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Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

Accueil > Actualités > Opinions • • mercredi 9 janvier 2019 à 12h15min
Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

Monsieur le président du Burkina Faso
A cause de la gravité de la crise que traverse les Peuls, que les ressentiments qui se trouvent à sa base soient fondés ou non, ce qui nous importe, c’est qu’ils sont profonds et doivent être entendus, élucidés et résolus.

Monsieur le président, nous voulons éviter d’être de ceux qui critiquent de façon très acerbe dans l’ombre les faits et actes qu’ils applaudissent hermétiquement au grand jour.

Pour nous, l’homme libre, c’est celui qui assume ouvertement ses opinions. La peur ne nous habite pas, elle ne nous habitera jamais. La seule peur que nous avons, c’est d’avoir peur de dire la VÉRITÉ. Il va de soi, que cette prise de position m’engage. Et je l’assume, monsieur le président Roch Christian Kaboré - Président du Burkina Faso.
Nous partageons entièrement les opinions de l’enseignant Barry Saïdou qui a fait une analyse pertinente du martyr que vivent tous les Peuls du Burkina Faso, dans un article paru le mardi 24 juin 2008 dans le quotidien burkinabè « L’Observateur ».

Au nom de tous les Peuls du Burkina Faso, de l’Afrique et de tous les Peuls éparpillés dans tous les quatre coins du monde, je voudrais aussi vous interpeller ainsi que toutes les autorités politiques du Burkina Faso, de l’Afrique et du monde afin que vous sachiez que : Mourir parce que "Peul, c’est Peul" est inacceptable. C’est vraiment inadmissible en cette année 2019 d’accepter assister sans rien dire.

Monsieur le président,
Sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité. Un seul regret. Le ton est parfois un peu trop polémique, au moment où il nous faut rassembler le plus grand nombre pour construire « un pays où toutes les communautés vivent en harmonie ».

« Nous avons le plaisir de vous informer que demain nous serons tous tués avec notre famille » : cette phrase sert de titre à l’ouvrage de Philip Gourvitch sur le génocide rwandais, mais elle pourrait être dite par chaque Peul burkinabè aujourd’hui, au vu de la mécanique meurtrière qui se met patiemment et tranquillement en place pour un massacre ethnique à grande échelle. "Peul, c’est Peul", a dit Nahité Palé, le frère d’un agriculteur de Perkoura, mort à la suite d’un affrontement avec un Peul le 24 mai dernier. Il expliquait pourquoi il s’est rendu dans une famille peule massacrer un sexagénaire et un adolescent, deux pauvres innocents, qui n’avaient aucun lien avec le meurtrier si ce n’est l’appartenance à une même ethnie : ils étaient Peuls. Le meurtrier de son frère était Peul.

Cela a suffi à Nahité Palé pour les mettre à mort. "Peul, c’est Peul", c’est ce que se sont dit les escadrons de la mort, formés par les agriculteurs de Perkoura et des environs avant d’entamer leur meurtrière croisade. Ils ont exécuté froidement cinq pauvres femmes peules pour protester contre la détention de leurs parents par la Police. A Bouroum-Bouroum, un autre groupe a assassiné quatre Peuls. Un des corps a été encastré dans une termitière ainsi qu’on le fait d’un serpent que l’on tue.

A Darkoura, un autre groupe a tué deux Peuls dont un vieil homme de 60 ans : ils ont jeté le corps du sexagénaire dans un puits perdu. Les assassinats sont accompagnés de saccages des maisons, de vols et de viols. Au total, quinze hommes tués parce qu’ils étaient Peuls, peut-être davantage si l’on tient compte des portés disparus, dont les corps ont peut-être été enfouis dans des termitières, les maisons incendiées, les biens dérobés et le bétail décimé. Et pourquoi ? Simplement parce qu’ils appartiennent à la même ethnie que l’homme qui a tué Kpièwènami Palé. « Un Peul est un Peul », voilà l’équation mortelle qui, depuis quelques années, justifie que l’on organise annuellement des chasses à l’homme pour massacrer cette communauté sur tout le territoire du Burkina.

