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Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

Accueil > Actualités > Opinions • Une tribune de Maixent Somé • mardi 19 février 2019 à 18h30min
Centenaire du Burkina Faso :  Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

Un ami, diplomate de carrière de notre pays a récemment fait la publication suivante sur le réseau social Facebook.

“ De passage à l’aéroport de Istanbul j’ai vu une photo géante d’un homme qui trônait sur un poste de (contrôle) police. Après m’être soumis au contrôle, je me suis adressé aux policiers :
- Who is this guy ?
- Attatürk, me répondirent en chœur les 5 agents présents.
- The Turkish heroe, précisa l’un d’eux.
- Mustafa Kemal Attatürk ok, thank you guys, leur dis-je avant de les quitter.
En posant la question, je savais qui était sur la photo (l’aéroport de Istanbul porte d’ailleurs son nom). La question m’a permis de constater le lien qu’il y a entre cet homme et les Turcs. La même chose se reproduisit quelques heures plus tard avec le personnel d’un hôtel.

Que vient faire Atatürk dans le centenaire du BF ?

Attatürk est le père de la Turquie qu’il fonda en 1924, sur les cendres de l’empire ottoman. Nationaliste turc assumé, il dénonça les accords issus de la Grande Guerre qui n’arrangeaient pas les Turcs (les Ottomans n’existant plus). Visionnaire et lucide, il prit conscience très vite du caractère stratégique de son pays : passage obligé entre l’Europe et l’Asie et entre la Mer noire et la Méditerranée.

À quelques exceptions, les territoires turc et burkinabè se ressemblent. Ils sont des carrefours et comme tels, ils sont soumis à des pressions. Puisque c’est étant au carrefour qu’on peut voir passer tout le monde et dans quelle direction [ils vont].

L’actualité sous régionale devrait nous inspirer des réflexions sur certaines thématiques non encore explorées.
N’est-il pas surprenant que le présent de la RDC éclaire mieux le Congrès de Berlin ?
La situation géographique d’un territoire formule des problématiques. C’est à ceux qui l’occupent de les entendre et de chercher à les comprendre. Et surtout de les assumer... Au risque d’en faire les frais.

Attatürk a, semble-t-il, compris pour la Turquie. Pour le Burkina Faso, je ne sais pas si quelqu’un l’a déjà essayé.
[ Vivement que le colloque prévu du 1er au 03 mars 2019 à l’université Ouaga 1 et le Plateau spécial de BF1 TV du 1er mars 2019 contribuent à éveiller des problématiques nouvelles.
En rappel le 1er mars 2019 le Burkina Faso aura 100 ans.”]

Sans le savoir, cet ami ne m’a pas seulement fait épargner du temps sur la rédaction de ma tribune de la semaine. Il m’a fourni un excellent angle d’attaque pour donner une suite logique aux précédentes.

Nous devons en effet commencer par le commencement :

Qui sommes-nous ?
Où sommes-nous ?
Que voulons-nous ?
À partir de là, quelles sont nos forces et faiblesses internes, et quels sont les opportunités et les risques externes ? (Matrice SWOT).


Figure 1 Matrice SWOT

Il est vain de courir dans tous les sens pour colmater inlassablement et indéfiniment les brèches avant d’avoir répondu à ces questions.
Or c’est exactement ce que nous faisons depuis 1960, y compris pendant la parenthèse CNR qui a eu le mérite de regarder la partie interne de notre matrice SWOT mais a oublié sa partie externe, et n’a pas commencé sa réflexion par les 3 premières questions...
Nos politiques publiques se font pour une large part au gré des financements extérieurs et manquent de cohérence d’ensemble, mais également parfois de continuité.

Dans la même veine, nous débattons des avantages (pour ceux qui osent en énumérer) et inconvénients du CFA sans nous poser au préalable une question simple : le CFA est-il une monnaie à part entière ? En remplit-il tous les critères ?

Depuis quelques années, les publications se multiplient sur l’anachronisme que constitue le CFA, seule monnaie coloniale au monde encore en circulation…
Jusque là, c’était le fait d’universitaires isolés. Mais l’entrée dans ce débat de Carlos LOPES, aujourd’hui membre de l’association Innovations et Réseaux pour le Développement (IRED.ORG) basée à Genève, le sujet a enfin quitté les cercles universitaires.

