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Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Marcus Kouaman • mercredi 19 décembre 2018 à 16h28min
Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

Fin de l’audition du général Gilbert Diendéré. Ce mardi 18 décembre 2018, le président du Conseil national de la démocratie (CND) a eu droit aux développements des autres avocats de la défense ainsi que de ses propres avocats. Avant de quitter la barre, il a demandé pardon au peuple burkinabè.

En trois semaines, le général Gilbert Diendéré s’est présenté treize fois à la barre pour répondre aux questions de toutes les parties au procès. Ce dernier jour de comparution a été essentiellement marqué par les questions et observations des avocats de l’inculpé. Successivement, maîtres Abdoul Latif Dabo, Adama Yelkouni et Mathieu Somé ont battu en brèche les observations faites par leurs collègues des parties civiles ainsi que du parquet militaire.

Pour Me Mathieu Somé, tous ces développements sont faits comme « une diarrhée verbale dans une constipation intellectuelle ». A ces mots, le président de la police des débats lui demande de retirer ses mots. Chose que l’avocat accepte tout en insistant qu’il retire ses mots mais son esprit reste dessus. L’avocat de Gilbert Diendéré trouve que jusqu’à ce stade, aucune preuve sérieuse n’a été brandie par l’accusation pour prouver la culpabilité de son client ; au contraire, l’on tente de saupoudrer les choses en trompant le peuple. Alors que le peuple a droit à la vérité.

Me Somé va plus loin en accusant le parquet militaire d’être là en mission commandée, mais sans plan d’action. Il en veut pour preuve le fait que le parquet ne respecte rien, piétine même l’arrêt de renvoi en parlant d’autres infractions comme l’association de malfaiteurs, le terrorisme. Le conseil de Diendéré n’a pas manqué de dire qu’il y a un incivisme judiciaire naissant parce que la constitution des avocats des parties civiles n’a pas été faite dans le respect de la procédure. Donc, ils sont à ce tribunal dans une illégalité totale.

« Des mains invisibles derrière ce procès »

L’avocat trouve qu’il y a des mains invisibles derrière ce procès, sinon des procès-verbaux de non-comparution n’auraient pas disparu du dossier et l’on n’aurait pas déchargé des juges d’instruction, ni tripatouillé des mandats d’arrêt internationaux. Ce tripatouillage, souligne-t-il, a créé un séisme dans la maison judiciaire. « Pourquoi y a-t-il eu un rabat du mandat d’arrêt international ? Et vous venez vous asseoir ici pour vous constituer partie civile… », lance-t-il. A ce procès, l’Etat s’est constitué.

Ainsi que l’ancien Premier ministre Isaac Zida et l’actuel ministre de la Justice, René Bagoro. Pour l’avocat, les vraies parties civiles à ce procès sont les victimes et parents des victimes du putsch de 2015. Il affirme que le Pr Augustin Loada (ministre de la Fonction publique sous la Transition), qui était constitué, s’est retiré après réflexion, et il sait pourquoi.

A la suite de l’avocat, la parole est donnée au général Gilbert Diendéré pour sa conclusion. Tout en remerciant le tribunal et le peuple pour la patience dans l’écoute, il demande pardon à ceux qu’il aurait offensés lors de ses prises de parole. « Je voulais aller au procès pour pouvoir parler et pouvoir dire ce qui est au fond de mon cœur », indique-t-il. L’accusé dit regretter les morts, les blessés, les dégradations de biens, « je continue de regretter ».

« Zida se trouve dans la neige canadienne… et c’est nous qui souffrons ici »
Il réitère sa demande de pardon au peuple burkinabè, aux parents des victimes et aux blessés. « Cette situation est arrivée par la volonté d’un homme qui pensait que son heure était arrivée et aujourd’hui, cette personne n’est pas là. Il se trouve dans le chaud ou dans le froid, dans la neige canadienne, et c’est nous qui souffrons ici », conclut-il.

