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« Le terrorisme, c’est une forme de guérilla, il faut des coordinations politico-militaires, économico-policières », M. Colombani, auteur de « Cyberespace et terrorisme »

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • LEFASO.NET | Oumar L. OUEDRAOGO • dimanche 3 septembre 2017 à 19h50min
« Le terrorisme, c’est une forme de guérilla, il faut des coordinations politico-militaires, économico-policières », M. Colombani, auteur de « Cyberespace et terrorisme »

Docteur en droit et diplômé en criminologie, Jacques-Louis Colombani accorde un intérêt particulier aux questions liées au terrorisme, ce phénomène de violences qui vise à désarticuler l’ordre social, à « semer le chaos dans un espace donné ». A travers ses publications (œuvres et plateforme Facebook), cet avocat passionné des questions stratégiques et civilo-militaires a décidé de mener, à sa manière, le combat contre le terrorisme, convaincu que : « si j’arrive à apporter la conviction d’une personne de se protéger de la tentation terroriste, de la tentation d’aller se perdre sur les sites qui sont exploités par des gens mal intentionnés, j’aurais peut-être fait une bonne action ». Dans sa dernière œuvre, parue en mai 2016, et intitulée « Cyberespace et terrorisme », l’auteur explique comment les usagers de l’Internet peuvent être utilisés, sans savoir, à des fins de déstabilisation de leur propre Etat. De passage à Ouagadougou, Jacques-Louis Colombani a bien voulu nous accordé cette interview aux allures de révélations et d’invite à redoubler de vigilance.

Lefaso.net : « Cyberespace et terrorisme » est votre dernière œuvre, quel est, dans les grandes lignes, son contenu ?

Jacques-Louis Colombani : Mon souhait, lorsque j’ai écrit ce livre, c’était de permettre l’accès rapide à une information qui pouvait éveiller et vacciner la conscience des gens. Les personnes qui font l’effort de lire ce livre de 130 pages, ne devraient pas, normalement, tomber dans le piège qui va amener à prendre les vessies pour des lanternes et à suivre des gens qu’ils n’ont pas choisi de suivre. Faire appel à l’esprit critique, pour ne pas être l’objet de manipulation voulue par d’autres personnes qui peuvent conduire les internautes à se perdre et à être des objets à leur corps défendant, pour une manipulation plus large, instrumentalisée par des groupes, qui font de la propagande dans le but d’arriver au chaos dans un espace donné.

L’espace internet peut permettre de mettre en œuvre un certain nombre de choses, notamment la propagande et la planification de ces opérations. Donc, l’idée, c’était d’expliquer comment la création d’une adduction chez un internaute (qui va se retrouver pris dans un forum de discussions, dans une dialectique pour être isolé de son groupe naturel, familial) peut rentrer dans une logique voulue par l’extérieur, des gens qu’il ne connaît pas forcement, un groupe activiste dont l’activisme pourrait engendrer un chaos dans son territoire. L’idée, c’est donc de réfléchir à des pistes pour s’opposer à cette action qui vise à installer un chaos.

En ce sens que, malheureusement, une fois que les terroristes ont frappé, c’est une sorte d’échec (pour l’Etat), parce que dans la ligne de ces gens-là (terroristes), une fois qu’on les a tués, ils montent au Paradis. Donc, ils ont gagné ! La victoire de nos pratiques serait d’arriver à les dissuader de passer à l’acte, faire en sorte qu’au quotidien, leur idéologie (ou en tout cas, ce qui sert de prétexte à leur action) ne soit plus reçue par les populations.

Lefaso.net : Et là, par où faut-il s’y prendre ?

Jacques-Louis Colombani : Il y a deux choses majeures : l’éducation et la coordination des législations régionales (CEDEAO, Union européenne). A mon avis, il faudra que les gens aient le courage de s’assoir, de passer le temps qu’il faut et de sortir avec une législation unanime de ce que c’est que le terrorisme et les valeurs que les Etats sont prêts à défendre communément. Quelle est la ligne que l’Etat doit enfin respecter dans l’expression sur Internet. C’est simple à expliquer : si par exemple, je baisse mon pantalon dans la rue ici, qu’est-ce qui va se passer ? Immédiatement, on va m’attraper, chercher à comprendre si j’ai bu, si j’ai pris de la drogue... et puis, quand on va se rendre compte que j’ai simplement voulu exprimer une idée en montrant ma nudité à tout le monde dans la rue, on va me sanctionner quelque part.

