolue qu’il faut vivre au passé ou nous laisser guider par le quotidien. Nous devons mériter notre séjour sur cette terre par notre action ou souvent en faisant le meilleur par l’abandon de certains actes destructeurs.

En s’inspirant de l’histoire et de la géographie pour analyser l’évolution de l’espace burkinabè depuis une quarantaine d’années, on ne peut que solliciter l’arrêt de cette entreprise qui ne fera que du mal à la postérité. Malgré les capacités fortes d’adaptation de l’homme, agir les yeux fermés dans un contexte de dégradation de l’environnement est un acte historique condamnable. Faut-il satisfaire une demande électorale au détriment des futures générations ? Le Sahel, le Nord, le Centre-Nord du Burkina Faso souffrent déjà des contraintes en matière de ressources naturelles.

Les conflits fonciers et les crises intercommunautaires qui effritent la cohésion sociale devenue une préoccupation du gouvernement ont, en partie, leurs origines dans la destruction anthropique de la nature. Devons-nous, pour des raisons politiques, détruire pour construire ? L’entreprise actuelle contrarie les efforts africains de restauration des sols et de promotion de la paix à travers l’Initiative de la Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel. Le Burkina Faso, actif dans ce programme, devrait donner l’exemple.

L’activisme ces dernières années de l’agence nationale de l’IGMVSS ne devrait pas être perçu comme une quête de visibilité politique pour le gouvernement mais comme la preuve d’un véritable engagement au service de la nature et de la planète. Le Burkina Faso est partie prenante des grandes décisions prises à la COP21 à Paris en 2015 et ne devrait pas se présenter en contre-exemple par l’appât du partenaire chinois.

Sur le plan diplomatique, il est reconnu que l’international n’est pas gouverné par la morale mais par les intérêts. Le partenaire chinois n’agit pas par amour pour les Burkinabè mais pour atteindre ses propres desseins. Depuis quelques années, notre pays se distingue par une diplomatie médiatique et de participation contrairement à la diplomatie d’action et d’influence qui a caractérisé les époques antérieures. Avec un peu de leadership diplomatique, les Chinois, s’ils tiennent à la relation avec le Burkina Faso, la dernière de leurs épouses africaines, prendraient avec plaisir les charges liées à un déguerpissement des populations.

Combien coûte le déguerpissement d’une population comparativement à la destruction de telles ressources naturelles ? Les diplomates burkinabè devraient s’engager pour sauver la forêt en négociant la prise en charge des frais de dédommagement avec les Chinois ou avec les autres partenaires internationaux sensibles à la cause de la nature. Il serait plus facile d’obtenir le soutien d’une organisation internationale pour cette cause. Il s’agit d’une piste possible, d’une piste faisable.

Implanter l’hôpital dans cette forêt n’aura pas de conséquences immédiates. Ceux qui portent le projet et le défendent n’en vivront pas les conséquences. Ce sont nos enfants et nos petits-enfants qui vont payer le prix, le plus fort. Un hôpital implanté dans une zone riche en nappes phréatiques sera cause de pollution dans 30 à 50 ans. La forêt et ses richesses en flore et en faune prendront un coup, le plus fort. Il est encore possible de trouver une solution, de délocaliser le projet. Il suffit d’un petit courage politique, une vision protectrice de la nature et une ambition de servir au-delà de nos intérêts immédiats et égoïstes.

Si les hommes sont incapables, par leur intelligence et par leur sagesse, de sauver la forêt, il reste certainement une solution, l’Univers s’en chargera car si toutes ces voix ont raison, la nature prendra elle-même soin de sa sécurité. Rien n’est plus grand que la nature, rien ne résiste à la loi de l’Univers. Avec sagesse et intelligence, nous devons céder à notre égo et à nos intérêts immédiats car la revanche de la nature est irréversible. Laissons-nous pénétrer par l’humilité et la générosité pour avancer et construire sans détruire.

Runi-Wuumyan (zunoogo@yahoo.fr)

Vos commentaires

  • Le 17 mai à 15:59, par salou En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

    Le pb de cette forêt est qu’elle très degradée et ne joue pas ses fonctions et services de Forêt Classée. Si elle est conservée, il faudrait des actions fortes de gestion qui ne peut se faire sans les populations. A mon avis, il faudrait à la fois une étude environnmentale et socio-culturelle pour prend e la bonne décision. Si les populations ne sont pas convaincues de sa conservation, sa gestion sera difficile et sera simplement un hameau de terre.

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  • Le 17 mai à 17:59, par sanou 99 En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

    on se demande ce que veulent les gens. cimenterie vous n’en voulez pas. hôpital vous n’en voulez pas. au juste que voulez vous. toujours dans la défiance, dans l’émotion. peut on construite une route sans terrasser un arbre ? on promet de reboiser 30 hectares pour remplacer 16 hectares de terres détruites et même avec cela c’est la guerre. a la fin il faut laisser bobo tranquille. s’il vous plait amener l’hôpital a Ouagadougou en 2 jours les gens de Komsilgha, de Pabre, de Sapone, de tanghin Dassouri vous trouveront 100 hectares. le développement c’est la tête. y’en a marre.

