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Salaire du fonctionnaire burkinabè : Inéquitable et non basé sur le mérite, selon 70% des travailleurs

Publié le vendredi 28 décembre 2018 à 10h52min

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Salaire du fonctionnaire burkinabè : Inéquitable et non basé sur le mérite, selon 70% des travailleurs

La rémunération actuelle des agents publics de l’Etat n’est pas équitable et n’est pas basée sur le mérite, selon 70,5% des 357 travailleurs. C’est la principale conclusion d’un sondage d’opinion réalisé par L’Association des Data Scientists Professionnels du Burkina Faso (PRODASA) sur le système de rémunération des agents publics de l’Etat, auprès d’un échantillon de 357 travailleurs de la ville de Ouagadougou répartis dans 15 ministères et 5 institutions.

Le sondage avait pour objectif principal de recueillir la perception des travailleurs sur le système de rémunération des agents publics de l’Etat ainsi que leur appréciation sur l’organisation de la conférence nationale des forces vives sur le système de rémunération, tenue du 12 au 14 Juin 2018.

La rémunération actuelle des agents publics de l’Etat n’est pas équitable et n’est pas basée sur le mérite, selon 70,5% des 357 travailleurs interrogés. Ils justifient cette position par les écarts de salaires observés entre les agents de mêmes catégories d’une part, et les écarts énormes entre échelles d’autre part. Ils imputent ces écarts aux statuts particuliers accordés à certains corps. En revanche, 15,8% des travailleurs affirment que le système de rémunération actuel est équitable et 13,7% émettent un avis neutre.

Interrogés sur la justesse des revendications des travailleurs, les avis sont partagés, mais la tendance qui émerge est que certaines revendications sont exagérées. En effet, 52,6% des enquêtés estiment que certaines revendications des travailleurs sont parfois exagérées contre 32,6% qui estiment qu’aucune revendication n’est exagérée. Ces résultats sont en concordance avec les tendances sur les moyens dont dispose l’Etat pour faire face aux revendications qui lui sont posées. Pour les 48,2% des personnes interrogées, l’Etat ne dispose de ressources que pour la satisfaction de certaines recommandations des travailleurs, mais pas toutes, contre plus d’un tiers (37,8%) qui pense le contraire.

Dans la perspective d’une possible augmentation des salaires en 2019, les travailleurs se sont prononcés sur le niveau de salaire qui leur permettra de vivre mieux et sur le niveau de salaire de réserve (salaire en dessous duquel ils ne seront pas satisfaits). Les propositions à ce niveau sont en phase avec la catégorie professionnelle. En moyenne les salaires moyens mensuels souhaités sont de 450 000 F CFA pour les agents de catégorie A et P, 350 000 F CFA pour la catégorie B, 250 000 F CFA pour la catégorie C et 200 000 F CFA pour les catégories D et E. Entre le salaire moyen mensuel souhaité et le salaire de réserve, les différentes catégories de travailleurs sont disposés à consentir une baisse de 50 000 F CFA pour avoir le salaire de réserve.

Comme disait un des leaders syndicaux, c’est le coût de la vie qui est devenu plus élevé. Les prix des biens et l’ensemble des besoins augmentent du jour au lendemain tandis que les ressources se font de plus en plus rares. Conséquence, le système politique et social est ébranlé et chacune des parties au contrat est interpellée à réagir objectivement. C’est pourquoi une frange de la population interrogée (20%) est confiante quant à la mise en œuvre de la majeure partie des recommandations de la conférence des forces vives de juin 2018.

Tout compte fait, le but premier de l’étude économique c’est la gestion efficiente des ressources disponibles afin de rendre le coût de la vie un peu plus supportable et les autorités politiques sont interpellés à trouver des voies et moyens pour que les ressources du pays, en dépit de leur faiblesse, soient équitablement profitables à tous les citoyens.

La mauvaise répartition des richesses nationales sont cause de grognes sociales et selon l’Association PRODATA, auteur de l’enquête : « Mesurer de façon rigoureuse l’opinion des travailleurs contribuera à éclairer les acteurs impliqués dans le processus de mise en œuvre des reformes de la conférence au profit des travailleurs ».

Une synthèse d’Etienne Lankoandé (stagiaire)
Lefaso.net

P.-S.