Après cette profession de foi, le général Diendéré fait un pas en arrière, prend le temps de porter son béret et fait le salut militaire avec le claquement de la cuisse qui résonne dans toute la salle. Il se retourne, vient serrer la main de ses avocats ainsi que des autres avocats qui sont en première ligne, avant de regagner le box des accusés. Ainsi prend fin l’audition de « Golf ».

Me Dieudonné Bonkoungou, avocat du général Djibril Bassolé, qui est le suivant à comparaître, prend la parole pour demander au président du tribunal la suspension du procès. Cela, en raison des fêtes de fin d’année. Pour lui, il serait judicieux de suspendre et de reprendre en janvier 2019, afin de permettre aux avocats étrangers d’être présents. Le président statuera ce mercredi 19 décembre 2018, à la reprise du procès à 9h.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 19 décembre 2018 à 14:06, par Ahmed En réponse à : Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

    Selon les avocats de Gilbert rien ne prouve malgré que le général à fuit à la nociature et les morts et blessés et en tant que président du CND leur client ne se reproche rien et n’a rien à se reprocher. Inutile de demander pardon. Au moins maître Some et son client Diendere sont convaincus que Dieu existe .

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  • Le 19 décembre 2018 à 14:07, par Mafoi En réponse à : Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

    A vrai dire,le panier des avocats pourris du général en carton sont de vrais escrocs qui sont juste venus à ce procès pour se remplir les poches à moindre frais.En tout cas je ne sais pas qui paiera l’ardoise mais quand cet avocat que je n’ose pas prononcer son nom pour ne pas offenser les vrais Somé surtout celui de Lefaso.net s’avance pour parler de diarrhée verbale dans une constipation intellectuelle sur le déroulement du procès de ce félon,je tombe des nues.C’est exactement comme s’il s’adressait à ce dernier qui a passé son temps à divaguer,à se débiner,à se contredire avec des propos frisant souvent la débilité.Moralité,qui se ressemble,s’assemble car un avocat nul ne peut conseiller à son client que des âneries et comme il se trouve que notre général en carton n’a pas un QI développé pour faire la part des choses,pendant 3 semaines il a passé son temps à déverser des diarrhées verbales du fait de sa constipation intellectuelle

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    • Le 20 décembre 2018 à 00:07, par SOME En réponse à : Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

      Merci mon frere pour tes bons mots car je presume que tu parles de moi SOME qui interviens sur lefaso.net quand tu ecris « cet avocat que je n’ose pas prononcer son nom pour ne pas offenser les vrais Somé surtout celui de Lefaso.net  ». Je ne sais si je fais partie des vrais Somé, mais ce qui est sur c’est que tout comme toi, ka, tapsoba lebobolais et bien d’autres, je ne viens pas sur ce forum pour nous defouler ou semer la confusion ; On se comprend je pense !

      Oui j’ai été surpris par cette sortie de Me Somé mais je comprends que l’on est dans une profession ou le maitre mot est la fanfaronnade et le terrorisme verbal. Mais venant de Some Baterlé… Je t’assure que j’ai relu la phrase pour m’assurer d’avoir bien lu ce que j’ai lu. Mais helas le mal était fait ! Excuses ou pas d’excuses de sa part ! le mal est fait et ce n’est qu’un signe du profond malaise de la defense. Conseiller a son client d’adopter cette ligne de defense en dit long ! ce n’est qu’un aveu que la chose est perdue pour eux ! Mais il faut sauver le « soldat » djendjere !

      Dans cette profession certains croient que leur valeur se trouve dans l’esbrouffe et la rhetorique creuse. Je donnais plus de valeur a Baterlé que cela ! Il n’avait pas besoin de cette tactique pour s’en sortir. Mais je le comprends il n’a herité de ce dossier par hasard ni à l’insu de son plein gré. Je parie que M Some aurait preferé rester en dehors de ce proces meme s’il est l’avocat attritré du CDP qu’il sert si loyalement et efficacement depuis si longtemps. La vie est faite de choix et Baterlé a fait son choix, tout comme n’importe quel citoyen peut le faire, meme si des interets personnels peuvent faire pencher plus facilement la balance dans le choix.