L’année passée à Gogo, il y eut trois morts, des milliers de déplacés, des biens dissipés en représailles à la mort d’un agriculteur. Il y avait eu le pogrom de Mangodara dans les Cascades et celui de Baléré dans l’Est du Burkina. Toujours sous le prétexte que « Peul, c’est Peul », on fait payer à toute la communauté peule le crime d’un individu, en massacrant à l’envi des innocents.

Mais les Burkinabè préfèrent occulter ces pogroms en usant d’une rhétorique de l’évitement : on persiste à dire "conflit agriculteurs/éléveurs" tout en sachant que les massacres touchent à l’essentialisme ethnique et non à l’activité professionnelle, on parle d’apaisement pour justifier l’incurie judiciaire, de réconciliation pour absoudre ceux qui ont tué… Et la presse, la société civile, en reprenant ces mots qui falsifient la vérité, participent à l’omerta qui entoure ces massacres saisonniers des Peuls.

Nous ne nions pas l’existence des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Mais de nos jours, ces conflits sont un prétexte pour massacrer une ethnie et non des éleveurs. Et c’est la mauvaise gestion de ces conflits par le politique qui a accouché des purges ethniques. En refusant que force reste à la Loi, en substituant à l’action judiciaire des cérémonials de réconciliation stérile, les dirigeants de la IVe République donnent (sans le vouloir ?) quitus aux meurtriers pour poursuivre tranquillement leurs forfaits, d’où des massacres, chaque année plus importants. Maintenant, c’est un monstre à mille têtes, une sorte d’hydre qui se lève devant nous. Malheureusement, il n’y a aucun Hercule dans ce Faso pour trancher les têtes de la bête.

Nous savons que ces conflits ont été de tout temps. Il y a toujours eu des bisbilles entre ceux qui cultivent la terre et ceux qui élèvent du bétail. Il y a aussi toujours eu le racisme ordinaire entre ethnies, chaque ethnie, dans sa construction d’une identité spécifique, se démarque des autres ethnies. Les différences culturelles de l’Autre étant comme des tares. Le Barbare n’est pas une invention grecque.

Chaque ethnie est un barbare pour l’autre. On dit que le Bobo est ivrogne, le Mossi voleur, le Gourounsi a des mœurs lâches, le Bissa est asocial et le Peul un singe. On remarque que le Peul est le seul, dans ce marché de dévalorisation de l’Autre, à perdre sa qualité d’humain. Pour les autres ethnies, le Peul n’est pas un homme, c’est-à-dire un égal avec des défauts, il est purement rejeté hors de l’humanité. C’est le signe que le Peul est ostracisé par les autres, sûrement à cause d’une morphologie supposée différente et de sa culture pastorale, opposée à la culture sédentaire des autres.

Ayons à l’esprit que tout massacre d’un groupe ethnique commence par la négation de son humanité : le Tutsi fut d’abord un cafard pour le Hutu, le Juif un rat pour le nazi allemand. Le Peul est par ailleurs le seul à n’avoir ni identité individuelle ni fonction professionnelle pour la majeure partie des Burkinabè, on l’appelle "Poulo" tout simplement. Mais il s’accommode tant bien que mal de ce racisme ordinaire. Parce que "Peul, c’est Peul" pour Nahité Palé et pour la grande majorité des Burkinabè. C’est à notre sens ce racisme au quotidien qui fonde le mépris avec lequel les Burkinabè, dans leur majorité, accueillent les massacres saisonniers de Peuls.

Le Peul est donc plus susceptible d’être ségrégé qu’aucun autre sur le territoire burkinabè. C’est pourquoi toutes prémices de pogrom devraient être dénoncées par les politiques et la société civile. Mais tout le monde reste silencieux. Comme si ne pas mettre des mots sur ces massacres suffisait à ne pas les faire exister ! Ni la presse, si friande de macabre mais très prude dans ce cas-ci, ni les mouvements de défense des droits de l’homme, ni l’Opposition politique, ni les "intellectuels", encore moins le gouvernement ne disent mot.

