Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Un gagnant est un rêveur ,qui n’a jamais abandonné.» Nelson Mandela

Approvisionnement en eau potable et assainissement dans la Boucle du Mouhoun : Le ministère de l’eau réagit à nos articles sur la situation des villages de Kary et Soukuy

Accueil > Actualités > Société • Droit de réponse • mardi 19 mars 2019 à 22h39min
Approvisionnement en eau potable et assainissement dans la Boucle du Mouhoun : Le ministère de l’eau réagit à nos articles sur la situation des villages de Kary et Soukuy

Suite à nos articles sur la situation de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement dans les villages de Kary et Soukouy dans la province du Mouhoun, le Ministère de l’eau et de l’assainissement nous a fait parvenir le présent droit de réponse.

Monsieur le Directeur de publication,

C’est avec stupéfaction que nous avons pris connaissance des articles sur votre site Web « Le faso.net », intitulés « Village de Kari (Mouhoun) : les populations manquent d’eau potable » et « Soukuy (Mouhoun) : l’eau potable est rare, les latrines aussi » publiés respectivement le lundi 11 Mars 2019 et le mardi 12 mars 2019.

Nous venons à travers ce présent droit de réponse vous apporter l’information juste en en matière d’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement dans ces deux villages.

Les villages de Kari et de Soukuy sont tous deux situés dans la commune de Dédougou, province du Mouhoun, région de la Boucle du Mouhoun respectivement à 20 km et à 15 km du Chef-lieu de la commune.

Avant tout propos, il convient de cerner les notions essentielles relatives aux normes et critères utilisés dans le calcul du taux d’accès. En effet, une personne a accès à l’eau potable si elle habite à moins d’un kilomètre (1 000 m) d’un forage équipé de Pompe à Motricité Humaine (PMH) ou d’un puit moderne permanent ou à moins de 500 mètres (500m) d’une Borne Fontaine ou dispose d’un branchement particulier dans la concession.

L’eau des ouvrages doit satisfaire aux normes de qualité conformément aux directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le taux d’accès est calculé à l’aide d’un logiciel qui intègre plusieurs paramètres notamment les coordonnées géographiques du point d’eau, celles du centre du quartier, la population projetée selon le recensement de la population, la fonctionnalité de l’ouvrage etc.

Selon les critères d’équipement, les villages de Kari et de Soukuy peuplés respectivement de 2.685 habitants et de 1.332 habitants en 2018 (données projetées de RGPH 2006) doivent être desservis par des forages équipés de PMH ou un raccordement à un réseau d’AEP multi-villages. Ainsi, il a été réalisé dans ces localités des forages équipés de PMH. En fin 2018, le bilan est le suivant :

Le village de KARI compte huit (08) Forages équipés de PMH dont un (1) de marque INDIA en panne au sein de l’école primaire A de KARI. Outre ces huit (8) forages, il existe un forage neuf non encore équipé (voir liste des forages et image satellitaire du village). Selon les résultats de l’Inventaire National des Ouvrages (INO) de 2018, le taux d’accès à l’eau potable dans le village de Kari est de 94,1%, soit 2 527 personnes desservies en eau potable sur les 2 685 que compte le village.

Il est à noter qu’un forage a été réalisé en 2018 à Kari par la Direction Régionale de l’Eau et de l’Assainissement de la Boucle du Mouhoun (DREA-BMH). Cela a permis d’apporter une réponse aux désagréments rencontrés par les responsables du CEG de Kari liés à l’exploitation de leur forage par une partie de la population. Tous les quartiers de Kari sont desservis suivant les normes et critères et ont un taux de 100% en 2018 à l’exception du quartier Flakin.

Dans le village de Soukuy, il existe huit (8) forages équipés de PMH dont deux (2) en pannes au CEG de Soukuy et dans le quartier Nakankuy. Comme à Kari, un forage a été également réalisé en 2018 dans le village de Soukuy par la DREA-BMH portant le taux d’accès à l’eau potable de ce village à 100%. Tous les 1332 habitants ont donc accès à l’eau potable.

Par souci de précision, il est joint ici la liste des forages réalisés dans ces deux (2) villages avec les coordonnées géographiques, l’état actuel des ouvrages, ainsi que les images satellitaires illustrant la position des ouvrages.

De ce qui précède, il convient de noter qu’au niveau du village de kari :

-  les deux (2) puits présentés dans l’article sont situés à moins de 300 mètres d’un forage équipé de PMH de type volanta fonctionnel ;

-  les quartiers Bonza et Bénézou cités dans l’article sont desservis par le forage de type volanta situé à moins de 500 mètres des centres de ces quartiers ;

-  Il n’y a pas une grande affluence à cette période au niveau des forages du village, contrairement à ce que l’article a révélé ;

-  l’article a mentionné qu’il n’existe pas de latrines dans le village. Cette information est erronée car la DREA-BMH a réalisé en 2014, 28 latrines au profit de 28 ménages sans compter les autoréalisations de la population et celles des partenaires. Lors des échanges avec les techniciens de la DREA-BMH et de la Mairie, la population reconnaît qu’il existe des latrines dans le village, toutefois elles sont insuffisantes ;

-  l’article mentionne que la population parcourt entre 1 km et 5 km pour s’approvisionner en eau potable. Ce qui s’avère une aberration car tous les quartiers desservis s’approvisionnent à moins de 500 m.

