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2e édition de « Africa Mousso » : 18 femmes battantes seront à l’honneur

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Nicole Ouédraogo et Laurence Tianhoun (stagiaire) • mardi 14 août 2018 à 21h32min
2e édition de « Africa Mousso » : 18 femmes battantes seront à l’honneur

Pour la deuxième fois, Ouagadougou va abriter, du 5 au 8 septembre 2018, l’évènement culturel dénommé « Africa Mousso », une cérémonie de distinction des femmes entreprenantes. Dans cet entretien, l’initiatrice, Sandrine Folané, par ailleurs directrice générale de l’Entreprise générale de services (EGES), nous fait le point des préparatifs de cette deuxième édition.

Lefaso.net : Présentez-vous à nos lecteurs

Sandrine Folané (S.F.) : Je suis madame Sandrine Folané née Ouédraogo, directrice générale de l’Entreprise générale de services (EGES), créée en 2009 et spécialisée dans le domaine de la décoration, l’organisation de cérémonies, la location de matériel et la restauration. Je suis également la promotrice de l’évènement culturel dénommé « Africa Mousso ».

Lefaso.net : Qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer dans le secteur de l’évènementiel ?

S.F. : Après mes études en tourisme et hôtellerie, j’ai travaillé durant trois ans dans le secteur l’hôtellerie et, ensuite, une année et demie dans une agence de voyage. Et de l’hôtellerie à l’évènementiel, nous sommes pratiquement dans le même domaine. Déjà, à l’hôtel, on organisait des mariages, on faisait la décoration et on louait également les couverts.
L’idée est donc venue de là, je me suis dit pourquoi ne pas me lancer dans ce domaine, à mon propre compte. C’est ainsi que j’ai fait mes premiers pas dans le domaine en 2009, avec un budget de 450 000 francs CFA.

Lefaso.net : Comment se comporte EGES sur le marché et quelle appréciation faites-vous du secteur de l’évènementiel au Burkina ?

S.F. : J’avoue que les choses étaient difficiles au début. A un moment donné, on se demandait si on n’allait pas fermer, car on a eu chaud. Mais grâce au travail bien fait, on n’a pu fidéliser 50% des premiers clients qui ont amené d’autres clients. Aujourd’hui, j’emploie huit personnes permanentes et les contractuels peuvent atteindre le nombre de douze.

Le domaine est porteur, mais on se rend compte que les coûts sont entrain de baisser de jour en jour et je me demande qu’est-ce qu’on va devenir. Aujourd’hui, certains d’entre nous ne disposent pas de local et profitent de cela pour casser les prix. Le travail est en train de perdre sa valeur à tel point qu’il nous arrive souvent d’avoir du mal à prendre en charge nos employés ou payer la location.

Je remarque également qu’on minimise le travail. Certains font leur planning en oubliant la décoration. Souvent, c’est à la dernière minute qu’ils nous font appel ; pourtant la décoratrice a besoin de se rendre sur les lieux deux à trois jours à l’avance, pour pouvoir bien faire son travail.

Lefaso.net : Vous êtes également la promotrice de l’évènement culturel « Africa Mousso ». De quoi s’agit-il et qu’est-ce qui vous a motivée à initier cet évènement ?

S.F. : « Africa Mousso » est une cérémonie de distinction des femmes battantes du secteur informel, ces femmes africaines qui se battent dans l’ombre. Etant que moi-même je suis du secteur informel, j’ai une idée des difficultés que les femmes rencontrent lorsqu’elles allient le travail avec la vie de famille. Il m’est arrivé de rentrer à 1h ou 2h du matin, ou même de passer la nuit hors de la maison.

Cet évènement est ma contribution à l’émancipation de la femme battante. L’année dernière, nous avons récompensé quinze femmes battantes du Burkina, exerçant différents métiers ; des vendeuses de fruits et légumes, des balayeuses de rue, des agricultrices, etc.

Lefaso.net : La 2e édition se tiendra du 5 au 8 septembre 2018 à Ouagadougou ; quelle sera la particularité et quel est le thème retenu ?

S.F. : Elle se tiendra du 5 au 8 septembre sous le thème : « Le leadership féminin au profit du développement économique et social de l’Afrique ». Nous entendons par là exhorter les femmes burkinabè et d’ailleurs à s’investir dans tous les secteurs d’activités. L’une des particularités de cette édition, c’est que des femmes issues de la Côte d’ivoire et du Bénin sont attendues à cet évènement. Bien avant la date, on aura des activités récréatives.

Lefaso.net : Quelles sont les activités prévues à cet effet ?

S.F. : Au programme, il est prévu une visite des femmes (lauréates de la première édition et les candidates de 2018) au Mogho Naaba, une visite à l’Assemblée nationale. On prévoit aussi des séances de formation en marketing digital pour faciliter l’accès des femmes aux TIC.
L’objectif étant de permettre aux femmes de faire la promotion de leurs produits. Au titre des activités programmées, figurent également une formation à l’IAM, du 4 au 7 septembre, à l’endroit des jeunes filles. La présente édition prendra fin le 8 septembre par un dîner de gala et ce sont 18 femmes qui seront distinguées.

Lefaso.net : Quelle sera la suite pour ces femmes désignées « femmes battantes » ?

S.F. : Mon but est que ces femmes puissent bénéficier d’un accompagnement pour le reste de leur parcours, mais seule, je ne peux pas y arriver. Cela dépendra du ministère en charge de la Femme. Je profite d’ailleurs de vos colonnes pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés de nous soutenir. Aussi, nous profitons de l’occasion pour remercier de nouveau l’IAM qui offre une bourse d’études à l’une des nominées.

Lefaso.net : Comparativement à la première édition, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’organisation ?

S.F. : En 2017, nous avons rencontré pas mal de difficultés. Il y avait une certaine méfiance de la part des partenaires, mais pour la présente édition, il y a certaines personnes qui acceptent de nous accompagner.

Lefaso.net : Votre dernier mot…

S.F. : Je lance un appel aux sponsors, car on a vraiment besoin d’accompagnement. J’invite toutes les femmes battantes à prendre part à cet évènement ; venez massivement participer à cet évènement qui est la vôtre. Les tickets d’entrée à la soirée de gala sont déjà disponibles. Contact : 75 75 68 08.

Propos recueillis par Nicole Ouédraogo
Laurence Tianhoun (stagiaire)

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