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Audition du coup d’Etat : Minata Guelwaré reconnaît avoir soutenu le “D” de CND

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Tiga Cheick Sawadogo • lundi 15 octobre 2018 à 23h40min
Audition du coup d’Etat : Minata Guelwaré reconnaît avoir soutenu le “D” de CND

Une dame à la barre ce 15 octobre 2018, dans le cadre du procès du coup d’Etat manqué de septembre 2015. Minata Guelwaré est militante du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ancien parti au pouvoir. Elle était même de la direction de ce parti en tant que 2e secrétaire nationale chargée des mouvements associatifs et des OSC. Quatre chefs d’accusation pèsent sur l’accusée qui a plaidé non-coupable.

Complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, dégradation volontaire aggravée de biens. Ce sont les quatre chefs d’accusation retenus contre Minata Guelwaré, née le 1er juillet 1982 en Côte d’Ivoire. Elle n’a reconnu aucun des faits. Selon sa narration, c’est le 16 septembre dans l’après-midi qu’elle a appris, via la télévision, que les autorités de la Transition étaient mises aux arrêts.

C’est après avoir entendu l’appel d’un leader d’Organisation de la société civile (OSC) sur les ondes de radio Omega, appelant la population à sortir pour s’opposer au coup de force, qu’elle, également, se rendra dans ladite radio avec ses camarades pour faire un communiqué demandant à la population de rester chez elle, pour éviter des morts. Mais le lendemain, ayant pris connaissance de la déclaration de prise du pouvoir par le CND, elle se rendra une fois de plus à la radio pour inviter la population à sortir manifester son soutien aux nouvelles autorités.

Des communiqués qui ne passeront d’ailleurs pas, a regretté celle qui avait créé le Mouvement pour la rectification de la démocratie. Elle ajoute que les deux enregistrements ont même été modifiés par la suite. « Le journaliste, se rendant compte des menaces, leur a donné le micro. Elle a parlé, croyant que c’était en direct. Se rendant compte qu’elle a été dupée, elle estime que les communiqués ont été traficotés », précisera Me Séraphin Somé de la partie civile.

Ainsi, avec des jeunes, elle a mené des actions de soutien au CND. La raison de ce soutien, la nouvelle instance prônait l’inclusion et l’organisation d’élections libres, transparentes et ouvertes à tous les Burkinabè. Mais elle a tenu à préciser que c’est seulement le D (c’est-à-dire Démocratie) qu’elle et ses camarades soutenaient, plutôt que le CND en tant que tel. Incompréhension des avocats de la partie civile.

A la suite et toujours dans le sillage du coup d’Etat, Minata Guelwaré a reconnu avoir été appelée par Moussa Nebié dit Rambo. Ce dernier voulait qu’elle sillonne la ville pour lui remonter des informations, notamment sur le mouvement des militaires venant des autres garnisons. C’est à la présidence que l’ancienne secrétaire nationale chargée du mouvement associatif et des OSC du CDP ira chercher du carburant parce que les stations d’essence étaient fermées. Dans un véhicule de marque Mercedes, direction la sortie Est de la capitale.
« Etes-vous un agent de renseignement de l’armée pour jouer ce rôle ? », lui demandera un avocat de la partie civile. « Non, Rambo m’a juste demandé de le tenir informé du mouvement des troupes », répond l’accusée. « Justement, en bon Français, c’est ce qu’on appelle renseignement ! », rétorque la partie civile.

De l’incendie de la radio Laafi de Zorgho

Plusieurs personnes, dont des soldats, reconnaissent que c’est une dame qui a servi de guide aux sergents-chefs Ali Sanou et Mohamed Zerbo et à leurs équipes, pour aller à Zorgho où la radio Laafi a été incendiée. Mais elle, ne reconnaît pas être allée à Zorgho. Pourtant, le responsable de ladite radio l’a formellement identifiée. « C’est faux ! Je n’ai jamais, jamais, jamais été à Zorgho », a insisté l’accusée qui demande une confrontation avec celui qui l’a mise en cause.

Aussi, devant le juge d’instruction lors des enquêtes, Moussa Nebié a expliqué n’avoir jamais demandé d’aller saccager une radio à Zorgho, mais plutôt de se positionner dans un endroit stratégique pour remonter les informations sur le mouvement des « loyalistes ». Là également, la militante du CDP notera que ces déclarations n’engagent que leur auteur. Par conséquent, elle exigera une confrontation avec Rambo aussi.

L’interrogatoire de la première femme à comparaître dans ce procès a été interrompu par le président du tribunal, Seydou Ouédraogo. Elle reprendra ce 16 octobre 2018.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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