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« 5S Kaizen » : Une méthode japonaise pour développer les entreprises au Burkina

Accueil > Actualités > Diplomatie - Coopération • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 18 mars 2019 à 07h30min
« 5S Kaizen » : Une méthode japonaise pour développer les entreprises au Burkina

L’amicale des anciens stagiaires et boursiers de la l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) a tenu, dans l’après-midi du samedi 16 mars 2019 au Centre agricole polyvalent (CAP) de Matourkou (à 15 km de Bobo-Dioulasso), une conférence sur un concept japonais de management dénommé « 5S Kaizen » au profit des apprenants dudit centre. Selon le président de l’amicale, Idrissa Semdé, le « 5S Kaizen » est un concept qui s’adapte à tous les domaines de la vie.

Cette rencontre avec les élèves stagiaires du Centre agricole polyvalent de Matourkou avait pour objectif de promouvoir un concept japonais dénommé le « 5S Kaizen ». En effet, le système Kaizen est un processus qui a été créé pour l’entreprise Toyota au Japon et il vise l’amélioration de la productivité continue d’une entreprise en apportant chaque jour de petits changements. L’approche « 5S Kaizen » trouve ses racines dans la culture de ce pays qui a l’habitude du travail en groupe et qui a la recherche du consensus comme valeur profonde.

Elle émane aussi d’un pays sans ressources naturelles, avec peu de terres cultivables et de terrains pour les constructions et qui, de plus, n’était devenu qu’un champ de ruines après la Seconde guerre mondiale. C’est ce concept que la firme Toyota, aujourd’hui géant mondial du secteur automobile, a développé comme bonne pratique pour devenir, avec d’autres outils, le pilier de la performance industrielle du Japon.

Cette conférence a été animée par Muller Kiswendsida Compaoré, microbiologiste au Laboratoire national de santé publique, par ailleurs secrétaire aux activités socio-culturelles de l’Amicale des anciens stagiaires et boursiers de la JICA (ASB/JICA). A l’en croire, le terme « 5S » désigne une démarche dont le sigle rappelle les cinq verbes d’action (Trier, ranger, nettoyer, standardiser, pérenniser) et qui, en japonais, commencent tous par la lettre « S » (Seiri, Seiton, Seiso, Seiketsu, Shitsuke).

Muller Compaoré, conférencier

Le « 5S Kaizen » permet ainsi de créer un environnement de travail ordonné, propre, adapté, agréable et sécurisé. « C’est une méthode révolutionnaire de management japonais. Ce système de management est stratégique et opérationnel avec des résultats très probants et visibles si bien que beaucoup n’ont pas hésité à qualifier le Kaizen d’ADN des entreprises. Le Kaizen trouve sa base au niveau des 5S », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que le 5S Kaizen est avant tout un état d’esprit. Il existe dans les secteurs industriels comme dans les services et les administrations.

Il affirme que le choix porté sur les futurs techniciens d’agriculture n’est pas fortuit. Selon lui, « l’agriculture est le poumon économique du pays et en inculquant ces valeurs cardinales au niveau de ces jeunes élèves, ils pourront avoir de bonnes bases et de bonnes méthodes de travail qui vont augmenter leur productivité ».

Les participants

Le président de l’amicale, Idrissa Semdé, pour sa part, a indiqué que l’organisation de cette conférence entre dans le cadre de la mise en œuvre de leurs activités. Pour lui, le Kaizen, ce sont des principes de bien-être, de bons comportements que les Japonais ont développés en cinq principes. « C’est le socle du développement économique du Japon. Avec cette méthode, ils ont réussi à remonter la pente après la Seconde guerre mondiale », a-t-il noté.

Toutefois, il estime que le Burkina Faso présente quelques similitudes avec le Japon. C’est pourquoi, il pense que le peuple burkinabè peut importer ce principe au niveau national afin d’avoir aussi les résultats que le Japon a engrangés à travers ce concept. « Le 5S Kaizen inculque des valeurs de civisme, d’intégrité, d’humilité, et le Burkina Faso partage un peu ces valeurs avec le Japon. Le Burkina Faso est reconnu comme un pays intègre et travailleur, mais nous n’avons pas su garder ces valeurs d’humilité et d’intégrité. A un certain moment, l’incivisme a gagné du terrain. Et il faut que ces valeurs puissent revenir au Burkina à travers le Kaizen pour que la vie puisse se mener de façon sereine. Nos attentes, c’est que les Burkinabè puissent acquérir des principes d’intégrité », a dit le président de l’amicale, Idrissa Semdé. Il fonde ainsi l’espoir que cette méthode pourra conduire le pays vers son développement.

