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FESPACO 2019 : « Pas d’or pour Kalsaka » ou la face cachée de l’exploitation de l’or au Burkina

Accueil > Actualités > DOSSIERS > FESPACO 2019 26e édition, édition du Cinquantenaire • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 25 février 2019 à 20h40min
FESPACO 2019 : « Pas d’or pour Kalsaka » ou la  face cachée  de l’exploitation de l’or au Burkina

La 26ème édition du FESPACO s’est ouverte le samedi 23 février 2019, dans une ambiance digne de l’évènement. Cette édition qui marque également le 50ème anniversaire de ce rendez-vous du septième art, connaît de nombreuses innovations, parmi lesquelles, la prise en compte du film documentaire. Nous avons rencontré l’un de ceux-là même qui ont, pendant plusieurs années, plaidé pour la prise en compte de ce genre cinématographique par le FESPACO : Michel K. Zongo. Promoteur du festival « Koudougou Doc » (espace dédié aux films documentaires), Michel K. Zongo est présent au FESPACO 2019 avec son documentaire long métrage intitulé « Pas d’or pour Kalsaka » ; un regard sur les réalités de l’exploitation de l’or au Burkina. Rencontre avec ce jeune réalisateur, un mordu de la caméra.

Lefaso.net : On vous retrouve plus à l’international à travers les festivals notamment. Quelle est votre actualité cinématographique ?

Michel K. Zongo (MKZ) : Mon film, sorti il y a environ deux ou trois ans, « La Sirène de Faso Fani », qui avait justement fait la première à Berlin (qui est un grand festival au monde), a poursuivi son bonhomme de chemin à travers les festivals. Depuis cette sortie également, j’ai réalisé de nombreux autres projets, qui ne sont pas forcément dans le domaine cinématographique. J’accompagne par exemple des projets à l’écriture ; j’organise des formations et je suis également promoteur du festival Koudougou Doc. Pour dire qu’entre deux films, il y a beaucoup à faire, et faire un film prend également du temps. Je reviens cette année justement avec la dernière production intitulée « Pas d’or pour Kasalka ».

Lefaso.net : Avant d’en arriver à ce film au titre évocateur…, on sait que le FESPACO célèbre cette année son 50ème anniversaire. Comment vivez-vous ce moment important ?

M.K.Z : C’est avec beaucoup d’intérêt, parce que la célébration des 50 ans a une portée symbolique non seulement pour le FESPACO en tant qu’évènement, mais aussi pour l’ensemble des acteurs de la chaîne, notamment les cinéastes. C’est également avec fierté, parce que nous avons un film qui a été retenu à cette importante édition qui va aussi célébrer le cinéma africain. Pour nous, avoir un film qui est sélectionné est déjà une bonne chose en termes de visibilité. L’autre aspect est qu’on a de nombreux amis qui vont y participer, donc il faut un dispositif pour les accueillir et leur permettre de vivre convenablement l’évènement. Donc, quand on met tout cela ensemble, ça fait du stress également, qui fait partie de l’ambiance. Surtout quand on a un film qui est sélectionné, on a des co-producteurs qui viennent de partout, les musiciens du film, les techniciens, etc. Pour notre film en compétition, « Pas d’or pour Kalsaka », on recevra plein de gens de la localité, qui ont intervenu dans le film. C’est donc pour nous un grand moment que nous préparons avec beaucoup de sérénité.

Lefaso.net : Votre avant-dernier film a abordé un thème qui a beaucoup fait parler de lui et qui reste toujours d’actualité

M.K.Z : Effectivement, « La Sirène de Faso Fani ». C’était sur l’usine de Faso Fani qui a été fermée à Koudougou. Il a été achevé en 2014 et ça a coïncidé avec l’insurrection. Finalement, il est sorti en février 2015 au FESPACO et à Berlin. Effectivement, le film est arrivé à un moment où il y avait un regain de patriotisme et tout ce qui allait dans ce sens. Donc, tous les symboles de la Révolution dont le film fait cas, à savoir le Faso Fani. C’est comme si le film était chronométré pour. Aujourd’hui, on est fier de voir des ambassadeurs présenter leurs lettres de créance en Faso Dan Fani. Le film a en quelque sorte atteint son but. On voit même que le gouvernement est en train de relancer l’usine. Comme pour dire que même si les films ne changent pas les choses, ils contribuent au changement. Depuis sa sortie, le film a également fait une soixantaine de festivals et reçu une dizaine de prix. Nous pouvons dire qu’il a atteint son objectif.

Lefaso.net : Vous êtes présent à cette édition 2019 avec un long métrage documentaire. On peut dire que c’est une victoire pour vous ; vous qui avez toujours plaidé pour la prise en compte du film documentaire

M.K.Z : C’est vrai, les années antérieures, pour les documentaires, on faisait profil bas. C’était comme si on faisait du boulot gratuit. On arrivait au FESPACO dans les couloirs, parce que les films n’étaient pas projetés à des heures qu’on souhaitait. Bref, ce n’était vraiment pas à l’honneur de ce genre de films et de ses acteurs. Nous avons tenté de convaincre surtout les responsables du FESPACO que le documentaire est un genre cinématographique qui mérite d’être célébré comme tous les autres genres. Il n’est pas un cinéma de l’à-peu-près, il est simplement un cinéma.

Pour aller plus loin, on verra que dans les dix, quinze dernières années, c’est le documentaire qui a célébré le cinéma africain. Des jeunes réalisateurs de documentaires africains sont allés dans de grands festivals où on parlait de l’Afrique. Même au Burkina, c’est le documentaire qui a fait qu’on pouvait parler du pays en matière de cinéma. Donc, ce genre de cinéma méritait d’être pris en compte. Il n’y a pas de raison que le documentaire soit célébré ailleurs en Europe et qu’en Afrique, ce genre de cinéma qui est fait sur nos réalités et valeurs ne soit pas considéré.

C’est incroyable ! Donc, pour nous, arriver à mettre le documentaire au même titre que le cinéma fiction, c’est une victoire d’étape ; après, il faut consolider cet acquis. C’est une victoire pour toutes ces personnes qui ont mené le combat avant nous, combat que nous avons repris. Et nous, avec le festival Koudougou Doc, c’est ce qu’on a aussi défendu, en partenariat avec le FESPACO. Chaque année, le FESPACO participe à Koudougou Doc, il voit donc l’engouement suscité autour de ce genre cinématographique.

Lefaso.net : Cette ouverture du FESPACO aux films documentaires donne également une autre allure à « Koudougou Doc », désormais

M.K.Z : Effectivement, désormais ça lui donnera une autre allure. C’est un festival qui sélectionnait déjà des films documentaires à l’international. Il faut le souligner, c’est un festival qui se tient à Koudougou, mais d’envergure nationale ; parce que pour nous, Ouagadougou regorge déjà de nombreux festivals. Il y a donc cette question de décentralisation qui a milité pour. Nous voulons faire de Koudougou Doc, le seul festival dédié au film documentaire et en Afrique, il n’y en a pas beaucoup.

Nous voulons donc faire de Koudougou, un pôle destiné aux documentaires africains. Cette année par exemple, Koudougou Doc va récupérer le palmarès du FESPACO, c’est-à-dire les trois meilleurs films documentaires du FESPACO. Ils seront automatiquement sélectionnés et projetés à la prochaine édition de Koudougou Doc. Du coup, on aide également le FESPACO, comme étant son prolongement à travers les films documentaires.

Lefaso.net : Une exhortation à la production du film documentaire ?

M.K.Z : Exactement, parce que pour nous, le documentaire, c’est un outil très essentiel pour nos populations, pour nous-mêmes et pour le métier. Le documentaire peut permettre à ceux qui veulent embrasser le cinéma d’y aller un peu vite ; parce qu’on raconte ses histoires, on y met plus de soi (on est auteur, même si la fiction est aussi de l’auteur). Dans le documentaire, on se saisit d’une histoire et on s’investit beaucoup plus personnellement ; ce qui nous amène déjà à avoir cette formation personnelle et de se dire que le cinéma commence par soi. La formation documentaire est une formation beaucoup plus complète. Nous voulons vraiment donner ce goût à ceux qui veulent faire le cinéma.