Ancien secrétaire exécutif de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique, Carlos Lopes est une des voix économiques les plus en vue sur le continent africain. Depuis sa démission fracassante de la Commission en 2016, le Bissau-Guinéen consacre son temps à l’enseignement à l’Université de Cap et au Conseil à quelques dirigeants africains, dont le Rwandais Paul Kagamé. Actuellement, Carlos Lopes enseigne à Paris à Sciences-Po.
Il est le premier fonctionnaire international de ce niveau à s’aventurer sur ce sujet. Et cela change la donne.

La société civile africaine s’est également emparée du sujet. Le CFA est d’abord perçu comme ravivant les plaies de l’esclavage et de la colonisation. Le rejet des classes dirigeantes locales est largement transféré sur la France, ennemie plus diffuse, plus lointaine, et plus confortable à combattre … verbalement et dans des manifestations !

Les récentes déclarations incendiaires des autorités populistes italiennes sur l’impact du CFA sur les flux migratoires, bien qu’à l’évidence à usage domestique, ont fini d’alerter l’opinion publique française et européenne sur la question, car aussi incroyable que cela puisse paraître, le peuple français ne sait pratiquement rien du CFA, comme du reste de “la politique africaine de la France”, mais plus que le reste.

La déclaration maladroite du président ivoirien depuis la cour de l’Elysée qui plus est, a immédiatement enflammé la toile et les médias africains ce week-end.
Rappelant en détail son parcours complet de parfait apparatchik de la BCEAO et du FMI, et sans autre forme de procès, il intimait aux Africains, après avoir égrené les avantages du CFA à ses yeux, l’ordre de cesser je cite, “ce faux débat !”.
Stupeur et indignation en Afrique et dans la diaspora africaine à travers le monde.
Il aurait voulu se faire détester, y compris par les Africains les plus circonspects sur Laurent Gbagbo, bien que ce dernier ait été bouté hors du palais présidentiel ivoirien à coups de canon par Nicolas Sarkozy pour l’y installer, qu’il ne s’y serait pas pris autrement...

Pour la première fois, le Quai d’Orsay s’est fendu sur son site web de ce qui est sensé être une fiche signalétique factuelle sur le CFA … (https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/afrique/le-franc-cfa/)....
Seulement, cette fiche non plus ne commence pas par répondre à cette question simple : le CFA est-il une monnaie à part entière ? En remplit-il tous les critères ?
Nous avons épuisé les ressources des raccourcis. Essayons autre chose !

Espérons que ce centenaire sera enfin l’occasion d’un grand débat national sur ces questions fondamentales.
À voir les actualités, y compris celles de ce week-end encore à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou, il y a peu de chances. Mais ne sait-on jamais ?

Outre le colloque organisé par un collectif d’enseignants et de chercheurs prévu du 1er au 03 mars 2019 à l’Université Ouaga 1 et le Plateau spécial de BF1 TV du 1er mars 2019 annoncés dans sa publication par notre compatriote, de nombreuses autres initiatives sont prévues, principalement par des universitaires, en dehors de tout cadre institutionnel. Entre autres :
-  l’Institut FREE AFRIK a lancé une série de conférences - débats dont vous trouverez le programme sur leur site (https://free-afrik.org/) et leur page Facebook.
-  L’IJEDD (Initiative Jeune pour l’État de Droit et la Démocratie) fait une conférence publique le 23/02/2019 à IAM Ouaga sur le thème “Projet de constitution pour la Vème République : Force et Faiblesses.”
-  etc.

Le Fespaco lui aussi fête son cinquantenaire cette année.

L’actuel ministre de la culture et son équipe s’efforcent par ailleurs de ressusciter de ses cendres l’IPN (Institut des Peuples Noirs) cher à Thomas Sankara que nous avons laissé mourir, cédant notre leadership sur ce sujet au Sénégal qui ne s’est pas fait prier.

Autant d’occasions pour nous mobiliser sur ces questions centrales puisque visiblement, les partis politiques et les médias dont l’activité est calquée sur les leurs, malgré les sommes importantes qui leur sont distribuées en subventions publiques à cet effet, semblent avoir d’autres préoccupations.
C’est précisément en tenant compte de leurs agendas que nous pouvons les contraindre à y intégrer nos préoccupations.

C’est le lieu pour moi de renouveler mon appel à vous inscrire sur le fichier électoral et à obtenir vos cartes d’électeurs.

Dans le contexte actuel, à défaut de pouvoir prendre directement le pouvoir, notre carte d’électeur peut au moins nous servir à mettre nos idées au pouvoir.
On peut certes acquérir des droits par les mouvements sociaux. Mais il faut être au pouvoir pour les mettre en œuvre et les défendre, les sauvegarder. Et cela passe désormais chez nous aussi, par les urnes. Déserter les urnes est donc une erreur tactique, sinon stratégique.

Ceux qui se lamentent sur la perte des acquis et des espérances de l’Insurrection populaire doivent méditer cela. Combien sont-ils à s’être inscrits et à avoir voté en 2015 ?

Maixent SOME

Vos commentaires

  • Le 19 février à 13:01, par AMKOULLEL En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Merci très cher ainé SOME pour ce rappel cette date historique pour notre pays. A toutes ces problématiques que tu as brillamment notées, qui devraient faire l’objet de discussions, de réflexions, je voudrais ajouter un point qui me parait capital : CONSTRUCTION D’UN ETAT CONFÉDÉRAL AFRICAIN, PISTES DE SOLUTIONS ET ACTIONS CONCRÈTES. Il est grand temps que nos actions nationales, nos initiatives politiques nationales intègrent l’objectif final de construire un ETAT confédéral AFRICAIN, seule gage qui peut fortifier l’HOMME NOIR dans le monde. L’avenir appartient à des ensembles, à des blocs confédérés, non plus à des micros ETATS faibles et isolés.
    Un siècle après, le BURKINA FASO, n’a jamais fait une analyse scientifique de sa création, une étude scientifique de la gestion coloniale de ce territoire, sur tous les plans : économiques, culturels, spirituels, humains,artistiques ..., étude et analyse faites par des BURKINABE dans le cadre des intérêts et une vision stratégique des BURKINABE, étude et analyse à 100% pensée et exécutée par des BURKINABE. Merci encore pour avoir posé le problème.

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  • Le 19 février à 13:52, par Bernard Luther King ou le Prophete Impie En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Merci pour votre article, vos efforts d’eveil de nos consciences languissantes.
    1) Cependant, su sujet des points communs entre la Turquie et le Bukina Faso, les voici :
    - Mustafa Ataturk  = Thomas Isidore Sankara : Honneur à ces 2 grands Esprits ! Grace à Mustafa Ataturk, si je ne me trompe, la Turquie est le premier Etat LAIQUE de culture musulmane multiseculaire : Et ce n’est pas tout à fait un vain mot même si de nos jours, les choses sont à nuancer de fait.
    2) les differences ELLES sont decisives :
    - La Turquie herite de l’empire OTTOMANE, la tombeuse (en 1453) de BYZANCE la Grande qui termina ses milles ans de règne. L’Empire Ottomane est de la carrure des empires comme celui de ROME et fut une des fièrtés de l’Age d’Or Islamique. De plus, la Turquie ou ses Vestiges Ottomans a siégé à la SDN (Société des Nations ). La Haute Volta n’existait pas encore.
    - La Turquie est resté Independante, la Haute Volta et la Burkina sont restés respectivement au statut de Colonie Coloniale et Colonie neo-coloniale de la FRANCE.
    3) Pour le reste, vous posez tout le gros probleme de l’epanouissement des Peuples Africains dont le Burkina. Le SWOTS, les gens les connaissent mais le terrain est tout autre. C’est entre autre ce defi qu’il faut relever. Et moi j’ai trouvé la solution. Seulement, c’est couteux comme un referendum !
    4) Merci M. SOME MAXIENT.

    "Dieu est Burkinabè"

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  • Le 19 février à 15:18, par Un Burkinabê En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Il serait important que le pouvoir mpp saisisse l’opportunité du centenaire pour pour créer les conditions du "oser inventer notre avenir". C’est peut être la plus belle opportunité où nous pourrons rassembler tous les fils du Faso autour d’une même table pour parler developpement.
    Vivement que ça arrive !

