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Elections municipales partielles : La CENI joue les médiateurs à Karangasso Vigué

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Elections 2015 • Communiqué de presse • vendredi 5 mai 2017 à 17h05min
Elections municipales partielles : La CENI joue les médiateurs à Karangasso Vigué

Le président de la commission électorale nationale indépendante s’est rendu à Karangasso Vigué, le dimanche 30 avril. Il était accompagné du commissaire Tasséré Savadogo, en charge de la zone, et du Commissaire Lansane Dao, venu en soutien.

Etaient également de la délégation, le gouverneur de la Région des Hauts-Bassin, le représentant du chef suprême des Bobo-Madarê, et le Président de l’Union nationale des dozos du Burkina (UND-BF), le Donsoba Ali Konaté.

Newton Ahmed Barry est allé s’entretenir avec les forces vives de la commune sur l’organisation des élections municipales partielles du 28 mai.

Une partie de la population, répondant à l’appel du chef du canton de Karangasso Vigué, avait dit être opposée à la tenue du scrutin.

Après avoir fait observer une minute de silence en la mémoire des victimes des violences postélectorales de 2016, le président Barry a rappelé que la mission confiée à la CENI est d’organiser les élections, « c’est-à-dire, vous permettre de choisir la personne que vous voulez pour gérer votre commune ».

Au regard des clivages marqués dans la commune, il poursuivra son propos en invitant les uns et les autres à se départir de toute idée de violence. « Ne soyons pas ceux qui estiment que s’ils ne sont pas les gagnants, ils doivent tout casser », a déclaré Newton Ahmed Barry, avant d’exhorter les habitants de Karangasso Vigué à accepter, résolument, que « la démocratie, ce n’est ni la division, ni la destruction, mais, bien au contraire, l’union et la construction ».

Le chef de canton a expliqué sa position par le fait qu’à Karangasso-Vigué, « la politique ne se fait pas comme ailleurs au Burkina ; ici, on divise, ici, on prend le mauvais sens ». Il a dit vouloir que certaines personnes, dont il a cité les noms, retirent leurs candidatures à ces élections du 28 mai. Cette exigence, le chef de canton l’avait portée devant le juge par un recours en invalidation de candidatures. Une requête à laquelle le juge n’a pas accédé.

« Nous vous avons compris » a répliqué le Donsoba Ali Konaté, à l’endroit du Chef de Canton, avant de poursuivre par une supplique : « Si des gens sont venus de si loin parce que vous êtes en conflit entre frères, vous devez avoir le courage de reconsidérer vos positions ». Le représentant du chef suprême des Bobo-Madarê embouchera la même trompète, en invitant le chef de canton « à prioriser trois choses que sont la patience, la tolérance et le pardon, afin que tout se passe bien le 28 mai ».

Le climat, quelque peu électrique, était plutôt détendu à l’issue des quatre heures qu’ont duré ces échanges fraternels. Le chef de canton de Karangasso Vigué a promis de prendre attache avec les autres sages de son ressort, pour « voir ce qui peut être fait ».

En quittant cette commune située à 55 kilomètres de Bobo Dioulasso, le président de la CENI a « demandé au chef de laisser les élections se tenir ». A l’ensemble des protagonistes de la crise, il a sollicité leur implication positive. « Soutenez ces élections parce que c’est votre devoir de vous investir pour la paix ».

A ceux qui ont perdu leur carte d’électeur dans les violences postélectorales, le président de la CENI a indiqué que des dispositions ont été prises pour leur délivrer des duplicata afin qu’ils puissent prendre part au vote.

Le 21 juin 2016, la désignation du maire à Karangasso Vigué a dégénéré en un conflit politico-communautaire qui a fait 2 morts, plus de 20 blessés et de nombreux dégâts matériels. Les instances de la commune n’ont pu être installées, d’où la décision du conseil des ministres de dissoudre le conseil municipal et de procéder à de nouvelles élections.

Le Directeur de la Communication et de l’Education citoyenne
Yacouba Bambyam Ouédraogo

Vos commentaires

  • Le 5 mai 2017 à 22:56, par Le gourou En réponse à : Elections municipales partielles : La CENI joue les médiateurs à Karangasso Vigué

    cri de cœur. Monsieur le ministre en charge de l’administration territoriale et monsieur le Président de la CENI, vous organisez des élections dans une commune où il y a eu mort d’homme et des dégâts matériels alors que jusqu’à ce jour les responsabilité n’ont pas été situées. En outre, ce sont les mêmes acteurs qui devront se retrouver pour le même objectif. est-ce que vous serrez pas confrontés à la même situation de violence qu’en Juin 2016 ?

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    • Le 6 mai 2017 à 10:00, par le démocrate En réponse à : Elections municipales partielles : La CENI joue les médiateurs à Karangasso Vigué

      Parfaitement d’accord avec vous le gourou. Pendant que des parents de victimes et des victimes attendent que justice soit faite dans un premier temps on les sert une autre consultation électorale susceptible de produire les mêmes violences. A croire que le chef traditionnel impose ses prises de position sans inquiétude ; il y a certainement risques d’affrontements communautaires dans l’air mais cela ne doit pas être une raison suffisante pour ne pas mettre en garde le chef qui a manifestement l’intention d’en découdre avec le camp adverse si ses décisions ne sont pas respectées. La commune n’est pas une monarchie à ce que je sache et si chaque autochtone du Burkina se comportait de la sorte on se retrouverait dans une situation où les non autochtones devraient rester à l’écart de la politique dans leurs localité d’accueil. Il y a dans ce bas monde des compromissions qui encouragent les réflexes identitaires et antidémocratiques, gages de divisions sapant notre volonté de construire une patrie qu’est le Burkina.

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  • Le 7 mai 2017 à 10:17, par le bobolais En réponse à : Elections municipales partielles : La CENI joue les médiateurs à Karangasso Vigué

    Mr le démocrate, je ne sais pas de quel côté du Burkina Faso vous vous situé, mais j vous assure que ce chef de canton a parfaitement raison au vu de ce que nous les Fasodens subissons en zone Burkina. Rien que pour exercer nos devoirs que l’Etat nous a confié on nous le crache tous les jours au visage :"fo ya sanna" avec bien de comportements vraiment "zénophobes" à notre égard. Et cela les anciens fasoens qui y ont fait un tour nous en ont fait cas à tel enseigne que tous mes voeux c’est de pouvoir vite quiter cette zone que je n’ai d’ailleurs pas choisi. A defaut je claquerai la porte de la fonction publique pour aller exploiter les terres de cette riche zone qu’est le Faso que mes ancêtres mon laisser. Par esprit de bonté, d’entraide, mes parents avaient donné ces terres à des gents qu’ils pensaient être des gents de la même patrie qu’eux. Mais au vu de ce que ces gents ont pensé d’eux (être des cons parce que trop bon) desormais chacun est mieux chez lui. De justice n’en demander pas pour ces colonialistes des temps modernes parce que nous qui sommes ici on n’est pas fous pour insulter un petit naaba d’un village. Mais pire ceux pour qui vous demander justice partaient pour égorger tout un chef de canton. Si cela avait eu lieu dites moi ce que les autorités de l’époque -du Préfet au MATDSI- prevenus de la situation qui se tramait allaient faire. De me dire que cette commune n’est pas une monarchie, je suis parfaitement d’accord avec vous et c’est ce que d’ailleurs les populations de cette commune veulent éviter en empêchant qu’un Maire qui fera certainement les courbettes devant un naba ne s’y installe. On sait tous dans quel palai se tiennent les vrais rencontres pour discutter de l’avenir du pays. Vivement chef de canton, prend l’avenir de ta population dans tes mains. Tout le Faso te soutient en témoigne la présence de notre chef suprême et de notre chef de sécurité. Monsieur Barry faut peulh la, au prochaine élections laisse les prendre la commune de Dori et vous aller devoir venir nous supplier d’avantage pour qu’on vous esclavagise.

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  • Le 7 mai 2017 à 23:04, par Lepays En réponse à : Elections municipales partielles : La CENI joue les médiateurs à Karangasso Vigué

    Oui le gourou.Au delà du fait que les missions soit disant pour apaiser, que la ceni effectue dans les communes ne règle pas les problèmes de fond qui se posent dans chacune des communes visitées,je crois sincèrement que ces missions de médiation ne relèvent pas de sa compétence.Et même si tel est le cas l’on a mis les charrues avant les boeufs.il aurait fallut que ces missions de bons offices se fassent avant le lancement du processus électoral dans ces localités. Les responsables (politiques et Administraifs) de ces crises se cachent derrière ces missions commandées et utilent à leur guise la ceni pour parvenir à leurs fins. La ceni version N.ahmeh Barry joue bien le jeu.Mais pour combien de temps cela durera ? Juste le temps d’une élection.C’est lamentable.

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