Lefaso.net : C’est dire que dans une société qui est en perte de vitesse, le documentaire doit être en vogue

M.K.Z : Effectivement, le documentaire doit apporter des réponses à des interrogations. Le documentaire est un canal plus rapide parce qu’il interroge nos réalités, nos valeurs. Du coup, il est comme le miroir de notre société qui se transpose sur l’écran. Il rend les choses beaucoup plus évidentes. J’ai toujours dit que je fais du cinéma « essentiel », pour dire que c’est urgent, c’est du cinéma utilitaire et les populations ont besoin de ce genre de cinéma qui pose des problèmes et apporte des réponses.

Lefaso.net : Le FESPACO 2019, ce sera aussi avec au programme, votre film, « Pas d’or pour Kalsaka ». Pouvez-vous résumer ce film ?

M.K.Z : Depuis les années 2000, on parle de « boom minier » au Burkina. C’est vrai, quand on parle d’or, il y a un mythe autour ; tout le monde est content ; l’or véhiculant toujours une idée de bonheur. Mais, au fil des années, on se rend compte que la réalité peut être autre chose pour ceux-là qui possèdent l’or. C’est cette idée qui a nous conduit à Kalsaka, qui est le premier site minier industriel du pays. La question à laquelle on a voulu répondre est celle de savoir comment on tire le maximum de profits de toutes ces ressources. Le film est parti de l’idée que Kalaska que tout le monde connaît de par son nom, a été une des premières mines lancées officiellement à travers l’exploitation à ciel ouvert (qui était nouveau dans nos pays).

La mine a atteint sa phase de fermeture, c’est-à-dire que la quantité d’or a été exploitée. Moi, j’avais envie de comprendre ce que cela implique. On connaît l’exploitation, on connaît les promesses qui sont faites, mais on ne connaît pas les réalités après fermeture d’une mine. J’avais vraiment envie qu’on aille rapidement réfléchir sur ces questions ; parce que les nombreuses mines qui sont en train de s’ouvrir aujourd’hui vont se refermer un jour. Quand elles vont se refermer, que fera-t-on ? Donc, le film va à la rencontre des populations de la mine. Dix-huit tonnes d’or exploités en six ans. Qu’est-ce qui reste dans ce village en termes de retombées économiques, sociales, environnementales, etc. ? Le film retrace le parcours de l’exploitation de la société et la réalité que vivent les populations en ce moment.

Lefaso.net : Quels ont été les problèmes que vous avez identifiés à travers ce film ?

M.K.Z : Ce qui m’a poussé vers ce sujet, c’est lorsque j’ai lu un jour un rapport de l’ONG ORCADE qui faisait un peu le bilan de l’exploitation de l’or. Quand j’ai parcouru le rapport, ça m’a fait froid au dos : le bilan social, économique et surtout environnemental. Ça m’a vraiment choqué et m’a poussé à en savoir davantage. C’est ce qui m’a poussé sur les lieux ; je me suis déplacé dans le village, j’ai rencontré les populations, on a discut, j’ai compris qu’effectivement, il y a un problème.

Le film aborde plusieurs problématiques, avec les questions centrales que sont celles environnementales et sociales. L’or, quand on l’exploite dans une localité, on a tendance à croire qu’à la fin, cela va permettre à la population de la localité concernée de sortir de la pauvreté. Mais on se rend compte que c’est le contraire. Pis encore, l’environnement a été dévasté. Même jusqu’à présent, l’environnement continue de prendre un coup. On a une nappe souterraine qui est touchée par les produits qui ont été utilisés. Ce sont des aspects qu’on retrouve dans le film et qui, à mon avis, méritent d’être soulevés.

Lefaso.net : Qui parle d’exploitation d’or parle d’ intérêt de grandes firmes. Cela n’a-t-il pas rendu la réalisation de ce film difficile ?

