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Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > FESPACO 2017 • LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo • lundi 6 mars 2017 à 00h19min
Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

Décidemment le FESPACO réussi au sénégalais Alain Gomis. Après avoir remporté l’Etalon d’or de Yennenga 2013 avec son film ‘’Tey’’, il est encore monté sur la plus haute marche du podium à cette 25e édition avec sa dernière œuvre ‘’Félicité’’. Le palmarès officiel a été dévoilé au cours de la cérémonie de clôture dans la soirée du 4 mars 2017 au palais des sports de Ouaga 2000.

Alain Gomis, ce jeune réalisateur franco-sénégalais est en passe de rentrer dans l’histoire du cinéma africain, au FESPACO. En 2013, il avait brandi le trophée le plus convoité du festival avec son film ‘’Tey’’. Quatre après, il est revenu avec ‘’Félicité’’ et devient le 23e réalisateur africain à brandir l’Etalon d’or de Yennenga.

Dans l’histoire de la biennale du cinéma africain, Alain Gomis est le deuxième réalisateur après Souleymane Cissé, à remporter deux fois l’or. Le jury présidé par le marocain Nourredine Saïla a salué ‘’la qualité du sujet, la puissance et la rigueur extraordinaire de la technique ».

En recevant son prix, le réalisateur a d’abord rendu hommage aux réalisateurs disparus, le guinéen Cheick Fantamadi Camara, auteur de ‘’Il va pleuvoir sur Conakry’’ et le jeune réalisateur Burkinabè, parti très tôt selon lui, Adama Zallé. Alain Gomis a également eu une pensée à l’endroit de Idrissa Ouédraogo, ‘’pour son aide’’.
La star de la soirée a profité de la tribune pour dédier son trophée aux jeunes réalisateurs qui se battent. Pour lui, le cinéma africain est un peu en danger. « Il faut lutter pour notre indépendance », a-t-il lancé en pointant la problématique du financement du film africain.

« L’Afrique doit financer son cinéma, excellence Messieurs les présidents. 0n ne peut pas développer un pays sans sa culture et pour cela, il faut des sociétés de production fortes dans vos pays, parce qu’il s’agit d’une économie du cinéma », a ajouté Oumar Sall coproducteur du film lauréat ‘’Félicité’’.

L’Etalon d’argent est revenu au Béninois Sylvestre Amoussou pour son film ‘’ L’orage africain’’. Quant à l’Etalon de bronze, il a été remporté par le marocain Saïd Khallaf pour son film ‘’ A mile in my shoes’’.

En attendant le cinquantenaire du FESPACO

Le clap de fin a ainsi été donné dans la cuvette du plais de sport de Ouaga 2000. Prestation d’artistes nationaux et étrangers, chorégraphie ont rythmé cette clôture du FESPACO. Ce, en présence de deux présidents, une première dans l’histoire de la clôture du festival. Ce sont les présidents Burkinabè, Roch Kaboré et ivoirien Alassane Dramane Ouattara qui ont remis ensemble le trophée.

Le FESPACO 2017 selon le délégué général du Festival, Ardiouma Soma, ce sont 150 séances de projection pour plus de 165 films en huit jours. 135 millions ont été mobilisés pour les prix du palmarès officiel et des prix spéciaux. Plus de 100 kg de bronze, d’argent et d’or décernés aux réalisateurs et collaborateurs techniques et artistiques sous forme de trophées.

Tout cela témoigne selon Ardiouma Soma, la grandeur d’un festival qui s’apprête à fêter ses 50 ans en 2019. Le colloque sur la formation aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel qui a constitué le thème de cette 25e édition, ont abouti à des résolutions fortes en vue de consolider l’offre de formation des créateurs et des collaborateurs techniques et artistique dans un secteur tournée vers l’innovation constante.

L’édition 2019 du FESPACO qui se teindra 23 février au 2 mars 2019, se penchera sur la dimension économique du cinéma et de l’audiovisuel pour faire de la filière un moteur de développement, a annoncé le délégué général du Festival, Ardiouma Soma.

Du film lauréat, ‘’Félicité’’

Egalement primé « ours d’argent » à la Berlinale, ‘’Félicité’’ en 123 minutes, est l’histoire d’une femme vivant seule avec son unique fils de 14 ans. Chanteuse le soir dans un bar à Kinshasa, cette dame libre et fière arrive à assurer le quotidien jusqu’au jour où son fils est victime d’un accident de moto.

