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Procès du coup d’Etat manqué : Sidi Lamine Oumar était prêt à mourir pour le général Diendéré

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Dimitri Ouédraogo • samedi 3 novembre 2018 à 00h23min
Procès du coup d’Etat manqué : Sidi Lamine Oumar était prêt à mourir pour le général Diendéré

L’interrogatoire de Sidi Lamine Oumar, débuté le mardi 30 octobre, s’est poursuivi ce vendredi 2 novembre 2018. Il est poursuivi pour incitation à commettre un attentat à la sûreté de l’Etat. Tout comme en début de semaine, l’inculpé a continué à rejeter les charges. Les écoutes téléphoniques ont révélé qu’il avait dit être prêt à mourir pour le général Gilbert Diendéré. Pour le parquet, c’est un aveu de soutien. Mais pour lui, il s’agit plutôt des mots prononcés juste pour « remonter le moral d’un ami en détresse ».

La passe d’armes entre le parquet et la partie civile, d’une part, et l’accusé et ses conseils, d’autre part, s’est poursuivie ce vendredi 2 novembre 2018. La partie poursuivante a continué à poser des questions dans le but d’assoir la culpabilité de l’inculpé. En épluchant les procès-verbaux, le parquet a révélé que l’accusé a dit, devant les gendarmes, sur commission rogatoire, qu’il a appelé le général Diendéré par opportunisme, dans le but d’obtenir la nationalité burkinabè. L’accusé, face à cette assertion, rétorquera qu’il ne reconnaît pas avoir émis ces propos devant les gendarmes. Tout en reconnaissant avoir signé les procès-verbaux, il dit l’avoir fait parce qu’il pensait qu’il allait être libéré.

En poursuivant ses questions concernant les expertises téléphoniques, le parquet a révélé que Sidi Lamine Oumar a demandé au général Diendéré, au moment du coup d’Etat, de ne pas rendre les armes. En plus, l’accusé aurait dit au général qu’il avait cinq à six hommes au camp des réfugiés de Mentao (près de Djibo) prêts à intervenir. Sidi Lamine rejettera en bloc ces accusations. Il dira ne pas se reconnaître dans ces échanges téléphoniques. L’accusé expliquera même que l’intitulé des conversations c’est « général Diendéré et Touareg ». Il dira qu’il est plutôt Arabe et non Touareg.

Maître Kam de la partie civile ira dans le même sens que le parquet militaire. Il dit ne pas comprendre pourquoi l’accusé a signé les procès-verbaux sans prendre le soin de les lire. Il demandera à Sidi Lamine Oumar ce qu’il aurait fait si dans les documents qu’il a signés, on lui avait prêté des propos blasphématoires, des propos très graves. L’accusé retorquera que même le plus grand savant du monde cède devant l’espoir. Il dit l’avoir fait en espérant être libéré.

A un moment, la partie civile a voulu savoir en quelle qualité l’accusé résidait au Burkina depuis octobre 2013. Sidi Lamine répondra qu’il est ici en qualité de représentant de la Coalition du mouvement des Arabes de l’Azawad. Un titre que la partie civile contestera. Pour elle, l’accusé est ici pour ses propres intérêts.

Face à cette accusation, la partie défenderesse a présenté des documents pour prouver la qualité de l’accusé. Pour le premier document, le parquet répondra que c’est une lettre de résiliation de son bail sans précision aucune du titre de représentant d’un quelconque mouvement.

Le second document, qui est une lettre du mouvement de l’Azawad adressée aux autorités militaires, administratives et judiciaires du Burkina, ne contient pas de cachet. Le parquet et la partie civile doutent de la fiabilité de ces documents. Peu importe, les avocats Aouba Zaliatout et Michel Traoré sont convaincus que les preuves sont insuffisantes.

Pour eux, aucun fait ne se rattache à l’incitation à commettre un attentat à la sûreté de l’Etat. Ils en veulent pour preuve le fait que les supposées conversations téléphoniques aient eu lieu bien après le coup d’Etat. Me Michel Traoré avancera que dans les procès-verbaux du général Diendéré, le président de l’éphémère Conseil national de la démocratie (CND) dit que ce sont d’autres personnes qui ont fait le coup d’Etat.
Par conséquent, il ne voit pas en quoi son client peut inciter le général qui, lui-même, dit ne pas être l’auteur du putsch. C’est ainsi qu’a pris fin l’interrogatoire de l’accusé. Rendez-vous est pris pour le lundi 5 novembre 2018, avec la comparution du commandant Adoul Aziz Korogo.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

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