Tout ce beau monde, capable de faire une perruque avec un seul cheveu, est étonnamment muet. Ainsi que la société civile, surtout le MBDHP et le GERDDES, si prompts à la dénonciation quand les droits des citoyens sont bafoués mais étrangement muets quand des machettes équarrissent des Peuls. Peut-être que pour ces deux organisations aussi, les Peuls ne sont pas des hommes. Et comme il n’y a pas une section PA (Protection des animaux) au MBDHP ni au GERDDES, ces Peuls peuvent toujours attendre. Et nos "intellectuels" ? Ceux qui inondent les journaux du torrent de leurs réflexions sur la société ? Silence radio.

Les graphomanes, que l’on appelle abusivement "intellectuels" parce qu’ils se prévalent de ce titre sans toutefois endosser les responsabilités qui vont avec, restent aphones. Oublieux que ce terme fut forgé pour désigner les lettrés qui combattirent la cabale antisémite ourdie contre le capitaine Dreyfus. Non pour ceux qui se turent ou qui hurlèrent avec les loups de la ségrégation. Même la romancière burkinabè qui a participé à la caravane Fest’Africa, ayant séjourné au Rwanda en 1998 après le génocide pour "Ecrire par devoir de mémoire", et qui fut ministre des Droits humains, n’a rien dit ni fait pendant et après tous ces massacres. Vraisemblablement, il fallait que l’on massacrât 10 000 personnes par jour comme au Rwanda pour mériter son attention.

Quant au Pouvoir, son attitude est lisible. Lui qui brandit la paix sociale comme l’unique acquis de ses deux décennies de gestion de l’État, ces massacres sont un démenti sans appel de cette paix tant vantée. Il préfère ignorer ces massacres qui sont une vilaine balafre sur l’image paisible du pays, que l’on vend à la Communauté internationale. Aussi, la compassion du Burkina se manifeste pour les pays voisins.

Vers le Mali, par exemple. On organise un casting de réfugiés touareg (dont le statut serait contesté par le pouvoir de Bamako) pour remplir le stade du 4-Août. Au même moment, une vraie tragédie se déroule sur son sol. On pourrait penser que le spectacle de la charité pour réfugiés de guerre attire les bailleurs de fonds et fait tomber les dollars du HCR et de la Croix-Rouge dans l’escarcelle tandis que la reconnaissance des massacres de Peuls appelle une véritable politique foncière, une justice libre. Chose vraisemblablement au-dessus des forces d’un Gouvernement pris à la gorge par la vie chère et incapable d’une vision politique d’envergure. Voilà pourquoi pendant que l’on dépèce du Peul sur son sol, le Gouvernement Tertius regarde ailleurs.

Nous sommes si pessimiste, direz-vous. Pourquoi écrivons-nous alors ? Nous sommes Burkinabè et nous sommes avant tout un humain. En tant que citoyen burkinabè, nous ne voulons pas que notre pays ouvre la boîte de Pandore (celle de la division) qui va compromettre l’unité nationale, nous voulons un pays où toutes les communautés vivent en harmonie, et nous attendons de notre pays qu’il offre à tous ses citoyens protection et assistance. Et puis, devant le massacre de femmes, d’enfants et de vieillards, dont le seul péché est d’appartenir à une ethnie, il est difficile de rester indifférent. Mourir parce que "Peul, c’est Peul" est inacceptable. Pour tout homme.

Nous écrivons aussi pour que nul ne puisse dire un jour qu’il ignore ce que vivent les Peuls dans leur pays, dans notre pays. Nous nous acheminons, à petit pas, dans le silence coupable de tous, tranquillement, sûrement, vers un massacre à grande échelle des Peuls. Un génocide. C’est le mot. Un génocide peul. Alors, ne soyons pas surpris si un jour prochain, un enfant peul nous prenait la main et nous disait : "Nous avons le plaisir de vous informer que demain nous serons tous tués avec notre famille". Car si les choses restent en l’état, si le politique continue d’entraver l’exercice du Droit au nom de l’apaisement, si à chaque massacre nous recouvrons les morts du linceul de notre silence, cet enfant et toute sa famille pourront être exterminés un jour prochain à Ouaga, à Fada ou ailleurs parce qu’un berger peul aura eu une altercation avec un agriculteur quelque part au Burkina. Nous en sommes avertis.

