Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Si vous fermez la porte à tous les échecs,le succès restera dehors.» Jim Rohn

7e congrès ordinaire du PDP/PS : Des membres du Bureau politique national dénoncent des irrégularités

Accueil > Actualités > Politique • DÉCLARATION • mardi 23 avril 2019 à 21h50min
7e congrès ordinaire du PDP/PS : Des membres du Bureau politique national dénoncent des irrégularités

Le congrès du PDP/PS, le parti du regretté Pr Joseph Ki-Zerbo, ne fait pas l’unanimité. En témoigne cette déclaration de membres du Bureau politique national qui dénonce des « irrégularités » et des « propos mensongers » du président Toro Drabo.

Voilà plus d’une dizaine d’années que le PDP/PS, parti du professeur Joseph Ki-Zerbo, traverse une crise interne qui n’en finit pas. Le 7e congrès du parti tenu le 30 mars 2019 a abouti à l’exclusion manu militari de 6 membres du Bureau politique national (BPN) sans aucune raison valable. Des membres de ce bureau politique dénoncent, dans cet article, la mauvaise gouvernance du parti marqué par le sectarisme, l’autocratie et le mensonge.

Depuis l’obtention du dernier récépissé du parti en décembre 2017, Monsieur Toro Drabo, président actuel du PDP/PS, a organisé à notre connaissance deux réunions du BPN. La première réunion a abouti à la rupture de l’alliance avec le MPP. La deuxième réunion, qui avait officiellement pour ordre du jour la relecture des textes statutaires du parti, a abouti à la suspension de certains camarades du BPN et à l’exclusion de certains militants du parti. En fait, le président a mis en branle toute une stratégie, pour suspendre et exclure du parti tous ceux qu’il a combattus au préalable et qui sont surtout proches d’une mouvance politique notamment la mouvance présidentielle.

Dans la gouvernance actuelle du parti, monsieur Toro Drabo dirige le parti avec un esprit de d’autocratie et de sectarisme. Ce qui est contraire l’article 4 de la loi portant charte des partis politiques qui stipule entre autres que « aucun parti ou formation politique ne peut fonder sa création et son action sur une base et/ou des objectifs comportant : le sectarisme et le népotisme, etc. »

Notons que la tenue des réunions est souvent ponctuée de discussions houleuses, de critiques acerbes à l’endroit de certains camarades et de décisions souvent hâtives sans aucun respect des principes démocratiques prônés dans les textes du parti.

Dans la préparation du congrès, le président a eu à travailler de façon unilatérale, entouré sans doute de son clan appelé à tort secrétariat exécutif. Dans cette préparation, ni le vice-président, ni le secrétaire général n’ont été associés. En outre, le vice-président a été suspendu de façon répétitive le février 2018 jusqu’au congrès. Cette série de suspensions successives sans raison valable violant les dispositions statutaires a été faite à dessein pour permettre à Monsieur Toro Drabo d’avoir les mains libres pour préparer son congrès.

Ainsi, dans cette préparation, il a eu à convoquer qui il veut, sans tenir compte des données sur les militants du parti qu’il ne détient pas. Notons que dans la préparation du congrès, l’article 44 du règlement intérieur qui stipule que « le congrès ordinaire est convoqué sur un ordre du jour approuvé par le BPN, et communiqué aux membres du BPN et aux sections un mois avant l’ouverture » n’a pas été respecté. En effet, en tant que membres du BPN, nous n’avons pas été convoqués pour approuver cet ordre du jour.

Lors de la tenue du congrès, les déclarations à la presse qui nous sont parvenues ont révélé que le congrès aurait réuni 38 sections provinciales. Ce qui nous parait invraisemblable si on tient compte des réalités actuelles du parti sur le terrain marqué par un recul progressif, notamment sous la direction de Drabo Toro.

Le congrès a eu surtout à exclure 6 membres du Bureau politique du parti sur la base de raisons infondées basées sur des allégations mensongères savamment bien montées. En effet, dans le N°6806 du journal le Pays, en date du lundi 1er avril 2019, Monsieur Drabo déclare que les exclus actuels du parti auraient négocié une éventuelle alliance avec le MPP, à la sortie des dernières élections de 2015, alors que la position du SEN était contraire.

Dans le même journal, il poursuit que les mêmes militants auraient perçu des fonds que le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation alloue aux partis et organisations politiques pour le maintien et la vie des partis. Il a en outre précisé que lesdits fonds n’ont jamais fait l’objet d’une activité quelconque du parti, etc.