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  • Le 17 mai à 18:08, par sanou 99 En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

    dans la foret classée de ouaga on y a construit. toujours on dit non mais ou proposez vous de construire l’hôpital. à la place de la grande mosquée de dioulassoba ou a la place de la cathédrale ? dites où ? y’a y’a boin ? et vous croyez qu’avec cette attitude l’on aura toujours le réflexe Bobo quand il y aura un projet ? vous continuez de détruire bobo. c’est vous qui traiter les maires d’étranger jusqu’à tuer vos propres frères brûler vos mairies vos tribunaux et vos industries sont en arrêt et même avec tout cela vos têtes ne fonctionnent pas. arrêtez le thé et les boissons frelatées. si.non dans 20/ans ce.sera fini pour bobo.

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    • Le 17 mai à 19:54, par Un Burkinabê En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

      sanou 99, si vous buvez du frelaté, pas nous. Nous nous buvons de l’alcool bio. Renseignez vous si en Chine un maire peut penser déclassifier une partie de forêt pour un projet d’envergure. Et puis cet CHU a quelle valeur marchande ? 100 milliards ? 1000.milliards ?

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    • Le 19 mai à 22:21, par Opinion plurielle En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

      Aux deux premiers intervenants du forum, ayez les pieds sur terre.
      A Sanou99, vous parlez de choses que vous ne maitrisez point s’agissant de la forêt du Parc Urbain Baangr Weogo parce que j’y est apporté ma modeste contribution à sa mise en place.
      Pour l’autre internaute qui croit nous donner des leçons relativement au rejet de projets de cimenterie de cet Hopital, il faut avoir le courage de dire NON et un NON ferme en refusant tout ce qui va au travers de vos interêts.
      La sauvegarde du patrimoine naturel de la région des Hauts-Bassins, ce patrimoine n’est pas à BRADER pour rien au monde.
      Que cela soit compris, et bien compris ; celui dont l’égoisme ne lui permet pas de comprendre que demain c’est pour la postérité, nous ne pouvons rien pour lui.
      Mais tous nos efforts iront dans le sens de faire comprendre que cette manoeuvre politicienne n’est pas saine.

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  • Le 17 mai à 18:25, par le vieuxsage En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

    peuple du burkina faso. ensemble sauvons la foret de kua a bobo dioulasso

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  • Le 17 mai à 22:15, par nuee En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

    C’est incongru de détruire cette forêt mythique pour un hôpital. En effet sa destruction ne fera qu’augmenter le nombre de malades que l’hôpital dont l’accès sera payant ne pourra pas soigner alors que déjà beaucoup se soignent avec les plantes et les feuilles des arbres de la forêt. De plus l’existence de cette bande verte est une protection pour la ville et ses environs, de même que pour la faune. Il n’appartient pas aux étrangers chinois de venir d’aborder nos espaces de vie pour nous créer des soucis qu’ils ne pourront résoudre. C’est a croire qu’il y a un intérêt caché derrière cette obstination a détruire un espace vital que rien ne saurait expliqué ou toléré. Le gouvernement et tout complice répondra devant l’histoire. Malheurs a ceux qui bâillonnent leur espace de vie pour des intérêts égoïstes.

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  • Le 18 mai à 00:41, par Pauvre de l’ouest En réponse à : Affaire Kua : \xab Chers gouvernants, ne d\xe9truisez pas pour construire \xbb

    Bonsoir. J’ai pas trop de commentaires à faire. Nous crions tous les jours changements climatiques, réchauffement de la terre. Pourquoi détruire pour reconstruire comme ils ont dit plus haut. Il y’a beaucoup de terre ailleurs. La santé n’a pas de pris. Les malades évacués parcourent souvent plus de 263 km pour accéder aux soins. Merci

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  • Le 19 mai à 21:50, par Opinion plurielle En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

    « Le tout premier hôpital que Dieu a donné aux hommes, c’est l’environnement », telle est la vision, cela se passe de tout commentaire, venant d’un protecteur de la nature, de la biodiversité.
    Cette vision ne ttraduit que ce que tous les intervenants sur le sujet ont tenter de démontrer lors des fora de ces temps ci après la sortie des politiciens véreux qui prétendre avoir eu la caution morale des coutumiers sur leur fameux projet de destruction de la forêt classée de Kua pour y construire un dit hopital de référence.

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  • Le 20 mai à 13:00, par TRAORE En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

    Bien dit Opinion plurielle ! Et j’espère que vous irez vous soigner dans cette partie déboisée qui est votre hôpital de référence.

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  • Le 20 mai à 16:02, par EN VERITE En réponse à : Affaire Kua : « Chers gouvernants, ne détruisez pas pour construire »

    Nous n’avant pas encore compris que notre richesse c’est notre ENVIRONNEMENT. En tant que HOMME averti pour les questions environnementales, parfois lors que j’écoute nos décideurs par rapport aux questions environnementales j’ai du mal à croire que je suis avec des hommes avertis. La Nature n’a pas besoin de nous pour ËTRE mais nous, nous avons besoin de cette nature pour ËTRE, pour vivre. Quand on parle de changement climatique ils pensent que les effets négatifs ne produisent que dans d’autre pays. C’est ce qu’ils pensaient du terrorisme, jusqu’à ce qu’elle soit une réalité dans notre pays. Lors que vous évoquez les questions environnementales ces ignorants sans rien comprendre vous regardent avec un air insolant. Allons seulement

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