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Enseignement et entrepreneuriat : « Notre système d’enseignement n’est pas adapté aux réalités du Burkina Faso » (Souleymane Gorou, président du CJLEDI/BF)

Publié le samedi 29 avril 2017 à 01h06min

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Enseignement et entrepreneuriat : « Notre système d’enseignement n’est pas adapté aux réalités du Burkina Faso » (Souleymane Gorou, président du CJLEDI/BF)

Critiquer-proposer-contribuer. Telle est la devise du Club des jeunes leaders étudiants pour le développement et l’innovation au Burkina Faso dont le lancement de ses activités est intervenue ce vendredi 28 avril 2017, à Ouagadougou. C’était au cours d’une conférence de presse animée par le président du club, Souleymane Gorou.

Campagne de sensibilisation, conférences-débats, séminaires en entrepreneuriat constitueront l’essentiel des activités du Club des jeunes leaders étudiants pour le développement et l’innovation au Burkina Faso (CJLEDI/BF). Au cours de la conférence de lancement des activités, il est ressorti que le CJLEDI/BF est apolitique. « La présente initiative découle de la vision de ses géniteurs qui sont essentiellement des étudiants des universités publiques, privées et des instituts de formation professionnelle », a confié le président Souleymane Gorou. Ainsi, l’ambition du Club est de briser les barrières de la « démagogie du système d’enseignement inapproprié à notre réalité ». Il veut également apporter sa pierre à la valorisation de l’enseignement supérieur et augmenter la pression sociale afin de trouver des solutions mieux adaptées qui aboutiront à la création d’emploi.

Selon le conférencier du jour, le problème du chômage recommande une bonne stratégie et une volonté politique réelle. Dans cette dynamique, il a lancé un cri de cœur non seulement à l’endroit des opérateurs économiques mais aussi à l’Assemblée nationale. Concernant l’institution, M. Gorou lui a demandé de voter des lois de pression sur les acteurs du système d’enseignement ainsi que des lois qui permettront d’allouer un budget conséquent pour le développement de l’enseignement. Quant au gouvernement de Roch Marc Christian Kaboré, il lui réclame un ministère chargé de l’enseignement technique et professionnel. « Car, poursuit-il, les étudiants veulent, après la formation du cycle universitaire, être capables de réaliser des projets de création d’emplois ».

Aussi, parti du constat que les politiques ont profité de leur vulnérabilité pour accomplir leurs besoins, M. Gorou n’a pas manqué d’appeler ses camarades étudiants à une prise de conscience. « Il est temps que nous nous rassemblons autour des réalités de notre système d’enseignement, loin des manipulations politiques, pour permettre à notre génération et celle future de bénéficier largement d’un système d’enseignement qui aura une définition pratique comme le disent les anglais : What can you do (que sait tu faire ?) au détriment unique des connaissances théoriques : Quels diplômes avez-vous ? », a-t-il dit.

Le président du CJLEDI/BF a ensuite pris le temps de répondre aux questions formulées par les journalistes. Sur les retards académiques au sein des universités publiques, il rejette la faute sur les enseignants. « Il y a certains enseignants qui ne prennent pas leur travail au sérieux sinon, un mois aurait suffi pour remettre les copies aux étudiants. Les résultats aussi on n’en parle pas. Avec cette situation comment on peut résoudre le retard ? C’est pourquoi, nous demandons au gouvernement de mettre la pression sur ces derniers ».

Il a, également, apporté des éléments de réponse aux journalistes sur leur interrogation relative à l’entrepreneuriat dans le système universitaire « Pour moi qui suis un étudiant en histoire, ma première vocation c’est d’aller enseigner ; mais si je n’ai pas cet amour pour l’enseignement. Que dois-je faire ? C’est la raison pour laquelle, nous pensons qu’il faut associer l’entrepreneuriat dès maintenant à notre système éducatif. Toute chose qui va permettre à beaucoup d’étudiants de réaliser des projets et améliorer leurs conditions de vie ».

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Messages

  • Mr Gorou, le problème de l’enseignement inadapté au Burkina est réel et profond car il a ses racines dans la colonisation ;
    Actuellement l’état ne peut faire fasse a l’éducation a travers les universités d’où la prolifération des instituts, écoles supérieur et universités privés mais il peut au moins règlementé ce domaine pour éviter que des structures non autorisées ne s’installent dans le pays et ne vendent des diplôme.
    Il est difficile aussi pour l’état (et ca je crois que vous le savez déjà) de changé le système éducatif du Burkina sans l’approbation des différents donateurs de bourses, de fourniture de matériel pédagogique et autres structures de reconnaissance des diplômes des établissement public.
    Si l’on prends l’exemple des pays donateurs ou universités sœurs, c’est structures sont financé par l’état certes mais aussi par les entreprises privés. Ici l’état a démissionné et le privé agonise donc coté subvention a l’interne c’est pas gagné d’avance et de ce fait, il faut allé encore demandé au dehors avec tout les contraintes et obligations. le système continuum, LMD sont là pour nous rappelé que tant qu’on tendra la main pour demandé, on nous donnera même pas tout ce qu’on demande mais on aura toujours des conditions contraignantes.

    L’espoir d’un lendemain meilleur pour l’éducation est là, et des œuvres utiles comme la votre est encourageant mais la lumière au bout du tunnel n’est pas pour demain

  • Plusieurs fois nous avons eu les assises de l’éducation, tous les acteurs concernés sont conscients du problème de l’inadéquation entre le système d’enseignement et nos réalités.
    Mais si jusqu’ici aucune volonté politique forte n’a été prise pour changer cette donne, c’est que le problème est ailleurs.

  • Vous avez raison chers étudiants ! C’est l’idéal mais comm l’ignorance ne tue pas visiblm ceux d’en face s’en moquent ! Le chemin est tjrs long pour y parvenir. Courage

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