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Entreprises minières au Burkina : le SYNTRAGMIH, demande l’application des textes

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Mines, mineurs, miniers, énergie • • mercredi 25 avril 2018 à 23h50min
Entreprises minières au Burkina : le SYNTRAGMIH, demande l’application des textes

Le syndicat des travailleurs de la géologie des mines et des hydrocarbures (SYNTRAGMIH), a tenu une conférence de presse à la bourse du travail de Ouagadougou, ce mercredi 25 avril 2018. Objectif, faire part de l’état de la situation des luttes des travailleurs dans les mines notamment ceux de la Société d’exploitation minière de l’Afrique de l’Ouest (SEMAFO) à Wona, et de Bissa Gold à Sabcé. Toutes deux localités situées dans les provinces du Mouhoun et du Bam.

« Pourquoi un regain de tension au niveau de ces deux mines ces temps-ci alors que tout allait bien ? », s’est-on questionné du côté du syndicat des travailleurs de la géologie des mines et des hydrocarbures (SYNTRAGMIH), en ce début de conférence de presse. A donc écouter le Secrétaire général (SG) du syndicat, Lassané Simporé, ledit regain de tension perceptible du côté des mines de SEMAFO (Wona), et de Bissa Gold (Sabcé), serait dû à des changements de cédules de travail par les différentes directions des entreprises susmentionnées. Cela, « sans prendre en compte les préoccupations des travailleurs qui se fondent sur le droit positif dans notre pays », a poursuivi le SG. Egalement, la non application des textes serait un autre élément fondateur de ce retour en force de tension.

Précisant alors le cas de SEMAFO, le premier responsable du mouvement syndical avance : « A SEMAFO, la direction a décidé de changer de cédules de travail en 7/7 (7 jours de travaux/ 7 jours de repos) conformément aux préoccupations des travailleurs ». Cependant, le hic se situerait, au niveau de la considération des heures supplémentaires dans cette nouvelle manière de faire, « (…), mais sans la prise en compte des heures supplémentaires qu’engendre cette nouvelle approche dans le travail », a-t-il ajouté. Cette dernière disposition qui ne rencontrerait pas l’assentiment de la direction de l’entreprise figure, de l’avis du SG et de ses collaborateurs, dans le cahier de revendications relatives aux temps de travail et de récupération des travailleurs (à voir au niveau du renvoi, en fin d’article). Revendications, qui seraient aussi conformes à l’arrêté fixant les modalités d’application de la semaine de 40 heures (n°2007-004/MTSS/SG/DGT/DER du 07 mars 2007), ainsi que celui donnant lieu à des heures supplémentaires (au-delà des 40heures) et des modalités de rémunération (l’arrêté n°2007-003/MTSS/SG/DGT/DER du 07 mars 2007).

En ce qui concerne la mine de Bissa Gold, le syndicat avoue que les travailleurs ont pratiqué de janvier 2012 jusqu’à avril 2013, date à laquelle la direction a « imposé » le 4/4 (4 jours de travaux et 4 jours de repos), le 7/7 « dans les conditions légales de payement des heures supplémentaires et de la prime de quart ». Se sentant maintenant épuisés, les travailleurs réclameraient le retour du 7/7 de même que l’application des textes y afférents.

Des licenciements abusifs ?

Secrétaire général (SG) du syndicat, Lassané Simporé

Il est par ailleurs avancé en cette conférence de presse, des cas de licenciements abusifs au sein de certaines entreprises minières. En effet, selon les conférenciers, la société de recherche High River Gold/Jilbey Burkina, a licencié la majeure partie de ses travailleurs sans le respect des procédures. Deux représentants du personnel, actuellement en fonction, se voient également refuser tout avancement d’échelon ; ce qui serait en déphasage avec la pratique en cours. « A Komet (ex Stremco), les employés ne sont pas totalement déclarés à la CNSS. « Pourtant, les précomptes sont effectués », déplore pour terminer le SG du syndicat.

Autre remarque faite par le mouvement syndical, c’est bien la vision des ‘’patrons’’. Vision, qui bloquerait les travaux pour l’adoption de la convention collective des mines. De l’argumentaire du syndicat, l’on note : « des ‘’ténors’’ de la chambre des mines rejettent dans les faits, les textes et lois du travail du Faso, parce que selon eux, ces textes et lois ne sont pas adaptés aux mines.

Au regard de ce qui précède, et estimant que dans d’autres sociétés minières (Essakane, Iam Gold), lesdites revendications sont des acquis pour ceux qui y travaillent, le SYNTRAGMIH, dit alors s’insurger contre ces disparités et autres iniquités observées et observables dans le secteur des mines. Il met à cet effet en garde tous esprits divisionnistes et dissidents, qui tenteraient de mettre à mal les actions « de ceux qui pose les problèmes et qui sont soucieux de l’avancée de la mine dans le respect environnemental des textes et loi du Burkina ». Il indique somme toute, « les travailleurs ne demandent que l’application correcte des textes en la matière. Ce n’est même pas une nouvelle revendication, mais une réclamation dont la solution réside dans l’application correcte des textes du travail en vigueur, contenue dans le droit positif burkinabé », s’est finalement exprimé le syndicat.

Tambi Serge Pacôme Zongo
Lefaso.net


Renvoi sur le cahier de revendications relatives aux temps de travail et de récupération des travailleurs de SEMAFO (Wona)

 Changement de cédule de travail en 7/7 pour tous les travailleurs de la mine à Mana ;
 Appliquer la majoration (rémunération) pour les heures supplémentaires de nuit et les heures de nuit des jours fériés ;
 Pour les lundis fériés qui suivent les dimanches de jours de fête, appliquer la majoration à 160% ;
 Revoir le mode de répartition des heures supplémentaires entre 115, 135, et 160%.

TSPZ
Lefaso.net

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