Mais, si je fais la même chose sur Internet, tout le monde va rire. Pourquoi ? Pourquoi pourrait-on faire des choses sur Internet qu’on ne pourrait pas faire dans la vie normale ? Donc, pour revenir au terrorisme, c’est une question délicate ; parce que, quelles sont les valeurs que les prétendus terroristes défendent ? Et quelles sont les valeurs que les Etats veulent défendre ? Ça, c’est un débat qui est politique. Après la réglementation, vous regarderez la Convention de l’Union africaine du 23 juin 2014 qui dit qu’elle va renforcer et harmoniser l’édification des Etats-membres sur les questions numériques (elle parle de transactions électroniques, de données à caractère personnel, promotion de la cyber sécurité et de lutte contre la cybercriminalité...). Mais, il n’y a pas une seule fois, la définition du terrorisme qui est donnée dans la Convention.

Lefaso.net : Justement, faut-il avoir la même définition du terrorisme ; une définition universelle ?

Jacques-Louis Colombani : C’est une question qui est difficile. J’ai été parlé à une Université au Québec, et le thème, c’était ‘’Les limites de la liberté d’expression sur Internet’’. Faire une restriction libérale des choses, c’est difficile ; c’est difficile d’interdire aux gens d’exprimer librement leurs idées sur Internet. Au nom de quoi, au fait ? De la même façon qu’en France, on considère que les journalistes de caricatures ont le droit de caricaturer qui ils veulent, comme ils veulent, sans s’exposer aux tirs de balles... Donc, la liberté d’expression sur Internet, à mon avis, doit être exactement de la même nature que la liberté d’expression dans la vie de tous les jours. Moi, sur Internet, je ne dis rien d’autre que ce que je vous dis dans le cadre d’une interview ou quand je vais au café boire un coup avec mes copains.

Sur Internet, je ne dirais donc pas autre chose que ce que je dis dans la rue. Donc, si par contre, je me mets à insulter, à menacer, à brûler les insignes protégés par la réglementation...., il y a problème et je vais être sanctionné. Alors, on se demande pourquoi les Etats n’ont pas pris une simple résolution en disant : ce qui est protégé dans mon Etat est protégé également sur Internet, notamment dans l’expression. C’est cela le premier plan, l’harmonisation des réglementations (harmoniser ce qui est protégé sur Internet avec ce qui est protégé dans la vraie vie). On a pensé qu’il y avait un espace différent de l’espace réel et je ne sais donc pas par quel artifice on a pu à un moment donné dire qu’on pouvait prendre une image, s’exposer de façon impudique sur internet, alors qu’on ne peut pas le faire dans la rue. Je ne sais pas qui a, à un moment donné, conçu l’idée.

Le deuxième moyen, pour moi, c’est l’éducation. Quand, il y a quelques années, avec des amis, nous avons amené dans le Sourou (province située dans la région de la Boucle du Mouhoun, ndlr) des jeunes français en difficultés sociales, en séjour de rupture au Burkina, pour que les gens du Burkina leur apprennent des savoir-être, des savoir-faire, une résilience, sur un chantier de construction d’un CEG (Collège d’enseignement général), faire venir un forage...., nos garçons et filles (ces jeunes français, ndlr) sont retournés en France, complètement changés.

Vous pouvez demander aux gens qui étaient avec moi ; c’était déjà il y a dix-sept ans. Il y a un moment j’étais là-bas, les gens ont gardé en mémoire, le travail qu’ils ont fait pour aider nos jeunes français. L’éducation, c’est donc faire en sorte que dans les écoles, les gens aient au moins la pudeur, la politesse, la retenue, la conscience individuelle de se méfier de certains forums qui sont moins innocents qu’ils ne le paraissent.

Lefaso.net : La question basique qu’on peut se poser aujourd’hui est celle de savoir, quelle est la finalité même du terrorisme aujourd’hui ?

Jacques-Louis Colombani : La finalité, c’est le chaos. Instituer un chaos dans un espace donné. Les terroristes veulent exercer un chantage sur l’Etat, faire une pression sur l’Etat pour lui dire « attention », s’il n’entre pas dans une certaine ligne, s’il ne paie pas un certain nombre de tributs intellectuels, politiques, idéologiques, commerciaux, ils vont frapper, sans pitié, et l’Etat va subir des pertes. C’est une forme de guérilla. La guérilla n’est pas une mince affaire, ce n’est pas une forme de guerre avec de petits moyens. Pour lutter contre la guérilla, il faut des coordinations politico-militaires, économico-policières, faire en sorte que les gens aient du travail, qu’ils soient bien, là où ils sont, faire en sorte que les gens soient rebelles à accueillir ceux qui, dans leur discours, visent à déstabiliser l’Etat.

Le but du terrorisme, c’est arriver à avoir des recrues pour arriver à déstabiliser un Etat de droit. Quand vous regardez la biographie et le CV (curriculum vitae) de chefs de groupes d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), il y a de quoi se demander si les gens sont musulmans ou trafiquants de cigarettes ou de drogues. Honnêtement. Et si les populations savent qu’en suivant ces gens dans leur doctrine (qui consiste à dire simplement « Dieu est grand », à égorger des moutons et tout ce qui leur passe par la main), elles suivent des trafiquants de drogues, l’Etat a gagné. Sans même tirer un coup de feu.

Lefaso.net : Qui parle de cyberespace parle, de façon implicite, du rôle des médias, quand on sait que le but recherché par les terroristes, c’est aussi l’effet médiatique, semer la psychose. Dans une telle situation, comment les médias doivent-ils se placer dans le traitement de l’information liée aux attaques ?

Jacques-Louis Colombani : C’est très compliquer, la question... ; parce qu’elle présupposerait qu’on puisse empêcher les médias de faire leur travail. Et elle contient un amalgame entre les blogues et les médias. Je pense que sur le Net, il y a des opérateurs vertueux et il y a des opérateurs moins vertueux. Je pense qu’Internet est une bonne chose, de la même façon que la voiture est une bonne chose. On ne peut pas interdire les voitures, sous prétexte qu’il y a des accidents. On ne peut donc pas interdire Internet sous prétexte qu’il y a des dérapages ou des risques. Donc, le rôle des médias est d’essayer de relayer une information fiable, pédagogique. Sur la page Facebook de ce livre, Cyberespace et terrorisme (https://www.facebook.com/jlcolomban...), j’ai réuni gratuitement tout un tas d’outils, très simples pour monsieur et madame tout le monde.

Quand vous y aller, vous comprendrez par exemple ce qui s’est que l’esprit critique, vérifier l’information, etc. Et c’est-là où je veux arriver... Il faut faire une différence entre les médias et les blogues. Si demain, X se met à faire un blogue ; X est bavard, un impertinent, on le connaît, on l’aime bien, mais, on sait bien que derrière, il y a quelqu’un en chair et en os, si on le cherche, on sait où le trouver. Mais, monsieur ou madame Y, caché derrière un pseudonyme, un faux profil, qui s’improvise journaliste, qui se fait une audience en traitant l’information d’une façon un peu académique, en tout cas (pas un comme un journaliste) a, à mon avis, plus de responsabilité que la presse traditionnelle qui a des gens qui ont étudié pour faire leur métier, qui vérifient leur information, en particulier l’impact que ça peut avoir sur le territoire.

Alors que le blogueur, il peut enflammer un espace donné (c’est d’ailleurs pourquoi Internet est un vecteur pour l’action des terroristes). Le fonctionnement de la contamination virale par internet est un fonctionnement qui est un peu à base d’exploitation des failles inaccessibles. On n’est pas accroc au téléphone, on est accroc aux messages. Donc, si à un moment donné, les gens savent vous prendre sur ces fameux forums, qui ne sont pas des forums professionnels, pour dire que vous êtes le plus beau, le plus fort, vous êtes un incompris de la société, de vos parents..., vous allez vous écarter, vous désocialiser et rentrer dans une autre vie où vous allez rencontrer des gens en dehors de tous vos circuits.

Donc, pour revenir à la question, je dirais que les journalistes sont-là pour être des relais pédagogiques vis-à-vis de la population, pour lui dire de penser par elle-même, de réfléchir, de ne pas accepter ce que disent des gens qu’elle ne connaît pas. Si vous êtes là aujourd’hui à avoir un cadre républicain autour de vous qui est perceptible, ce n’est pas forcement en suivant n’importe qui sur les blogs ou les forums, que vous allez trouver la solution de votre vie meilleure. Si on vous dit que vous allez avoir une vie meilleure demain, que vous allez être une vedette internationale demain, commencez par vous méfier.