Je suis Peul et fier de l’être.
Je suis Africain et heureux de l’être.
Je suis panafricaniste et fier de le proclamer haut et fort.
Je suis Peul et Musulman et fier de l’avouer.
Mais, sachez, Monsieur le Président, que je ne suis pas un terroriste.
Peul n’est pas TERRORISTE.
J’ai besoin de votre protection.
Mon peuple a aussi besoin de votre PROTECTION.
Encore une fois, Monsieur le Président Roch Christian Kaboré - Président du Burkina Faso, toutes nos excuses si nos propos sont mal formulés,
Mais, sachez que c’est le cri de cœur d’un Peul respectueux des lois qui régissent la RÉPUBLIQUE.

Par Sidibé Saïdou dit Saidicus Leberger
saidicusleberger@gmail.com

Vos commentaires

  • Le 9 janvier à 13:04, par La Haye En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Ce qui s’est passé à Yirgou est un génocide. Ces individus armés de fusils et de poignards ont sélectivement exterminés les Peuhls de cette localité.
    A la faveur du silence des gens biens, on va tenter de cacher le soleil par la main : ici, le déni pathologique de la réalité, correspond au mécanisme de fonctionnement mis en avant. Il faut arreter ce processus de désintégration exponentielle du Burkina.

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  • Le 9 janvier à 13:09, par Mirage En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Merci compatriote pour cette analyse qui refait un peu l’historique des massacres orchestrés à cette communauté durant une décennie. Il faudra simplement que cette spirale s’arrête et que plus jamais au Burkina des personnes soient tuées pour leur appartenance ethnique, religieuse ou culturelle. Par ailleurs, il faudra rapidement arrêter les coupables et que cela soit bien médiatisés pour que toute personne qui serait impliquée dans ces tueries pareilles sache ce qui lui sera réservée.

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  • Le 9 janvier à 13:20, par le puritain En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Je suis parfaitement d’accord que justice soit rendue dans tous les cas de violation de droits humains, en l’occurrence dans les cas de mort de tout être humain. C’est le combat qui vaille la peine d’être mené afin d’éviter la vendetta de nos jours dans notre pays. Plus personne ne devrait encore se rendre justice impunément. Mais je ne crois pas qu’il y ait un quelconque projet d’extermination d’un quelconque groupe ethnique entretenu par quelqu’un au Burkina Faso. Le terme massacre me semble également trop fort, car ce qui est arrivé à Yirgou me semble une première (je suis un jeune d’une quarantaine d’années seulement) et est tout simplement déplorable et à condamner. Dieu bénisse le BF.

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  • Le 9 janvier à 13:27, par MOLOTOV En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    "Voilà pourquoi pendant que l’on dépèce du Peul sur son sol, le Gouvernement Tertius regarde ailleurs."

    SIDIBE, faut froid ton cœur.

    Tu as fait un lapsus ou bien : gouvernement TERTUS OU THIEBA ??

    Pour le reste, tu as parfaitement raison.HALTE à l’hypocrisie et à la politique de l’autruche.

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  • Le 9 janvier à 14:03, par Moumini En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Merci, Saïdou, pour votre cri, notre cri de cœur !
    En effet, et la liste que vous avez égrenée n’est pas exhaustive !... A Baléré dans le Gourma effectivement, le massacre a fait suite à l’assassinat d’un chef de famille du nom de Foldja par des individus non identifiés... Les habitants ont fait une descente dans le campement peulh voisin et ont exécuté froidement 7 peulhs dont un étranger qui était de passage pour Fada.
    Toujours insatisfaits, ils sont revenus le lendemain pendant que les Peulhs étaient entrain d’inhumer les 7 corps, ils ont exécuté 3 autres pour allonger la liste à dix...
    Il n’y a jamais eu justice pour les suppliciés !
    P. S. : Nous avons les noms des victimes.
    BOLY Moumini bol.nopy@gmail.com