Voilà donc des propos absolument faux d’un responsable du parti qui se veut être un homme propre. Les réponses à ces allégations mensongères sont donc les suivantes :
En ce qui concerne la négociation d’une alliance avec le MPP au sortir des élections de 2015, il convient de souligner qu’il y a eu une décision d’alliance avec le MPP à l’issue d’un conseil extraordinaire tenu en avril 2014. Aussi convient-il de souligner qu’en avril 2014, la presque totalité des camarades sanctionnés (soit 4 sur 6) n’étaient pas encore militants actifs du PDP/PS ; ceux-ci n’étant pas membres d’une structure quelconque du PDP/PS, comment peuvent-ils négocier une alliance avec le MPP ?

En ce qui concerne les fonds alloués par le ministère de l’Administration territoriale pour le maintien et la vie des partis politiques, là aussi, c’est un mensonge grossier car le PDP/PS, depuis le départ de la direction du parti de son leader historique le professeur Joseph Ki-Zerbo, n’a jamais perçu des fonds de l’État pour assurer son fonctionnement.

Par contre, tout comme les autres partis prenant parts aux élections, il a reçu des fonds dans le cadre des dernières élections législatives 2015 et des élections municipales de 2016 ; ces fonds perçus par le parti ont été à ce jour entièrement justifiés. Nous avouons notre grand étonnement par rapport à une telle déclaration qui met en cause non seulement les camarades sanctionnés mais également les autorités du ministère de l’Administration territoriale. Un responsable digne de ce nom qui se veut être un homme propre et honnête doit éviter des inventions qui ne peuvent résister devant les faits. Monsieur Drabo Toro, au vu de ces allégations mensongères, ne mérite pas de parler au nom d’un parti comme le PDP/PS, jadis illustre et bien respecté au Burkina et ailleurs en Afrique.

Notons que de 2014 à 2016, Toro Drabo, avec un certain nombre de camarades, s’était auto-exclu du PDP/PS en créant le MLN/BF, un regroupement d’indépendants, pour se présenter aux élections législatives de 2015 où il a été candidat sur la liste de la province du Sourou. Comment comprendre donc qu’étant absent du parti en 2015, il déclare de manière honteuse que les exclus actuels du parti auraient négocié une éventuelle alliance avec le MPP, à la sortie des dernières élections de 2015 alors que la position du SEN était contraire ?

Par ailleurs, Monsieur Drabo Toro aime faire référence aux exigences de l’application des textes en oubliant ou en omettant volontairement son propre comportement par rapport à ces mêmes textes qu’il a toujours ignorés quand il n’y trouve pas son compte. Il a transformé le PDP/PS en une boutique de quincaillerie. En ce qui les sanctions, l’article 32 des statuts et l’article 65 du règlement intérieur du parti disent ceci : « Aucune sanction ne peut être décidée sans que le militant concerné n’ait été au préalable entendu par l’instance compétente ». Cette disposition a été bel et bien violée par rapport à l’exclusion des 6 camarades.

En conclusion, la gouvernance actuelle du PDP/PS sous la direction de Toro Drabo est marquée par le sectarisme. La préparation et la tenue de ce congrès ont été émaillées d’irrégularités. Les déclarations de Monsieur Toro Drabo à la presse, ont été entachées de mensonges grossiers.

Ont signé :

SOMDA Samuel : Vice-président chargé des relations extérieures
ZINA Moussa : Secrétaire général adjoint
KERE Alain : Commissaire politique

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Lutte contre le terrorisme : Les maires du Burkina apportent leur soutien au gouvernement
Situation nationale : « Le malheur du Burkina Faso, c’est d’avoir Roch Kaboré à la tête de l’Etat et Zéphirin Diabré à la tête de l’opposition », estime Ablassé Ouédraogo
Dialogue politique au Burkina : Le Faso autrement parle de mascarade organisée par le président du Faso
Système de santé : Le Mouvement des intellectuels pour le développement monte au créneau
Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?
Burkina : L’UPC dénonce une campagne déguisée du Président Roch KABORE
Tabaski 2019 : L’UPC souhaite une joyeuse fête aux musulmans
Fête de l’Aid El kébir : « Un moment privilégié de partage et de solidarité en Islam », salue l’UNIR/PS
Vie politique : Une délégation du Mouvement patriotique pour le salut chez le Mogho Naaba
Fête de l’Aïd-El-Kébir : Les vœux du MPP aux fidèles musulmans
Démocratie : « De l’urgence d’interdire les partis politiques »
5 août 1960-5 août 2019 : Le Burkina commémore le 59e anniversaire de son indépendance
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2019 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés