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Débats politiques : Et si on parlait programme de développement !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • vendredi 5 août 2005 à 08h04min

"Le face-à-face avec Blaise Compaoré aura bel et bien lieu". "Le pouvoir actuel sera battu à plate couture le 13 novembre prochain" etc. Les formules choc ne manquent pas à certains leaders politiques pour étaler leurs ambitions.

On aurait pu en rire s’il ne s’agissait pas du devenir de notre Etat. En effet, tout citoyen soucieux du développement du pays est partagé entre le sentiment d’indignation face aux agissements d’une opposition qui refuse de s’assumer et celui de résignation.

Indignation et résignation s’expliquent par l’incapacité de certains hommes politiques de jouer sainement et pleinement leur partition.

Et pourtant, toutes les conditions juridico-politiques sont réunies pour permettre une libre expression. Du reste, la loi fondamentale impose aux partis politiques d’animer la vie politique nationale. L’opposition burkinabè refuse le combat et préfère se réfugier derrière les écrits anonymes dans la presse. Tout se passe comme si la conquête du pouvoir d’Etat se fait à travers les écrits enflammés à dessein.

Une léthargie propre à l’opposition

Certains observateurs avaient espéré malgré tout que dans une année électorale comme celle de 2005, les opposants allaient enfin sortir de leur léthargie à travers les critiques objectives et des propositions concrètes.

Du reste, ils auraient été dans leur rôle de faire des contre-propositions. Hélas, il n’en est rien jusqu’à présent alors que la présidentielle est dans quelques trois mois.

Dans ce cas d’espèce, les Burkinabè se demandent si finalement ceux qui se sont auto-proclamés opposants radicaux sont vraiment dans l’ère démocratique. Un système démocratique suppose avant tout une majorité qui met en pratique ses idées et une opposition qui développe aussi les siennes. En réalité, très peu d’opposants burkinabè sont capables de réflexions à même d’aboutir à des contre-propositions intéressantes. Leur opposition à eux se résume à une querelle de personnes en somme, à du "ôte-toi que je m’y mette". Il est temps que ces fameux opposants changent leur fusil d’épaule pour participer aux débats politiques. En tout état de cause, il n’y a pas de honte à reconnaître les mérites d’un adversaire politique lorsque celui-ci est visiblement le meilleur. Dans ce sens, on ne peut que saluer le courage historique de l’ADF-RDA qui bien qu’intéressée par la conquête du pouvoir d’Etat a humblement reconnu qu’elle ne pourrait pas faire mieux, du moins pour les cinq prochaines années. Gilbert Noël Ouédraogo a donc décidé d’être aux côtés du président sortant pour ajouter de la pierre à la pierre. Les tenants de l’aile dure de l’opposition burkinabé ne sont pas obligés de lui emboîter le pas. Quelque part, cela n’est même pas souhaitable. Cependant, on peut leur demander, voire exiger qu’ils prennent part aux débats autour des vraies questions qui interpellent les Burkinabè. C’est d’annoncer de façon péremptoire qu’un face-à-face aura lieu le 13 novembre avec le président sortant mais il serait encore mieux d’aller au-delà en partageant ses projets de société avec le peuple. Alors que l’opposition se perd en conjectures, le pouvoir, lui, continue de tracer les chemins d’un meilleur devenir du pays des Hommes intègres. Or justement c’est autour de ces actions concrètes que se fera la décision des Burkinabé au soir du 13 novembre 2005.

Il est temps de rejoindre le candidat sortant pour évoquer, voire comparer les projets de société. On serait curieux en effet de savoir ce que feraient des opposants comme Hermann Yaméogo et Bénéwendé Stanislas Sankara en matière d’éducation, de santé et d’hydraulique. Depuis belle lurette qu’ils occupent l’un et l’autre la une des journaux (presse écrite et audiovisuelle) ils n’ont encore rien dit de concret dans ce sens. Pendant ce temps le parti au pouvoir et son candidat ont fait du développement du monde rural, la priorité des priorités.

Le Burkina sur la voie du développement

Aussi, les budgets successifs adoptés par l’Assemblée nationale ont toujours réservé une place de choix aux secteurs sociaux en terme de pourcentage. Les prévisions budgétaires se sont traduites sur le terrain par la construction de routes et d’infrastructures sanitaires. Le Burkina peut ainsi se vanter d’être un des rares pays africains où une formation sanitaire est distante d’une autre de quinze kilomètres au maximum. Le réseau routier n’est pas négligeable avec les travaux de bitumage qui s’exécutent sur toute l’étendue du territoire. Au plan de l’éducation, le septennat qui s’achève a mis un point d’honneur à sortir les Burkinabè de l’ignorance.

L’ambitieux plan décennal de développement, de l’éducation de base se veut du reste, la réponse la plus appropriée à la lancinante question de l’enseignement. Les résultats se font sentir déjà avec les succès successifs enregistrés à l’examen du CEP. Le secteur de l’hydraulique n’a pas été oublié, bien au contraire.

Le Burkina ne se construira pas sur la base des déclarations dans les médias.

De nombreux barrages et puits à grands diamètres sont disséminés à travers le pays. A vrai dire, il est difficile de donner la réplique à Blaise Compaoré qui a été la cheville ouvrière de toutes ces réalisations. Par moment, on peut donc comprendre l’opposition qui, face à un tel bilan qui suscite l’adhésion des laborieuses masses populaires s’essaye à la diversion. Ce qui n’est pas non plus la solution. Le mieux serait de produire un programme de développement. Si cela adhérait, ce serait la meilleure façon pour l’opposition de participer à la construction nationale. Dommage que pour cette opposition-là, satisfaire à cette invite soit synonyme de mer à boire.

Larba Yaro
L’Opinion

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