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Programme PAC-MODHEM : Les acteurs satisfaits du bilan

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Romuald Dofini • jeudi 25 avril 2019 à 14h10min
Programme PAC-MODHEM : Les acteurs satisfaits du bilan

Le mardi 2 avril 2019 a eu lieu à Bobo-Dioulasso, l’atelier de capitalisation et de concertation entre les acteurs du programme dénommé PAC-MODHEM. L’objectif de cette rencontre était de contribuer à la redevabilité de l’agence d’exécution (SNV-Burkina) des actions complémentaires au MODHEM vis-à-vis des acteurs locaux à travers un dernier moment critique de réflexion de l’ensemble des parties prenantes. Cet atelier a connu la participation de tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre dudit programme.

Le Programme d’amélioration de la mobilité du bétail à travers l’utilisation des données de la téléphonie mobile et de l’imagerie satellitaire, désigné par son sigle anglais MODHEM (Mobile Data for Moving Herds Management and better incomes), est un projet qui a été financé par le bureau de la Coopération suisse pour dix-huit mois. Ce programme devait ainsi accompagner un autre programme déjà mis en place au niveau de la SNV, pour accompagner les pasteurs dans leur dynamique de mobilité. Le programme utilise l’imagerie satellitaire à travers la téléphonie mobile pour pouvoir guider les pasteurs dans leur quête de l’eau et du pâturage. Selon le responsable du secteur agriculture de la SNV-Burkina Faso, Mamadou Badiel, c’est un programme innovant pour faciliter la transhumance des acteurs.

Mamadou Badiel, responsable du secteur agriculture au niveau de la SNV-Burkina Faso

En effet, au Burkina Faso, la contribution du pastoralisme au PIB agricole est estimée à environ 24 %. C’est un pays à la fois d’accueil, de transit et de départ des éleveurs en provenance de pays frontaliers (Niger, Mali) et en partance vers les pays côtiers (Bénin, Ghana, Togo et Côte d’Ivoire). Les zones frontalières qui constituent souvent des zones de replis pour les éleveurs de ces pays sahéliens cristallisent aussi la quasi-totalité des tensions et/ou conflits.

Dans ce contexte, la facilitation de l’accès des éleveurs aux ressources naturelles (pâturages et eaux) et aux marchés des produits agropastoraux constituent des défis majeurs pour tous les acteurs aux niveaux local, national et sous régional. C’est pour faire face à cette problématique que la SNV et ses partenaires ont conçu et mis en œuvre le projet PAC-MODHEM.

Les participants

MODHEM a développé ainsi un service d’information dédié aux éleveurs pasteurs et agriculteurs du Burkina Faso. Les partenaires du MODHEM ont mis en place un centre d’appel et une plateforme qui exploitent les données géo satellitaires et techniques pour faciliter la prise de décision sur la mobilité du bétail, la disponibilité et l’accès au pâturage, la météo, les dates de semi et types de semences, ainsi que sur des décisions d’achat ou de vente de produits. Ces informations sont accessibles par le téléphone mobile et devront contribuer à termes à accroitre la productivité, à améliorer les revenus des agropasteurs et des pasteurs et à diminuer les risques de conflit agro-pasteurs.

Ce projet a bénéficié aussi d’une contribution financière de la direction du Développement du Bureau de la Coopération (DDC) suisse au Burkina Faso. Les actions complémentaires au MODHEM visaient à renforcer l’ensemble des actions du MODHEM dans trois régions frontalières du Burkina Faso (Sud-ouest, Hauts-bassins et Est) à travers le renforcement des capacités des acteurs locaux, la réalisation d’infrastructures permettant une meilleure mobilité du bétail, un meilleur accès aux soins vétérinaires et aux aliments bétail, ainsi qu’une facilitation du commerce à travers la redynamisation des infrastructures marchandes.

Fousséni Ouattara, conseiller technique à la SNV, par ailleurs coordonnateur des actions complémentaires au MODHEM

Fousséni Ouattara, conseiller technique à la SNV, par ailleurs coordonnateur des actions complémentaires au MODHEM, a noté que le projet d’actions complémentaires au MODHEM (PAC-MODHEM), s’inscrit dans la politique actuelle de décentralisation au Burkina Faso en faisant des collectivités territoriales décentralisées, un acteur-clef dans la concertation sur la sécurisation et l’aménagement des ressources pastorales, la prévention des conflits, ainsi que de la mise en marché des produits agricoles.