      Des l’entame du procès M Somé avait donné le ton, mais tout compte fait ce n’était que trop previsible en droit et dans cette profession d’avocat. On voit bien que M Somé ne plaide pas, mais suit une tactique qu’on lui a mise sous le nez et il va chercher les instructions chez qui de droit. On le voit tout ca ! mais comme tu le resumes si bien nous sommes entre rapaces et rapacites ; cette rapacite venue de loin nous asservir il y a si longtemps !
      SOME

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  • Le 19 décembre 2018 à 15:25, par Kaboss En réponse à : Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

    Si je comprend bien le français,selon Gol et ses avocats ; c’est Zida qui a fait le coup d’état, Zagré presidait le CND, le RSP était des extrenistes programmé et luis, il est un victime comme les frères abattuent durant le Pust. Haaaa ! Oui.

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  • Le 19 décembre 2018 à 15:26, par Ranini En réponse à : Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

    Bonnes gens ! Le Général est très intelligent ! Je dis cela parce que c’est la même posture qu’il pourrait adopter dans le dossier Thomas SANKARA à venir. Ce sont, toutes choses égales par ailleurs, les mêmes circonstances ! SANKARA était en réunion dans une salle le 15 octobre 1987 tout comme le Conseil des ministres le 16 septembre 2015. Ils ont été cueillis dans cet environnement sans risque pour les assaillants avec un peu plus de chance pour le gouvernement (pas de perte en vie humaine). DIENDERE n’est arrivé qu’à la fin des opérations dans les deux situations. S’il est acquitté dans le procès du putsch du 16 septembre, ce sera jurisprudence pour le putsch du 15 octobre ! Est-il coupable ou innocent ? That’s the question ! !!

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  • Le 19 décembre 2018 à 15:54, par Charbel77 En réponse à : Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

    Il y a un adage qui dit que l’Homme qui demande PARDON (ou qui PARDONNE) est un ami de l’Éternel Dieu. Il y a beaucoup de haine dans nos commentaires. Faisons preuve de prudence et de discernement dans nos propos car le dernier mot appartient à Dieu.

    ’’Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent ( Psaume 84,10).

    Merci à vous,

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  • Le 19 décembre 2018 à 18:15, par Dedegueba Sanon En réponse à : Fin de l’audition du général Diendéré : Y aura-t-il une suspension jusqu’en janvier 2019 ?

    Golf et ses avocats se sont chatouillés pour rire lors de ce procès. Je n’ai pas aimé l’expression diarrhée verbale ...nul n’a le monopole de la malcause. Accuser de tripatouillage en défaveur de Golf, et peut-être plus tard Djibril, qui se sont spécialisés dans les faux complots, les faux procès verbaux, les obstructions judiciaires ( les non lieu) en tout genre, sans compter la liquidation des témoins, me semble incongrue. Ces avocats devraient savoir que leur client est un as en la matière. D’ailleurs Golf a refusé de répondre à certaines questions pour volontairement faire obstacle à la vérité. Une incohérence qui veut qu’il soit volubile lorsqu’il s’agit s’enfoncer son "traitre de neveu" Zida et la hiérarchie militaire, mais muet comme une carpe lorsqu’il faut parler des soutiens internes( CDP et autres) et externes(CDEAO, les millions, et les équipements pour mâter).
    Et puis zut, comment dire que : "J’assume" pour venir dire après son regret et demander pardon ?
    De toute façon avec l’inculpation du Col major Bonkian dans l’affaire Tom Sank, il y a virtuellement un autre procès épique qui l’attend.
    Bonne chance, vraiment bonne chance à lui.

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