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Incendie du domicile de Salifou Diallo : « Il faut être fou pour le faire » (Salifou Sawadogo, ancien député)

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé • mercredi 24 octobre 2018 à 00h59min
Incendie du domicile de Salifou Diallo : « Il faut être fou pour le faire » (Salifou Sawadogo, ancien député)

Son immunité avait été levée par l’Assemblée nationale, le 6 décembre 2016, à l’issue d’un vote secret, afin qu’il se mette à la disposition de la justice militaire, dans le cadre de l’instruction sur le coup d’État de septembre 2015. Accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, l’ex-député Salifou Sawadogo était à la barre du tribunal militaire, dans l’après-midi de ce mardi 23 octobre 2018.

4e Vice-président du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), chargé des relations extérieures, Salifou Sawadogo, après la levée de son immunité parlementaire sur requête de la justice militaire, avait été déféré à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA), le 15 décembre 2016. Il lui est reproché d’avoir organisé des manifestations anti-exclusion qui ont conduit aux saccages et incendies des domiciles de feu Salifou Diallo et Safiatou Lopez lors du coup d’Etat de septembre 2015. Appelé à la barre du tribunal militaire, celui qui bénéficie d’une liberté provisoire depuis le 4 mai 2017, a rejeté les faits qui lui sont reprochés.

A en croire Salifou Sawadogo, dans la matinée du 16 septembre, il participait à une réunion du Secrétariat permanent, composante du Bureau exécutif national, pour faire le point des candidatures invalidées par le Conseil constitutionnel dans le cadre des législatives. A la fin de la rencontre, il serait allé se restaurer au jardin Yenenga avec Achille Tapsoba et Anicet Poda. C’est là qu’il aurait appris l’arrestation des autorités de la Transition.

Rendez-vous a été donné plus tard au siège du parti où l’accusé souligne avoir eu des échanges informels avec d’autres cadres du parti. « Nous avons cherché à comprendre. Aucun d’entre nous n’avait des éléments d’information. Au regard de ce qui s’est passé lors de l’insurrection populaire, le plus important pour nous c’était de veiller à la sécurité de nos biens mobiliers et immobiliers », a déclaré Salifou Sawadogo.
Au cours de leur rencontre, dans l’après-midi, le président du parti, Eddie Comboigo s’est rendu en banque, toujours selon ses explications, et en est revenu avec un carton contenant la somme de 15 millions de francs CFA. 10 millions auraient été retenus pour assurer la sécurité des biens des camarades dans les arrondissements de Ouagadougou.

A l’ouverture de l’audience le 27 février

Le lendemain, soit le 17 septembre, l’accusé raconte s’être rendu à une rencontre convoquée par Noël Sourwèma, le secrétaire général provincial de la section du Kadiogo du CDP, au rond-point des martyrs où devaient converger les camarades du parti, dont le siège a été incendié la veille dans la soirée. Rappelons que M. Sourwèma qui a bénéficié d’un non-lieu dans le cadre du dossier du putsch, avait déclaré, lors de son interrogatoire d’identité, qu’il avait été instruit par Salifou Sawadogo pour organiser cette rencontre. Première contradiction entre les deux hommes.

Outre cela, Salifou Sawadogo jure la main sur le cœur être venu trouver Noël Sourwèma au rond-point des martyrs. Pourtant, le secrétaire général provincial de la section du Kadiogo du CDP au moment des faits, toujours dans son interrogatoire, a expliqué qu’il n’y avait personne lorsqu’il est arrivé au lieu du rendez-vous, en compagnie de M. Niodogo Charles (aujourd’hui suppléant de Salifou Sawadogo à l’Assemblée nationale, ndlr).
Il aurait refait demi-tour avant de revenir sur ses pas après un appel téléphonique de M. Sawadogo. De retour au rond-point des martyrs, Noël Sourwèma, selon le Parquet, a déclaré que Salifou Sawadogo était en compagnie d’une cinquantaine de personnes. Deuxième contradiction.

Pour la journée du 18 septembre, l’accusé dit avoir aperçu une fumée alors qu’il était non loin du rond-point des martyrs. Renseignement pris, il a appris que des militaires avaient incendié le domicile de Salifou Diallo. Il apprendra plus tard que le domicile de Safiatou Lopez, figure de la société civile, a subi le même sort. Est-il mêlé à cela ? Baguian Abdoul dit Lota a soutenu lors de son interrogatoire devant le juge d’instruction qu’il avait entendu un groupe de jeunes dire que c’est l’accusé qui avait ordonné d’incendier le domicile de Salifou Diallo.

Pourtant M. Sawadogo persiste : « Salifou Diallo et moi avons mené le même combat. Après, nous avons eu un parcours politique différent. Je ne peux pas aller brûler son domicile. Il faut être vraiment fou pour brûler la maison du tout-puissant Salifou Diallo. J’ai la conscience tranquille sur ce fait. Personnellement, j’ai pu dire à Salifou Diallo que je n’ai pas brûlé sa maison ».

L’accusé a également relaté à la barre qu’à sa sortie de la MACA, il a reçu la visite de M. Baguian à son domicile venu faire son mea culpa. A quel propos ? « J’avoue que jusqu’à présent, je ne lui ai pas demandé la raison de son mea culpa », a-t-il laissé entendre.

L’audience a été suspendue. Elle reprendra demain mercredi à 9h.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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