M.K.Z : Quand on est créateur, cinéaste, on a plusieurs façons de raconter les histoires, de partager les problèmes de la société. C’est aussi la force du cinéaste. Et c’est en cela que le documentaire de création est essentiel, parce qu’il a plusieurs façons de relater les histoires en contournant les difficultés déjà établies. On a les moyens créatifs pour contourner les difficultés. En plus, le film n’est pas fait pour accuser, je fais des films sur des faits qui existent. De toute façon, les faits sont là et vérifiables : Kalsaka est là, les populations son -là et les faits sont là. Donc, les films ne sont pas à polémique.

J’essaie de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. Les villageois qui sont généralement les premiers concernés n’ont pas souvent les moyens de communiquer. Donc, à travers mon cinéma, je vais vers des gens qui ont vécu avec la mine, qui n’ont pas droit à la parole. Si aujourd’hui les populations vivent les conséquences, elles ont le droit de le dire. Le créateur se doit d’être utile à son environnement, on n’a pas le droit de masquer les choses ; il faut les dire pour susciter les réflexions.

Quand on a des populations qui disent qu’elles boivent de l’eau contaminée, il faut tout de suite voir comment remédier à cela en leur trouvant de l’eau propre à la consommation avant même de situer les responsabilités. C’est vraiment cela le but de mon film. C’est vrai que mon film ne donne pas la parole à la société qui a exploité l’or à Kalsaka ni au gouvernement qui n’a pas été conséquent, mais c’était de mon devoir de le dire ; les faits sont têtus, ce ne sont pas des accusations.

D’autres canaux comme les médias et les ONG l’ont déjà dénoncé et ce problème se doit d’être porté par d’autres niveaux, dont le cinéma. Le problème est suffisamment préoccupant, parce que si cette population est atteinte, c’est le Burkina qui est touché ; ces populations ne seront plus productives, leur avenir sera hypothéqué.

Lefaso.net : Kalsaka est la première mine et aujourd’hui, on assiste à l’ouverture de mines un peu partout. Quelles leçons souhaiteriez-vous que les Burkinabè, en particulier les décideurs, retiennent ?

M.K.Z : Je souhaite que les décideurs se rendent compte que la richesse de notre sous-sol et notre sol appartient aux Burkinabè et non à des multinationales. C’est aux Burkinabè que revient le dernier mot. J’ai l’impression que nos dirigeants ne perçoivent pas les choses ainsi. Nos dirigeants mordent à l’appât, versent dans la corruption et ce sont tous les Burkinabè qui en pâtissent ; l’avenir du pays est mis en jeu. Pourtant, si on a des dirigeants qui sont intransigeants, inflexibles sur les intérêts du pays, quelles que soient les manœuvres des autres, on s’en sortira.

Il faut que nos Etats se rendent compte que l’exploitation de l’or par les multinationales, ce n’est pas de la coopération, c’est du business. On n’est pas contraint de brader notre or. Voyez-vous, au Burkina, ce n’est pas maintenant qu’on a su qu’on avait de l’or. Depuis les premiers dirigeants, c’était su. Quand vous prenez Kalsaka, dans le film, il est ressorti qu’il y a plus de cinq générations avant, on savait qu’il y avait de l’or. Donc, ceux qui sont venus lancer le « boom minier », qu’ils ne pensent donc pas que ce sont eux qui ont découvert l’or, non ! Les générations passées avaient des raisons de ne pas l’exploiter ; c’est parce qu’elles avaient le souci de l’intérêt de tous les Burkinabè.

Elles savaient que si elles l’exploitaient en ce moment, le pays n’allait pas gagner. D’autres ont estimé qu’il fallait d’abord former la ressource humaine qui allait l’exploiter. C’était ambitieux, c’était de la vision. Les devanciers ont donc eu le souci de le laisser pour un moment où on aura plus d’ingénieurs, de juristes spécialisés, de techniciens de mine, etc., afin que son exploitation soit la plus bénéfique possible au pays. Maintenant, les gens viennent et pensent que l’or, il faut trouver des gens pour l’enlever et pour nous donner juste quelque chose.