Télécharger l’intégralité de l’étude ici :

Rapport du sondage sur le système de rémunération des fonctionnaires burkinabè
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Messages

  • Le traitement salarial des fonctionnaires est injuste car dans mon pays diplôme égal n’est pas égal à salaire égal. Qui a occasionner cela ? c’est l’Etat et cela par un manque de courage. Des fonctionnaires dans ce pays ont une indemnité dite spécifique comme si tous les corps de la fonctionnaires n’étaient pas spécifiques. Est ce qu’Un agent de santé fait ce qu’un enseignant fait et vice versa ? Est ce que policier fait ce qu’un agent agriculture fait ?

  • La disparité est très énorme entre des fonctionnaires de même categorie relevant de de ministère différent.
    La grogne ne finira jamais si l’argent du pays reste inequitablement repartie. Imaginez vous qu’un fonctionnaire en A1 avec toutes les indemnités se retrouve avec moins de 220000 dans un ministère. L’autre fonctionnaire (MINEFIDE, Magistrat, etc) avec avec la même catégorie se retrouve avec plus de 700 à 800000 fcfa. On est dans quel pays. Vives les grèves pour mettre fin a cette situation. La bonne gouvernance doit aussi être aussi de mise à tous les niveaux.

    • Avant même de passer les concours cette disparité existait. On ne peut pas vouloir du salaire d’un concours qu’on a pas réussi.

    • Lorsqu’il ya une vérité, il faudrait qu’on l’accepte ! Ya t-Il une disparité de salaire entre les agents de même catégorie ou pas ? Si c’était toi qui recevait moins de salaire que l’autre pourtant de même catégorie que toi, ,allais tu être content ? Je pense que nous devrons taire nos ego et être solidaire !

    • mon ami on parle de catégorie toi tu es de catégorie B tu touche 150000fr et l’autre de catégorie B touche 250000 est ce que ça c’est juste ?

  • Du calme !!! Tout semble être mis en oeuvre pou rectifier le tir à temps.

  • Nous vivons dans un pays où l’injustice où niveau des salaires a été entretenue par les différents gouvernements depuis 1960. Pour une même catégorie, les salaires divergent. Pourquoi ? Et tant que ça ne changera pas, il y aura toujours des grognes sociales, des grèves à répétitions. Il est grand temps que ça change.Chacun doit mériter honnêtement son salaire.

  • Le salaire des magistrats est à l’origine de toutes les revendications. Tant que ces magistrats vont toucher 4 fois le salaire des autres agents de catégorie A, les mouvement ne vont jamais cessé. Que l’État aie le courage de ramener le salaire de magistrats à des proportions raisonnables ou donner les mêmes salaires aux autres. Que l’État s’assume si non le pays risque de prendre un coup grave. Sognons la plaies le plus tôt possible.

  • L’échantillon n’est pas représentatif. Il y a combien de fonctionnaires au Burkina Faso ? Une autre manière de trouver une justification à cette fameuse conférence des forces dites vives. N’importe quoi.

  • Il faut rapidement mettre fin à toute cette injustice. C’est urgent chers membres du Gouvernement. Justice en tout et pour tous.

  • Chers internautes, il y a une injustice beaucoup plus pernicieuse qui plombe nos cerveaux au Burkina. Celle qui consiste à ce que nous sommes promptes à regarder dans le bulletin de paie de l’autre sans jamais s’interroger sur ce que l’autre fait de différent,comme effort et sacrifice plus que soi. C’est très dommage. Voilà qu’au lieu de se demander comment booster le pouvoir d’achat-qui touche toutes les couches sociales, toutes autant constructrices de la richesse nationale- nous sommes dans cette béate expectative d’augmentation de salaires qui mine la bouillie contenue dans nos boites crâniennes que honteusement nous osons appeler Cerveau.
    1) Est-ce que tout Burkinabe est salairié ?
    2) Y a t-il un Burkinabe qui n’est pas producteur et consommateur ?
    Posons -nous donc les bonnes questions au lieu de nous jouer les complices innocents (victimes résignées ?!) de Gouvernants "hors-jeu" qui ne savent que se plier en quatre devant la BM et FMI tout en se moquant de la misères des populations.
    aimablement Ciceron IIEME

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