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  • Le 19 février à 16:36, par Mechtilde Guirma En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Monsieur Maixent, j’espère que vous n’ignorez rien de ce qui s’est passé et se passe encore au Congo RDC. Allez tout de suite aux élections ne donnera rien du tout quelque soit la mobilisation que vous prônez. C’est un cercle vicieux, tout comme la valse des premiers Ministres qui semble ressusciter les anciens démons du régime déchut. Il faut auparavant la réconciliation (prenez la de la comme vous voulez et sans exclusion aucune, la justice pour tous) pour apaiser les cœurs puis les assises pour l’assemblée Constitutive, ensuite des élections.

    C’est celui-là qui sera élu qui pourra envisager avec sérénité ce que vous proposez.

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  • Le 19 février à 18:05, par Claire Marie KABORE En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Il serait difficile de faire cette étude dans la mesure où de vrais acteurs de notre histoire sont souvent occultés et cela à la tête du client.
    Conaissez vous seulement le nombre exhaustif des conseillers territoriaux sous la colonisation ? Qui a fait quoi ? Certains sont simplement "oubliés " pour des raisons purement subjectives alors qu’ils ont beaucoup donné à ce pays.

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    • Le 19 février à 20:26, par Mechtilde Guirma En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

      Marie Claire,

      Que Dieu vous bénisse. En effet quand je parle du Sénat pour les confessions religieuses et coutumières, c’est une matière d’actualiser les Conseillés territoriaux du temps de la colonisation. Mais alors en la performant, n’oublions pas que nous sommes en République et non en territoire colonial. Pour cela, le Sénat est la représentation, au plus haut sommet de la gouvernance, du peuple surtout celui qu’on dit analphabète (encore que dans ce cas de figure, l’analphabétisme ne concerne pas seulement ceux qui ne savent pas lire, mais aussi des intellectuels ignorants de leur passé et parfois même ne veulent rien entendre). C’est à dire que, de la même manière au bas niveau du système, seuls les gouverneurs resteront à la prédation des partis politiques. Tandis que les préfectures, les mairies et conseillers municipaux doivent avoir la même couleur, le même contenu que le Sénat. Donc apolitique (religieux, coutumiers, professions y compris justice et armée). J’attends de tout mon coeur, la convocation de l’Assemblée constitutive pour venir défendre ce projet que je défends depuis bientôt trente ans. J’espère que vous en serez de la partie. Vous et Marie de Ziniaré.

      En rappel des Conseillers territoriaux, l’Église catholique était représentée (À Dakar) par le père Goarnisson ophtalmologue de grande renommée dans toute l’Afrique de l’Ouest et même ailleurs. Pour la génération jusqu’en 1960, personne n’ignore, les grandes réalisations de ce père blanc que ses héritiers eux-mêmes aujourd’hui ignorent. En conclusion mêler les confessions réligieuses et coutumières aux prises des décisions n’est guère une innovation, mais une jurisprudence qui vaut bien son pesant d’or.

      Merci Marie Claire, tant que les femmes qui connaissent, rien que l’histoire du Burkina, se tairont, nous allons encore tournoyer et tournoyer sans issue.

      Que Dieu vous bénisse encore mille et mille fois.

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  • Le 19 février à 18:05, par Desperado En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    intellectuel haut niveau ce cher Somé. toujours un plaisir à te lire

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  • Le 19 février à 18:06, par Claire Marie KABORE En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Il serait difficile de faire cette étude dans la mesure où de vrais acteurs de notre histoire sont souvent occultés et cela à la tête du client.
    Conaissez vous seulement le nombre exhaustif des conseillers territoriaux sous la colonisation ? Qui a fait quoi ? Certains sont simplement "oubliés " pour des raisons purement subjectives alors qu’ils ont beaucoup donné à ce pays.

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  • Le 20 février à 05:20, par Caca En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Mr Some, J’ai lu votre article avec un intérêt, mais je ne vois pas le lien du centaire avec le débat du CFA. La sonnette de l’histoire est une bonne chose, mais chercher toujours un bouc émissaire n’a pas non plus de l’importance. La question du cfa est pour moi un débat entre les économistes et les bancaires. Entre les deux ils ne s’accordent pas sur le modèle du développement pour nos pays. Les économistes manquent d’inspiration afin de trouver les idées nouvelles qui permettent de canaliser les investissements et les bancaires cherchent trop de profits dans les transactions financières. Je ne suis pas économiste de formation, mais je reste convaincu que notre développement ne dépend pas de la monnnaie. Il y a quelques années le Burkina était classé premier producteur du coton africain, et nous avons perdu cette place. les causes ne sont liés à la monnaie, mais une politique et la corruption qui non pas voulu payer la valeur du travail aux paysans. Sur ce point, la France n’est pas la première à exploiter l’Afrique, mais ce sont les africains qui ignorent le travail de ses frères.