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  • Le 9 janvier à 14:51, par Flavki En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Mr Sidibé, je vous félicite pour votre analyse de la situation qui prévaut dans notre pays. Je déplore toute cette barabarie qui a lieu à l’encontre de votre communauté surtout lors des récents évènements.
    Ne dit-on pas que lorsqu’on a longtemps encaissé une injustice, cela peut conduire à un comportement de nature animale ? Pour exemple, les évènements de 2014 pouvaient aussi traduire ce ressentiment.
    C’est pourquoi, il est important, en tant qu’intectuel, d’ analyser la situation sous un angle beaucoup plus critique qu’émotionnel. En effet, demandez-vous à chaque fois pourquoi ce sont les Peuls qui subissent une telle situation ? Est-ce vraiment de l’archarnement comme vous le dites oubien quelles sont les causes profondes dont seraient responsables chaque partie ? Qui est responsable de quoi et comment cela est-il arrivé ?
    Je vous donne un exemple. Moi, mon grand-frère direct est mort il y a dix années de cela pour la raison suivante : Un Peul, bien connu dans mon village, venait laisser pêtre ces animaux dans le champ de mon grand-frère et ce tardivement dans la nuit. Cet acte obligeait mon frère à dormir dans son champ tous les soirs pour le surveiller. Plusieurs fois, alors que le Peul pensait que mon frère rentrait dormir au village, venait intentionnelement les laisser pêtre dans le champ, et mon frère les poursuivait jusqu’au domicile du Peul, qui reconnaissait ces animaux. Plusieurs fois mon frère a porté plainte à la préfecture dont relève mon village, mais rien ne se fit.
    Alors, une nuit, les boeufs sont venus pêtre dans le champs, mon frère appela ses voisins de champs (disons que cela a été organisé) et ils ont tué un taureau. Le Peul porta alors plainte contre mon frère à la police, qui fût mis en prison. Et avec le traitement reçu en prison (blessures internes), il est mort quelque temps plus tard à sa sorti.
    Alors imaginez cette histoire avec ces frustrations subits, et portez-là à échelle, et sans qu’une justice impartiale ne soit faite. Cela peut générer des conséquences dans le comportement des communautés et aboutira à une haine vis-à-vis de l’autre.
    J’ai raconté cette histoire de vie, non pas pour justifier ce qui est arrivé. C’est juste pour ne pas que vous vous précipitiez dans des conclusions/comparaisons émotionnelles selon lesquelles le Peul "est le sous-homme pour les autres éthnies’. Je dis non, car je pense le contraire.

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    • Le 9 janvier à 19:20, par Sidsomde En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

      Je veux en rajouter, à Zakin, une localité de Saaba à l’ Est de Ouaga les peuls refusent de garder leurs animaux même en saison des pluies alors que leurs voisins sont des agriculteurs ,imaginez les dégâts que ces derniers subissent, c’est frustrant.

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    • Le 9 janvier à 19:43, par Mitibkiéta En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

      Mon frère Flavki, votre narration ressemble plus à une fable qu’à la réalité. Mais enfin, je vous donne un peu de la matière à réfléchir (puisque vous me paraissez bien inspiré) :
      - Depuis la nuit des temps, le berger peulh sort régulièrement son troupeau en pâturage entre 3 h et 5 h pour le ramener vers 7 h du matin ; mais ce n’est quand même pas pour le conduire dans un champ de mil, lui-même étant cultivateur !
      - Je compatis sincèrement à votre douleur ("mort" de votre frère), mais la voie empruntée par votre peulh me paraît la plus indiquée ;
      - Je souhaite que chaque intellectuel, vulgarise le contenu de la Réforme Agraire et Foncière dans son village : il aura fait œuvre utile pour la cohabitation pacifique entre éleveurs et agriculteurs ;
      Dieu bénisse le Burkina !

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  • Le 9 janvier à 15:06, par Sawad En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    @Sidibe, apaisez-vous et sachez que la douleur qui a frappé la communauté peulhe est partagée par la plupart des burkinabé. Ce que vous dites est absolument vrai. L’ethnicisme ordinaire est devenu une banalité. les sobriquets utilisés pour qualifier l’autre ne manquent pas. Le bissa est qualifié de "serpent", le bobo d’alcoolique inconscient et paresseux , le mossi de suprematiste malhonnête et sale, le gourounsi de personne aux mœurses legères, le peulh de singe rusé, le lobi de barbare moyennageux...En général, ce sont les faibles d’esprit qui pensent que les qualités ou défauts d d’un individu ont un lien avec son ethnie. Chez les mossis, il est dit que ce qu’il ya de turpitudes ou de sagesses chez le peulh existent aussi chez le mossi.
    Autrement, la proportion des bonnes et mauvaises personnes est la même dans toutes les ethnies.
    Je pense que le drame de Yirgou qui est moins un conflit inter-communautaire qu’une expédition meurtrière de personnes dénuées de toute humanité, les kogleweogo, ne pourrait pas être traité comme un énième fait divers. Nous ne l’accepterons jamais ! Le président Rock a meme intérêt à débusquer les coupables et à les traiter selon la rigueur de la loi, sinon il portera l’entière responsabilité de ce carnage devant l’histoire. Ces miliciens armés sont bel et bien ses protégés.
    SAWADOGO