Donc, on brade nos richesses. Mais, je pense qu’avec l’implication des ONG comme ORCADE, la société civile et des populations elles-mêmes, ça ira. Dans le film, vous verrez à la fin que le vrai problème, c’est notre Etat. C’est lui qui a permis plusieurs choses, par le manque de rigueur et de compétences et surtout par la corruption sur toute la chaîne (du plus haut niveau jusqu’au maire de la commune). Chacun pense et préfère envoyer son enfant dans une société minière et le reste, il s’en fout. Ils préfèrent empocher quelques millions, les autres n’ont qu’à se débrouiller. Donc, il faut vraiment une prise de conscience.

C’est même au-delà des lois, il faut avoir le souci du devenir du pays, de nos enfants et petits-enfants, bref, du devenir même du Burkina. Il faut une éducation, se poser la question et se dire que des gens viendront après nous, et ce que nous allons leur laisser. L’or est tarissable, la preuve en est qu’à Kalsaka, ils ont extrait la quantité qu’ils voulaient et ils sont partis. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait avec les conséquences ? Il faut répondre à cette question avant de poursuivre. Les conséquences sont graves, au même moment on assiste à l’exploitation de l’or partout. Quand je vois l’exemple de Kalsaka, si les autres mines sont comme cela (ce qui est évident ; puisque c’est à ciel ouvert), c’est vraiment grave. Dans 30 ans, on se demande ce que le Burkina va être. Kalsaka me fait froid au dos. C’est vraiment une vraie catastrophe. Et c’est très grave.

Lefaso.net : Quelle est votre attente principale de cette édition du FESPACO ?

M.K.Z : On attend que le film se comporte très bien ; parce que quand on fait un film, c’est aussi pour les populations. Le film sera à sa première mondiale au FESPACO, on est donc impatient de voir la réaction des gens par rapport à ce sujet qui concerne tout le monde. Le film est aussi en compétition et à ce sujet, on a aussi des attentes (quand bien même il faut souligner qu’il y a des films qui ont du succès auprès du public, mais qui ne sont pas forcément primés). Mais, dès lors qu’on est en compétition, cela veut dire qu’on se compare à d’autres pour voir les meilleurs du moment et ça, ce sont des professionnels qui jugent et désignent. Cela est aussi important et on s’attend à ce que le film se comporte bien à ce niveau également. Ce qui est intéressant, quand un film est récompensé, il attire plus de regards et c’est important.

Lefaso.net : En guise de conclusion ?

M.K.Z : Souvent, on oublie les partenaires et c’est le moment de leur être reconnaissant. Le film a été accompagné par des partenaires que je ne peux tous citer. Mais, cette année, il est important de souligner l’accompagnement de l’Etat. Sa démarche a consisté à subventionner les cinéastes, en passant par les appels à projets, dont nous avons bénéficié. C’est pour dire que si le cinéma burkinabè a un appui à l’image de celui-là, il va évoluer très vite. Le financement interne favorise les financements internationaux.

Quand vous avez un financement interne, cela voudrait dire que le projet est déjà bien et ça attire les financements externes. C’est donc intéressant de remercier l’Etat burkinabè et l’Union nationale des cinéastes du Burkina, qui est un peu à la base de cette initiative. Je suis reconnaissant aussi à Kalsaka, qui nous a adoptés ; pendant deux ans, nous avons séjourné là-bas, en quelque sorte. Ces populations qui ont accepté de partager leur peine, leur douleur, leur souffrance. A toutes ces personnes qui ont travaillé dans l’ombre, qu’on ne voit pas forcément. Le film, de par la problématique qu’il aborde, est déjà une victoire et une fierté pour tous ceux qui ont, d’une manière ou d’une autre, contribué à sa réalisation.

Lire aussi : Michel K. Zongo, réalisateur producteur : « Il faut que le gouvernement ait une politique de relance de la culture »

Entretien réalisé par OL
Lefaso.net

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