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Pénurie d’eau potable en période chaude : « C’est une question d’efficacité des entrepreneurs », déclare Niouga Ambroise Ouédraogo

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • vendredi 12 avril 2019 à 13h00min
Pénurie d’eau potable en période chaude : « C’est une question  d’efficacité des entrepreneurs », déclare Niouga Ambroise Ouédraogo

Dans plusieurs centres urbains du Burkina Faso, la période de canicule rime avec manque d’eau potable. En plus de Ouagadougou, dans d’autres villes telles que Bobo-Dioulasso, Dédougou, Koupéla, Ouahigouya et Pouytenga, c’est la croix et la bannière pour se procurer du liquide précieux. Face à cette situation, les populations sont désemparées. Invité au journal télévisé de la TNB, le ministre en charge de l’Eau, Niouga Ambroise Ouédraogo, a apporté un éclairage sur cette pénurie d’eau.

Quel est le véritable problème des pénuries d’eau ? A cette question, le ministre en charge de l’Eau, Niouga Ambroise Ouédraogo, reconnait les faits. Il le dit en ces termes : « Effectivement, cela devient un problème récurrent parce que depuis 2016, nous avons cette situation difficile des zones hautes de la ville de Ouagadougou. Le fond du problème, nous l’avons dit au départ : il y a un problème de production. Cela est déjà réglé. Maintenant, nous avons un problème de distribution. Lorsque nous parlons de la distribution, cela va de la contribution des châteaux d’eau à l’enfouissement des grosses canalisations et à l’équipement des branchements familiers particulier et bornes fontaines. Et c’est là que se trouve le problème. »

Toujours dans cette logique, le ministre a fait une déclaration : « Il faut se le dire : c’est un problème d’efficacité, de non-respect des engagements des entreprises commis à ces travaux. »

Il a poursuivi : « Pour la petite histoire, nous avons tenté de faire une accélération de ces travaux allant de six à douze mois. La facture qu’on a demandée, c’était trois milliards et demi de FCFA. Vous voyez que c’est difficile pour les ressources publiques de régler ces questions. C’est en fait cela le fond du problème. Aujourd’hui, nous avons pris un certain nombre de dispositions pour que ce problème ne continue pas ainsi ».

« La question de l’eau est une grande priorité »

La TNB a cherché à savoir si la question de l’eau n’est pas une priorité pour lever la barrière financière dont il parle. Le ministre a reconnu que la question de l’eau est une grande priorité aussi bien politique que sociale ou du point de vue de la vie tout simplement. « Mais aujourd’hui, comment ça se passe ? Les zones déficitaires que nous appelons zones hautes, sont situées de telle sorte qu’en temps normal de distribution avec les châteaux existants, elles sont les dernières à être servies. En réalité, ces quartiers ont de l’eau mais à des heures tardives (entre 24h et 2h, 3h du matin). »

Pour le ministre, au niveau de l’ONEA et de son département, des stratégies sont mises en place pour remédier à cette situation, mais comme dans tout chantier, il y a des aléas cycliques.

Ces chantiers ne sont-ils pas venus un peu tard ? N’y a-t-il pas eu un manque de vision ? « C’est vrai mais ce n’est pas un problème de vision », a répondu le ministre. Pour lui, ce sont des questions de terrain. Pour être plus explicite, il a donné deux exemples. Premièrement, pour passer un marché aujourd’hui, il n’y a pas de délai ; la passation d’un marché va de deux mois à pratiquement un an. Donc on se situe en fonction des ordres et conditions des partenaires techniques et financiers. Deuxièmement, « c’est une question d’efficacité des entrepreneurs. Je ne vais pas citer de noms », a-t-il déclaré.

« Nous avons dénombré 52 centres urbains déficitaires »

A la question de savoir si le ministère continue avec ces entrepreneurs ou si le contrat est rompu, l’invité de la TNB rassure : « Ne vous en faites pas, on a pris des mesures énergiques. Je ne vais pas les annoncer. »

A quand la fin du calvaire des habitants ? « Aujourd’hui, nous avons dénombré 52 centres urbains déficitaires. Et chaque centre urbain a son problème, mais les problèmes sont récurrents », a indiqué le ministre.

Selon Ambroise Niouga Ouédraogo, le problème de Dédougou est un peu paradoxal, car cette localité se trouve dans une zone où il y a beaucoup d’eau sur et sous le sol. Toutefois, il a signalé qu’il y a une difficulté de suivi de la démographie urbaine. Aujourd’hui, globalement, il y a deux solutions qui sont prises, comme l’a dit l’ONEA : la distribution alternée et l’information des heures de cette distribution d’eau de manière alternée. « J’appelle cela des solutions conjoncturelles et non durables. Il faut de la patience. Je ne vais pas donner de délai, mais nous sommes là-dessus », a-t-il conclu.

Une synthèse de Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net

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