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  • Le 9 janvier à 15:52, par Zangoté En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Merci pour ces vérités qui donnent à réfléchir. Il faut certainement des mesures idoines pour contenir ce phénomène.
    J’ai été avant-hier pour un pansement dans un dispensaire de Ouaga et ai rencontré un blessé qui disait avoir été haché par un Peul. Ce qui m’a inquiété est qu’il attend de finir son traitement pour aller régler son compte à ce Peul. Effectivement, il ne cherche pas à porter plainte parce qu’il ne fait pas confiance à la justice parce que, soutient-il, les Peuls savent corrompre les juges ! Comment avec ces préjugés voulez-vous que les choses aillent ? Ce qu’il convient de faire, c’est :
    - 1) d’interdire toute forme de stigmatisation ethnique en même temps qu’on s’évertuera à faire respecter les lois qui régissent notre vivre ensemble. Au Rwanda par exemple il est interdit de se proclamer Hutu ou Tutsi. Tout le monde là-bas est Rwandais.
    - 2) Quant aux conflits agriculteurs-éleveurs, on ne pourra les éviter que si on interdit l’élevage par nomadisme. Il faut arrêter ça parce qu’à force de vouloir comprendre les spécificités de chaque ethnie, on ne fait que créer des problèmes au groupe. Que celui qui veut élever trouve un espace et s’y installe avec son troupeau qu’il soit peul ou d’une autre ethnie. L’État pourra accorder ces espaces à ceux qui le désirent. Vous ne pouvez pas nuitamment laisser vos troupeaux dévaster les champs des agriculteurs et vouloir que ces derniers vous portent dans leur cœur.
    - 3) Encourager le mixage (le mariage interethnique). Cette mesure peut facilement trouver sa solution dans la sédentarisation des Peuls.
    Si donc il faut appliquer les lois, il faut le faire sans considération ethnique en commençant par encadrer l’élevage et interdire le pâturage par nomadisme. Si l’État applique mes conseils, dans 10 ans on ne cherchera plus à savoir qui est Peul et qui ne l’est pas.

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  • Le 9 janvier à 15:57, par Pierre En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Instrumentalisation de la misère au profit du fondamentalisme

    En Afrique, le spectre d’un djihad peul
    À cause du réchauffement climatique et des politiques économiques suivies, la situation des éleveurs nomades du Sahel, traditionnellement difficile, se dégrade. Au point que de nombreux Peuls prennent désormais les armes pour faire entendre leurs revendications. Majoritairement musulmans, ils fournissent de plus en plus de troupes aux mouvements djihadistes qui déstabilisent la région.
    par Rémi Carayol