A l’en croire, le projet a eu pour ambition, d’asseoir les bases de l’intercommunalité dans la gestion des ressources agropastorales et la fluidité des échanges commerciaux. Selon lui, le projet tient compte du niveau d’alphabétisation des acteurs. « Sur la plateforme MODHEM, il y a un centre d’appel où les pasteurs peuvent communiquer dans cinq langues que sont le fulfuldé, le mooré, le dioula, le français et le gulmantchéma. Il y a des conseillers qui répondent aux sollicitations des pasteurs qui appellent pour avoir des informations. Toutes les informations dont ils ont besoin sont sur la plateforme », a-t-il indiqué.

Photo de famille des acteurs du projet PAC-MODHEM

Dans la mise en œuvre du programme, il y a eu des actions complémentaires, notamment la réalisation des infrastructures à savoir des forages, des aires de pâture, des magasins pour alimenter les bétails, etc. Démarrée en juillet 2017, la mise en œuvre opérationnelle du projet d’actions complémentaires au MODHEM a pris fin le 31 décembre 2018.

En s’engageant dans ce projet de renforcement de la dynamique transfrontalière utile à la mobilité apaisée du bétail entre le Burkina Faso et quelques pays voisins (Mali, Niger, Benin, Ghana, Togo et Cote d’Ivoire), la SNV-BF et ses partenaires poursuivaient l’objectif global d’augmenter les revenus des éleveurs et agropasteurs d’au moins 15% et de diminuer les conflits entre agriculteurs et éleveurs de 10% en fin 2018 dans les 11 communes d’intervention à travers les trois résultats suivants : les ressources pastorales sont gérées de manière participative et équitable le long des couloirs et des pistes de transhumance, les couloirs de transhumance et les pistes stratégiques du bétail sont sécurisés, aménagés et gérés de façon conjointe et inclusive et les éleveurs et agropasteurs disposent de marchés à bétail fonctionnels facilitant la mise en marché des productions.

Salifou Saré, chargé de programme au bureau de la coopération suisse à Ouagadougou

Le défi majeur de la SNV-BF dans le cadre de la mise en œuvre du PAC-MODHEM était de déclencher des processus de changement au niveau des populations, organisations et communes concernées en dix-huit mois d’activités conformément à l’accord de financement signé. Pour relever ce défi, la SNV a adopté une approche participative et inclusive et développé une stratégie opérationnelle multi-échelle et multi-acteurs basée sur la mise en place d’accords de partenariat opérationnel et la mise en œuvre de concertations multi-acteurs.

La SNV a aussi développé dans le cadre de cette intervention des outils de MEAL (Monitoring, Evaluation, Assessment and Learning) afin de mesurer le changement induit dans la zone d’intervention et de partager les leçons apprises et les connaissances générées. Ainsi, plusieurs acteurs ont pris part à la mise en œuvre des actions complémentaires au MODHEM, depuis les communautés de base et leurs organisations socioprofessionnelles en passant par les administrations communales, les services techniques déconcentrés et les ONG locales jusqu’aux services techniques centraux.

Amado Ouédraogo, directeur général des espaces et des aménagements pastoraux au MRAH

C’est dans le but d’assurer sa redevabilité vis-à-vis de toutes les parties prenantes du projet, que la SNV-Burkina a organisé cet atelier de clôture pour présenter les résultats finaux de l’intervention et discuter aussi des perspectives pour une mise à l’échelle et la pérennisation des acquis du PAC-MODHEM. « C’est un atelier de capitalisation et de concertation entre les acteurs, pour tirer les leçons et voir comment ouvrir des perspectives éventuellement au programme PAC-MODHEM », a laissé entendre Salifou Saré, chargé de programme au bureau de la Coopération suisse à Ouagadougou.

Le directeur général des espaces et des aménagements pastoraux au ministère des Ressources animales et halieutiques, Amado Ouédraogo, a, quant à lui, souligné que le programme PAC-MODHEM est d’une importance capitale pour les acteurs du Burkina Faso. Il s’est réjoui de la mise en œuvre effective des actions qui ont été planifiées dans le cadre du projet.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

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