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Procès du putsch : « Que le Général Diendéré assume », martèle le Général Zagré

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Publié le lundi 25 février 2019 à 13h24min

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Procès du putsch : « Que le Général Diendéré assume », martèle le Général Zagré

A la barre, répondant aux questions de Me Prosper Farama notamment sur le supposé soutien de la hiérarchie militaire au putsch, le Général de brigade, Pingrenoma Zagré persiste et signe « Je n’ai jamais cédé ma place au Général Diendéré. J’ai présidé la réunion du 17 septembre. Aussi, en tant que Chef d’Etat major général des armées, je n’ai jamais donné l’ordre à une personne des forces armées nationales de soutenir le coup d’Etat ou d’autoriser une mission héliportée à la frontière. Et si le Général Gilbert Diendéré et ses avocats ont un quelconque ordre de mission que j’ai signé, qu’ils veuillent bien le présenter »

Le témoin est revenu sur la position du Commandement lors des événements : Aucune condamnation n’a pu résoudre une crise dans le monde. Et il n’y a aucune nation qui peut prétendre libérer des otages sans contrepartie. Le 16 septembre, ce que nous avons fait était plus que de la condamnation. Nous étions dans l’engagement opérationnel. On reconnaît l’arbre à ses fruits et l’homme à ses œuvres. Que le Général Diendéré assume ».

Le Général Gilbert Diendéré s’est dit étonné de la façon dont le témoin le traite. « C’est comme s’il y avait un différend entre nous ou une haine à mon égard ». Même s’il a déclaré à la barre qu’il n’avait plus de Commandement depuis le 27 novembre 2015, le Général Diendéré a fait remarquer qu’il était respecté au sein du corps.

"Nous n’avons jamais refusé de répondre "

L’on se souvient qu’en 2016, la hiérarchie militaire avait été décriée pour n’avoir pas déféré à la convocation du juge d’instruction. A la question de Me Prosper Farama de savoir ce qui s’est passé, le Général Pingrenoma Zagré a déclaré que cela fait partie d’"une campagne savamment orchestrée, nourrie et entretenue" contre la hiérarchie dans les médias et un peu partout. « Nous n’avons jamais refusé de répondre à un ordre de la justice. Individuellement, nous avons tous répondu. Nous ne pouvons pas nous, en tant que chefs, avoir des comportements qui contredisent la loi ».

Répondant aux questions des avocats de la partie civile, le Général Pingrenoma Zagré a déclaré qu’il n’avait aucune influence sur le RSP. Il a pris l’exemple des commandes de matériels militaires au sein du RSP qui ne passaient pas par le canal du CEMGA. Il a également noté que même s’il y avait des problèmes au sein du RSP mais, « aucun problème ne pouvait justifier de la part d’un militaire la rébellion et la mise en cause de l’autorité de l’Etat ».

« On ne peut pas être CEMGA et dire qu’on n’avait pas d’autorité sur un corps de l’armée. Mais si on ne peut pas, on démissionne », a répliqué le Général Gilbert Diendéré aux déclarations du témoin. Il a également noté que si le Général Zagré avait eu cette même vigueur qu’il a devant le tribunal, le coup n’aurait pas prospéré. « Mon Général, je ne vous accuse de rien mais sachez qu’à ce moment, vous n’avez pas pris vos responsabilités », a déploré le Général Diendéré.

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