Concernant l’article sur la situation de Soukuy, on peut faire les commentaires suivants :

• l’article mentionne que le village ne dispose que d’un seul forage fonctionnel alors que le village dispose de six (06) forages fonctionnel dont celui réalisé en 2018 ;

• les forages existants sont situés à moins d’un kilomètre des centres des quartiers, ce qui explique le taux d’accès de 100% ;

• en ce qui concerne l’assainissement, certains partenaires comme l’ACCEDES ont réalisé des latrines dans le village de Soukuy. Au-delà des ouvrages réalisés par les partenaires et l’Etat, des efforts individuels et collectifs sont fortement encouragés pour que chaque citoyen dispose d’un cadre de vie assainie.

De façon générale, il convient de cerner les principes suivants :

Depuis l’application de la réforme sur le système de gestion des infrastructures hydrauliques en milieux rural et semi-urbain, les PMH ont été transférés aux communes qui ont délégué la gestion aux Associations des Usagers de l’Eau (AUE) mise en place dans chaque village. La gestion des PMH et les réparations en cas de panne dont fait cas l’article relève de la responsabilité de ces AUE. Pour relever ce défi, les maintenanciers de PMH et les AUE bénéficient périodiquement des renforcements de capacités.

Par ailleurs, il faut souligner que desservir un quartier ne signifie pas systématiquement « un forage par quartier » comme le laisse paraitre dans l’article. Un seul forage peut desservir à la fois plusieurs quartiers.

Les articles ne font en aucun cas la présence des autres forages des villages concernés. La liste jointe en annexe peut faire l’objet de vérification sur le terrain. La situation de l’approvisionnement en eau potable dans la localité, même s’il s’agit des difficultés que l’on veut cerner, ne peut se faire en ignorant la présence de ces ouvrages réalisés au bout d’énormes sacrifices au profit des populations.

Aussi, l’établissement d’une telle situation requiert un minimum d’informations sur les normes et critères en la matière, mais aussi une collecte de données fiables auprès de l’ensemble des acteurs : les populations, les collectivités et les services techniques compétents (Directions Régionales en charges de l’Eau et de l’Assainissement). Une information fiable comme celle-là ne saurait s’obtenir de manière unilatérale. Par exemple, un simple soupçon ou une confusion de la population du reportage à une enquête ou une collecte de données pour l’identification de villages en difficultés d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement pour bénéficier d’un nouveau projet peut entrainer une rétention ou une exagération de l’information sur la situation vécue.

Le ministère de l’Eau et de l’Assainissement (MEA) voudrait rassurer toute la population qu’il reste sensible aux préoccupations et aux interpellations fondées, objectives et constructives avec des analyses pouvant contribuer à des réflexions et à des solutions propices permettant d’améliorer de façon significative les conditions de vie des populations.

Le Ministère rappelle qu’il reste disponible et déterminé, dans la limite des moyens dont il dispose, à traiter avec diligence les préoccupations des populations en matière d’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement. Par ailleurs, il interpelle chaque acteur à jouer pleinement sa partition, gage d’un accès durable aux services d’eau et d’assainissement dans notre pays.

Nous saluons les efforts que votre médium fournit au quotidien. Nous ne doutons pas de votre bonne foi dans l’accomplissement de votre mission. Mais nous regrettons une fois de plus que lefaso.net n’a pris attache avec nos services compétents pour avoir l’information juste et vraie.

Nous tenons à vous réitérer notre disponibilité à vous accompagner, vous orienter vers les sources fiables d’information pour des productions de qualité.



La Directrice de la Communication et de la Presse ministérielle
Somborigna Djélika DRABO

Note de la rédaction
Pour la gouverne du ministère de l’Eau et de nos lecteurs, il convient cependant d’apporter des précisions sur le travail réalisé sur le terrain par notre reporter. Notre journaliste a effectué un séjour à Dédougou, précisément dans les villages de Kari et de Soukuy les 8, 9 et 10 mars 2019. Que ce soit à Kari ou à Soukuy, après les usages, il est entré en contact avec le chef du village qui a réuni un comité pour l’entendre sur l’objet de sa visite. Une fois le but de sa présence déclinée, il a eu droit à une visite guidée des quartiers où le problème de l’eau se pose. Les deux articles publiés à l’issue de ce séjour sont le fruit des réalités observées sur le terrain. Le journaliste n’a rien inventé. Il est allé auprès des habitants des deux villages pour recueillir ses informations. En tout état de cause et à toutes fins utiles, le journaliste détient les audio des entretiens qu’il a eus dans les deux villages.

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Hervé Tapsoba, militaire radié : « Si nous revenons, c’est nous-mêmes qui allons conseiller nos petits frères… »
Institut 2iE : Une journée portes ouvertes pour attirer les nouveaux bacheliers
Burkina : L’UNPRB et la Coopérative Viimbaore/Naam à la conquête des marchés des mairies
Opération barkhane : Situation militaire du théâtre
Opération barkhane : Actualités du 14 au 20 juillet 2019
Développement rural : L’association Belwet dispose désormais d’un centre de formation agro-sylvo-pastorale
Syndicat autonome des agents du Trésor du Burkina : Boukaré Belembaogo élu nouveau secrétaire général
Établissements d’enseignement privés laïcs du Burkina : Le 14e congrès de la faitière se tient du 25 au 27 juillet
Marketing digital : L’expérience de la Burkinabè « Mimi mossi »
Éducation : Abdoul Ouédraogo fait « Grand tuteur » des écoles Nemnin
Amplify PF et Breakthrough Action : Deux projets pour accroître l’offre et l’utilisation des services de planification familiale au Burkina
Les accidents de la route, ça tue, ça blesse mais ça handicape aussi
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2019 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés