Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «C’est bien d’être le meilleur, mais c’est meilleur d’être le plus original.» Youssoupha dans Mon Roi

Dépôt des dossiers du PAE/JF : Grand engouement, à quelques heures de la clôture

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020 • LEFASO.NET | Rita Bancé/Ouédraogo • mercredi 5 juillet 2017 à 15h34min
Dépôt des dossiers du PAE/JF : Grand engouement, à quelques heures de la clôture

Dans la soirée du 4 juillet 2017, à quelques heures de la clôture des dépôts des dossiers pour bénéficier du financement du programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes(PAE/JF), nous nous sommes rendus à l’Institut des sciences du sport et du développement humain, ex INJPS, pour faire le constat de la mobilisation. Elle ne faiblit pas. Le site est aussi devenu subitement un lieu pour faire du business.

A quelques heures de la clôture, les rangs sont toujours serrés. On se bouscule, on trébuche…Bref, il fallait être fort aussi bien physiquement que moralement pour braver tous ces obstacles avant d’espérer déposer le fameux dossier. Ceci, tout est en espérant ensuite bénéficier d’un financement allant de 100 000 à 1 500 000 FCFA. Bonkoungou Komboudé, commerçant au marché du secteur 10, lui est plutôt occupé à aider ses femmes.

« Depuis trois jours, je tente sans succès d’aider mes femmes à déposer leurs dossiers. Elles quittent à chaque fois le domicile à cinq heures. Souvent, nous assistons à des fermetures des guichets pendant de longues heures d’attentes par manque de fiches. Tout cela retarde l’opération alors que nous ne sommes qu’à quelques heures de la fin des dépôts. Il y a beaucoup d’insuffisances liées aux dépôts. Les autorités devraient essayer de les corriger pour les prochaines fois. Par exemple il faudrait penser à augmenter le nombre des guichets. Pour les prochaines fois, je souhaite que cette opération soit confiée au réseau des caisses populaires, aux structures de micro finance ou aux différentes mairies. Ainsi chaque mairie réceptionnera les dossiers de ses ressortissants… bref, il faut qu’ils trouvent des solutions pour remédier à ces situations désagréables. », a-t-il lancé avec un air indigné.

Même son de cloche quand nous avons approché Awa Ouédraogo. De l’avis de cette dernière, le gouvernement devait allonger le délai des dossiers pour donner à chacun sa chance. Bousculades, bagarres sont le quotidien de tous ceux qui désirent déposer les fameuses fiches.

Ismaël Ouédraogo, après des tentatives infructueuses est revenu sur le site dans l’espoir que cette fois sera la bonne. « Je suis coiffeur, j’ai vraiment besoin de ces fonds car je compte m’investir également dans la vente de produits cosmétiques pour hommes ; agrandir mon atelier et recruter au moins deux autres personnes pour m’aider », nous a-t-il relaté.

Un lieu d’affaires

Aussi, il faut signaler que dans cette foule, si certains sont là pour déposer leurs dossiers, d’autres par contre profitent de l’occasion pour se faire des sous. Nous avons rencontré plusieurs personnes menant des activités rémunératrices, même si ces derniers ont refusé qu’on les prenne en photo.

Néanmoins, la plupart nous ont confié, qu’ils sont là pour faire leur « gombo » (largo ivoirien pour dire ‘’affaires’’). Comme Abdel Aziz Ouédraogo, étudiant en deuxième année, plusieurs jeunes aident les candidats à remplir leurs dossiers moyennant des sommes allant de 500 à 1000FCFA. Les photographes et les parkeurs, les vendeurs d’eaux… tous se frottent les mains.

Certains candidats nous ont également confié qu’aux premières heures des dépôts, pour se faire aider dans le remplissage des dossiers, il fallait débourser la somme de 3000 ou 2000FCFA, car ceux qui aidaient n’était pas nombreux.

Alors que nous nous apprêtions à quitter les lieux, une dame attire notre attention. Assise sur un pilier à la porte d’entrée, elle a un air quelque peu défoncé. Ses voisines nous font savoir qu’elle s’est faite dépouillée son portefeuille contenant la somme de vingt mille francs, la clé de sa moto et son ticket de parking. C’est sur cet incident malheureux que nous quittions les lieux.


Lire aussi : Programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes : Une affluence devant les guichets


Rita Bancé/Ouédraogo
Lefaso.net

Portfolio

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Mise en œuvre du PNDES : L’impact du terrorisme et des conflits passés à la loupe pour améliorer le nouveau référentiel
PNDES 2016-2019 : Un Burkina qui dépend de l’extérieur à plus de 40% dans la mobilisation des ressources
PNDES : L’évaluation des trois premières années validée
Plan national de développement économique et social (PNDES) : Quels résultats après quatre ans de mise en œuvre ?
Mise en œuvre du PNDES : L’Agence française de développement apporte 39 milliards de F CFA
Communication autour du PNDES : Le concours des journalistes sollicité
Mise en œuvre du PNDES : Les signaux sont au vert, malgré un contexte difficile
Transfert des compétences : Le ministère de l’éducation et les collectivités territoriales se concertent pour plus d’efficacité
Journées de la commande publique : Rendre le système efficace pour atteindre les résultats du PNDES
Mise en œuvre du PNDES : Les partenaires techniques et financiers prêts à « accélérer leurs appuis »
Mise en œuvre du PNDES : 217,7 milliards de francs CFA d’intention de financement pour le PUS et le PADEL
PNDES : Faire du secteur agro-sylvo-pastoral un facteur du « décollage économique du Burkina »
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés