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Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Roch Marc Christian Kaboré, président • • samedi 7 mai 2016 à 01h10min
Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

Conformément aux textes en vigueur, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, était face à la représentation nationale, le 06 mai 2016, pour dresser un regard de ses trois mois de gestion. Pour l’occasion, tous les aspects de la vie nationale ont été passés au peigne fin par le Premier ministre qui a, en outre, fait face aux préoccupations des représentants du peuple. A l’issue de cet exercice qui a duré plus de sept heures, des députés ont livré leur appréciation…

Bachir Ismaël Ouédraogo, député MPP :

Le Premier ministre a bien dépeint la situation actuelle du Burkina, il fait une photographie (si je peux m’exprimer ainsi) assez juste de la situation. Nous avons hérité d’une situation qui était quand même assez catastrophique et le gouvernement a entamé sa gestion avec un budget qui n’était pas le sien qu’il était obligé de revoir. Le Premier ministre a donc montré ce que le gouvernement a pu faire en quatre mois et je crois qu’il est sur la bonne voie. Mais, nous n‘avons pas manqué de poser des préoccupations réelles, justes et légitimes qui sont celles des populations ; parce que beaucoup d’aspects méritent plus de regards. Ce sont les cas de la pénurie d’eau, la question de l’emploi, la protection de nos industries (parlant de la SN-SOSUCO), etc.

Il y a donc des préoccupations réelles qui existent et il est légitime qu’en tant que représentants du peuple à travers l’Assemblée nationale, nous puissions faire entendre la voix par rapport à cette impatience du peuple. Sur ces préoccupations que nous avons soulevées, je pense que le Premier ministre a apporté des réponses satisfaisantes qui vont dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des populations. Mais ce que j’avais à souligner, c’est que nous puissions nous départir un peu de la politique politicienne.

C’est-à-dire arrêter les querelles de clocher pour penser nation. Pour une fois, je pense qu’il est important que les députés, les élus du peuple, pensent au peuple Burkinabè, d’abord, avant de penser à leur parti et aux élections. C’est vraiment un message que nous avons fait passer aujourd’hui, qui est qu’il faut que nous puissions nous donner la main pour pouvoir développer ce pays. Comme on le dit communément : une seule main ne peut pas ramasser la farine. Il faut donc que les députés sachent que c’est de façon collégiale que nous allons faire avancer ce pays. De façon globale, nous avons participé à un très bel exercice et cela augure de belles perspectives pour les mois et années à venir.

Albert Benao, MPP :

Je trouve qu’il a été cohérent, tant dans son discours que dans la réponse aux questions. Pour quelqu’un qui a hérité d’une situation catastrophique et vu ce qu’il a pu faire, on peut se féliciter. L’aspect qui m’a beaucoup marqué, c’est surtout celui relatif à la santé ; la mise en œuvre de la gratuité des soins de santé. C’est très important. Je suis très sensible à ces questions parce que je viens d’un service de santé donc, j’ai pu toucher du doigt comment les populations souffrent. Quand on dit souvent que les hommes de la santé sont insensibles, c’est souvent le manque de moyens. Quand vous voyez un patient qui n’a rien et vous aussi, vous n’avez rien ; ce n’est pas facile. Donc, je pense qu’il y a quand même aujourd’hui un pas de gagner dans ce domaine.

Marie Rose Sawadogo, présidente du groupe parlementaire Paix, justice et réconciliation nationale :

Il faut que nous regardions la réalité en face. Lorsque vous écoutez les auditeurs des radios, les gens dans la rue…, partout on dit que ça ne va pas. Donc, il faut que nous sachions tous, à quelque niveau que nous soyons, employer le langage qui réconcilie parce que si chacun se sent offensé, il va se recroqueviller dans sa coquille et cela ne va pas pour le bonheur de ce pays, pour le bonheur de ce peuple. Le Burkina Faso appartient à tout le monde ; que ce soit la majorité, que ce soit l’opposition, le citoyen lambda. Ce pays, nous l’aimons tous. Et lors des indépendances, nos parents disaient « Fier volta de nos aïeux » et nous voulons être fiers... Et pour être fiers de ce pays, il nous faut l’unité, la cohésion sociale, savoir parler, savoir regarder la réalité en face et arriver à des concessions à tous les niveaux ; parce que ce qui compte, ce ne sont pas nos modestes personnes, c’est le Burkina Faso, c’est le pays que nous allons léguer à nos enfants et petits-enfants. Nous devons donc parler un langage de paix, un langage d’apaisement.