    Face au soulèvement des pasteurs peuls qui embrase le centre du Mali depuis 2015 et qui menace tout le sous-continent, « l’État tâtonne », nous déclare, inquiet, M. Soumeylou Boubèye Maïga, qui a dirigé successivement les services de renseignement, la diplomatie et l’armée du pays. L’enchevêtrement des crises dans le Sahel mais aussi le « manque de connaissance des dynamiques pastorales » compliquent selon lui les tentatives de circonscrire l’incendie. De tout temps, partout en Afrique, des conflits ont opposé les cultivateurs aux éleveurs pratiquant le nomadisme ou la transhumance. Les bergers peuls ont souvent été les protagonistes « de disputes dues aux dégâts dans les champs, à l’accès aux points d’eau et au passage des troupeaux », comme le rappelle l’anthropologue Sten Hagberg (1). Mais les affrontements demeuraient confinés à une localité et ne duraient pas plus de quelques jours, à l’issue desquels chaque camp comptait ses morts.
    Depuis le début des années 2010, les conflits, plus nombreux, plus meurtriers, ont pris une tout autre ampleur. Attisés par l’essor des mouvements terroristes, par les trafics d’armes qui traversent le Sahel, mais aussi par les conséquences du changement climatique, ils ont changé de nature. Si les Peuls se mobilisent pour défendre leurs intérêts, leurs revendications sont aussi instrumentalisées par les milices qui s’affrontent en Afrique de l’Ouest et centrale, menaçant de rendre la situation incontrôlable.
    Peuple de pasteurs, majoritairement musulmans, les Peuls seraient environ trente millions (aucun chiffre précis n’est disponible), dispersés dans plusieurs pays : Nigeria, Guinée, Sénégal, Cameroun, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Gambie et Guinée-Bissau. Poussés par les sécheresses des années 1970 et 1980, ils ont entamé une grande migration vers le sud. En l’espace de quarante ans, les climatologues ont observé une chute vertigineuse de la pluviométrie (— 20 % en moyenne) au Sahel. De sévères périodes de sécheresse ont causé la mort de milliers de personnes et de millions d’animaux. Les Peuls subissent également l’extension continue des terres agricoles, qui limite progressivement leurs espaces de pâture et de transhumance. En outre, la priorité donnée à l’élevage intensif marginalise les nomades. Laissés pour compte des politiques de développement, évoluant parfois dans des pays dont ils ne possèdent pas la nationalité, les bergers peuls éprouvent le sentiment de vivre en milieu hostile.

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  • Le 9 janvier à 19:17, par le pays va mieux En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Salut. Je suis parfaitement d’accord avec l’analyse. Cependant je dis et je répète il y a eu une faille dans l’administration locale. Je demande au président Roch de changer sa façon de gouverner. Avant d’aller à Yirgou, il devait immediatement relever le gouverneur, le préfet, la hiérarchie militaire et j’en passe de leurs fonctions. Ils n’ont pas joué leurs rôles.

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  • Le 10 janvier à 11:40, par Je suis peul En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Mon frère ? merci pour la profondeur de ton article . Hélas personne ne défendra les peuls à leur place . Ce qui nous arrive est peut-être l’expression de notre propre lâcheté . Pendant longtemps ,nous avons accepté que le peul soit abattu comme un chien pour un oui ou un non . qu’il soit en faute ou pas . Vos exemples cités dans votre écrit sont suffisamment édifiants pour illustrer notre lâcheté . Pas que nous prenions des armes pour nous défendre mais au moins veiller à ce que justice soit rendu au peul comme aux autres burkinabè s’il est injustement accusé ,et tué . Que la loi s’applique avec rigueur sur les assassins des peuls comme de tout autre burkinabè . De tous les faits que vous avez cités, montrez un seul de ses crimes qui a valut à son ou ses auteurs des condamnations sévères de prison après un jugement exemplaire ? Nous avons nous mêmes accepté notre statut de sous-hommes "tuables" à volonté . Alors ne nous étonnons pas qu’on massacre des peuls comme des mouches et que les assassins se pavanent en armes devant le président du Faso et il n’ y a rien . Plus grave au lieu que le président demande pardon à la communauté peule meurtrie ,c’est aux assassins qu’il demande de faire pardon . On est où là ! Il est donc temps que nous peuls sans prôner la violence nous assurons notre défense . Jusque là ,quel est l’intellectuel peul de grande renommée qui a osé désavouer publiquement ce génocide ?. Quel est le cadre peul qui a démissionné de son poste de responsabilité pour protester contre ce génocide de sa communauté ? Il est temps que nous nous fassions respecter d’autant que notre nombre est une force démocratique très redoutable .Alors frères et sœurs peuls du Burkina oumè ,Oumè ,oumè Koi pour que nous ayons les mêmes droits de vie que tous les autres burkinabè . Trop ,c’est trop.