La vie de Félicité bascule car elle doit trouver la somme de 1 million de francs congolais pour sauver son fils Samo de l’amputation de sa jambe. Dans un monde fait de musique et de rêve, Félicité se lance dans une course interminable afin de sauver son fils. Entre difficultés de la vie et hypocrisie des hommes, elle fera la connaissance de Tabu, un garagiste au grand cœur. Déterminée, la chanteuse arrivera à trouver l’argent nécessaire mais ne pourra pas épargner son fils de l’amputation de sa jambe …..

« C’est la vie des gens que je côtoie au quotidien. La difficulté d’assurer le quotidien, se lever le matin et ne pas savoir comment faire jusqu’au soir » avait confié Alain Gomis le 2 mars dernier, lors d’un entretien à bâtons rompus.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 5 mars 2017 à 07:54, par RV En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

    Félicitations Alain !
    Chapeau !
    Film très bon, très puissant et plus que d’actualité.
    La misère de la survie quotidienne des africains
    dans l’indifférence des puissants et des riches
    avec une absence totale de l’Etat.
    Felicitations !

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  • Le 5 mars 2017 à 08:41, par Ka En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

    La culture est la seule valeur pour identifier tout un peuple. Et ceux qui sont les porteurs de ses valeurs culturels sont nos femmes et hommes de culture avec leurs savoirs faire : je me rappelle d’une femme visionnaire qui était parmi celles ou ceux qui ont fait du FESPACO tel qu’il est aujourd’hui et qui disait dans les années 1970, ‘’’le FESPASCO est un défi à prendre au sérieux, car ici dans quelques années, Il faut passé par ce Festival comme le Hollywood Américain pour se faire connaître dans le cinéma Africain :’’’ Rendons hommages a cette femme battante nommée Alimata Salembéré. Qui l’aurait cru au lendemain du 31 Octobre 2014, ou avec une transition décidée, que la Cote d’Ivoire et le Burkina seront Cote a Cote pour une clôture d’un festival du Cinéma le 4 Mars 2017 ? Oui tout est possible avec le Dieu tout puissant capable de tout. Si la culture est entrain de réconcilier deux nations frères de plusieurs millions d’habitants, brouillé par un introverti, nous peuple Burkinabé, ‘’’nous le pouvons cette réconciliation nationale, sans passé du CODER avec des égoïstes qui ont divisé pour foutre la merde et essayent encore de se faire le nom, en prenant le peuple pour un mouton. Vive le FESPACO et l’amitié Ivoiro-Burkinabé.

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  • Le 5 mars 2017 à 10:43, par Edgar En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

    Incontestablement, les forces de sécurité ont joué un rôle formidable dans la sécurisation du FESPACO 2017.Toute la ville de Ouagadougou était quadrillée par des forces visibles de sécurité (police, gendarmerie) mais aussi par des agents discrets de sécurité. Ce dispositif qui contrôlait minutieusement les entrées dans les salles de cinéma et autres lieux publics était à même d’appréhender toute tentative d’acte terroriste. Depuis les attentats djihadistes du Cappuccino sur l’avenue Kwamé Krumah le 15 janvier 2016, à un moment de flottement où les nouvelles autorités en charge de la sécurité et le gouvernement n’étaient pas installées dans leurs fonctions, le dispositif sécuritaire de la ville de Ouagadougou a connu actuellement une bonne organisation. Ainsi, il serait difficile à des terroristes de perpétrer des attaques à Ouagadougou et pouvoir se sauver sans que l’alerte sécuritaire ne se mette en branle pour les traquer. La preuve, les terroristes du 15 janvier ont été abattus. Cela n’est pas le cas pour la situation des incursions terroristes aux frontières de la partie nord du Burkina. Souvent, des citoyens font des confusions de rôles en parlant de forces de sécurité aux frontières. La défense des frontières contre les agressions relève des missions de l’armée, donc du ministère de la défense. Le ministère de la sécurité avec la police, la gendarmerie, s’occupe de la sécurité intérieure dans les autres superficies du territoire distinctes des zones frontalières. Félicitation donc au ministre d’Etat en charge de la sécurité, Simon Compaoré qui a réussi à travers une bonne organisation des forces de sécurité, à sécuriser 2 évènements majeurs récents (le SIAO, le FESPACO).C’est un signal fort et crédible à l’attention des touristes et de la communauté internationale, que le Burkina Faso est globalement viable au plan sécuritaire, dans un environnement mondial où aucun pays n’est totalement à l’abri de surprises terroristes. La collaboration des civils par les renseignements auprès des forces de sécurité et de défense, demeure un moyen efficient pour venir à bout des terroristes.

