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Burkina : Le SPONG et des OSC du consortium Fas’Eau interpellent le gouvernement sur les mécanismes de redevabilité de l’ODD 6

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Mission Faseau • LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • lundi 1er octobre 2018 à 10h30min
Burkina : Le SPONG et des OSC du consortium Fas’Eau interpellent le gouvernement sur les mécanismes de redevabilité de l’ODD 6

En marge de la célébration du 3e anniversaire de l’adoption des Objectifs de développement durable (ODD), le Secrétariat permanent des Organisations non-gouvernementales (SPONG) a présenté les résultats d’une étude qu’il a menée sur les mécanismes de redevabilité de l’ODD 6 au Burkina Faso en 2017, en collaboration avec des OSC du Consortium Fas’Eau. C’était ce vendredi 28 septembre 2018 en présence de plusieurs acteurs de la société civile et représentants de structures étatiques.

L’on s’en souvient. Le 25 septembre 2015, les nations du monde donnent la marche à suivre pour un avenir meilleur et plus durable à travers l’adoption de 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). Education, santé, énergie, lutte contre les inégalités… sans oublier l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, le 6e « Commandement » qui doit être garanti d’ici 2030. D’ailleurs les experts sont unanimes : atteindre cet objectif permettra d’atteindre 11 autres objectifs de développement durable.

Au Burkina Faso, il existe une politique nationale de l’eau pour la période 2016-2030 déclinée en cinq programmes dont les rapports sont pour l’heure, les seuls à renseigner les indicateurs sur l’ODD 6. Il existe aussi des mécanismes de redevabilité. Qui sont-ils ? Sont-ils opérationnels et efficaces ? Comment la société civile participe-t-elle à ces mécanismes ? Ce sont entre autres les questions qui ont trouvé réponses dans une étude menée par le SPONG et présentée aux acteurs ce vendredi après-midi.

Cette étude a été réalisée avec l’appui technique de End Water Poverty, Watershed, Coalition Eau France, WSSCC, WaterAid et IRC. Selon Hilaire Dongobada de IRC, une méthodologie commune a été utilisée dans 27 autres pays dont 14 du continent africain. Elle a consisté à administrer 30 questionnaires en ligne pour différentes catégories d’acteurs dont 19 questionnaires remplis (12 ONG, 4 structures étatiques, 2 organismes internationaux, 01 indépendant). Des entretiens avec des acteurs-clés ont été également faits. A la suite de ce processus, une réunion de validation des conclusions et recommandations avec les principaux acteurs a été menée avant la consolidation du document au niveau international.

Du contenu du rapport d’étude, l’on retiendra que les mécanismes institutionnels de redevabilité mis en place par l’Etat sont légions. Il y a entre autres le comité national de pilotage du Plan national du Développement économique et social (PNDES), le Comité national de pilotage de la Politique Nationale de l’Eau (CNP/PNE) ; le Conseil national de l’eau […] et le cadre sectoriel de Dialogue (CSD) Eau, Environnement et Assainissement qui offre la possibilité aux OSC de se prononcer sur les performances du secteur, contrairement aux Comités de revue des programmes opérationnels où leur marge de manœuvre reste encore faible.

« Certes les cadres existent mais la grande question que je me pose c’est si l’Etat veut vraiment de ces cadres. Ils sont souvent créés par conformisme pour montrer patte blanche aux partenaires techniques et financiers. Le Burkina Faso est un champion en la matière », a déploré M. Sylvestre Tiemtoré, Coordonnateur du SPONG. Il a également regretté l’insuffisance d’indicateurs renseignant sur le niveau et la qualité des services d’eau et d’assainissement et par ricochet sur la réalisation des droits humains à l’eau et à l’assainissement.

Du contenu du rapport, l’on retiendra que plusieurs acquis sont à mettre à l’actif de la participation de la société civile à ces mécanismes de redevabilité. Il s’agit entre autres de l’inscription du droit à l’eau et à l’assainissement dans la Constitution, la considération de la Société civile comme partie prenante dans la quasi-totalité des cadres de dialogue au niveau du secteur de l’eau et de l’assainissement, l’interpellation de l’ONEA sur les problèmes d’eau dans les grandes villes, l’érection d’un Ministère plein pour l’eau et l’assainissement, etc.

Des aspects restent à améliorer. Et selon Hilaire Dongobada, des actions doivent être entreprises pour renforcer la compréhension de l’ODD 6 et de toutes ses cibles à tous les niveaux et soutenir la production de rapports alternatifs des OSC et leurs diffusions. L’organisation des débats et des interpellations régulières dans les médias sur des situations vécues, la promotion la justiciabilisation du droit à l’eau et à l’assainissement et le renforcement des capacités (appui technique et financier) des OSC pour le suivi citoyen des progrès réalisés sont également à prendre en compte.

Pour Mme Lompo Johanna de la Direction générale de l’assainissement, la participation des ONG et OSC dans les cadres de concertation est à parfaire car comme le dit le proverbe « seul on va vite mais ensemble, on va plus loin ». Outre cela, elle souligne la nécessité de développer le partage de l’apprentissage à tous les niveaux ».

Dans le rapport, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des acteurs. Au Gouvernement, il est suggéré d’accepter le rôle prépondérant de la société civile en termes d’interface afin d’améliorer la gouvernance. Il lui est également recommandé de mettre en place un système de financement pour soutenir la participation des OSC dans les différents cadres d’interactions avec le Gouvernement et autres parties prenantes.

Pour la représentante du ministère de l’eau, il s’agit là d’une question pertinente. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle son département est en train d’élaborer la stratégie nationale de gestion de la filière de l’assainissement qui comprend cinq axes stratégiques dont le 5e porte sur cet appui financier. Toujours dans le cadre du financement, il est souhaité l’ouverture, par les partenaires au développement, de lignes spécifiques de financement aux organisations faitières des OSC.

Enfin, les ONG et les OSC, n’étant pas exempts de tout reproche, il leur a été demandé d’améliorer la redevabilité en leur sein afin de renforcer leur crédibilité vis-vis des gouvernants et des populations.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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