Il y a beaucoup de gens qui sont sur Internet comme ça, qui suivent des groupes et qui peuvent être récupérés à des fins de déstabilisation d’un Etat. Si on admet que la finalité du terroriste, c’est faire une pression, exercer du chantage pour obtenir un chaos à la fin dans un territoire donné.

Lefaso.net : Voulez-vous dire, en clair, que les gens (internautes) sont parfois utilisés à de mauvaises intentions, et contre eux-mêmes, sans s’en rendre compte ?

Jacques-Louis Colombani : Des fois, les gens parlent, échangent avec des robots, sans s’en rendre compte. Ce sont des logiciels qui sont installés à cet effet. Des gens échangent avec des robots qui sont programmés pour jouer avec la sécrétion d’hormones que vous avez, lorsque vous consultez..., et pendant que vous consultez, vous recevez de l’endorphine (molécule du plaisir) ; de sorte que même si on vous parle, vous avez le réflexe de dire que vous êtes concentré sur quelque chose d’important, un travail, etc. Ça, il a été démontré dans mon précédent ouvrage (avec une préface d’un expert psychiatre français, expert à la Cour de cassation). Il dit, cet expert psychiatre, que la gestion de ces molécules de plaisir est aussi dure que la drogue dure (l’héroïne). Donc, à partir du moment où il y a des programmes, des façons de parler aux gens pour les rendre accrocs, principalement dans le domaine du sexe, du vivre en ligne, de la relation sociale, vous attrapez les gens dans les domaines où ils se font plaisir... On entre donc dans la propagande populiste pour chercher à atteindre le Chaos. Donc, le rôle du journaliste aujourd’hui, c’est de contribuer à ramener les gens dans le cadre du débat normé. Peut-être qu’il doit avoir des journalistes qui vont arbitrer les débats sur les blogues, pour expliquer aux gens, l’éthique sous laquelle on doit diffuser l’information, en particulier la vérification des sources.

Lefaso.net : Pour revenir à votre œuvre, vous avez consacré plusieurs pages à l’Afrique, dont le Burkina, pourquoi cet intérêt ... ?

Jacques-Louis Colombani : Quand vous regardez la façon dont les choses fonctionnent, on voit qu’il y a une activité de recherche d’argent importante et que les terroristes financent leurs activités par des trafics illicites, en se livrant à une propagande visible sur Internet. Mais ça, c’est le travail des services spécialisés de le démontrer... Quand vous regardez les groupes (terroristes) actifs dans le Sahel, ils sont dirigés par des chefs qui se livrent à des propagandes et à des crimes qui sont classiques (trafic de drogue, rançonnage, etc.).

On a dans cette zone d’Afrique de l’Ouest, un certain nombre de personnages (chefs terroristes) qui se sont tristement illustrés dans les tentatives de déstabilisation de l’Etat de droit. Le point d’attaques qui passent par le canal de ce cyberespace est souvent en Afrique (je ne parle pas des gens qui sont dans les cybers, qui font souvent tourner le monde en bourrique, des personnes qui les prennent pour de la réalité). L’Afrique est le théâtre d’affrontements avec le point de départ et le point d’arrivée du flux migratoire. L’Afrique est aussi pour moi, porteuse de civilisation formidable ; parce que j’ai eu la chance de bénéficier de mes parties de vie sur les bancs d’écoles africaines. Donc, j’ai bu le ‘’lait’’ de Léopold Sedar Senghor dans ses écrits comme « Négritude », Hampaté Bâ avec son ouvrage, « Jésus vu par un musulman » où il dit qu’on ne peut pas traiter moins bien Jésus Christ que le prophète Mahomet (qu’on doit respecter les chrétiens et leur prophète, au même titre que Mahomet et les musulmans).

Et puis, j’ai découvert des genres, formidablement modernes, avec la poésie de votre Mogho Naaba ; il a écrit des choses de paix, de tolérance, de liberté, de médiation. C’est quelqu’un qui est capable, socialement, d’intervenir dans les crises les plus vieilles pour que les choses s’apaisent. C’est également le cas avec José Do Nascimiento de l’Université paris XI pour son exégèse de Cheik Anta Diop. On a, en Afrique, des auteurs qui sont formidablement modernes, qui ne se séparent pas de là où ils viennent. Je pense donc que des penseurs africains et des politiques aujourd’hui rencontrent le terrorisme et ils doivent se conformer aux moyens à mettre pour respecter la diversité, qu’ils prônent.

Donc, on doit trouver des solutions pour faire respecter la pensée, la mémoire et l’action de ceux qui se sont battus pour léguer le monde tel qu’il est. Même si ce monde n’est pas parfait. Donc, pour répondre à votre question, j’ai trouvé au Burkina Faso, de formidables penseurs et de formidables défenseurs de la liberté. J’ai le sentiment que l’Afrique en générale est un continent porteur de solution contre la pensée unique ; je ne pense pas qu’on puisse imposer aux gens ce que veut Aqmi, de penser tous pareils, de regarder tous dans la même direction. Comme hier et avant-hier, les Africains ont défendu les idées de la liberté.

Lefaso.net : Juriste, avocat, vous auriez pu évoluer dans la profession d’avocat comme ces nombreux autres … Quelle mission vous vous assignez en consacrant aux questions sur le terrorisme ?

Jacques-Louis Colombani : J’ai créé une page Facebook, pour chacun de mes bouquins ; je me dis que, si j’arrive à apporter la conviction d’une personne de se protéger de la tentation terroriste, de la tentation d’aller se perdre sur les sites qui sont exploités par des gens mal intentionnés, j’aurais peut-être fait une bonne action. J’ai donc réuni différents moyens, que j’ai trouvés à mon âme et conscience, pour que chacun aille lire et se fasse sa propre opinion. C’est un accès libre. Je ne cherche rien d’autre que de partager ce que j’ai trouvé en cherchant.

Lefaso.net : Jusqu’où êtes-vous prêt à aller ? Allez-vous poursuivre dans la même lancée de production-publication-partage pour l’éveil des consciences ?

Jacques-Louis Colombani : Je suis allé au Canada donner des conférences à des jeunes dans le cadre de la société québécoise de science politique, des échos ont été également donnés à mes travaux ailleurs et si on m’invite à débattre, je participerai volontiers ; parce que je n’ai pas le sentiment de détenir la vérité. En tous les cas, j’ai mis en place des cadres d’appréhension du problème, mais il y a plusieurs approches (sociologique, politique, juridique, etc.).

Effectivement, comme vous le soulignez, il peut avoir la raison d’Etat qui vous pousse à faire tel ou tel choix. Moi, c’est volontiers que je participerai, ici et là, à des travaux sur la question ; le but étant de pouvoir continuer à boire un verre ensemble (vous musulman, moi chrétien) à Ouagadougou ou à Paris. J’aime la liberté d’aller et venir ; prendre l’avion de France à Ouaga, si j’ai envie d’aller sur ma terre natale à Abidjan..., que je le fasse. C’est cette liberté d’être ensemble qui, aujourd’hui, est en question ; parce que je ne suis pas certain que si on était régit par les criminels qui sont derrière les actions qu’on voit, on soit aussi en sécurité que nous le sommes aujourd’hui. C’est cela que je veux promouvoir.

Lefaso.net : Qui dit « cyberespace » dit jeunesse. Face donc à la menace, ce à quoi l’on est aujourd’hui exposé, quel message pouvez-vous laisser à ces jeunes burkinabè, usagers du Net ?

Je prendrai les derniers propos de mon livre, ils sont de ma fille : « Je pense que malgré les nouvelles technologies et leur mine d’informations, les jeunes auront toujours besoin d’enseignants car, même si nous pouvons trouver beaucoup de choses sur Internet, la vie et ses valeurs ne s’apprennent pas sur la toile, mais avec des personnes bien en chair. De plus, si nous étions libres de nous informer et de faire notre éducation nous-mêmes, notre nature nous pousserait évidemment à ne rien faire. L’éducation ne pourra, techniquement et éthiquement, être assurée uniquement par les technologies ». Mes quatre enfants sont mes personnes-ressources en matière de jeunesse. Je transmets volontiers ces propos à ces jeunes de classe d’âge. La jeunesse, ce sont les fruits et nous, nous sommes en quelque sorte les branches. Que nos fruits soient donc à l’abri des disputes du terrorisme, du prêt-à-pensée ! Que nos jeunes apprennent à penser par eux-mêmes, à s’élever, à respecter leurs maîtres !

Interview réalisée par Oumar L. Ouédraogo
(oumarpro226@gmail.com)
Lefaso.net

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