Idrissa Semdé, président de l’amicale

Par ailleurs, il a souligné que l’Amicale des anciens stagiaires et boursiers de la JICA a vu le jour en 2002. Elle a pour objectif de regrouper tous les anciens stagiaires de la JICA afin de restituer ce qu’ils ont appris au Japon. C’est aussi un cadre pour renforcer le lien de fraternité entre tous les membres et de promouvoir la coopération entre le Japon et le Burkina Faso. Il a précisé que c’est une amicale qui est apolitique et à but non lucratif, et elle bénéficie de l’appui technique et financier de la JICA.

Pour la représentante de la JICA à cette rencontre, Rabiatou Bagagnan/Nana, la JICA intervient dans plusieurs domaines, notamment la santé, l’agriculture, l’éducation, les infrastructures, etc. Elle accorde une grande importance au renforcement des capacités des agents de l’administration publique. En effet, grâce au programme des stages de formation, le Japon reçoit chaque année près de 10 000 stagiaires dont 40 en moyenne du Burkina Faso. A ce jour, plus de 1 300 personnes ont participé aux stages du Japon. « A travers aussi l’initiative ABE (African Business Exchange), le gouvernement japonais offre la possibilité à 1 000 jeunes africains d’étudier dans une université japonaise et d’effectuer un stage au sein d’une entreprise japonaise. Cela leur donne l’opportunité d’obtenir maintenant un diplôme de Master au Japon », a-t-elle ajouté.

Rabiatou Bagagnan Nana, représentante de la JICA

L’objectif de tous ces programmes est d’apporter un soutien aux jeunes africains ayant le potentiel de contribuer au développement de leur pays. Au-delà de l’acquisition de compétences et de connaissances, ces programmes visent également à former un personnel excellent capable de reconnaître et de comprendre le contexte de la société japonaise et de créer un lien entre le Japon et nos pays. Selon elle, le « 5S Kaizen » est un concept qui s’adapte à tous les aspects de la vie, que ce soit à la maison ou en entreprise. « Cette méthode permet de mieux faire les choses et de gagner en temps, d’utiliser le peu de ressources pour faire de grandes choses », a-t-elle laissé entendre.

Ramadane Neyan, participante

Pour les participants, les échanges au cours de la rencontre ont été utiles et riches en enseignements. « Nous avons suivi la conférence avec intérêt et au finish nous sommes satisfaits. Nous avons appris beaucoup de choses et ce concept va nous aider à évoluer dans notre milieu », a apprécié Ramadane Neyan, élève stagiaire technicien supérieur d’agriculture en deuxième année.

Photo de famille

Cette conférence se tient après celle organisée au profit des agents de l’Ecole nationale des eaux et forêts à Bobo-Dioulasso. Ainsi, l’amicale a affiché son ambition de vulgariser le concept « 5S Kaizen » dans d’autres écoles et d’autres secteurs tels que la santé.

Romuald Dofini
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 20 mars à 09:24, par Nongma En réponse à : « 5S Kaizen » : Une méthode japonaise pour développer les entreprises au Burkina

    Chers amis, le 5S Kaizen est une pratique japonaise qui peut vraiment transformer la vie de n´importe quelle entreprise.
    Et même les allemands réputés pour leur discipline sont allés chercher des experts japonais pour les aider à mettre cela en place dans leurs entreprises. Un exemple c´est PORSCHE, constructeur de voitures.
    C´est l´entreprise la plus profitable parmis tous les constructeurs en Allemagne.
    5S Kaizen peut aider dans les écoles, hopitaux, usines, aéroport.
    Mais quand je regarde bien la photo sur laquelle on voi Mme Ramadane Neyan, je remarque que devant la salle oú vous donnez cette formation, il y a du papier posé au sol. Le Kaizen ne fonctionne que quand tout est vraiment propre.
    Quand Porsche a commencé avec cette méthode, la premier acte que le chef d´entreprise devait poser était de balayer l´escalier lui-même devant les ouvriers.
    Je ne sais pas si au Burkina on peut vraiment "kaizen". Imaginez-vous un Ministre, ou le Directeur de l´école tenir un balai en main ?
    Nos mentalités de patron, patron, grand frère, grand frère et autre ne concordent pas encore avec cette démonstration de l´humilité qui quelque part, est d´abord japonaise. Wait and see

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