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Eddie Komboïgo à des étudiants : « Si vous n’avez pas confiance en l’avenir, vous aurez un comportement négatif »

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • mardi 19 mars 2019 à 12h53min
Eddie Komboïgo à des étudiants : « Si vous n’avez pas confiance en l’avenir, vous aurez un comportement négatif »

C’est en qualité de parrain et de conférencier à la fois, que l’expert-comptable Eddie Komboïgo, président de l’ex-parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a tenu en haleine les étudiants de l’ingénieur des promotions (ELN, GE et IT) de l’Université Aube Nouvelle. C’était à la faveur de la Journée de l’ingénieur, le samedi 16 mars 2019.

Pendant plus de deux heures, l’ancien enseignant de comptabilité à l’Université de Ouagadougou a fait un retour dans sa vocation d’encadreur. Et ce, dans un style d’échanges directs, sans tabou. « Posez toutes les questions que vous coulez, je suis ouvert, je répondrai à toutes vos questions », s’est ouvert le conférencier Eddie Komboïgo, ajoutant qu’ils peuvent même aller jusqu’à sa « vie carcérale » (il a été détenu dans le cadre du putsch de septembre 2015 avant d’être blanchi, ndlr).

Après un moment de recueillements en la mémoire des Burkinabè tombés sur le champ de bataille, précédé de l’hymne national du Burkina, le Ditanyè, Eddie Komboïgo est entré dans le vif de son sujet par des conseils à ses filleuls. Ainsi, il va inviter les étudiants à vivre en adéquation avec leur pays et à être des modèles dans leur société. « La richesse du pays, c’est d’abord ses hommes, sa jeunesse », foi d’Eddie Komboïgo. « La société burkinabè a besoin de femmes et d’hommes responsables, qui puissent apporter une valeur ajoutée en termes de bien-être aux populations », précise-t-il.

Il galvanise ses filleuls à l’assaut du « savoir », du « savoir-être » et du « savoir-faire ».

« Nous vivons dans une société élitiste, une société de compétition continue », souligne l’expert-comptable, enchaînant des exemples de modèle de réussite à travers le monde. Pour lui, la compétition ne s’arrêtera jamais ; d’où l’impératif de s’armer donc de courage.

« Aujourd’hui, quand vous observez, le peuple burkinabè (pas seulement les étudiants) n’a plus confiance à lui-même, il y a une crise de confiance. Si vous n’avez pas confiance à vous-même, vous aurez un comportement négatif. Si vous n’avez pas confiance en l’avenir, vous aurez un comportement négatif », décèle le parrain, notant entre autres facteurs, les attaques terroristes et la « réaction un peu faible » de l’Etat face au phénomène.

« Je pense que l’Etat doit mettre beaucoup plus de force pour arrêter ces attaques barbares afin de redonner confiance, par la modernisation de l’administration, les réformes économiques, pour que chaque Burkinabè se dise que les lendemains seront meilleurs et donc, vont se remettre dans la consommation ; ce qui va accélérer la production (et cela suppose qu’on a des structures de production et qu’on produise ce que l’on consomme et qu’on consomme ce que l’on produit) », démontre M. Komboïgo, convaincu que lorsque le pays sera sur cette lancée, la confiance renaîtra et connaîtra le développement. Pour lui, c’est l’Etat qui doit travailler à donner confiance à ses citoyens. « Mais, c’est un travail de longue haleine », avise-t-il avant d’ajouter plus loin que chacun doit également, de façon individuelle, travailler à avoir confiance à l’avenir (les comportements individuels ayant aussi un impact sur la société).

Dans son développement, Eddie Komboïgo a scruté l’école burkinabè qui, de son avis, produit des chômeurs, du fait de son inadéquation avec les réalités et les besoins économiques. « Il faut donc une rupture dans le système éducatif », plaide le président du CDP, déplorant que depuis longtemps, la réflexion a porté sur le plan « quantitatif » (construire beaucoup d’écoles) en négligence de l’aspect « qualité ».
D’où son invite à mettre l’accent sur l’enseignement technique que celui général car, pour lui, le besoin de l’amélioration de la vie quotidienne burkinabè passe par là.

Comme il fallait s’y attendre, les étudiants n’ont pas été avares en questions, et à en croire leur premier responsable, Fayçal Diawarra, le passage de leur parrain a été un moment enrichissant. « Nous aurions pu choisir quelqu’un d’autre, mais nous avons pensé au président Komboïgo parce qu’il est un exemple pour nous ; il nous l’a démontré au cours de ces dernières années-là », justifie Fayçal Diawarra.
« Nous avons initié cette activité pour permettre aux étudiants de connaître les débouchées des filières parce que la plupart s’y engagent sans connaître les perspectives possibles », a résumé Fayçal Diawarra.

OO
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