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Recherche scientifique : Ardjouma Ouattara a soutenu une thèse sur l’insertion des populations à Ouagadougou

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • • vendredi 1er avril 2016 à 12h35min
Recherche scientifique : Ardjouma Ouattara a soutenu une thèse sur l’insertion des populations à Ouagadougou

Dr Ardjouma OUATTARA, géographe chargé de recherches en service à l’Institut des sciences des sociétés du CNRST a soutenu le vendredi 11 mars 2016 à l’université de Lomé (Togo) une thèse en géographie humaine, option urbaine, sur le thème « migrations, urbanisation et processus d’insertion à Ouagadougou (Burkina Faso) ».

Le jury était présidé par le Professeur Wonou OLADOKOUN (Université de Lomé, Togo) et comprenait les Professeurs Koffi Ayéchero AKIBODE (Université de Lomé, Togo), Roch YAO GNABELI (Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, Côte-d’Ivoire), et du Dr Edinam KOLA, Maître de Conférences (Université de Lomé, Togo).

L’objectif de ces recherches est de contribuer à une meilleure connaissance des modalités d’insertion des populations, des migrants en particulier, dans le tissu socio-économique et résidentiel de la ville de Ouagadougou.

Partant du contexte historique des déplacements des hommes en Afrique et au Burkina Faso, l’auteur montre comment les migrations ont été déviées de leurs trajectoires traditionnelles, à partir de la fin du XIXème au début du XXème siècle, au profit de ses plantations coloniales françaises de la côte. La Haute-Volta d’alors devenait un réservoir de main-d’œuvre, vidé de ses hommes valides et de ses ressources économiques, au profit des colonies voisines, la Côte-d’Ivoire notamment. Ce système imprima aux migrations voltaïques leurs formes actuelles, auxquelles, ni l’abolition des travaux forcés, ni l’indépendance des colonies ne put mettre fin.

La position du territoire au cœur de l’Afrique de l’Ouest a fait du Burkina Faso un pays d’importants mouvements migratoires du fait de la permanence des déplacements de ses hommes. L’accroissement des effectifs de migrants au fil des recensements témoigne d’une évolution constante du phénomène. Ces migrations s’orientent de plus en plus vers les villes, les effectifs ne cessant de croître. Ces effectifs de 34,2% de migrants en 1996, passés à 53,8%, influencent ainsi fortement les processus d’urbanisation au Burkina Faso, avec Ouagadougou comme principal pôle de convergence.

Selon les enquêtes réalisées en novembre-décembre 2007, 27,2% des chefs de ménage interrogés sont des non migrants, et 72,8%, des migrants. 79,6% des 86,4% des migrants nés au Burkina Faso proviennent des régions du plateau moaga ; Sur les 13,6% de migrants nés à l’étranger, 81,3% proviennent de la Côte-d’Ivoire, soit 4 migrants sur 5 nés à l’étranger. Au total, 83,7% des chefs de ménage interrogés sont âgés de 20 à 59 ans, les tranches d’âge les plus jeunes, donc plus actives et enclines à l’insertion dans la ville.

La présence d’une population aussi jeune, en âge de travailler, pose d’importants problèmes d’insertion, dans un contexte de marché urbain du travail saturé de crise de logement.

Dans le domaine de l’emploi, les stratégies des migrants consistent à occuper d’emblée les activités du secteur informel, en attendant mieux ; tandis que les non migrants tardent plus à attendre de meilleures opportunités d’emploi.

Concernant le logement, les stratégies des chefs de ménage, migrants surtout, consistent à s’installer dans les espaces non lotis, en attendant la légalisation de leurs statuts précaires de résidence. Car « Avoir une parcelle en zone non lotie » c’est, « la voie la plus sûre, la meilleure, pour accéder à un terrain loti à Ouagadougou », une stratégie qui s’inscrit dans la perspective de l’insertion réussie des chefs de ménage à Ouagadougou.

En somme, si rien n’est fait, les extensions spatiales de Ouagadougou constituent désormais une menace sérieuse pour les zones d’agriculture, desquelles sont expulsés de nombreux paysans n’ayant plus de terre. Ces derniers, non intégrés dans la ville, constituent ainsi des pauvres qui grossissent de plus en plus le nombre des indigents.

A.O
Correspondance particulièère

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