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  • Le 20 février à 07:10, par yaqua En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Trop facile de s’asseoir sur des théories pour faire des y a qu’à,y a qu’à.Ca commence à devenir très insupportable.Sur le FCFA,j’ai aucune notion en économie mais c’est trop facile de passer son temps à accuser l’autre.D’ailleurs c’est pas uniquement dans ce seul secteur,partout nous passons notre temps à rejeter la faute sur les autres pour masquer notre propre immaturité.A ce que je sache,la France n’a jamais empêché à un pays de sortir du FCFA.La Mauritanie l’a fait,le Mali l’avait fait et d’autres pays y sont rentrés de leur plein gré alors qu’au départ ils n’en faisaient pas partie.Peut-être que le FCFA est mauvais,j’en sais strictement rien mais alors qu’on m’explique terre à terre pourquoi certains pays qui ont leur propre monnaie adorent faire des opérations en FCFA ?Pour preuve il suffit de faire un tour au Ghana,Nigéria,en Guinée pour faire des achats et quand tu sors tes FCFA,la population t’apprécie et pourquoi ?Évitons cette politique de rejet systématique car jusqu’à preuve du contraire les pays qui ont quitté le FCFA en faisant cavalier seul ne nous ont pas donné de signe de raison pour faire des émules et il est préférable que nous nous concentrions sur l’essentiel à savoir la construction d’une Afrique unie,forte qui pourra par la suite frapper sa propre monnaie pour compter dans le concert des nations sans aide ni soutien extérieur.Cela exigera de nous,non pas de passer notre temps à pourfendre la France ou l’Occident,mais à se mettre au travail en rejetant notre comportement égoïste dont le est ce cancer appelé corruption,vie facile avec des droits sans devoir

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  • Le 20 février à 08:12, par Beton En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    N’est-ce pas le même SOME qui s’était essayé entre temps à la musique ? En tout cas chapeau. Mais comme vous le savez tous, nos dirigeants sont à mon avis aussi conscient que nous. Ils le sont d’autant plus que ceux qui ont eu l’outrecuidance de l’oublier un instant l’ont payé cash. Alors, personne ne veut être le mouton de sacrifice de quoique ça soit. Les réflexions sur le Francs CFA, l’indépendance de nos économies, l’amorce du développement de nos états,… ne resteront que des débats des universitaires et de la société civile. Aucun de nos dirigeant ne prendras le risque de prendre une position à l’encontre de celle du « puissant »colon. Si affranchissement il y a, cela ne pourra se faire que d’une manière groupé sinon ce sera un suicide. Les exemples foisonnent tellement pour le leur rappelé. Alors soyons indulgents à leurs égards, acceptons qu’ils puissent avoir peur comme bon nombre d’êtres humains de mourir « prématurément ».

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  • Le 20 février à 11:07, par Noogo En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Le Burkina Faso existait bien avant 1919. Parler de centenaire suppose que c’est par le colon que nous sommes nés. C’est justement cette rupture de continuité historiqu dans la tête des Africains qui est à l’origine de leur incapacité à comprendre le monde et forger l’avenir.

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  • Le 20 février à 11:43, par Un Burkinabê En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    La solution est simple. Pourquoi le Président ADO n’a pas expliqué pourquoi nos fonds sont gardés en France. Pourquoi il n’a pas dit mot sur la question suivante : qui profite mieux du fcfa ? La France ou quel pays africain ? Personne n’a dit que le fcfa n’était pas bien ; nous disons que nous ne voulons pas que la France profite de notre monnaie commune.

