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Libertés syndicales : Des organisations syndicales dénoncent les agissements du gouvernement

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Moussa DIALLO • vendredi 25 mai 2018 à 23h40min
Libertés syndicales : Des organisations syndicales dénoncent les agissements du gouvernement

Une vingtaine d’organisations syndicales ont tenu, le 25 mai 2018, une conférence de presse pour dénoncer la remise en cause des libertés démocratiques et syndicales au Burkina. Ils citent, entre autres, la proposition de loi à l’Assemblée nationale qui visait à vider le droit de grève de son contenu (projet abandonné ( ?) suite aux dénonciations des organisations syndicales), les tentatives d’interdiction de manifester sur les lieux de travail (sit-in). Tout en interpellant le gouvernement à se conformer aux textes nationaux comme internationaux et à respecter le droit des travailleurs d’organiser des rassemblements sur les lieux publics, les conférenciers du jour ont appelé leurs militants à se tenir prêts pour toute action que commanderait la situation dans les prochains jours.

Le 23 mai dernier, une vingtaine d’organisations syndicales, notamment une centrale syndicale (CGT-B) et 19 syndicats autonomes avaient publié une déclaration dans laquelle elles dénonçaient des atteintes aux libertés syndicales. Pour mieux expliquer leur position, elles ont organisé une conférence de presse, à la Bourse de travail, le 25 mai 2018. « Depuis quelques mois, on observe des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales aussi bien dans la pratique que dans le discours », campe le porte-parole des conférenciers, Norbert Ouangré, secrétaire général adjoint de la CGT-B. Tout a commencé, explique-t-il, avec une proposition de loi émanant de l’Assemblée nationale visant à vider le droit de grève de son contenu. Suite à des dénonciations des organisations syndicales, ce projet a été vite rangé par les autorités.

Mais les autorités politiques ne s’arrêtent pas là. La question de la légalité des sit-in est vite venue occuper l’espace médiatique avec cet avis juridique du Conseil d’État, suite à une requête du gouvernement. S’appuyant sur cet avis (pas une décision), de nombreux sit-in ont été empêchés.

« Ces derniers temps, de nombreux syndicats ont subi des atteintes à leur liberté d’organiser des manifestations sur leurs lieux de travail. Il en a été ainsi pour les syndicats du ministère des Affaires étrangères et de la coopération, du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, du gouvernorat du Centre-Ouest, etc.

En réponse aux lettres de ces syndicats annonçant des sit-in, les ministères ont répondu, sur la base d’un avis juridique du Conseil d’État, que les sit-in étaient illégaux. En application de ces réponses, les lieux des sit-in ont été envahis par les forces de sécurité. Ainsi, si quelques syndicats ont pu tenir leur sit-in, de nombreux autres ont été empêchés de tenir les leurs », détaille Norbert Ouangré.

Le porte-parole des conférenciers n’a pas manqué d’évoquer le cas de la grève des 4 et 5 avril des syndicats du ministère de l’Économie et des Finances. En effet, après avoir tenu leur piquet le premier jour, les forces de l’ordre ont investi le ministère le deuxième jour, empêchant la tenue du piquet. Pire, les chaises et le matériel d’animation ont été emportés avant d’être restitués plus de 40 jours après.

« N’eut été la sagesse des responsables des syndicats du MINEFID et la discipline des travailleurs, cette occupation injustifiée du ministère et la confiscation du matériel des grévistes auraient pu donner lieu à des affrontements. C’est le même scénario qui s’est produit à l’occasion de la grève en cours actuellement, avec en prime un dispositif policier plus renforcé », soutiennent les conférenciers.

Tout en dénonçant ces tentatives de confiscation des libertés démocratiques et syndicales, les organisations syndicales se disent déterminées à défendre les libertés comme la prunelle de leurs yeux. Pour ce faire, ils disent avoir la loi au niveau national et les conventions internationales ratifiées par notre pays.

« Le gouvernement est donc fortement interpellé afin qu’il se conforme aux textes nationaux comme internationaux et qu’il respecte le droit inaliénable des travailleurs et des citoyens d’organiser des rassemblements sur les lieux publics, notamment sur les lieux de travail. Nous appelons nos structures de base, les militants et les travailleurs à faire de la défense des libertés démocratiques et syndicales une préoccupation majeure et à se tenir prêts pour toute action que la situation commanderait de mener », a lancé Norbert Ouangré.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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