Alfred Sanou, président du groupe parlementaire CDP :

Le Premier ministre a donné des réponses qui sont restées un peu générales ; puisqu’il n’a que quatre mois de fonctionnement et il venait de livrer son discours de politique général il n’y a pas longtemps. Il faut donc attendre un peu pour qu’on ait du concret. Il y a eu pas mal de problèmes soulevés, notamment celui relatif à l’eau, à l’électricité et les solutions qui sont proposées c’est jusqu’en juillet 2017 pour ce qui concerne l’eau. Tout cela, c’est à voir sur le terrain parce que pour le moment, c’est de la théorie. Aujourd’hui, les opérateurs économiques se plaignent, l’argent ne circule pas, etc. On attend donc de voir avec les activités, ce qui va se passer. Tant qu’on n’a pas du concret, on ne peut pas dire que les réponses du Premier ministre aux préoccupations sont réalistes. Il y a eu certes des avancées, comme les mesures sur la gratuité des soins, mais beaucoup reste encore à faire.

Lona Charles Ouattara, député UPC :

Il y a une remarque d’ordre général qu’on peut faire, qui est que nous avons à faire à un régime social-démocrate. Dans ce régime, l’accent est mis sur la dépense publique, c’est-à-dire effectivement les salaires, etc. Mais, l’investissement, c’est le moindre des soucis, c’est le cadet des soucis d’un gouvernement de sociaux-démocrates. Mais maintenant, on se retrouve face à un Premier ministre qui nous dit qu’on ne va pas s’endetter pour payer les salaires…. mais plutôt pour l’investissement. Nous, libéraux, sommes d’accord avec cela. Mais, il n’est pas à sa place, en tant social-démocrate.

Nous avions voté abstention à son premier discours. Donc, ce n‘est pas cette fois-ci que nous allons croire que c’est vrai, ce qu’il raconte. Quand les gens vous disent maintenant que la situation économique est mauvaise mais, il y a trois à quatre mois seulement, ils étaient en campagne électorale et ils ont dit au peuple qu’ils étaient capables. Ne savaient-ils pas que les caisses de l’Etat ne fonctionnaient pas ? Il ne faut pas promettre aux gens et après, faire la faute à l’autre. Les caisses de l’Etat sont vides. Nous aussi, nous sommes venus en politique tout en sachant que les caisses sont vides. Mais, nous avions un programme et nous pensions que nous, aux affaires, nous aurions pu.

Propos recueillis par Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 7 mai 2016 à 06:54 En réponse à : Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

    Avec le plus jeune depute du Burkina (Bachir Ismael), l’espoir est permis.
    Un enfant sans facon, qui ne parle pas beaucoup et se plaint rarement des conditions difficiles du pays. Il est vraiment reste attache a ses racines africaines et respectent les us et coutumes ainsi que les aines (grand-freres, vieux et vieilles).
    Reste genereux et serviable envers les autres comme tu l’as toujours ete petit.

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  • Le 7 mai 2016 à 09:49, par Nameba En réponse à : Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

    Mais cette dame de Rose Sawadogo là, où était-elle quand son régime blaisisste criminel guillotiner le peuple burkinabé ? C’est maintenant qu’elle voit qu’il faut s’assembler pour bâtir un Burkina prospère. Et je pense même qu’elle est députè de ziniaré. Padre mia !

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  • Le 7 mai 2016 à 10:13 En réponse à : Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

    Rose Marié Sawadogo , je valide. Il nous faut la paix et la reconcilliation .

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  • Le 7 mai 2016 à 11:08, par JUSTICE MOORE En réponse à : Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

    Mme la Présidente du groupe parlementaire justice et paix, lorsque vous étiez au pouvoir vous aviez foulé au pieds cette réalité au gré de votre de la jouissance du pouvoir vaille que vaille sachant bien les conséquences de votre entêtement.
    Aujourd’hui, vous semblez être les chantres de la paix et criiez à la victimisation.
    Ne ditons pas que celui crache couché reçoit inéluctablement son propre crachat sur le ventre ?
    Vous n’avez point pensé à la temporalité du pouvoir qui émane toujours de Dieu qui sanctionne .
    Faites votre mea culpa au lieu de continuer à gémir de victimisation

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  • Le 7 mai 2016 à 11:12, par cousin En réponse à : Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

    je suis tout à fait d’accord que le premier ministre fasse un discourt sur la situation nationale. Mais il est important de savoir tenir parole quand on sait que le pays vient de traverser un moment dur. Toute la population est aux aguets. Ne nous leurrons pas, il Ya des mots qui fâchent. Quand monsieur le premier ministre tente de dire que la part du budget de l’Etat réservée aux salaires des fonctionnaires est beaucoup trop élevée et qu’il était difficile d’accepter que des corps partent en grève dans le but de faire augmenter leur salaire. Peut être que le premier ministre ne comprend pas ce que c’est que la fonction publique d’Etat. Je fais une simple analyse. La fonction publique est constituée de combien de corps de métiers ? Plusieurs évidemment. Mais quel constat faisons nous du traitement de ces différents corps de métiers ? c’est des salaires disparates avec des différences très élevées pour certains corps. Cela montre que dans ce pays, on privilégie certains corps de métiers par rapport à d’autres. Ce qui n’est pas normal dans une fonction publique d’Etat dont le rôle essentiel c’est d’apporter une satisfaction à la demande de la population à travers les services offerts par les différents corps de métier. Si l’Etat veut effectivement apporter cette satisfaction à la demande de la population, il n’y a pas de raison qu’il privilégie un corps par rapport à un autre car c’est une complémentarité d’action. Mais le constat est amer. Les salaires distribués à certains corps montre qu’ils sont beaucoup privilégiés par rapport aux autres. Monsieur le premier ministre, au lieu de vous plaindre que près de 50% du budget de l’Etat est destiné aux salaires, il faudra revoir plutôt votre politique d’emploi au Burkina faso. Il y a une injustice liée au traitement des fonctionnaires de l’Etat. C’est cette injustice qu’il faudra plutôt songer à corriger au lieu de vouloir remettre en cause les revendication des corps. c’est tellement simple demander la grille salariale des différents corps et vous verrez que c’est tout à fait normal que des corps se mettent à revendiquer une augmentation de salaire. Si tous les corps de la fonction publique sont utiles pour le developpement de notre nation, alors évitons de privilégier certains corps par rapport aux autres. corriger les injustices de salaires et il n’y aura plus de revendication de corps.

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  • Le 7 mai 2016 à 15:05, par Cheikh En réponse à : Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

    Dans les appréciations, on voit que les élus disent la même chose. Les partisans du pouvoir apprécient positivement le discours, tandis que les opposants cherchent la petite bête. Cela veut dire que certains clament la réconciliation, sans être vraiment prêts à y aller. Mais de grâce messieurs de l’opposition, mettez de l’eau dans votre vin. Car s’il y a apocalypse comme certains l’ont prédit, nul n’échappera, nous serons tous engloutis.

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  • Le 7 mai 2016 à 15:28 En réponse à : Discours du Premier ministre : Les députés donnent leur appréciation !

    Plus jeune depute ou plus vieux depute, on a rien a foutre. On a pas besoin de depute "obissant" beni- oui- oui. C’est pas ca on mange. Respect des aines, vous dites ? On l’a pas voter pour ca. Il n’a qu’a prendre ses responsabilites un point deux barres !!!

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