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VIIe Législature : L’opposition parlementaire craint une décrédibilisation de l’Assemblée nationale

Accueil > Actualités > Politique • • mardi 22 mai 2018 à 00h00min
VIIe Législature : L’opposition parlementaire craint une décrédibilisation de l’Assemblée nationale

Les groupes parlementaires de l’opposition politique (Union pour le progrès et le changement, UPC ; Congrès pour la démocratique et le progrès, CDP et Paix, justice et réconciliation nationale, PJRN) ont co-animé, dans l’après-midi de ce lundi 21 mai 2018 à l’Assemblée nationale, une conférence de presse sur la première session de l’année 2018 et le fonctionnement de l’institution pendant ce premier semestre de l’année 2018.

Pour le président du groupe parlementaire UPC, Nicolas Dah (principal interlocuteur à cette conférence), assisté de ses collègues du CDP, Blaise Sawadogo et du PJRN, François Bacyé, l’objectif ici est de faire des critiques objectives et constructives, assorties de propositions objectives pour faire de l’Assemblée nationale une institution fiable et viable. Car, de leur avis, le travail parlementaire devrait se faire dans un climat serein où priment le consensus et le respect des divergences idéologiques et politiques des législateurs. Ce qui ne semble pas le cas particulièrement au cours de la première session ordinaire de l’année 2018. En effet, lit-on, le travail parlementaire (en cours) a été perturbé et l’institution a tendance à se comporter comme une « caisse de résonnance de l’exécutif ».

« Les groupes parlementaires de l’opposition politique notent avec amertume qu’au fur et à mesure de l’exercice de ce mandat, depuis le décès de son premier président, des faiblesses institutionnelles pèsent lourdement sur notre crédibilité, notre notoriété et notre visibilité », ont-ils affirmé avant d’énumérer les écueils.

Ainsi, sur la première session ordinaire de 2018 en cours, les députés de l’opposition disent relever de nombreux changements et modifications de l’ordre du jour de la session du seul fait du gouvernement (au moins cinq modifications de l’ordre du jour), le non-respect du délai du dépôt des projets de lois par le gouvernement (malgré l’existence d’un ministère en charge des Relations avec le parlement), le retrait des dossiers inscrits à l’ordre du jour de la session (témoignant du manque de sérieux dans le traitement des dossiers par le gouvernement), les reports intempestifs de certains projets de lois et des questions orales.
Toujours dans le même chapitre, il ressort que certains dossiers précipitamment enrôlés le 6 avril 2018 sont parvenus aux députés au compte-goutte ou pas du tout. « Le cas criard est celui du code électoral programmé pour être voté le 31 mai (2018) et qui tarde à être déposé à l’Assemblée nationale pour des raisons inavouées », indique la déclaration liminaire.

Nicolas Dah, entouré de Blaise Sawadogo (à sa droite) et François Bacyé

Les questions orales et écrites adressées au gouvernement ne sont pas traitées avec sérieux, si bien que l’on peut s’interroger sur leur opportunité et efficacité comme mode de contrôle de l’action gouvernementale. Les députés de l’opposition ont également affirmé que pour les questions orales, ils constatent avec amertume que des ministres se permettent de ne pas informer la présidence de l’Assemblée nationale de leur absence aux séances qui y sont consacrées.
Aussi, certains membres du gouvernement ne respectent pas le calendrier des auditions des commissions générales de l’Assemblée nationale (absence non-justifiée ou retard) ainsi que la mauvaise organisation du travail parlementaire (qui joue sur la participation efficace des députés aux débats parlementaires).

Pour ce qui est du fonctionnement global au cours de 2018, le président de l’Assemblée nationale, Bala Alassane Sakandé, est chargé d’effectuer les voyages sans signaler à la conférence des présidents. Pour les dons qu’il effectue également, le président n’informe ni a priori ni a posteriori la conférence des présidents, poursuivent-ils. Toujours à ce niveau, les conférenciers apprennent que le Plan stratégique de l’Assemblée nationale ne semble plus une priorité pour les nouveaux dirigeants de l’institution parlementaire et disent noter aussi la remise en cause de la laïcité de l’Etat à travers l’organisation des séances de prières par le président de l’Assemblée nationale au sein de l’institution.

« Les différents disfonctionnements ci-dessus cités discréditent notre parlement qui, en raison des défis actuels de développement, de sécurité et de la relance économique de notre pays, devrait être beaucoup plus dynamique et plus efficace », estiment les députés de l’opposition. D’où leur appel à leurs collègues de la majorité afin qu’un travail soit fait pour redonner à l’Assemblée nationale « un visage plus responsable » face aux défis actuels du pays.

Au président de l’Assemblée nationale donc, l’opposition parlementaire appelle au strict respect de la séparation des pouvoirs avec l’exécutif pour plus de crédibilité du contrôle de l’action gouvernementale, au respect strict du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Aussi requièrent-ils l’opérationnalisation du Plan stratégique de l’Assemblée nationale 2016-2020, la relecture du règlement intérieur comme promis par le président de l’Assemblée nationale lui-même, l’installation du comité de vote électronique et effectivité dudit vote avant la fin de 2018 ainsi que l’information de la conférence des présidents (voire de l’ensemble des députés) sur les activités du président de l’Assemblée nationale, notamment ses déplacements en tant que président de l’institution.

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