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    • Le 10 janvier à 17:55, par Burkinabè En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

      Mon frère, j’approuve totalement votre appel à la solidarité de la communauté peulh, et à sa résistance pacifique, dans la persévérence. Il se trouve effectivement que certains de vos parents ont prêts à sacrifier la vérité, la sincérité pour une carrière et une promotion individuelle. Regardez l’effort que feu S. Dyallo a mis pour renier son identité et faire croire qu’il est Yhadga afin de se faire accepter par les mossi . La fin ne doit pas justifier less moyens. défendez vous dans la dignité et par les moyens appropriés

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    • Le 10 janvier à 18:24, par Burkinabè En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

      Mon frère, j’approuve totalement votre appel à la solidarité de la communauté peulh, et à sa résistance pacifique, dans la persévérence. Il se trouve effectivement que certains de vos parents ont prêts à sacrifier la vérité, la sincérité pour une carrière et une promotion individuelle. Regardez l’effort que feu S. Dyallo a mis pour renier son identité et faire croire qu’il est Yhadga afin de se faire accepter par les mossi . La fin ne doit pas justifier less moyens. défendez vous dans la dignité et par les moyens appropriés

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    • Le 10 janvier à 19:12, par Burkinabè En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

      Mon frère, j’approuve totalement votre appel à la solidarité de la communauté peulh, et à sa résistance pacifique, dans la persévérence. Il se trouve effectivement que certains de vos parents ont prêts à sacrifier la vérité, la sincérité pour une carrière et une promotion individuelle. Regardez l’effort que feu S. Dyallo a mis pour renier son identité et faire croire qu’il est Yhadga afin de se faire accepter par les mossi . La fin ne doit pas justifier less moyens. défendez vous dans la dignité et par les moyens appropriés

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  • Le 10 janvier à 22:08, par bangba En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Vous savez quoi ? le président du Faso lui même est pour quelque chose dans cette dynamique de discrimination qui consiste à dire qu’une ethnie minoritaire ne peut pas être Président du Faso. Ablassé Ouédraogo qui dit bêtement que pour être Président il faut être du plateau central y est aussi pour quelque chose dans ce génocide honteux des peulhs. Sinon comment comprendre que si l’ancien chef d’Etat major va pour lui faire le bilan des actes terroristes, Roch après avoir rigolé han han han dit tout de go au Général Sadou : eh : poulo ils ont encore tué combien de tes frères. Est-ce que ce comportement est celui d’un président qui doit protéger les populations burkinabè ?
    Il n’y a pas d’autres solutions, Roch doit démissionner pour la simple raison qu’il est incapable d’assurer l’intégrité du territoire et la protection des minorités, notamment les peulhs.

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  • Le 12 février à 13:18, par THOM En réponse à : Tribune : « Monsieur le président, sachez que le massacre à grande échelle des Peuls est devenu une réalité »

    Merci SIDIBE, ajoute que communément seul le peul est appelé par son appartenance Ethnique au Burkina au lieu de son prénom.

    Personnellement je crois d’aucune justice ne sera rendue par les dirigeants actuels du Pays pour ces Hommes, femmes et enfants assassinés par ces barbares à YIRGOU. Seul Dieu jugera chacun pour sa contribution dans ce massacre. Sinon c’est la première fois que j’entends qu’un assassin ou des assassins connu par les FDS soit ou soient en liberté. A ma connaissance, la gendarmerie ne demande l’avis du Président du Faso avant d’arrêter un ou des assassin, alors je ne comprend toujours pas pourquoi ces Gendarmes aussi ne font rien jusqu’à présent à moins qu’ils ont arrêté les Kolgweogos accusés sans informer le public

    Il est vrai que beaucoup de Burkinabés sont très attristés par ces assassinats mais sont nombreux ceux qui font semblants d’être touché car pour un article (37) de la constitution, le peuple du Faso s’est prononcé véritablement et pour la justice et l’application de plusieurs articles de la même constitution pour réprimer le massacre d’une centaines de Burkinabès par des Burkinabès, il faut négocier et le sujet devient un débat des kiosques. Pourquoi ? Que les leaders de MPP sachent que les Peuls aussi étaient dans les rues à travers le Pays les 30 et 31 Octobre pour demander un changement meilleur pour l’avenir de notre nation et non l’instauration de l’injustice pour une partie des Burkinabé. Son excellence Monsieur le Président n’écouter pas ceux qui conseil d’attendre et réagissez maintenant pour la confirmation de votre bonne volonté de créer une vraie cohésion sociale au Faso.
    Que Dieu protège mon Pays

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