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    • Le 20 février à 13:35, par caca En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

      Internaute Un Burkinabé, il ne faut pas en vouloir à la France parce qu’elle est le gardien de notre monnaie. En psychologie positive, on aime dire que rien ne gratuite, c’est à dire que la notion de gratuité n’existe pas dans une transaction humaine, les gens agissent par l’intérêt. Donc la France a raison de retenir 50% de nos devises puisqu’elle est garante. C’est parce que nos dirigeants cherchaient une sécurité financière qu’ils ont accepté ces contrats. En plus, qu’il n’y ait pas d’obligation à un pays de rentrer dans cfa. La Guinée n’est pas dedans depuis son indépendance mais je n’a jamais quelqu’un faire la publicité pour que ce pays soit dedans. Le Mali était dedans, mais il était sorti entre temps et est revenu. Quand il est revenu, il a eu d’argent, et il a acheté des armes lourdes pour attaquer le Burkina. Marcon en réponse à Rock Marc Christian que s’il voulait sortir, il était libre. Le Burkina n’est pas obligé de rester dans le CFA s’il ne trouve pas ses comptes. Notre développement n’est pas lié à la monnaie et ni à la France. Combien de Burkinabé gagnent leurs vies en travaillant dans les ONGs françaises au Burkina Faso ? Le débat sur le cfa est un faux débat des pseudos économistes ratés de leur parcours professionnels. Arrêtez vos conneries de jugement concernant la France, C’est comme un internaute qui vient de dire, si le cfa était mauvais pourquoi les pays qui ne sont pas cfa adorent le franc cfa. Le Ghana ou la Guinée pour avoir des devises fiables et acheter en dollar doit convertir leur monnaie en cfa d’abord.Nos dirigeants zone cfa savent et sont plus renseignés avec la banque centrale que ces pauvres économistes de la rue. Au Burkina le fondateur du groupe EBOMAF n’est pas un économiste de formation, mais combien sont des économistes qui travaillent avec lui aujourd’hui. EBOMAF est un entreprise qui contribue au développement de nos pays par un savoir faire africain. Imaginez vous si ce Mr EBOMAF avait fait des études en économie. Nos pays cfa on besoin des hommes et femmes comme ce Mr qui partie de rien arriver aujourd’hui à développer les pays d’intervention par des routes et autres choses.

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      • Le 20 février à 15:55, par Un Burkinabê En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

        Caca, je respecte votre point de vue mais je pense que vous ignoré le poids de la monnaie dans le developpement. Tous les pays développés ont 2 choses en commun ; ou disons qu’il ya 2 choses en commun pour les pays developpés : ils ont tous leur propre langue et leur propre monnaie (une monnaie qu’ils contrôlent en la battant chez eux et en gardant leur fonds de soutien de la monnaie chez eux). Par contre tous les pays developpés n’ont pas de resources naturelles mais utilisent celles des autres pays qu’ils transforment. Finalement les pays développés mettent de côté les différences sociologiques et sont ardus au travail.
        Si nous voulons être développés dans le sens de ces pays nous n’avons pas le choix ; ils nous faut prendre à bras le corps la question et notion de la monnaie.

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        • Le 20 février à 20:07, par caca En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

          Internaute Un Burkinabé, notre compréhension sur le développement économique, social, médical et autres diffère. La monnaie permet un échange et de récompense dans une transaction. Elle est devenue l’affaire des banques qui organisent les circuits financiers et les gardiens de la monnaie. Mais concrètement le développement d’un pays ne dépend pas de la monnaie. Ce sont des besoins légitimes de notre humanité qui va créer le développement économique, social et scientifique. Dieu nous a créé avec les besoins et de intelligence. On peut dire que le Burkina est pauvre dans son sous sol, et mais riche dans le travail à condition de savoir exploiter cela. Après les indépendances nous n’avons pas compris nos richesses à développer. C’est ça le vrai problème chez les pays noirs. Même de nos jours, nous pouvons encore arriver surtout que les bases sont bien posés. Prenons un exemple dans le domaine de la logistique et du transport. Notre pays peut créer des richesses à partir des routes vers nos voisins et facilités le passage des marchandises. Notre système de transport et de la logistique est poiré par manque d’une politique du développement sérieuse et depuis les indépendance ce volet a été négligé. On construit des routes mais on entretien pas. Il manque énormément des textes juridiques d’encadrement. Au niveau de l’élevage on pouvait approvisionner la Cote d’Ivoire et le Ghana. Il y a beaucoup de chose qu’on peut faire aujourd’hui et grâce à un savoir faire. Le développement ne dépend de la monnaie, mais on a besoin de l’argent pour financer les projets du développement.

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  • Le 20 février à 13:45, par yaqua En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    "nous disons que nous ne voulons pas que la France profite de notre monnaie commune" exactement comme quand tu mets au monde un bébé mais comme tu es incapable de subvenir à ses besoins les plus élémentaires,tu cours honteusement le placer dans un foyer d’accueil ou chez une autre personne plus nantie que toi.Mais à qui la faute si après ton enfant peut ou se met à faire le ménage dans la maison où tu l’as mis ?Même toi à la place de ton généreux sauveur,tu feras pareil puisque ça t’évitera d’autres dépenses pour l’entretien de ta maison.Il revient à toi et à toi seul d’être plus responsable au lieu de t’en prendre à la terre entière et pas besoin d’être intelligent pour comprendre cela

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    • Le 20 février à 16:32, par Un Burkinabê En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

      Le fcfa et ses contrats ont été imposés aux pays africains francophones. Le Président Sankara l’a bien dit à Addis Abéba en 1997. Votre illustration n’est pas exacte. C’est comme on vient t’imposer de faire une fécondation in vitro et après on te retire ton enfant pour l’amener dans une famille d’accueil alors qu’on t’avait dit qu’il te fallait un enfant.

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      • Le 20 février à 18:45, par yaqua En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

        Faudra bien comprendre ce que le président Sankara voulait dire mais je me tiens simplement aux faits puisque certains pays ont quitté le FCFA mais la France n’est pas allée les bombarder.Point,barre !Toi même tu peux créer ta propre monnaie si tu penses que tu es digne de confiance et que les gens te feront confiance.Par exemple le bitcoin et autres cryptomonnaies sont l’oeuvre d’individus et non des Etats mais ça marche.Si tu crois qu’il suffit de s’acheter une photocopieuse et des rames de papiers pour produire des billets de banque,vas-y car si on te fait pas confiance,si tu n’offres pas des garanties,tu te rendras vite compte que pour payer une baguette de pain avec ta monnaie de merde,en réalité tu auras dépensé 10 fois ou 100 fois en papiers,énergie que le prix réel du pain et c’est ce qui se passe dans certains pays où pour acheter du pain,il faut tout un grand sac bourré de billets de banque.Ca ne fait pas sérieux

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  • Le 21 février à 06:03, par caca En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

    Je ne connais pas votre âge mais vous devez savoir que notre situation d’aujourd’hui n’est pas meilleure que les 190 comme vous le dit. En 1994 le fcfa a été dévalué, mais c’est comme je le dit c’est plutôt une question de banque que d’économie. 0 l’époque avant la dévaluation on pouvait bien acheter des médicaments de bonne qualité en Europe, et le niveau de vie n’était élevé. Cependant, nos productions comme le coton souffrait parce que les occidentaux estimaient trop chers pour leur économies. En plus vous pouvez comprendre par là que le développement dépend du travail et non la monnaie. Car désormais les paysans qui produisent peuvent vendre facilement et tirer un profit de leur travail. En plus depuis l’or le Burkina a créé plus de valeur ajouter que pendant les années avant. De nos jours c’est plus facile d’aider quelqu’un au Burkina avec quelques euros qu’avant.

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    • Le 21 février à 12:40, par AMKOULLEL En réponse à : Centenaire du Burkina Faso : Qu’avons-nous fait de notre premier siècle d’existence ?

      @CACA : vous êtes sérieux là ? la dévaluation de 1994 a volé tout le travail des Africains. Du jour au lendemain les pauvres fonctionnaires, retraités et commerçants ... ont perdu 50% de leur économies, de leur produits et tu trouves ça pas grave !!!! Les occidentaux trouvent notre coton trop cher pour eux leur économie et décident de dévaluer la valeur de nos produits agricoles, donc de nos économies, à travers la monnaie, et ça c’est normal ??!!! "De nos jours c’est plus facile d’aider quelqu’un au Burkina avec quelques euros qu’avant." je rêve ou bien j’ai peur de ne pas comprendre !!! mais qu’est-ce qui ne marche dans la tête de nous Africains ? Nous, Africains, ne voulons plus être aidés par qui que ce soit, tu comprends ? nous voulons travailler et vivre dignement de la sueur de notre travail sans l’aide de qui que ce soit, qu’il soit Chinois, occidentaux, russes ou .... extra terrestre :) Ton analyse me déchire le cœur tellement c’est d’une naïveté effroyable.

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