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Tribune : Le message de nouvel an de Alfred Bewindin SAWADOGO du Mouvement de Réflexion sur les Opportunités de Développement du Burkina Fas

Accueil > Actualités > Opinions • • mercredi 26 décembre 2018 à 23h55min
Tribune : Le message de nouvel an de Alfred Bewindin SAWADOGO du Mouvement de Réflexion  sur les Opportunités de Développement du Burkina Fas

J’écris ces quelques mots à l’endroit de mes concitoyens, les dignes filles et fils de ce beau pays qu’est le Burkina Faso. Il n’est pas rare de lire des lettres ouvertes adressées au président ; mais j’ai délibérément choisi de ne pas m’adresser au chef de l’Etat. C’est plutôt aux citoyens, aux hommes et femmes burkinabè qui portent le Burkina dans leur cœur et par leurs bras, qu’est destiné ce message à l’occasion du nouvel an.

Et ce, parce que je demeure profondément convaincu que le développement ne viendra pas de l’Etat, mais il viendra de l’action conjuguée de l’Etat et des forces citoyennes. J’ai toujours perçu le développement, non comme un décret venant du haut, mais plutôt comme une construction laborieusement amorcée et soutenue depuis le bas.

Comme des feuilles mortes qui tombent, les derniers jours de l’année 2018 s’égrènent. Nous voici à l’orée de l’année 2019. Que puis-je nous souhaiter collectivement ?

Ayant suivi de près le débat public durant l’année 2018, je nous souhaite, pour la nouvelle année, d’aller vers plus d’objectivité. Dire que les difficultés que connaît notre pays sont le seul fait d’un groupe ou d’un individu relève du simplisme et d’un manque crucial d’objectivité. Nombre de défis qui se posent actuellement sont complexes et chacun(e) de nous, au lieu de jeter la pierre sur telle personne ou telle autre, sur telle entité ou telle autre, doit identifier et reconnaître sa propre part de responsabilité. La responsabilité est le sentiment qui nous pousse à l’action.

Sans elle, nous croisons les bras pour verser dans la victimisation, attendant tout des autres. L’objectivité, c’est également avoir le recul nécessaire, la sagesse minimale pour apprécier/évaluer la marche de notre nation ; dire que le tableau est tout noir (qu’aucun progrès n’est réalisé au Burkina), c’est manquer cruellement d’objectivité ; tout comme claironner que tout est rose au Burkina relève purement et simplement de l’attitude d’un esprit partisan. Puissions-nous analyser, parler et agir dans l’espace public avec moins de passion partisane et plus de discernement.

Une autre chose qui m’apparait essentielle pour les Burkinabè de tous bords, est la nécessité d’être « orientés solution », de s’inscrire dans une logique constructive. Passer le temps à énumérer les problèmes de développement, à se plaindre, à critiquer les gouvernants et leurs actions, comme nous pouvons le constater, porte très peu de fruits. Par contre, si nous nous attelons à alimenter le débat public avec des propositions concrètes, consistantes et cohérentes, nous contribuerons mieux à la résolution des problèmes que nous dénonçons au quotidien.

In fine, la qualité des politiques publiques dépend largement de la qualité du débat public. S’inscrire dans une logique constructive, c’est aussi s’attaquer soi-même aux problèmes locaux, initier des « petites » actions dans son quartier, son école, son village, car « personne n’a la responsabilité de tout faire ; mais chacun doit accomplir quelque chose ». Puisse l’exemple de notre compatriote Yacouba Sawadogo, prix Nobel alternatif 2018, nous inspirer et nous motiver dans ce sens de l’engagement citoyen.

Alors que 2019 nous ouvre chaleureusement ses bras, je nous invite, tous et chacun(e), à la combativité. Individuellement et collectivement, nous devons être mobilisés et faire preuve de combativité, étant convaincus que rien n’est jamais joué d’avance. Il ne s’agit pas d’un optimisme béat. Indéniablement, il y a d’énormes défis que notre pays doit relever dans les différents secteurs : eau, énergie, éducation, santé, agriculture, industrialisation, sécurité…

Mais ce qui est réconfortant, c’est qu’au Burkina, il y a des Hommes, des valeurs, des talents, des volontés dont la mobilisation peut tirer le pays vers le haut. L’insurrection populaire des 30-31 octobre 2014 est une illustration spectaculaire de la formidable capacité du peuple burkinabè « à briser des destins établis » pour avancer vers un meilleur avenir.

En définitive, ce qui est attendu de chaque citoyen, c’est qu’il utilise sa parcelle de pouvoir pour exercer une influence positive sur la marche de la nation burkinabè. Réussir l’année 2019 exigera de l’humilité, du courage et de la vérité aussi bien de la part des dirigeants que de la part des populations.

Alfred Bewindin SAWADOGO (sa_alfred@rocketmail.com)
Co-initiateur du think tank MROD/BF
Mouvement de Réflexion sur les Opportunités de Développement du Burkina Faso

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