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Accès à l’eau potable : A Pô, l’eau coule difficilement…

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Nicole Ouédraogo • mardi 11 décembre 2018 à 23h53min
Accès à l’eau potable : A Pô, l’eau coule difficilement…

Avec un taux d’accès à l’eau potable évalué à 98% dans la ville de Pô, selon les données de la Direction provinciale de l’eau et de l’assainissement du Nahouri, on estime que l’or bleu n’est pas une denrée rare dans cette partie du territoire. Et mieux, que l’engagement du président du Faso d’atteindre « zéro corvée d’eau » en 2020 pourrait bien être une réalité. Constat dans la province du Nahouri, l’une des trois provinces du Centre-Sud, région abritant la célébration du 58e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso.

L’eau c’est la vie, dit-on. Et si l’on se réfère aux données de la Direction provinciale de l’eau et de l’assainissement du Nahouri, le taux d’accès à l’eau potable dans la commune de Pô s’évaluerait à 82,8%. Le tableau semble reluisant et pourtant, la réalité est tout autre. « L’un de nos plus grands problèmes, c’est l’accès à l’eau. A l’heure où je vous parle, il n’y a aucune goutte d’eau dans nos robinets », témoigne un habitant du secteur N°6 de Pô, Oumar Tietiembou.

A l’en croire, malgré la présence de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), la situation serait critique dans certaines parties de la ville comme les secteurs 3 et 4. Là, dit-il, il faut veiller pour recueillir l’eau du robinet. Le premier responsable de la commune, le maire Akowé Victor Zanguyo, lui-même, le reconnaît : « Réellement, la population souffre beaucoup du manque d’eau. Il faut se lever pratiquement à 4h du matin pour avoir l’eau.

En plus, les bornes-fontaines dont disposent l’ONEA dans certains secteurs comme les secteurs 2, 3 et 7 ne fonctionnent pratiquement pas ». Puis d’asséner : « L’ONEA n’arrive pas à couvrir les besoins de la population. Les différents châteaux d’eau sont vidés en une journée et pire, nous sommes reliés au réseau électrique du Ghana, et lorsqu’il y a délestage, il n’y a plus d’énergie pour faire remonter l’eau ».
Le chef du centre de regroupement ONEA de Pô, Gédéon Yaméogo, ne dira pas le contraire. « Nous n’arrivons pas à couvrir les besoins réels de la population », a-t-il signifié. Et cela, malgré les seize ouvrages (nappe phréatique, forages) d’un débit cumulé de 1 400 m3 d’eau et les 40 bornes-fontaines actives.

« Cela fait près de neuf mois que la pompe ne fonctionne plus »

Loin de la ville et des services de l’ONEA, on ne trouve la denrée rare qu’au niveau des pompes à motricité humaine. À Tambolo, localité située à environ 9 km de Pô, les habitants connaissent bien l’utilité de l’un des 11 forages que compterait le village, selon le directeur provincial de l’eau et de l’assainissement du Nahouri. Celle que nous avons visitée à la date du samedi 8 décembre 2018 a été acquise en 2007. Dames Akuya et Ananou que nous avons rencontrées sur les lieux affirment que leur vie a changé depuis l’installation de la pompe dans le village.

Contraintes autrefois de recueillir l’eau dans un marigot situé à quelques mètres de la pompe, ces femmes ne cachent pas leur enthousiasme et souhaiteraient tout de même en acquérir d’autres, au regard de l’affluence de la population et de la récurrence des pannes. Conscients de l’utilité de cet outil, les habitants ont installé un comité de gestion des pompes à motricité humaine pour pallier d’éventuelles difficultés.

A cet effet, la gestionnaire des pompes, Christine Kodé, a relevé qu’une cotisation annuelle est demandée à chaque famille pour l’entretien de la pompe. Et malgré la contribution annuelle de 500 francs pour les femmes et 1 000 francs CFA pour les hommes, une autre pompe située à environ 4 km de celle que nous avons visitée, ne fonctionne plus depuis environ neuf mois.

Au début, madame Kodé confie que cette pompe acquise en 2005 avec l’appui du PNGT (Programme national de gestion des terroirs) rencontrait un problème de débit. « Il fallait pomper un long moment et attendre ensuite que l’eau sorte ». Et maintenant, « il n’y a plus rien. Cela vaut huit ou neuf mois comme ça », confie la jeune Sophie Banouga. Cette pompe qui jouxte la cour familiale avait simplifié la corvée d’eau de cette élève en classe de 4e. Mais elle doit désormais se rendre à la pompe la plus proche, située à environ 1 kilomètres, pour s’approvisionner en eau potable.

Maire de la comme de Pô

Des forages pour combler le déficit à l’instar de Manga ?

Tout comme Manga, la commune de Pô verra-t-elle une augmentation de ses capacités de production et de stockage en eau, dans le cadre de la célébration du 11-Décembre ? Pour l’instant, cette ville, qui ne dispose pas de retenue d’eau, devrait se contenter du projet de cinq forages positifs d’un débit de 60 m3 entamé en début 2018 par l’ONEA.

« A ce jour, l’appel d’offres a été lancé. Le marché a été attribué et bientôt, nous allons passer au raccordement de ces ouvrages pour satisfaire les besoins réels de la population », promet le chef du Centre de regroupement ONEA de Pô, Gédéon Yaméogo. A défaut d’infrastructures réalisées dans le secteur de l’eau dans le cadre des festivités du 11-Décembre, les habitants de Pô espèrent tout de même que le gouvernement fera des efforts pour répondre à leurs besoins en eau potable et leur favoriser un cadre de vie sain.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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