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    • Le 5 mars 2017 à 16:16, par kroh En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

      je suis d’accord avec vous. mais le hic c’est cette lenteur que le peuple constate pour voir les effets positifs de la réorganisation annoncée des forces de sécurité. Sinon, dans les grandes villes, il serait difficile pour les terroristes de venir taper et s’évaporer impunément. la vraie équation, c’est les frontières longues de milliers de Km, et poreuses. si fait que il faudra du temps pour éviter toute incursion de ces criminels sur notre territoire. en sens il est difficile d’avoir des hommes de tenus dans chaque hameau de culture, surtout que mes parents peuls n’ont pas de village fixes.

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  • Le 5 mars 2017 à 10:55, par Grande Vision En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

    "FELICITE" est un film macabre qui ne méritait pas notre Etalon de Yennenga.
    Voici les raisons de cette appréciation négative :
    1. Félicité n’a pu vivre avec son époux ; elle est divorcée et son fils qui a eu l’accident vivait dans un désordre total, d’où son accident.
    2. Elle-même ainsi que son fils et son réparateur de frigo sont de deux natures : nature humaine et nature surnaturelle en même temps. La forêt noire, les vagues de la Camera en plein jour, les actions et le silence occultes cachent un univers irréel non pas surnaturel. Ce mythisme est sinistre pour nous africains ; nos ancêtres et nos génies ne sont pas de l’extravagance. Montrer un visage pareil de l’africain c’est l’insulter.
    3. Sa lutte démesurée pour rassembler l’argent pour l’opération de son fils cache un comportement insupportable pour le commun des mortels et son comportement sans pitié envers ceux qui lui doivent de l’argent montre qu’elle est abrupte. Et finalement, toute cette énergie pour rassembler l’argent n’a servi à rien. Alors qu’elle revient vivre au milieu des autres.
    4. Enfin, enfin, ce film n’est pas fait pour tout le monde. Très peu de personnes de moyenne culture peuvent suivre ce film et le comprendre. Il est même ennuyeux en dépit de la qualité du Son.
    5. On a insulté politiquement la détermination et la volonté de la jeunesse africaine en donnant l’étalon d’argent de Yennenga au Film "Orage Africain" qui porte toutes les marques de l’Africanisme pour dire enfin : "On continue de rouler avec la Colonisation" puisque le réalisateur de "FELICITE" est Franco-Sénégalais. La France peut rire de notre Fiction du grand Réalisateur Sylvestre AMOUSSOU.
    Conclusion : Tant que les jurys se laisseront influencer par des prix déjà reçus par les films et par les commentaires intarissables des médias d’Europe à longueur de journée comme si ces médias prenaient même la place des membres de Jury, on sera toujours à des proclamations politiques et notre Fespaco sera la risée du monde.
    La grandeur du Fespaco a été, est et sera dans le Panafricanisme. Le Nigeria porte ses valeurs à travers son Nolywood ; les Etats Unis montrent leur grandeur par leur Holywood. Et le Fespaco montre quoi au juste au monde ?

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  • Le 5 mars 2017 à 12:51, par VIDOUMO En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

    Félicitations à M. GOMIS qui fait la fierté de toute l’Afrique. Il est compétitif pour Canne. A quand le tour d’un réalisateur du Burkinabè ?

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  • Le 5 mars 2017 à 14:55, par Cheikh En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

    Deux fois de suite, c’est quand même extraordinaire ! çà veut dire que ce monsieur est parfaitement au fait des méandres et du cheminement mental des jurés, quant aux critères de choix des meilleurs films. Nos jeunes réalisateurs ont donc intérêt à se rapprocher de lui, s’ils veulent tous acquérir les mêmes rudiments et la même technicité. Car je suis persuadé qu’en plus des niveaux de financement et du nombre des maisons de production, il leur faut également une formation d’un autre ordre. Félicitations à ce monsieur pour son doublé, et que vive le cinéma africain !

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  • Le 5 mars 2017 à 16:35, par loblo En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

    tout est bien qui finit bien. Mais moi je n’ai pas aimé les déviations et les embouteillages. C’est dommage qu’un réalisateur burkinabè n’ai remporté aucun étalon.

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  • Le 6 mars 2017 à 08:15, par Fin et debut avec Alain Gomis En réponse à : Etalon d’or de Yennenga 2017 : La ‘’Félicité’’ de Alain Gomis !

    Blaise Compaoré finit avec Alain Gomis et Rock Marc Christian Kaboré débute avec Alain Gomis. Vive le cinéma africain.
    Signé : L’Etalon Enragé

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