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Santé au Burkina : un diagnostic accablant

Accueil > Actualités > Opinions • • lundi 25 avril 2005 à 00h10min

L’auteur de cet article jette un regard sur la situation sanitaire du Burkina, qu’il trouve très peu reluisante.

"Depuis un certain temps, il est de plus en plus question de contingentement des effectifs à l’UFR/SDS de l’université de Ouagadougou. Les contingents fixés sont de 100 et 454 pour respectivement la 2e année de médecine et la deuxième année de pharmacie ; alors que les effectifs en 1re année de médecine et de pharmacie sont respectivement d’environ 800 et 300.

Les raisons avancées par les autorités pour justifier une telle politique sont de 2 ordres : le problème d’infrastructures et le manque d’enseignants.

Avant de passer au crible ces deux raisons, il paraît essentiel de faire part à tout un chacun du tableau noir de la situation sanitaire du pays. La couverture sanitaire du pays est largement en deçà des normes de l’OMS. En effet dans certains de nos districts on se retrouve souvent avec 1 médecin pour plus de 100 000 habitants. il est donc évident que toute la politique de contingentement ne fera qu’empirer davantage la situation sanitaire du pays, déjà lamentable.

Problèmes d’infrastructures

Prenons d’abord le problème d’amphithéâtres et de laboratoires.
L’histoire de la SDS remonte à 1981 avec l’Ecole supérieure de la Santé (ESSA) qui avait pour but de former uniquement 40 médecins par an. Ensuite on en vient à la Faculté des sciences de la santé (FSS) avec l’insertion au sein de l’ESSA, d’une section pharmacie en 1990. Enfin avec l’invalidation de l’année 2000 et la refondation qui s’en est suivi, on aboutit à l’UFR/SDS.

Le constat qu’on peut faire est que de l’ESSA à l’UFR/SDS en passant par la FSS, les locaux sont restés les mêmes. Par contre, le nombre de bacheliers n’a cessé d’augmenter ; on n’a donc pas besoin d’être démographe pour savoir que les locaux actuels sont dépassés et qu’il faut en construire pour accueillir le nombre croissant des orientations d’étudiants en SDS.

En ce qui concerne les infrastructures hospitalières, il faut dire que l’hôpital Yalgado a été construit pour répondre aux exigences sanitaires d’une population d’environ 300 000 habitants. La population ouagalaise est actuellement estimée à plus de 1 200 000 habitants. Le diagnostic est donc évident : Le Centre hospitalier National Yalgado Ouédraogo (CHNYO)- entre temps baptisé Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHUYO), ne peut pas répondre à la nouvelle mission sanitaire qu’on veut lui confier malgré les quelques réaménagements effectués en son sein.

Manque d’enseignants

Quand on évoque le manque d’enseignants pour justifier un contingentement pendant qu’il y a de nombreux anciens internes des hôpitaux et bien d’autres Docteurs qui sont de potentiels enseignants et qu’on refuse de recruter ; cela traduit tout simplement une inconséquence des autorités elles-mêmes. Pour résoudre une bonne fois pour toutes ce manque d’enseignants, les étudiants ont à juste raison réclamé la réouverture du concours d’internat, lequel permettra à certains étudiants, à partir de la 5e année, d’embrasser une carrière hospitalo-universitaire.

Quand on est soucieux du développement du Burkina, on ne peut accepter cette suicidaire politique sanitaire de la 4e République ; élaborée sous injection des institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale) à travers les sinistres Programmés d’ajustements structurels (PAS). C’est ce qui justifie la justesse de la lutte menée par les étudiants de la SDS.

Cette lutte, de par sa légitimité, doit interpeller tout un chacun, car accepter le contingentement des effectifs en SDS c’est du même coup accepter le contingentement de la santé du peuple burkinabè.
En définitive la santé ne doit agoniser en aucun cas même si les politiques actuelles tendent à nous démontrer le contraire. Le droit à la santé est universel, la santé devra être considérée comme un bien public universel".

Bernard SANON (Médecine III)

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