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Rapport 2015-2016 d’Amnesty international : Le Burkina épinglé à cause du coup d’Etat du RSP

Accueil > ONG, Coopération décentralisée • • jeudi 25 février 2016 à 01h02min
Rapport 2015-2016 d’Amnesty international : Le Burkina épinglé à cause du coup d’Etat du RSP

Amnesty international a publié son rapport 2015-2016 sur la situation des droits humains dans le monde. Le document a été présenté à la presse, le 24 février 2016 à Ouagadougou, par Yves Boukary Traoré, Christian Ouédraogo et Roger Minoungou respectivement directeur exécutif d’Amnesty international/Burkina, coordonnateur de campagnes et coordonnateur de croissance et activiste à Amnesty.

« Dans un contexte où la défense des intérêts nationaux à court terme et l’imposition de mesures sécuritaires donnent lieu à un assaut massif contre les libertés et les droits fondamentaux, la protection internationale des droits humains est en péril », s’est alarmée Amnesty international lors du lancement de son bilan annuel de la situation des droits humains dans le monde. Le secrétaire général d’Amnesty international a abondé dans le même sens : « Vos droits sont en danger : ils sont traités avec un mépris total par un grand nombre d’Etats, dans le monde entier ».

« Des millions de personnes subissent d’immenses souffrances aux mains des Etats et des groupes armés, tandis que, dans une démarche sans vergogne, des gouvernements veulent faire passer la protection des droits humains pour une menace contre la sécurité, la loi et l’ordre, ou « les valeurs » nationales ».

Les droits humains menacés dans le monde

Amnesty international s’inquiète d’un mouvement « insidieux et rampant » : « Des gouvernements s’en prennent délibérément aux institutions qui ont été créées pour contribuer à la protection des droits fondamentaux, refusent de leur allouer des fonds suffisants, ou encore choisissent de n’en faire aucun cas ». Conséquence, les organes de défenses des droits humains des N.U, la Cour pénale internationale et des mécanismes régionaux sont fragilisés par des gouvernements qui cherchent à échapper au suivi de la situation dans leurs pays.

« Ce sont non seulement nos droits qui sont menacés, mais aussi les lois et le système qui les protègent. Plus de 70 années de travail acharné et de progrès humains sont en danger » a déclaré Salil Shetty.

Les droits menacés au niveau national

Il ressort du rapport d’Amnesty international que de nombreux gouvernements ont violé le droit international dans leurs pays au cours de l’année 2015 : plus de 98 Etats ont pratiqué la torture ou d’autres mauvais traitements, et 30 au moins ont forcé illégalement des réfugiés à retourner dans un pays où ils étaient en danger. Dans 18 pays au moins, des crimes de guerre et d’autres violations des « lois de la guerre » ont été commis par le gouvernement ou par des groupes armés. Aussi, l’ONG s’inquiète de la tendance croissante et inquiétante d’un certain nombre de gouvernements à prendre pour cible et attaquer les militants, les avocats et les autres personnes engagées pour la défense des droits humains. Cette attitude, indique-t-il, est en partie le fait de la réaction de plusieurs gouvernements aux menaces croissantes en matière de sécurité apparues en 2015.

Les Nations unies à bout de souffle

Face à ces dégradations, l’ONU et les différents organes de protection des droits humains et des refugiés ont gravement souffert en 2015 de l’hostilité et de la négligence de gouvernements « récalcitrants ». Le conflit syrien illustre bien « l’incapacité du système des Nations Unies à s’acquitter de son rôle déterminant pour le respect des droits fondamentaux et du droit international, et à garantir l’obligation de rendre des comptes à cet égard ». Au regard de cette situation, Amnesty international appelle à l’action. « Le monde est aujourd’hui confronté à de nombreux défis créés ou entretenus par des gouvernements qui placent les intérêts politiques avant la vie des gens, a déclaré Salil Shetty. Des millions de réfugiés sont plongés dans la souffrance alors que les conflits prolifèrent et que des groupes armés s’en prennent délibérément aux civils et commettent d’autres graves violations humaines etc.

Faits et chiffres sur les droits humains_2015

En 2015, Amnesty international a étudié la situation des droits humains dans 160 pays et territoires à travers le monde. Des avancées se sont poursuivies dans certains domaines, mais de nombreuses personnes et des groupes de populations ont subi des atteintes à leurs droits fondamentaux. « Dans au moins 113 pays, la liberté d’expression et la liberté de la presse continuent d’être soumises à des restrictions arbitraires. Plus de 60 millions de personnes déplacées ; 30 gouvernements, peut-être même plus, ont obligé des refugiés à retourner dans des pays où ils étaient en danger. Des groupes armés ont commis des exactions dans au moins 36 pays ; 156 défenseurs des droits humains sont morts en détention ou ont été tués ; dans au moins 122 pays, des personnes ont subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements… ».

Le Burkina dans le rapport d’Amnesty

Le Burkina est cité dans le rapport à cause du coup d’Etat manqué de l’ex. RSP. « Nous avons noté des cas d’atteinte à la liberté d’expression et de la presse, des droits de journalistes bafoués, des radios incendiées ou saccagées. Egalement, nous avons noté au cours de l’année 2015, l’usage excessif de la force par les membres ou éléments du putsch manqué » a expliqué le coordonnateur de croissance et activiste à Amnesty international, Roger Minoungou. Par ailleurs, il a reconnu que des avancées notables ont été enregistrées. « Lors du lancement de la campagne sur la santé sexuelle et reproductive, 4 candidats dont le président Rock Kaboré ont accepté de signer le manifeste pour les droits humains. Aussi, au cours de l’année, le ministère de la justice a accepté quelques recommandations de l’ONG notamment la mise en place de la commission pour enquêter et investiguer autour des exactions qui avaient été commises lors de l’insurrection populaire » a noté M. Minoungou.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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